‹ Élémens des sciences naturellesChapitre 134 sur 147 · DES MAMMIFÈRES PLANTIGRADES · texte numérisé non relu

DES MAMMIFÈRES PLANTIGRADES

principales espèces ou variétés du chien domeslk|ue sont : 1 °. le chien de berger, qui a les oreiiles droites, les poils roides , un peu plus touffus sous la queue. Les chiens à'Islande , de Sibér ie , le chien-loup ^ sont intermédiaires entre ces premiers et les suivans ; 2°. les lévriers , qui ont le museau pointu , le corps alongé , très-haut sur jambes; les levrettes, les chiens turcs, qui n'ont de poils, pour ainsi dire, que sur la face, et le chien marrou de la Nouvelle - Hollande ; 3° les épagneuls à longs poils soyeux, surtout à la queue, à oreilles pendantes. Ordinairement blancs , à taches noires ou brunes. Il y en a cependant de noirs, marqués de brun ou de jaunes ferrugineux ; 4°. le barbet ou caniche, dont les poils sont crépus , frisés comme de la laine, et qui ont le museau court , arrondi ; le bichon, le chien lion; 5°. le dogue, qui a le museau retroussé , les incisives saillantes , les lèvres pendantes, les paupières lâches ; le do^uin ou carlin , dont le corps est presque cai'ré et la face noire; le roquet; 6 °. le braque, le chien de chasse ou chien courant, qui a le museau pointu, de longues oreilles pendantes; le grand et le petit danois; 7". en lin , les bassets, à jambes droiles ou torses, qui ont un corps gros, alongé, porté sur de petites jambes ; les oreilles pendantes et une face pointue. Toutes ces variétés , et beaucoup d’autres, forment autant de races qui se perpétuent constamment , quoiqu’elles se mêlent et se confondent par l’accouplement.

Les loups ressemblent beaucoup aux chiens ; mais ils^ont plus forts que ceux des bergers, avec lesquels ils ont le pTus de rapports : leur couleur varie ; ordinairement ils sont d'un brun jaunâtre. 11 y en a de noirs ; ils peuvent produire avec les chiens. Les hyènes vivent principalement en Afrique : elles n'ont que quatre ongles aux pattes : elles portent une crinière ; leur museau est noir, retroussé, et leurs poils gris, avec des taches et des bandes brunes ; elles se nourrissent piuncipalement de cadavres,

« il attaque sans provocation ceux qu'il ne connoît « pas. il soulage la goutte, les cbancres, en léciiaot « les plaies ; il hurle aux sons de la musique ; il « mord la pierre qu’on lui jette ; il pue dans les

■ temps d’orage et lorsqu’il est malade , il est sujet

■ au taenia et à la rage , qu’il propage; il devient « aveugle sur ses vieux jours , etc. >•

même de ceux des hommes qu elles vont déterrer dans les cimetières.

Les renards ont la queue touffue , C 3 dindrique ; les oreilles dressées , arrondies et velues. Ce sont des animaux nocturnes , ce qu'indique la forme de leur pupille, qui, au lieu d’être arrondie ou à-peu-près circulaire, comme dans les chiens , est alongce , et forme une sorte de‘feule verticale plus large au milieu , en se resserrant par l'effet de la lumière. On connoil six ou sept espèces de renards , dont la fourrure est trèsrecherchée. Parmi ceux de F rance, le renard ordinaire a l’extrémité de la queue blanche , tandis qu’elle est noire dans l'espèce qu’on appelle charbonnier. renard bUinc ou isatis, le noir, le bleu , l'argenté , sont d’autres especes du Nord , dont les mœurs n'ont point encore été assez étudiées. Ceux de France vivent de rapines , de perdreaux, de levrauts , de lapereaux , de poules , de petits oiseaux, meme de fruits. On dit qu’ils recherchent surtout le raisin.

Les PiiAHTiGBADES sont ainsi nommés parce qu'en marchant ils appuient sur la terre la plante entière du pied ( PI. iv, fig. 10, A); aussi cette partie est-elle toujours nue , privée de poils. Ces animaux sont moins carnassiers que les digitigrades : ils se nourrissent de vers , d’insectes et autres petits animaux. Les végétaux , et surtout les fruits sucrés , peuvent aussi leur servir d’alimens. Leur course est une sorte de trot ; leur marche est lente : ils aiment presque tous l'obscurité , et ne sortent'que la nuit. Dans les pays tempérés , ils s engourdissent pendant 1 hiver. OnHes a partagés en quatre genres principaux : les uns ont le corps couvert de poils roides en forme de piquans, on les a nommés hérissons; les autres n’ont pas de piquans ; mais tantôt les dents laniaires sont plus courtes que les incisives , comme dans les musaraignes ; tantôt elles sont plus longues. Parmi ces dernières espèces on nomme taupes celles qui ont les mains très - larges , aplaties eu forme de pelle, et qui ont huit dents incisives à la mâchoire inférieure, tandis que les autres , dont les incisives soiitau nombre de six , et les pattes de devant semblables à celles d e derrière, sont appelées ours.

DES MAMlVÎIFÈRES PLANTIGRADES.

Le corps des hérissons est couvert de courts piqnans qu’ils peuvent redresser :

leur museau est alongé; leurs <leuts laniaires sont presque aussi courtes que les incisives ( PI. l , fîg. 6 ) : ils se nourrissent de Iruits, de limaçons, de vers; ils se roulent en boule dans le danger, à l’aide d'une conformation particulière dans les muscles de la peau. L hiver ils s’endorment dans les Irons où on les trouve enveloppés d'une grande quantité d’herbes'sèches qu’ils ont apportées sur les épines de leur dos. On trouve à Madagascar plusieurs animaux voisins des hérissons ; mais ils sont plus alongés, à épines plus flexibles . et à lauiaires un peu plus longues que les incisives ; ils n’ônt point de cjueue du tout : on les nomme tenrec et iendrac.

Le nom de musaraigne, qui signifie souris des sables , a été appliqué à de petits animaux qui ont en elï'et quelque ressemblance avec les souris par les poils et par les pattes , et qui vivent surtout dans les lieux arides et sous les terres faciles à remuer.

Leur museau est prolongé en un groin comme celui des taupes ; leurs yeux sont petits ; elles y voient mal pendant le jour.

L'espèce la plus commune en France est appelée vulgairementc'est le plus petit mammilère connu ; il « atteint guère que quatre centimètres ; il porte une odeur qui déplaît aux chats, et voilà probablement pourquoi ceux-ci ne le mangent pas après l’avoir tué. Cet animal ne fait point périr les chevaux en entrant dans leur ventre, comme on le croit dans les campagnes. On trouve une autre espèce de musaraigne sur le bord des fontaines ; elle plonge très-bien; ses oreilles sont garnies d'un petit opercule et ses doigts sont bordés de cils ou de poils roides comme les tarses de certains insectes qu’on nomme dytiques.

Tout le monde connoît la forme des taupes ; leur corps trapu, couvert d’un poil court, soyeux , est supporté en devant par des pattes si courtes, qu'il traîne sur la terre ; leur queue est aussi très-courte; leur yeux petits ; leur museau prolougé en groin (PI. l, fig. 7). Ces animaux vivent sous terre ; ils y creusent des mines et des galeries

à l’aide de leurs pattes de devant , qui sont garnies d’ongles tranchans (PI. iv, fig. 8,a); ils se nourrissent de lombrics, de larves d'insectes et de racines bulbeuses. Les taupes varient pour la couleur ; il y en a de toutes blanches , de rousses ; mais le plus ordinairement elles sont grises ou noires. La taupe est un animal très-industrieux , et donlles moeurssouttrès-curieusesà étudier ; on n’en connoît qu’un petit nombre d espèces. Parmi les étrangères , la plus remarquable est la chrysochiore du Cap , dont les poils sont, pendant la vie de l’animal , d’un beau vert doré changeant, à reflets métalliques rougeâtres.

Le genre des ours comprend un si graml nombre d’espèces, qu'on a été obligé de le subdiviser en plusieurs groupes. Tous , à la vérité, ont à l’une et l'autre mâchoire six incisives , situées entre deux grandes laniaires , celles d’en bas se trouvent comme déplacées (PI. m, fig. 12); mais les ours, proprement dits , ont une petite laniaire après la grosse , et ensuite un grand intervalle avant les dents molaires (PI. 1 , fig. 8).

Chez tous les autres , les dents forment une série non interrompue : tantôt fis ont le corps très-gros en arrière , avec une queue beaucoup plus courte; tels sontles blaireaux tantôt leur queue est presque aussi longue que le corps, aloz’s ou les nommekinkajous, quand cette queue leursert pour s’accrocher aux branches , et coatis ou ratons quand elle est comme tronquée ou non prenante.

Les ours sont des mammifères à corps gros, court; bas sur jambes , couvert d’un poil toulTu et roide , de couleur uniforme , dont le nez se prolonge en une sorte de museau, et dont les larges pattes sont armées d’ongles longs et courbés ( PI. iv , fig. 10 ). Les trois principales espèces sont : le brun, qui se trouve dans les Alpes et dans les Pyrénées ; il se nourrit de matières végétales, de miel , d’abeilles, de fourmis, et se sert davantage des pattes que des dents; le noir, qui vit au Canada et dans toute l’Amérique du nord ; sa peau , couverte de poils noirs, gros et lustrés , est fort recherchée comme fourrure grossière; le blanc , qu on nomme aussi ours polaire ou maritime, se trouve sur les «places au Groenland et en Sibérie.

DES MAMMIFÈRES CHIROPTÈRES.

Dans celte espèce le cou et la lêle sont très - aiongés , le nez , les ongles el les paupières noirs, et toutes les autres parties d une belle couleur blanche.

Les blaireaux ou laissons se creusent des terriers ; ils ont beaucoup de r.-îpports avec les ours par leur manière de vivre ; ils se nourrissent principalement de scarabées et d'escargots. La plupart portent une odeur désagréable : leurs poils , quoique forts gros, sont flexibles, et s’usent difficilement ; comme ils ne se feutrent pas, on les recherche pour en faire des pinceaux , des brosses à barbe. Il n y en a qu’une seule espèce en France ; elle est cendrée en-dessus , brunâtre en-dessous ; avec un bandeau brun.

Le glouton du Nord el le mtiel du cap de Bonne Espérance, appartiennent à ce même sous-genre.

Les co itis et les ratons sont des animaux d’Amérique : les premiers ont un museau excessivement prolongé et mobile; les autres ont le nez plus court : ils ont à - peu - près les mêmes mœurs que les blaireaux; ils se nourrissent de crabes, d'insectes et de fruits. Quelques espèces ont la queue formée d'anneaux de poils diversement colorés (PI. vi, fig* 2); quelques-unes relèvent le talon en marchant, et se rapprochent davantage des carnivores. l.eskinkaJous ressemblent beaucoup aux coatis; mais leur queue (fig. 1) est préhensile , et leur museau semblable à celui des ratons.

Les mains changées en ailes , telle est l'idée que fait nailre la traduction du mot de Chiroptères Les animaux compris dans ce sous-ordre ont tous les membres enveiop- ])és dans une membrane qui les soutient dans l’air, et qui donne à la plupart la faculté de voler aussi bien que les oiseaux (Pi. IV, fig. 6.) Comme ils appuient sur la plante entière du pied , qui est ordinairemenlterrainée par des ongles crochus ; qu'ils ont les trois sortes de dents ; que leur langue est, hérissée de pointes tranchantes ; enfin comme ils fuient la lumière ; d où il résulte qu ils ont les plus grands raiiports avec les autres carnassiers. Ils se nourrissent presque tous en effet d'insectes, qu’ils saisissent au vol comoie les hirondelles. On

les a divisés en six genres faciles à di.stinguer : les uns n'ont pas les mains alongées (fig. 7) ; on les a nommés gnléopilhèques.

Toutes les autres espèces ayant les doigts des mains excessivement longs , mais étendus sous une membrane, et non terminés par un ongle , à l'exception du pouce , on les a nommés en général chauve-souris. Ils ont les mamelles sur la poitrine, au nombre de deux seulement; leurs petits y sont suspendus , lorsqu'ils volent.

On connoît maintenant un très-grand nombre de chauve-souris. Pour en faciliter l'étude, on les a divisées en beaucoup de genres, d après les particularités suivantes : les unes ont le nez, ou l'ouverture des narines , garni d’une membrane ou d'un repli de la peau , et tantôt les lauiaires écartées , on les nomme rhinolophes ( PI. vi, fig. 2Ü ; et PI. in , fig. 7 ) ; tantôt ces lauiaires sont rapprochées , ou les appelle phyLLostomes (PI. VI, fig. 17 , 18, 19; et PI. iii , fig. 8.) Toutes les autres espèces n'ont point de membranes ou de feuilles autour du nez.

Chez les unes , comme dans les roussettes on pté’ opes J la membrane ne réunit pas les pattes de derrière , et il n’y a point de queue. Les deu.x autres genres ont une queue : dans les noctdions, elle est libre à l'extrémité, et l’animal la tient redressée; dans les chauve-souris proprement dites , elle est enveloppée dans la membrane , et courbée en-dessous.

Le rhinolopliefer-à-cheval{P\, vi. fig. 20) est une espèce fort commune en France :

de jour , elle se retire dans les cavernes et dans les trous souterrains , où elle passe riiiver. Dans cette saison , on trouve ces chauve-souris éparses et non réunies , suspendues par les pattes postérieures , enveloppées dans leurs ailes comme par un manteau : elles sont engourdies , mais non endormies ; le moindre souffle les fait mouvoir. Quoiqu’elles ne fassent aucun bruit en volant , on s'est assuré que le moyen de réveiller tous les individus de la même espèce, est d'en exciter un seul. Lorsqu'il fait assez chaud, elles se remuent avec beaucoup de vivacité ; elles grimpent à reculons, avancent en s'accrochant avec l'ongle du pouce. Leur voix est semblable à celleMes oiseaux ; elle est courte et rapide. Le moin-

Page 1