‹ Élémens des sciences naturellesChapitre 124 sur 147 · ÉCHASSIERS · texte numérisé non relu

ÉCHASSIERS

des plumes à barbules très-lâches , que les plumassiers désignent en France sous le nom d’esprit. Les cigognes ressemblent beaucoup aux hérons; mais leurs ongles du milieu n'est pas dentelé. L’espèce la plus commune est blanche , avec le bec et les pattes rouges : son cou est très-long. Elle vit dans les lieux marécageux du nord de l’Europe , où elle se nourrit de crapauds, de grenouilles , de serpens et autres reptiles ; en automne elle émigre vers l’Égypte et la Barbarie. Enfin, les grues et les tantales ne diffèrent des oiseaux des deux genres précédens, que parce que leur tête est presque chauve. On distingue les tantales d'avec les cigognes et les grues , parce que le bec est plus arrondi et plus arqué vers la pointe.

Quatre genres, peu nombreux en espèces, composent la famille des échassiers Pressi- ROSTRES : ce sont d’abord les foulques et les jacanas , qui ont la base du bec dénuée de plumes , et ensuite les râles et les huîtriers qui sont dans le cas contraire. Les jacanas et les kamichis, qu’on en rapproche , sont des oiseaux d’Amérique et des Indes , dont le bec est garni à sa base de caroncules char nues ( PI. Il, fig. 57 ), ils ont les ailes armées d'épines ou d’éperons, avec lesquels ils se battent; l’ongle de leur pouce est excessivement alongé (PI. IV, fig. 9) : on les nomme vulgairement chirurgiens.hesf6ul(jues, qu’on appelle aussi poules d'eau , n'ont point de caroncules ; leur bec ( PI. iii , fig. 60 ') se prolonge sur le front en une sorte de plaque, et un peu plus mince au milieu. On en voit plusieurs espèces en France : elles vivent dans les lieux aquatiques; les trois doigts antérieurs de leurs pattes sont lobés ( PI. iv et V, fig. 11 et 14 ), et elles s’en servent pour grimper sur les tiges des roseaux. Leur plumage est noir , et leur bec blanchâtre ou rougeâtre. On estime beaucoup leur chair, quoiqu’elles aient à peu près la même manièx'e de vivre que les hérons. On regarde comme appartenant à un genre voisin, les porphyrions ou poule-sultanes, h'huitrier se reconnoît facilement, parce qu'il n'a point de pouce du tout : son bec (PI. ii, fig. 58) et ses pattes sont rouges, son corps est couvert de plumes noires et blanches. Il se' nourrit de testacés qu’il recueille sur les bords de la mer. Enfin, les râles ont un pouce très-court, la queue à peine distincte , et le corps comme comprimé : leurs

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plumes sont lisses et serrées. On en connoft plusieurs espèces : leur chair est un manger très-déiicat. Celui qu'on nomme t'dk de genêt ou roi des cni/ies, est brun avec les ailes rousses j le rdle d'eau est gris, tacheté de blanc. Ces oiseaux volent mat. avec les pattes pendantes, mais ils courent très-vite; leur chair est coriace et dure.

Les TèaiéTmosTAEs , dont il nous reste à jMirler, ont le bec à peu près cjlindrique dans toute son étendue : les uns l'ont arqué et trois fois plus long que la tète au moins ; ce sont les courlis et les avocettes ; chez d'autres, il est droit, deux fois plus long que la tète au moins ; se sont les bécasses : les vanneaux et les pluviers qui viennent ensuite, ont un bec qui n'est guère plus long que leur tête. ««

Tous ces oiseaux ont à peu près la même manière de vivre : ils recherchent les vers des bonis des eaux ou des terrains humides.

On reconnoit les ayocettes à leur bec pointu, aloagé, recourbé en dessus iPl. ni, fig. 61) ; celui des courlis est mousse. courbé'en bas (PI. Il, 6g. 54); dans les bécasses, U est droit, mousse , et leur pouce ou doigt de derrière est asse* alongé pour poser sur la te«Te; c’est près de ce genre qu'on range les barges, les bécassines et les ibis qui en sont très-voisins , mais qui en sont cependant distincts, parce qu'ils ont une grande partie du cou et de la tête privée de plumes. Tel est Vibis sacré des Égyptiens. Les pluviers ont un bec pointu et court, en proportion des autres échassiers, et n'ont point du tout de pouce (Pi. it, 6g. îO).En6n.lesi»art««7ax ont un pouce très-court qui n'atteint pas le sol lorsque l'oiseau marche. On trouve en France des espèces de chacun de ces genres :

on estime beaucoup leur chair. On rapproche encore de ce genre les combattans , les pha~ laropes et les bécasseaux.

On nomme oiseaux nageurs ou PatMipÈ- DBs, des espèces qui se font aisément reconnoître par la con6g«ration générale du corps, et surtout par l'organisation des pattes , qui sont courtes et à doigts réunis par de larges membranes. Cet ordre rapproche des animaux qni ont entre eux la plus grande analogie. Presque tous marchent

mal, parce que leurs pieds sont peu élevés, et placés très en arrière du corps. Cette disposition est très-avantageuse pour l'action du nager. Leur corps est ordinairement alongé , ainsi que leur cou : il est couvert de plumes molles et serrées, que l’animal lustre et graisse avec une huile sécrétée par une glande située au-dessus du croupion.

L'oiseau s'en frotte le bec pour la porter ensuite sur les autres parties de son corps.

Ordinairement les mâles ont plusieurs temciles : celies-ci pondent un petit nombre d'œufs qu'elles couvent seules , et les petits qui en sortent cherchent eux-mêmes leur nourriture aussitôt qu'ils sont nés , à peu près comme ceux des gallinacés.

Quatre familles ou groupes principaux partagent assez naturellement cet ordre.

On a rapproché, sous le nom de pinnipèdes ou de podoplères, les genres qui ont pour caractères les quatre doigts léunis dans une seule menibraiie, et dirigés en avant ( Pl. v, 6g. 19): les autres n'ont que trois doigts antérîeui'enoenl. Parmi ceux-là ,on a nommé sern'rosuxs ceu.x qui ont le bec dentelé sur les Imrds (6g. 68) : ceux dont le bec est simple se partagent en deux familles. On les nomme maci-optères, quand ils ont les •ailes très-longues , et un>podes , lorsqu’ils les ont très-courtes ; ce qui fait que la plupart ne peuvent voler.

La famille des Pouoptbbks réunit des oiseaux qui vivent ordinaii'ementsurles bords de la mer, et qui se nourrissent de petits poissons ou de cadavres d’aniraau,x marins.

Ils forment six genres qu'on a partagés en deux sections ; ceux qui ont la base du bec dénuée de plumes, qu'on nomme pélican , cormoran, frégate et fou, et ceux dont la base du bec est emplumée, qu’on appelle phaéton et anhinga.

Les péUcaiis sont des oiseaux plus gros que les cygnes : leur bec est long, aplati, garni eu dessous d'une membrane extensible en forme de.sac (PL iii, 6g. 71 ), dans lequel ranimai peut mettre en réserve plus de treize kilogrammes d’eau , ou un volume égal de poissons qu’il pèche eu plongeant.

Les pélicans font leurs nids dans les îles désertes : ils nourrissent leurs petits des pois-

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sons qu’ils leur apportent tout vivans. On élève cet oiseau en domesticité à la Chine, et on remploie pour pêcher le poisson, qu’il rapporte à son maître. On appelle cormoran une espèce voisine , mais qui n’a point de sac sous la gorge, et dont la queue est arrondie. Celle-là se trouve très-communément sur les côtes de l’Océan. Elle fait son nid dans les falaises. Les frégales ont la queue fourchue ; elles ne se voient que sur les mers du Midi, principalement entre les tropiques. Elles s’élèvent dans les airs à perte de vue. Leur nourriture consiste en dorades, en poissons volans, exocets et trigles. Enfin , les Jous se font connoitre à leur bec presque droit , non crochu et sans sac. Ils se nourrissent principaleuaent de dupées , dont ils annoncent l’arrivée dans certains parages, surtout celle des bandes de harengs et d’anchois.

Les anhingas et les phaétons forment la seconde section de la famille des podoptères. On reconnoit les espèces du dernier genre aux deux longues plumes rétrécies et intermédiaires qui ornent leur queue ; aussi les a-t-on nomme'es paille-en-queue. On ne les voit que dans les navigations sur les mers du Sud. Les marins croient qu’ils présagent l’approche de la terre. Les anhingas se trouvent aussi dans les mêmes parages ; ils ressemblent un peu aux hérons, mais leurs pattes sont entièrement palmées ; ils se nourrissent de poissons qu’ils saisissent en volant , et en plongeant leur long cou dans l'eau avec une adresse et une rapidité inconcevables.

Nous avons déjà vu qu’on a réuni dans une famille particulière les palmipèdes, qui ont le pouce libre, le bec non dentelé, les ailes très-longues, et qu’on les a nommés à cause de cela Mackoptères ;les uns ont le bec droit ,■ et tantôt le supérieur est plus court { PI. III, fig. 66), comme dans le rhincope ou hec-en-ciseaux ; tantôt les deux mâchoires sont égales , comme dans les sternes ou hirondelles de mer. Les autres ont le bec un peu courbé vers l’extrémité (PI. iii, üg. 69). On nomme mauves, goélands ou mouettes , ceux qui ont le bec inférieur anguleux, et un pouce très court aux pattes ( PI. ni, fig. 67 ; et PI. v , fig. 17 ) ; pétrels, ceux dont l’extrémité du bec (Pi. ni,

fig. 69) est crochue et comme ajoutée au reste de la mandibule sur le milieu de laquelle les narines se prolongent en un tube ; leurs ailes sont très-longues : ils portent au talon un ongle au lieu de pouce ; et enfin albatros, les espèces qui ii'ont ni ongle ni pouce (Pi. V , fig. 12).

Tous ces oiseaux vivent h la surface des eaux de la mer ou des lacs salés. On ne trouve le hec-en-ciseaux qu'aux environs des îles des mers du sud : son bec est formé de deux mâchoires étroites , placées verticalement l’une sur l’autre. L’oiseau l’enfonce dans l’eau en rasant sa surface pour saisir les petits poissons dont il se nourrit. Les hirondelles de mer on sternes ont la queue fourchue et les ailes très-longues j on en observe dans toutes les mers. Les pétrels ou oiseaux de tempête nagent à la surface de l'eau sans s’y enfoncer : ces oiseaux volent parfaitement bien ; iis s’éloignent à plus de deux cents myriamètres de toute terre. Lorsqu’une tempête menace, ils se rassemblent en troupe ; ils suivent les navires , se posent sur les vergues, et c’est alors un très-mauvais présage pour les matelots. Les albatros sont des oiseaux plus gros que les oies ; iis se nourrissent principalement de poissons (PI. III, fig. 63, bec). Les babitans du Kamtschatka et du Groenland se servent des os de ces oiseaux pour faire des tuyaux de pipe, des étuis et autres petits instrumens , comme des aiguilles , des navettes, etc.

Quoique les Serrirostres dont nous allons parler aient en apparence le bec plus robuste que ceux dont nous venons d'indiquer l'histoire, ils sont cependant condamnés à ne se nourrir que de graines , d’herbes ou de petits animaux. Ce bec est en effet très-mou ; souvent il n’est couvert que d’une simple membrane, et la mâchoire supérieure s’élève quand l’inférieure s’abaisse. Les crénelures qu’on remarque sur les bords de ce bec, et qui lui ont fait donner le nom de serrirostre, paroissent destinées à produire , piar leur rapprochement, l’effet d’un crible ou d’un tamis par lequel l’oiseau , à l’aide d’une langue charnue comme frangée ou garnie d’un effilé sur ses bords, fait passer l’eau et la vase dans laquelle il barbotte afin d’en extraire toutes les molécules qui peuvent être employées à sa nourriture.

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Quoiqu’on connoisse plus de cent espèces differentes d'oiseaux de cette famille .on n'a établi parmi eux que deux genres. On nomme canards ceux qui ont le bec trois fois plus long- que large au plus j et hat^es, ceux dont le bec est au moins cinq fois plus long qu'il n'est large.

Ou a divisé les canards en deux sousgenres , suivant que les espèces ont une cire ou un renflement charnu à la base du bec supérieur, ou que cette base est à peu près lisse. On rapporte à ce genre nombreux les cj'gnes ^ les tadornes f les macreuses, l’oie commune, la àernache, le crarani , le piiet, le canard sijffleur ^ le souchet, le monïion , les sarceiles , le millouinan , les canards} les tadornes ont la tête et le haut du col d’un noir verdâtre, puis un grand collier blanc et la poitrine d'un jaune roux , les ailes et la queue sont noires, tachetées de blanc ; les macreuses ont le bec plus large qu'épais et comme bossu, leur col est court, leur couleur est sombre ; et leider ou lo/'e du Nord , qui fournil l'édredon ou ce duvet précieux dont on fait des vètemeus légers et très-cbauds. Ces derniers oiseaux se rencontrent principalement sur les côtes du Groënlaud, de l’Islande, du Dauemarck et de l'Ecosse; ils fond leurs nids dans les rochers, La temelte arrache le duvet qui garnit le dessous de son ventre pour en couvrir ses œufs ; c'est ce duvet qu'on va chercher au péril de la vie dans les fentes des rochers : chaque nid en contient à peu près deux hectogrammes, mais il faut l’éplucher avec soin. Deux kilogrammes et demi de ce duvet, bien serré et ramassé en une boule qui n'est guère plus grosse que les deux poings , peuvent, lorsqu'on les laisse libres dans un four ou dans une étuve bien échauffée , occuper un espace deux mille fois plus grand, ou remplir le matelas d’un lit de près de deux mètres de long sur un mèü'e et demi de large.

Les hurles ont à-peu-près la même manière de vivre que les canards; mais leur bec est plus fort et les dentelures en sont plus pointues ( PI. ru, 6g. 68) : ils se nourrissent principalement de petits poissons et d'œufs des grosses espèces, comme ceux de carpes , de brochets; aussi fout-ils beaucoup de tort dans les viviers. On n'en élève aucune es¬

pèce en domesticité. Leur chair n’est point estimée ; on nomme pief tes les petites espè- .ces ; leur voix est extrêmement forte et désagréable , et leur larynx inférieur , ou le bas de leur trachée , présente une conformation très-curieuse à connoitre , à cause de sa dilatation.

Les oiseaux à pattes palmées , qu'on appelle ÜEOPODES , ont les ailes très-courtes , les pattes articulées , tout-à-fait en arrière du corps, de sorte que , pour marcher sur la terre, ils sont forcés de se tenir le corps dressé presque verticalement; leur bec n'est point dentelé , et leur pouce n’est jamais libre quand il existe. On leà trouve ordinairement sur les eaux de la mer : ils se nourrissent de mollusques, de vers et de crustacés. On les a partagés en trois genres : 1°. les manchots ou apténodyies , dont les ailes sont courtes et sans pennes, et qui n'ont qu'un ongle à la place du pouce ; 2°. les alques ou pingouins f dont le bec est sillonné en travers (Pl.m, fig. 65), qui ont une queue et point de pouce (PI. v, 6g. 12 3o. en6n les plongeons ou grèbes , dont les pattes sont presque lobées avec le pouce bien visible (PI. v, 6g IS), et qui n’ont point de queue.

Les plongeons courent sur la surface de l'eau ; iis nagent et plongent parfaitement; mais iis marchent très-mal sur la terre. Les plumes de leur corps sont extrêmement serrées; celles du ventre sont comme satinées. Les gf'èbes , qui appartiennent h ce genre, ne sont point rares en France; on les observe dans les maiais : il font un nid en forme de barque à la surface de l'eau et au milieu des plantes aquatiques. Les pingouins elles macareuxf dont le bec (PI. m, n" 65), ti'ès-aplati de droite à gauche et sillonné en travers, offre une très-grande hauteur verticale relativement à sa longueur , sont des oiseaux de la mer du Nord; ils placent leurs nids sous terre. On croit qu'ils ne pondent qu'un seul œuf très-gros. En général , iis sont noirs ou bruns en dessus et blancs en dessous ; ils se nourrissent de petits crustacés, de mollusques. Les manchots paroissent avoir reçu leur nom de la disposition de leurs ailes , qui ne peuvent pas du tout servir au vol, et qui ressemblent

DES MAMMIFÈRES EN GÉNÉRAL

à des nageoires , puisqu'elles n'ont pas de les unes sur les autres. On n'aencoreobpennes, et que les tectrices sont aplaties en servé ces oiseaux que dans les mers du forme d'écailles et placées en recouvrement Sud.

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