CORPS ANORGANIQUES. MOYENS D ETVDE
dodécaèdre rhomhoïdal { fîg. 8 ), on un solide présentant douze faces carrées à deux angles aigus et deux obtus; 60 . enfin, le dodécaèdre hipyramidal (fig. 9), ou une figure à douze plans triangulaires , ou bien encore composée de deux pyramides à six pans opposés base à base. Nous avons dû faire connoitre ces termes dont nous ferons usage par la suite.
Maintenant, pour donner une idée exacte, quoique grossière, de la manière dont les molécules intégrantes produisent un solide dodécaèdre (tel que celui fig. 8 ) , qui est la forme primitive du grenat , par exemple , mais qui devient forme secondaire dans la chaux fluatée , le fer oxidulé , etc., supposons avec M. Haüy, qu’on puisse enlever six des angles solides, de manière à melü’e à découvert six des faces carrées qui seront les pans du cube, nous aurons isolé six petites pyramides quadrangulaires , ou vingtquatre triangles dont chacun appartenoit à la moitié d’une face rhomboïdale ; et il nous restera un cube (PI. ii, fig. 3 ), qui formoit le noyau du cristal, et dont une des faces se voit en EE' 00' (PI. i, fig. 3). Supposons ensuite, pour plus de simplicité, que deux de ces faces seulement soient chargées de pyramides dont les sommets sont en r', s, et que chacune soit formée de lames décroissantes , composées de petits cubes dont chacun dépasse le suivant d’une quantité égale à une rangée de ces mêmes cubes, en formant ainsi des lames superposées composant huit escaliers ou gradins successivement décroissans. On comptera les cubes d’après cette série de nombres 1 , 3,5,7, 9,11, 13 , 15, puisqu'il y a toujours une rangée soustraite à chaque extrémité de la lame de superposition. C’est ce qu’on nomme le décroissementsur les bords. Il arrive dans d’autres cristaux des décroissemens réguliers en largeur seulement ou en hauteur , ou sur les angles ; des décroissemens mixtes, ou en même temps en largeur et en hauteur; des intermédiaires , etc. A la vérité , nous n’apercevons pas dans les cristaux , à la vue simple, ces lignes saillantes, ces lames ni ces enfoncemens ; mais c’est que les parties constituantes ou les molécules intégrantes que nous venons de figurer ici d’une manière très-développée , afin de les rendre apparentes, sont réellement d’une ténuité
infinie et quelquefois même imperceptibles, excepté au microscope.
Les minéralogistes ne se sont pas contentés de connoitre la forme des noyaux primitifs , ou des cristaux secondaires qui en dérivent : pour plus de précision, ils ont mesuré et estimé à leur valeur réelle les angles que forment les plans les uns sur les autres, comme les géomètres calculent les angles avec les graphomètres ordinaires.
Ces instrumens se nomment des goniomètres. Celui dont on se sert le plus ordinairement , et que nous avons fait représenter planche l^e , fig. 4, porte le nom de Garangeot, son inventeur. U consiste en un demicercle ABC , divisé en degrés , portant deux règles mobiles, ou alidades DE, FG , dont la première est évidée de manière à former une coulisse, excepté au point I, ce qui donne à l’alidade plus de solidité. Cette première règle'est retenue en K et en c par de petits pivots quisout dépendaiis du demicercle gradué. La seconde alidade FG est également évidée, mais seulement dans sa portion Fc , où elle est retenue par le même pivot au-dessus de la règle évidée DE. Les pivots c et K sont des vis reçues dans des écrous, où elles peuvent se serrer et se làcher facilement. Quand la vis K. est lâchée, l’alidade DE peut se mouvoir horizontalement dans le sens du diamètre, et entraîner avec elle la règle FG ; mais celle-ci n’est mobile qu’au point c , et par conséquent dans le centre du cercle auquel correspond le bord aminci de son prolongement cF, qu’on nomme ligne de foi. Pour se servir du goniomètre, on le dispose de manière que les deux extrémités DF des alidades puissent s’appliquer exactement contre les deux plans du cristal qui font angle. On serre alors la vis c, et la ligne de foi donne la valeur de l'angle mesuré.
Pour terminer les considérations générales auxcjuelles on soumet les minéraux, il nous reste à parler de leur dureté et de leur densité comparées , ainsi que des moyens que l’on emploie pour les estimer. C’est en essayant de rayer un minéral par un autre qu’on a constaté leur dureté dont on a fait une sorte de table. L’observation et l’expérience ont appris que cette propriété siégeoit même dans les molécules les plus fines ; aussi