‹ Élémens des sciences naturellesChapitre 56 sur 147 · CORPS INERTES. C03IPOSÉS. SULFATES. SELS · texte numérisé non relu

CORPS INERTES. C03IPOSÉS. SULFATES. SELS

contient quatre fois autant d’oxigène que la base; et en sous-carbonaies^ dont l’acide ne contient que le double d oxigène de la base; tel est le sous-carbonate de soude, dont nous avons déjà parlé en traitant de cet alcali (163). Nous ajouterons seulement que quand ce sel est purifié il est très soluble, et qu’il cristallise en octaèdre , à base rhomboidale ( Planche iv, fig. 8). C’est un sel dont la saveur est désagréable , qui s’effleurit ou devient blanc à Pair; il verdit le sirop de fleurs de violettes. Lorsqu'on verse dessus un acide liquide, il s’en dégage une grande quantité d’acide carbonique : quand on le débrûle dans un tube, sans le contact de Pair , avec un corps très-combustible, comme le phosphore, à l’aide du calorique, il se produit du charbon qui noircit la masse du sel, et il se forme un phosphate.

Les principaux sulfates sont ceux qui résultent de la combinaison de Pacide sulfurique avec les métaux , qu’on nomme vulgairement vitriols ou couperoses , et ceux à base alcaline. C’est parmi ces derniers qu’on range lesul/ale desoude, nommé aussi selde Glauber. On l'emploie en médecine comme purgatif, ainsi que le sulfate de magnésie , appelé encore, à cause du nom des eaux minérales dont on l’extrait, sel dEpsom, de Sedlitz, d'Egra; et à cause de sa saveur et de ses propi'iétés, sel purgatif amer, sel cathai'tiqne. Quand il est cristallisé il présente des prismes à quatre pans, portés sur des bases carrées (voyez Pi. m , fig, 6). On obtient la magnésie, en unissant la dissolution de ce sel avec un alcali, comme la soude ou l’ammoniaque (169).

Valun, ce sel si connu par le fréquent emploi qui en est fait dans les arts, est du sulfate d’alumine. On le trouve quelquefois dans la nature, mais en petite quantité. Celui qu’on recherche est fait artificiellement. Il contient en outre une petite quantité d’alcali. C’est un sel triple, ou formé de trois corps. Il cristallise en prismes à quatre angles droits, sur des bases à angles droits, ou en octaèdres , à bases rectangles {PI. ni, fig. 8, etpl. IV, fig. 4). Il est ordinairement transparent, comme vitreux ; sa saveur, quoique douceâtre d’abord , est ensuite astringente; elleressei're beaucoup les parties de la bouche. On s’en sert comme mordant

dans la teinture des étoffes, pour obtenir, comme nous l’avons dit, l’alumine colorée ; pour en imprégner le papier à écrire, et le rendre moins bibule; pour donner de la solidité au suif, dont on failles chandelles ; pour hongroyer et chamoiser les peaux; pour décaper les métaux, donner le mat à l’argent. On l’emploie aussi en médecine, comme astringent, surtout lorsqu’il est calciné. On le donne en boisson , h petites doses , dans les hémorrhagies, la lientérie.

Parmi les vitriols ou sulfates métalliques •> nous citerons les sulfates de fer, de cuivre et de zinc. Le premier, qu’on nomme encore couperose verte dans le commerce, provient quelquefois delà décomposition des sulfures ou des pyrites qu’on nomme martiales. Il contient beaucoup d’eau de cristallisation ; voilà pourquoi il s’eflleurit à l’air, ou il devient jaune. Nous en avons déjà parlé en traitant du fer(I5.ô). Le sulfate de cuivre, appelé encore vitriol bleu, ou vitriol de Chypre, cristallise en parallélipipèdes, ou prismes à angles obliques (PI. iv , fig. 6 ) ; quelquefois en octaèdres ou dodécaèdres (même PL, fig. 5). Le sulfate de zinc ou vitriol blanc, est âcre, styptique ; il cristallise en prismes à quatre pans, terminés par des pyramides à quatre faces, ou en tétraèdres , à bases alongées (PI. iv, fig. 7). On l’emploie en médecine comme astringent, dans les collyres , ou pour les ophthalmies chroniques ; on s’en servoit autrefois comme émétique.

On a long-temps appelé borax on chrysocolle, l’union de la soude, en excès avec l’acide du bore (113). C’est un sous-borate de soude qui verdit le sirop de violettes. Il provient des eaux de certains lacs des Indes, de la Perse et delà Chine. On l’envoie dans nos pays sous le nom de tinckal ; on le purifie pour le livrer au commerce. .Dans cet état, c’est un sel blanc, efïleuri à sa surface, cristallisé en prismes hexaèdres aplatis, terminés par trois faces principales. Il présente cette particularité , que, quand on le fait chauffer, il se fond comme l'alun, se boursoufle , se dessèche ; puis il se fond de nouveau en une espèce de fritte vitreuse. Il est employé à cause de cela comme flux (82), lorsqu’on désire revivifier quelques oxides de métaux ; quand le métal est fondu , il le

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