CORPS INERTES. COMPOSÉS. SELS
elles sont le produit des volcans. Enfin, les Jossiles (214) ou les matières minéralisées qui contiennent encore les élémens, et souvent les formes, des substances végétales ou animales , tels sont les bitumes, les succins, les lignites, les anthracites ,les houilles, les tourbes. On. range encore parmi les fossiles, des os, des coquilles, des madrépores, etc., dont l’étude forme une branche à part de la minéralogie, que l’on a désignée sous le nom d'orjrctograp hie .
La classe des seis est très-nombreuse. La chimie en distingue plus de trois cents espèces rapportées à une quarantaine de genres au moins ; mais de même qu’en traitant des acides (126), nous n’avons parlé que de ceux qui se présentent naturellement, nous ne nous occuperons ici que des cinq genres principaux des matières acidifiées, en indiquant les bases avec lesquelles on les trouve le plus souvent combinées. Ces acides sont le nitrique, le carbonique , le sulfurique , les phosphorique et borique; enfin, l’hydrochlorique ou muriatique. Les sels qu’ils forment ont reçu des chimistes la terminaison en ate ; ainsi on dit les nitrates , carbonates, sulfates , etc. ; mais nous rappellerons que nous regardons comme sels uniquement les substances sapides, solubles dans l’eau pour la plupart, et dans lesquelles les bases ne sont pas terreuses et en excès. Les sels principaux que nous croyons devoir faire connoître, sont, d’après l’ordre indiqué, les nitrates de potasse et de chaux, le carbonate de soude, les sulfates d'alumine et ceux des métaux, le borate de soude, et l’hydrochlorate de soude.
Ce qu’on nomme ordinairement sel de nitre ou salpêtre ( sel de pierres ) est du nitrate de potasse J c’est-à-dire la combinaison d’un alcali particulier, avec l’azote oxigéné ou avec l’acide nitrique (117). On reconnoît ce sel à la propriété qu'il a de faire brûler avec un très-grand éclat et beaucoup de chaleur les corps combustibles échauffés fortement, sur lesquels on le place, parce qu’il contient beaucoup d’oxigène. Quand il est pur, il cristallise en octaèdres à base rectangle (PI. ni, fig. 8). Il existe naturellement dans les humeurs de quelques plantes , comme dans la pariétaire, la bourrache; mais on l’obtient ordinairement par
l’art en enlevant l’acide à un autre sel à base de chaux. On le retire , par le lavage, des terres et des pierres sur lesquelles il se dépbse spontanément, après s’être formé, à ce qu'il paroît, dans l’atmosphère. On en produit aussi artificiellement en faisant pourrir sous des hangars des matières végétales et animales, mélangées avec des platras. Ou lessive ensuite ceux-ci pour en tirer le nitre, qu’on est souvent obligé de faire changer de base ; car il est uni à la chaux, à la magnésie, à la soude, dont il faut le débarrasser. Lorsqu'il est ainsi purifié, on s’en sert dans la fabrication des poudres à canon , de l’acide nitrique ou des eaux-fortes; et un peu en médecine, comme propre à agir sur les reins et la vessie.
Pour faire Ia poudre à canon, on pulvérise, avec le plus grand soin , du charbon , du nitrate de potasse et du soufre, qu’on mélange ensuite avec de l’eau, afin d’en former une pâte bien pétrie , dans la proportion de quinze parties du premier ingrédient , soixante-seize du second, et neuf du troisième. On fait même une poudre dont les effets sont plus dangereux, et qu’on nomme à cause de cela fulminante , en unissant trois parties de nitre en poudre, deux de soude ou de potasse, et une de soufre, qu’on mélange bien et qu’on présente ensuite au feu ; mais celte poudre ne fait explosion que lorsqu’elle commence à entrer en fusion. On retire assez facilement l’acide nitrique du nitre, en distillant ce sel avec de l’acide sulfurique , ou avec de l’argile. Chacune de ces substances s’unit à la potasse , et l’acide libre se volatilise.
Le nitrate calcaire est la matière qui est la plus propre à donner le nitre. Elle se trouve naturellement dans les terres et les platras que les salpêtriers lavent ou lessivent pour en obtenir ce sel, qui est souvent mêlé avec le nitrate de magnésie. Il est trèsdéliquescent, et se dissout dans le quart de son poids d’eau. La chaux abandonnel’acide nitrique dès que ce sel est en contact avec la potasse.
Les principaux sels formés par l’acide carbonique se distinguent en ceux qu’on nomme carbonates, dont le radical carbone