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CORPS INERTES. TERRES. ALUMINE. MAGNESIE

la chaleur et de fils métalliques chauffés fortement dans un tube de porcelaine , et on l’a reproduit par la synthèse, à l’aide de l’action électrique ; on a reconnu par là qu’il étoit formé de trois parties d’hydrogène , et d’une seule d’azote en volume, mais condensées de près de moitié. L’ammoniaque gazeuse ne se rencontre pas isolée dans la nature ; on l’extrait des sels qui la contiennent. L’ammoniaque est employée comme réactif dans les laboratoires de chimie ; elle sert en médecine , soit pure , soit unie aux acides , eu particulier au cai'bonique : c’est le sel volatil dit d’Angleterre ; à l’acétique , c’est l'esprit de Mindérerus ; quand l’ammoniaque est combinée avec l’acide hjdrochlorique, c’est le sel ammoniac ; enfin , quand elle est unie aux corps gras sous forme de savon , elle produit un caustique très-actif qu’on met en usage pour produire promptement des vésicatoires.

Parmi les oxides presque irréductibles, qu’on nomme terres, la silice est des plus remarquables. Son nom lui vient des silex ou cailloux, dans lesquels on l’a d’abord reconnue. Préparée par la chimie, ou tirée du cristal déroché pulvérisé, dans lequel elle est à peu près dui'e,elle se présente comme une poudre blanche, sèche, aride, insipide, inodore, rude au toucher, et si dure qu’elle l’aie et use tous les métaux. Elle n’est pas soluble dans l’eau, et très-difficilement fusible au plus grand feu , à moins qu’elle ne soit unie à quelques substances, et particulièrement aux alcalis , avec lesquels , et en particulier avec la soude et la potasse, elle forme du verre et des cristaux artificiels, ou verres de cristal quand on y joint de l’oxide de plomb. Combinée avec l’alumine, elle devient, par l’action du feu, la base des meilleures poteries, etsurtout delà porcelaine. Elle se trouve très-abondamment dans la nature , comme nous le verrons par la suite. Elle constitue la plupart des pierres très-dures,comme les grès , les pierres meulières , les quartzs , les agates, etc. (200).

C’est dans les argiles et l’alun que se rencontre Y alumine ; mais dans les premières, cette terre est combinée avec d’autres ; et dans le second, elle y est sous forme de sel, ou unie intimement avec un acide. Quand on l’obtient pure, c’est une poudre blanche,

onctueuse, happant à la langue, faisant avec l’eau une pâte ductile, et donnant une odeur particulière; insoluble dans l’eau, presque infusible au feu. L’alumine forme la base de quelques pierres précieuses (lv9), telles que le corindon, le saphir, le rubis; le plus ordinairement on la trouve mélangée avec la silice. C’est ce qui existe dans les glaises, les argiles (207) ; elle devient ainsi la base des ci mens, des mortiers, et de presque toutes les poteries , des carreaux, des briques, des tuiles; car elle se serre et se durcit par l’action du feu, où elle semble se cuire, en éprouvant ce qu’on appelle le retrait. Elle est dissoute par beaucoup d’acides; elle s'unit avec les matières colorantes qu’elle fixe en teinture ; elle dorme aussi les laques à la peinture.

La magnésie semble lier, par ses propriétés , les terres avec les alcalis. On ne la trouve pas pure naturellement ; le plus souvent on l'extrait des sels dans lesquels elle est combinée, et qui pour la plupart, sont solubles dans l’eau. On la précipite de ces dissolutions, en offrant à l’acide une base pour laquelle il a plus d’affinité ; le nouveau sel formé, étant lui-même soluble, la magnésie se précipite ; on la lave, on la fait sécher , et alors elle se présente sous la forme d’une poudre très - blanche , très-légère , douce au toucher, semblable à de l’amidon, d’une saveur fade , verdissant cependant quelques couleurs bleues végétales. Elle forme avec les acides des sels amers (188) ; on ne l'emploie guère qu'en médecine , comme matière absorbante et pour neutraliser les acides, ou pour détruire les aigreurs d’estomac : les sels qu’elle forme sont pour la plupart purgatifs.

Les autres terres n’ont été étudiées que par les chimistes qui les ont obtenues en décomposant ou en analysant quelques pierres.

Telle est la zircone, qui a été retirée du zircon ou du jargon des lapidaires, et del hyacinthe, sortes de pierres précieuses qu’on ti’ouve naturellement cristallisées en prismes à quatre pans , terminés par des pyramides à quatre faces triangulaires ou en rhombe.

Leur pesanteur spécifique est considérable :

leur aspect est gras. Il en est d’incolores, de vertes et de jaunâtres, d’orangées comme yhj-acinthe des joaillers. UjUnaj la thormcj.

qu’oii a trouvées dans quelques minéraux de Suède, et Is-glucine dont le nom indique que les sels dans lesquels elle se rencontre, prennent une saveur sucrée ; elle a été retirée de Vémeraud», autrenaent dit béril vert, espèce de gemme d’une belle couleur verte, d'une teinte veloutée, qui se trouve au Pérou.

Les OXIDES, avons-nous dit (160), sont des corps brûlés simples, ou des matières combustibles unies à l’oxigène , faciles à décomposer, différens en cela des terres, et n’ayant aucune des propriétés acides ni alcalines. On pourroit les distinguer, comme le font les chimistes, en oxides des corps simples non métalliques, et en oxides des métaux. Mais la plupart des premiers sont uniquement du ressort de la chimie, ne restant pas naturellement sous cette forme; tels sont l’oxide d’azote , de carbone, de phosphore , etc. ; il en est autrement de l’oxide d’hydrogène qui forme l’eau. Quant aux oxides métalliques , ils ont pour la plupart été indiqués, au moins de nom, avec les métaux eux-mêmes, puisque ceux-ci en proviennent ordinairement. Nous ne reviendrons pas sur leur histoire.

L’eau qu’on peut regarder, ainsi que nous l’avons indiqué (110), comme uu oxide d’hydrogène, et non comme un élément ou corps simple, est une substance très-abondante dans la nature, sous les trois états ; lo de fluide élastique ou de vapeurs dans l’air, les nuages, les brouillards ; 2p de liquide dans les mers, les lacs, les fleuves, les rivières , les ruisseaux, les fontaines ; 3° de solide, sous la forme de givre, de neige, de grêle et de glace. Elle se retrouve dans tous les êtres vivans ou organisés, et elle sert essentiellement à leur développement. Elle fait partie constituante de beaucoup de minéraux. Dans son état de pureté, l’eau est, à la température ordinaire de l’atmosphère, un liquide incolore , transparent, insipide , peu compressible et élastique, transmettant les sons ou plutôt les vibrations des corps, et adhérant au plus grand nombre des matières solides, en les mouillant.

L’eau dissout un très-grand nombre de substances , à différens degrés de température; mais quand elle s’évapore, ou quand

on la distille, elle n’entraîne pas avec elle les matières dissoutes qui ne sont pas volatiles. C’est ainsi qu’on obtient artificiellement l’eau pure pour les opérations de la chimie. On la nomme alors eau distillée :

dans cet état, elle est privée d’air ; elle n’est pas propre à servir de boisson. On a cru pouvoir expliquer par cette volatilisation naturelle de l’eau dans l'atmosphère , comment celle de la mer, après s’étre élevée en vapeurs non salées, retomboit en pluie avec les qualités d’un liquide sans saveur. On a calculé qu'il to-mboit en France à peu près huit décimètres d’eau sur la surface de la terre, dans le courant d’une année. Ces eaux pluviales sont les plus pures ; toutes vont définitivement se rendre dans la mer ou dans les lacs, en raison de l’inclinaison de la terre.

On trouve dans la nature des sources d’eau chaude, que l’on nomme thermales; telles sont en France celles d’Aix , de Balaruc, de Dax, de Bourbon, de Vichy, de Bagnères. On appelle eaux minérales toutes celles qui contiennent quelques substances en dissolution, comme du fer, du soufre, du carbone, des sels ; on les nomme ferrugineuses, sulfureuses , gazeuses, salines, etc. Presque toutes les eaux chaudes sont à la fois minérales : on emploie la plupart de ces eaux comme moyens curatifs en médecine, soit à l’intérieur comme boisson, soit au-dehors,.sous la forme de bains,de douches, de fumigations. On retire aussi de plusieurs les matières salines qui y sont en dissolution, pour s’en servir dans les mêmes circonstances. On en fait àüartificielles, composées d'après les principes que la chimie y a reconnus.

L’eau est la substance dont l’homme fait le plus grand usage dans les besoins de la vie, et dans ses applications aux arts industriels. Sous l’état liquide elle est principalement employée comme dissolvant, et comme force motrice. Surtout quand elle prend la forme de vapeurs, par l’accumulation du calorique, et quand elle transporte la matière de la chaleur. La physique et la chimie l’emploient sous forme solide, pour faire un grand nombre d’expériences, dans lesquelles il est nécessaire d’éloigner l’action de la chaleur.

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