DES MAMMIFÈRES QUADRUMANES
dre trou prodait par iin grain de plomb dans la membrane qui recouvre leurs ailes , les fait aussitôt tomber : elles cherchent alors moins à mordre qu à se sauver et à se plaindre. Presque toutes les autres espèces ont des mœurs analogues. Parmi les souris proprement dites , celte qu'on nomme ot'eUlard est remarquable par la grandeur de ses oreilles, qui sont de la longeur du corps. L’animal entier ne pèse que trois grammes; cependant, quand il a les ailes étalées, il occupe un espace de près de deux décimètres.
On n'a encore oliservé les (•aléopithèques que dans les îles de l Océan. Indien . principalement aux Moiuques : ils difFèrent beaucoup des chauve-souris ; car les membranes velues ne leur servent que de parachute , comme dans les polatouches. Tous leurs doigts sont armés d’ongles crochus et tranchans en forme de griffes (PI. iv , fig. 7 ); leur museau est court et simple ; les incisives (le la mAchoire supérieure sont dentelées , au nombre de deux : il y en a six , divisées comme un peigne à leur mâchoire infér'eure (l’I. ni , fig. 3.) On n'en connoit que deux espèces ; l uno est rousse , et l'autre grise , avec des points blancs et noirs.
Les mammifères compris sous le nom général de Qdaçru.manes , qui signifie quatre mains,ont en effet quatre mains, car leurs pouces sont séparés aux pieds de derrière comme à ceux de devant (PI. iv, fig. 2,3,4,5). lis ont avec l'homme une telle ressemblance dans la structure des membres et dans la charpente générale du corps , qu’ils semblent l imiter dans tous sesmouvemens ; ce n'est pas cju'ils le veuillent, mais ils ne peuvent agir autrement. Ils forment un ordre très naturel ; on les a divisés en deux grandes sections :
les singes , qui ont quatre dents incisives sans intervalles (PI. ui, fig. 2); et les makis, qui ont plus ou moins de quatre dents incisives avec un intervalle (PI. 1 , fig. 4).
Les makis ont été appelés encore singes à museau de renard, parce que tous ont le musean plusou moins prolongé, et très-souvent un ou plusieurs ongles crochus, tranchaus et non aplatis comme ceux des singes : ce sont des animaux d'Afrique, On en
connoît maintenant un grand nombre d’espèces qu’on a distribuées en cinq sous-genres , principalement d’après le nombre de leurs dents incisives. Ainsi , par exemple , on a nommé galagos celles qui ont en liant deux incisives trcs-écartées et six en bas (PI. I. fig. 4); leur queue est longue et touffue. Ou les trouve au Sénégal ; ils ont les tarses alongés , (PI. iv , fig. 5), les yeux tres-gi’ands ; aussi sont-ils des animaux nocturnes; ils se nourrissent d’insectes et de fruits Tous les autres ont quatre dents incisives en haut, mais ils diffèrent par le nombre des intérieures ; ainsi les tarsiers n'en ont que deux en bas; ces derniers ont reçu leur nom de la longueur excessive du tarse ou du pied de derrière; ils ont les mêmes mœurs que les galagos ; ou n’en a encore observé que dans les îles de l'Archipel Indien. Les irifiris n en ont que (juatre en bas; les/om et les makis en ont six, mais ces derniers ont une queue , tandis que les autres n'en ont pas. Tous ces animaux sont de Madagascar et des Indes orientales.' Leurs poils sont touffus et laineux. Ou en transporte rarement en France des individus vivans. On a vu ciqîendant des makis mococos gris , qui ont la queue annelée de noir et (le blanc iPl. vi, fig. 2 ) , y faire des petits et les nourrir du lait de leurs mamelles.
Les singes ont en général toutes les dents disposées à-peu-près comme celles de l'homme; mais leurs laniaires sont beaucoup plus longues (PI. ni , fig. 2; PI. 1 , fig. 2, 3) ; leurs yeux sont dirigés en avant, et séparés par le nez, dont la clois<Sn varie pour la largeur. Quelques espèces ont dans la bouche des sacs ou poches particulières, qu’on nomme abajoues. Leur face est plus ou moins verticale, suivant les espèces; aucune cependant n’a de menton. Leur bassin est toujours très-étroit , par rapport à la poitrine. Rarement ils ont des fesses; plusieurs ont des callosités, places dénuées de poils et rugueuses, sur lesquelles ils s’asseoient, et qui souvent se joignent et entourent le siège (PL vi, fig. 7) ; jamais leurs jambes ne sont garnies de mollets : leurs cuisses sont courtes, et leur talon n’appuie pas entièrement sur la terre , ni même toute la plante du pied à la fois , car ils marchent principalement sur le bord extérieur. Dans le plus grand nombre les bras et les doigts
de l homme.
sont très-alongé.s , et les pouces sont fort courts en proportion ; quelques espèces n’ont point de queue du tout ; d’autres en ont une tantôt courte , tantôt longue, et quelquefois préhensile ou propre à s’accrocher (PI. VI , Hg. 1).
Ces animaux se trouvent principalement dans les climats voisins de la zone torride des deux continens, au Brésil, a Cayenne, à Surinam, au Bengale , au Sénégal , etc. Ii.s ne sont féconds que dans les pays chauds j ils pdrtent leurs petits . et les nourrissent àpeu-près comme les négresses. Leur pétulance et leur vivacité semblent dépendre du climat, car ils sontlenîs, tristes et engourdis dans les régions tempérées. Plus leur face est alongée, plus, en général, ils sont féroces et cruels j ils sont colères , passionnés 5 ils trépignent dans l'impatience. Dans 1 état sauvage, ils se réunissent en troupes pour faire des expéditions. Ils se défendent courageusement avec des bâtons, et lancent adroitement des pierres; quand ils sont blessés , ils se pansent, lavent leurs plaies , et y-> appliquent des médicamens. Ils se nourrissent principalement de fruits et de petits animaux, surtout d'insectes. Ou n’est point encore parvenu à apprivoiser les singes; on les dompte , on lessubjugue, mais ils restent captifs et non domestiques. Dans cet état, on les voit toujours indociles, fourbes , rusés, gourmands , vindicatifs et brutaux. Ils ne sont sensibles qu'aux châtimens ; battus, ils soupirent, gémissent et sanglottent; ils cèdent, mais seulement quand iis se sentent les plus foibles. On en a vu faire la roue , attiser le feu, rincer des gobelets, verser à boire, tourner la broche, danser sur la
corde , etc ; en général, ils sont très-adroits dans les exercices du corps.
On a partagé les espèces de singes en six groupes principaux. On a d'abord observé que toutes celles d'Amérique avoient une large cloison des narines , douze molaires , et une queue très-longue, souvent piéhensile (PI. VI , 6g. I). On a nommé sapajous les espèces qui ont le museau court, la tête plate , et on les a distinguées en codilas , sajous y sakis y sagouins , ouistitis; on a nommé singes hurleurs ou alouates, celles dont le museau est alongé et la tête élevée en pyramide. Toutes les autres espèces sont de l ancien continent ; la cloison de leur nez est mince; elles n'ont que dix molaires; celles dont le museau est extrêmement alongé (PI. \ , 6g. 3), et la queue courte ( PI. VI, 6g. 7 ), sont nommées cynocéphales , mandrills , papions ou babouins ; celles qui suivent ont le museau court, et diffèrent par la forme de la tête ; celles qui l’ont plate sont des guenons , quand leur queue est longue; et des macaques lorsqu’elle est .^courte ou nulle. Le callitriche , \e mone , le mangabey, ainsi que le douo, Ig nasique et ienielle sont des guenons ; tandis que les magots , le bonnet chinois et le rhésus sont des macaques. Il reste en6n quelques espèces dont la tète est arrondie comme celle de l’homme , le museau court ( PI.
6g. 2) , à face presque droite, j)arce que leur nez est plat et ne fait pas de saillie , et qui n'ont ni callosités aux fesses ,ni queue , ni abajoues ; ce sont les orangs. On rapporte à cette division Vorang-outang, le chimpansc, qui ont les bras très-longs ; les gibbons sont dans le même cas, mais ils ont les fesses calleuses.