‹ Élémens des sciences naturellesChapitre 50 sur 147 · CORPS INERTES. MÉTAUX. MANGANÈSE. ALCALIS · texte numérisé non relu

CORPS INERTES. MÉTAUX. MANGANÈSE. ALCALIS

On ne peut remplacer le fer par aucun des métaux. On l'emploie sous les trois états de fonte , de fer battu et d'acier ponr donner la forme à tous les autres. Ses usages sont si nombreux, qu’il n’est aucun artisan qui n’en ait le besoin le plus absolu. Ses oxides, tels que le vitreux ou les paillettes de fer et l’aimant, sont d’une grande nécessité dans plusieurs arts, ainsi que les sels qu’il forme, tels que le sulfate appelé vulgairement couperose ou vitriol vert, qui est, sous ces trois noms, la base de l’encre à écrire et (295) de toutes les teintures noires, à l’aide de l’infusion de noix de galle ou de tout autre principe astringent ; le prussiate de fer est un sel qu'on nomme maintenant hydrocyanate , et qui donne le hleu de Prusse dont on se sert en peinture, principalement dans dtlle en détrempe , et dans la teinture. Cette belle couleur s'obtient par des procédés chimiques , qui consistent dans la calcination d’un mélange de potasse avec des matières animales, comme des rognures de corne et des grumeaux de sang desséchés j la matière obtenue est lavée , filtrée , et l’on verse dans cette eau une partie de couperose verte et deux d’alun, qui produisent un précipité qu’onlave jusqu’à ce que la couleur devienne d’un beau bleu.

Il est difficile de voir le manganèse sous sa forme métallique, car il se brûle ou se combine avec l'oxigène aussitôt qu’il est en contact avec l air. Quand ou l’a réduit, on le tient sous l’huile : il est alors d un gris blanc, très-dur et très-cassant. On le trouve principalement dans la nature sous forme d’oxides à différons degrés, dont les couleurs varient, mais qui donnent au verre en fusion , avec lequel on les unit, une teinte violette ou purpurine, ainsi qu’aux émaux et aux couvertes de poteries. Quand cet oxide est ajouté au verre en proportions convenables , il le rend plus transparent j c’est ce qui l’a fait désigner sous le nom de savon des verriers. On en relire aussi de l’oxigène par le seul effet de la chaleur. On l’emploie encore pour obtenir le chlore en décomposant l’acide hyddrochiorique ou muriatique.

Les minéraux qui nous restent mainte¬

nant à étudier ne se rencontrent pas dans la nature à létal simple ou élémentaire.

Leurs principes sont combinés au moins deux à deux. La plupart sont des corps simples brûlés au unis à l’oxigène; mais quelques autres résultent de la combinaison de deux corps simples entre eux. On les nonjme, comme nous l’avons dit (29), les alcalis, les terres, les oxides et les acides. Ils ont été décomposés par la chimie qui y a trouvé des matières brûlées , lesquelles ont acquis, par cette oxigénation, des propriétés nouvelles et des qualités qui les caractérisent.

Ainsi les alcalis ( 131 ) sont solubles dans l’eau ; ils verdissent les sucs de la violette et la plupart des couleurs bleues végétales ; ils rougissent la teinture jaune du curcuma; ils se combinent aux acides et les neutralisent en formant des sels ; la plupart sont des oxides métalliques. Tels sont la potasse ( 162). la soude {163 ) , la baryte et la slrontiane (164), la chaux (165) et quelques autres alcalis moins connus. On range aussi avec les alcalis l’ammoniaque ( 166), qui est un gaz provenant de la combinaison du gaz hydrogène avec l’azote.

Les terres (1.31. 167) sont regardées par les chimistes comme des oxides de métaux, quoiqu’on ne les ait pas réduits à 1 état de pureté. Elles n’ont aucune des propriétés des alcalis ni des acides avec lesquels elles se trouvent combinées dans la nature, ou par l’art qui peut aussi les extraire ou les oxider ; telles sont la silice ( 167 ), l’alumine ( 168 ), la magnésie (.169 ) et plusieurs autres moins connues. (170)

Les oxides ( 171 ) sont analogues aux terres par leurs propriétés générales ; mais tous ont été et sont facilement décomposés.

On a reconnu que c’étoit des corps brûlés ou combinés avec l'oxigène. On les désigne par les noms des matières combustibles qui en sont la base. Tels sont l’eau (172) ou Toxide d’hydrogène, et tous les oxides métalliques , qu’on nomme vulgairement chaux de métaux ou métaux calcinés.

Enfin les acides qui sont, pour la plupart, dans le même cas que les oxides. On les re-

CORPS INERTES. ALCJLIS.

connoit à la propriété qu'ils ont de rougir presque toutes les couleurs bleues des végétaux , et de ramener au jaune celle du curcuma , qui auroit étérougie par l’action d'un alcali. On les distingue a leur saveur aigre, et parce qu'ils perdent leurs qualite's pour en prendre d’autres, lorsqu’ils se changent en sels , en se combinant avec les oxides et les alcalis. Ceux-ci formant la hase des sels, ou les bases solifiables, et l’acide leur radical, nous étudierons particulièrement parmi les acides , le nitrique ( 177 ), le carbonique ( 178 ) , le sulfurique ( 179 ), le phosphorique et le borique ( 180 ) , et enfin l’acide hydrochlorique. ( 181 ).

La potasse est évidemment l’oxide d'un métal qui a tant d’affinité pour l’oxigène, que quand on l’a obtenu pur, il faut le soustraire au contact de l’air et de tous les corps qui contiennent l’oxigène, même en combinaison intime, car il en est si avide, qu'il les décompose à l’instant : voilà pourquoi on ne le trouve jamais pur dans la nature.

Le métal, qu’on obtient par les procédés chimiques, et que jusqu’ici on n’a pu conserver que sous l’huile de naphte bien purifiée, est très-brillant, très-f^usibîe; il a la mollesse de la cire , et il est presque aussi léger que cette substance; il nage à la surface de l’eau. Il se volatilise sous forme de vapeurs vertes. On l’a obtenu d’abord par l’action de la pile voltaïque, en l’alliant ou l’amalgamant aussitôt avec le mercure, puis en distillant cet alliage ; mais depuis , on le produit en plus grande quantité par la décomposition et le débrûlement de la potasse, à l’aide de l’action combinée du feu et des tournures de fer. On le nomme potassium.

La potasse dont on l’extrait est elle-même tirée des cendres des végétaux ; mais elle n'y est pas pure; il faut la séparer d’autres sels et de quelques matières avec lesquelles elle étoit combinée. On se sert en particulier de la chaux vive pour obtenir la potasse dans l’état où elle jouit de toutes ses propriétés. Onia nom me/?/erre à cautère, quand elle est desséchée. Alors elle est solide, inodore, d’une saveur âcre, très-caustique.

Elle dissout la plupart des matières animales. Exposée à l’air, elle en absorbe toute l'humidité, elle se fond, s’unit à l'acide carbonique. Dans l’état à peu près pur, elle s’unit aux graisses et aux huiles pour former les savons, et en particulier, ayec les Dümérii,.

huiles communes, les savons mous qui sont naturellement jaunes, mais que l'on verdit par l’addition de quelques matières bleues; elle entre dans la composition du nitre dont elle forme la base. C’est principalement sous la forme liquide de sous-carbonate impur que cet alcali est employé pour les lessives et par les peintres barbouilleurs, ainsi que par les chaudronniers, sous le nom d’eau seconde.

L’histoire de la soude est à peu près celle de la potasse. Dans son étatde pureté , c’est aussi l’oxide d’un métal que les chimistes ont nommé sodium. Sa couleur est plus grise, il est moins volatil et moins fusible que le potassium, et il ne s’enflamme point à la surface de l’eau, en mettant le feu à l'hydrogène qui s’en dégage. La soude ne se rencontre jamais pure , elle est unie à l’acide carbonique ; et, dans cet état , le sel au lieu d'être déliquescent, comme celui de la potasse , est au contraire sec. Il se boursoufle blanchit ; il perd son eau de cristallisation et s’efîleurit. On l’obtient, pourle commerce, par la décomposition du sel marin, ou de l'hydvochlorate de sodium , par l’incinération des plantes qui végètent dans le voisinage de la mer ou dans l'eau sale'e ; en particulier des diverses espèces de soudes (586) ou de varecs ( 563 . ) Le carbonate de soude impur se trouve aussi naturellement à la surface de la terre, par suite du dessèchement des eaux de certains lacs ; on le nomme alors natron. Tels sont ceux d’Égypte et de Hongrie. C’est avec la soude rendue caustique, combinée à l’huile d’olives, qu’on obtient les savons durs de Marseille et de Naples. Elle entre aussi dans la fabrication du verre. Elle est employée pourle dégraissage des étoffes, et dans l’art du teinturier.

Le nom de éa/T-ïe signifie lourd ; cet alcali est en effet très-pesant. On ne le trouve jamais pur dans la nature. Il est même difficile de l’obtenir et de le conserver sous cet état. On l’extrait par l’art des sels terreux qui lejïontiennent et qui sont des sulfates ou des carbonates insolubles. Dans son état de pureté la baryte est solide, poreuse, d’une couleur grise. Elle a été décomposée par les mêmes procédés physiques que la potasse et la soude , et on a reconnu qu’elle étoit 1 oxide d’un métal qu’on a nommé

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