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CORPS ANORGANIQUES. MOYENS D’ÉTUDE

même forme primitive dans tous les cristaux qu’ils produisent. Ainsi en prenant du nitre en poudre très-fine, en le faisant fondre dans de l’eau pure , en laissant cette eau se réduire lentement en vapeurs, on remarque d’abord à sa surface de petits solides j d’autres particules se collent en même temps aux parois du vasej celles-ci semblent en attirer d’autres ; et successivement, de manière à former des cristaux très-gros et ressemblant au noyau primitif (PI. i, fig. 2) ou à l’octaèdre, dont les bases sont rectangles dans toutes les parties qui ont été libres , et plongées dans l’eau saturée des molécules du nitre.

Quoique la cristallisation de tous les solides polyèdres s’opère constamment sur des noyaux dont la figure est semblable dans chaque espèce de minéral, puisque leurs molécules intégrantes ont une forme identique, il ne s’ensuit pas que tous les cristaux d’une même substance minérale doivent être semblables à eux-mêmes. Il arrive souvent, au contraire, que, sur le noyau primitif, il se produit dans l’acte de la cristallisation beaucoup de formes secondaires.

Ainsi la potasse nitratée prend six formes constantes , dont les angles ou les inclinaisons des plans sont susceptibles d’être déterminés ou appréciés comme nous le dirons bientôt, outre d’autres formes accidentelles, comme des aiguilles isolées , accolées , croisées, etc.; et la chaux carbonatée, étudiée sous ce l'apport par M. Haüy, a présenté une sorte de protée dont le rhomboïde obtus constitue la molécule intégrante, et le noyau donne naissance à plus de soixante formes diverses observées et décrites.

Pour avoir une idée exacte d'un cristal, il faut donc en rechercher la structure, le disséquer, en faire l’analomie, afin d’observer le noyau ou la forme primitive sur laquelle est construit tout l’édifice de ce solide. On peut faire ces recherches d 'une manière mécanique. Ainsi, en frappant légèrement et avec attention un cristal, en introduisant entre les lames qu'il présente de petits instrumens d’acier fort minces, on parvient à séparer les unes des autres les molécules intégrantes par lames, et à peu près dans l’ordre où elles s’étoient jointes au solide : c’est ce que l’on nomme le cli¬

vage, terme emprunté des lapidaires qui pour accélérer la taille du diamant, emploient souvent ce procédé ; c’est ce qu’ils appellent fendre la pierre ou la cliver. On reconnoît que ce clivage ou cette séparation de lames s’opère réellement dans les joiiits naturels, quand les nouvelles faces du cristal mises à découvert sont lisses et bien polies, comme si elles avoient été usées par la meule du lapidaire. Quand au contraire elles sont ternes , c’est qu’il y a eu fracture ou une division irrégulière.

Comme la disposition primitive de la figure, ou le noyau d’un cristal, dépend de la juxta-position des molécules intégrantes dans un sens détex'ininé , il faut indiquer les formes de ces molécules ; c’est ce que nous allons faire brièvement. Tout intervalle, ou tout espace occupé par un corps, doit être au moins limité par quatre plans ou lames principales. Le solide le plus simple que l’on puisse imaginer sous ce rappox’t est le trélvaedre (PI. ii, fig. l^®), lequel est une pyramide qui a pour base un triangle, et pour sommet la réunion de trois autres triangles élevés sur cette base. La seconde figure élémentaire sera le prisme triangulaire (PI. Il, fig. 2), ou un solide terminé par des bases triangulaires et parallèles , supportées par des parallélogrammes. La troisième et dernière figure élémentaire est le paralUlipipede (PI. ii, fig. 3 ), ou un solide terminé par six faces en parallélogramme , à plans opposés parallèles.

Ces trois formes élémentaires peuvent produire tous les cristaux ; et c’est toujours par leur réunion et par la diversité des angles que chacune de ces molécules intégrantes présente dans chaque variété de cristal, que les noyaux ou les formes primitives des corps sont constitués. Ces dernières sont au nombre de six; savoir, 1®. le parallélipipède (fig. 4), soit cubique ou à quatre angles égaux, soit rhomboïdal ou à deux angles aigus et à deux obtus ; 2°. Yoctaèdre ( fig. 5 ) , dont la surface présente huit triangles, tantôt équilatéraux , tantôt à trois côtés inégaux ou scalènes , tantôt enfin à deux côtés inégaux ou isocèles ; 3°. le tétraèdre régulier (fig. 6); 4». le prisme hexaèdre régulier 2) , qui a pour base un hexagone ou six faces latérales; 5®. le

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