CORPS INERTES. COMPOSES. FOSSILES
épaisse qui est «ne sorte de goudron minéral; enfin Yasphaüe , beaucoup plus dur, et le bitume solide, et le caoutchouc minéral , une variété qui est molle et moins colorée.
Le suecin ou l’am&re jaune est une sorte de résine fossile, d’une couleur jaune, plus ou moins transparente et foncée ; elle peut recevoir et conserver un beau poli. C’est dans cette substance que l’électricité s’est fait d’abord reconnoître par le frottement.
On la trouve en morceaux épars , plus ou moins gros, principalement sur les bords de la Baltique. On fait avec le succin des bijoux et des petits omemens; il entre dans la composition de certains vernis. Uni avec de l’huile et à l’aide du frottement , on l’applique sur le bois en lui donnant un mouvement rapide, comme on peut le faire sur le tour.
12anthracite est un charbon minéral trèsnoir, qui ne donne au feu, par le contact de Pair, que de l’acide carbonique. Le graphite, qu’on nomme ordinairement et improprement mine de plomb (154), est d'un gris noir métallique j ü laisse des traces de la même couleur sur presque tous les corps j il contient du charbon, et pas un dixième de fer.
On le trouve dans la terre en masses informes; on en fait des crayons ; on en enduit le fer pour le préserver de la rouille ; on en frotte le bois pour le faire mieux glisser sur les essieux et dans les engrenages ; il entre dans la composition des creusets des fondeurs.
Les lignites sont des bois fossiles ou des débris de végétaux non bitumineux dans lesquels on reconnoît souvent le tissu organique. Le jajet ou le jais , dont on fait des petits bijoux de deuil, est un lignite noir qui reçoit un beau poli. La terre de Colognej qu’on emploie dans la peinture, et qu’on brûle dans le pays, est un lignite terreux.
La tourbe^ qui est un composé de débris de végétaux, est employée comme combustible ; celle dite pyriteuse ou terre-houille , que l’on brûle en plein air, fournit des cendres rougeâtres que l’on verse sur les prairies ; on peut en tirer aussi du sulfate de fer.
La houille ou charbon de terre présente diverses variétés : souvent elle est en masse qui se casse par fragmens, en carrés aîongés et réguliers. La houille contient plus ou moins de bitume. Elle se trouve souvent déposée dans la terre par couches d’épaisseur très-inégale, mais avec une sorte de régularité , comme on le voit PI. v, fig. 3 , 4 et 5. hes bancs de houille forment ainsi des fiions très-souvent dérangés, que l’on exploite par différens procédés. On se sert de la houille pour alimenter le feu des foyers et des fourneaux de forges ; on la distille et on la carbonise. Le charbon de houille se nomme coak ou coke. On retire de la bouille, par la distillation , du gaz hydrogène carboné qui sert à l’éclairage ; on en obtient aussi des bitumes, du noir de fumée.
Tous les autres fossiles dont il nous reste à parler, ne sont pas combustibles. On les distingue en produits des végétaux, et en ceux qui ont fait partie des animaux dont ils portent des empreintes très-reconnoissables. La plupart des fossiles végétaux sont changés en une matière siliceuse. C’est ainsi qu’on observe des troncs d’arbres de diverses familles , dans lesquels le tissu du bois, quoique changé en agate ou en silex, est cependant fort reconnoissable. On trouve des morceaux qui ont tout-'â-fait la forme des noyanx de fruits et des semences de plusieurs végétaux ; les feuilles mêmes ont laissé des empreintes très-distinctes , soit sur le silex, soit dans les chistes’et les houilles ; ce qu’il y a de très-remarquable, c’est que la plupart de ces empreintes de feuilles semblent appartenir à des familles de plantes tout-àfait différentes de celles qui se trouvent croître naturellement dans le climat où est le gisseraent du minéral. C’est ainsi qu’à Paris, dans les marnes argileuses de Montmartre , on a observé des morceaux de bois de palmier siliceux, très-reconnoissables à leur structure, et qui, dans leur cassure transversale , étoient encore poreux et tubulés, 11 faut distinguer les pétrifications d’avec les concrétions , qui sont aussi des substances pierreuses et même métalliques, formées dans certains vides dont ils ont pris la forme en relief, et dans lesquelles on a cru trouver des analogies de formes avec des miches, des roseaux, des têtes de chats, des
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oreilles ou d’autres parties d’animaux. Il y a aussi des incrustations, produites par certaines eaux chargées de molécules pierreuses , qui les déposent sur tous les corps qu’on y plonge. On voit souvent, dans les cabinets des amateurs , des nids d’oiseaux avec leur mère emplumée et ses petits , des fruits de châtaigniers avec leurs feuilles ; quelquefois meme on obtient ainsi des albâtres moulés en relief, dans des creux pratiqués sur des plaques de soufre qui ont pris l’empreinte d’autres moules en relief ; tels sont ceux des bains de Saint-Philippe en Toscane.
Les animaux ou parties d’animaux fossiles sont aussi très-communs dans la nature. La plupart se rencontrent dans les terrains d’alluvion, c’est-à-dire dont les couches paroissent avoir été déposées par un liquide.
Ceux qui ont appartenu à des espèces qui avaient leurs os à l'intérieur, n’y ont laissé, pour la plupart, que leur squelette. Tels sont, en particulier, les mammifères et les oiseaux ; mais tantôt leurs os sont épars et brisés, tantôt, au contraire, on reconnoit que toute la charpente étoit dans une même place, et que les dérangemens tiennent à des causes que l’on peut apprécier. Les reptiles et les poissons ont souvent laissé leur empreinte totale, et reconnoissable surtout pour celles qui ont été fermées par des espèces dont le corps avoit extérieurement be-aucoup de solidité. La plupart des espèces d’animaux vertébrés fossiles ont appartenu à des êtres tout-à-fait dilFérens ou de ceux qui existent aujourd’hui, ou au moins de ceux qui habitent maintenant dans le même climat.
Parmi les fossiles animaux, ce sont les coquilles qui sont en plus grand nombre,* mais la plupart sont aussi des empreintes de corps dont on ne connoît plus les véritables analogues. Telles sont les ammonites, ou cornes d’amraon, qui paroissent avoir été des coquilles à cloisons , comme les nautiles ; les orthocéralites , les bélemnites, qui ont fait partie, ou qui sont les empreintes d’animaux tout-à-fait inconnus dans l’état vivant. Il en est de même des encrinites, des trilohites, dont quelques analogues ont seulement été observés dans les mers des Indes et du Sud. C'est surtout parmi les mollusques et les zoophytes marins que l’on observe le Ddmérii,.
plus de fossiles , dans les parties les plus profondes dé la terre, comme dans des couches fort élevées des montagnes. Ce sont des témoins muets, mais irréfragables, des grandes révolutions que notre globe a éprouvées 5 et on peut faire à ce sujet la même observation que pour les végétaux : c’est que les analogues des animaux fossiles sont souvent aujourd’hui vivans dans des mers dont la température moyenne est tout-à-fait différente ; de sorte qu’oii observe communément en Europe des débris de quelques animaux qui ne se rencontrent que dans les mers de la zone torride. Au reste , la présence des fossiles dans les couches de la terre dénote que le terrain est de formation secondaire, telles que les glaises schisteuses, les argiles, les ardoises,les craies, les marnes, les marbres, les sables, les grès, et jamais dans les masses quartzeuses et granitiques, ou feldspathiques.
Nous avons annoncé (79) qu'en terminant l’hi.stoire des minéraux , nous parlerions d’une manière générale de la situation relative des diverses couches qui forment les terrains ou les masses distinctes de la terre. Cette partie de la science de notre globe, qui porte en général le nom de géologie, est appelée en particulier la géognosie, ou connaissance de la disposition intérieure ou de la structure du globe ; tandis que la géographie fait connoîlre l’extérieur de la térre, sa forme générale et ses rapports avec les astres , les saillies et les enfoncemens de sa surface, comme les montagnes, les plateaux, les mers, les fleuves, les rivières, et tous les phénomènes principaux qui ont lieu constamment dans les différentes régions.
Ce sont les travaux des hommes, entrepris pi’incipalement pour l’exploitation des mines, qui ont fait connoître ce qu'on pourvoit appeler l’anatomie de la terre. On a reconnu que sa structure intérieure étoit à peu près la même dans toutes les régions j qu’elle paroissoit formée de grandes masses composées à peu près des mêmes minéraux associés entre eux dans un ordre presque toujours constant. Ces grandes masses ont reçu des géologistes le nom de terrains, et ils en ont distingué de quatre sortes principales auxquelles ils ont donné des noms différens, savoir : 1® les terrains primitifs ou primor-
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diaux qui sont formés de roches homogènes ou sans mélange de fragmens d’autres roches, et privés de débris de corps organisés, ou de fossiles ; 2“ les terrains secondaires, qu’on a encore nommés intermédiaires ou de transition, dans la masse desquels on distingue des fragmens d’autres roches, soit anguleux, soit arrondis, réunis ou agrégés, et quelquefois des fossiles, mais dont les analogues sont tout-à fait perdus ; 3“ les autres terrains sont plus superficiels ; tantôt ils doivent leur origine à l’action de l'eau qui les a déplacés, divisés , mêlés et portés ailleurs ; ce qui les a fait nommer terrains de transport ou à'alluuions^ 4o enfin, tantôt ils ont été soumis évidemment à l’action des feux souterrains, qui a modifié diversement leur structure, en y mêlant des fragmens d’autres minéraux, soit d une manière intime dans une sorte de fusion, soit en enveloppant dans une pâte molle ou liquide des fragmens de roches ou des cristaux de nature diverse ; ce qui leur a valu le nom de terrains produits ou engendrés par le feu, pyrogènes ou volcaniques (228). Les observateurs ont cru devoir ranger les terrains primordiaux dans l’ordre suivant, d’après leur ancienneté présumée ; les granits purs et ceux qui offrent des filons mélangés de porphyres, de gneiss, de micaschistes et de phyUades, c’est-à-dire dérochés entratnêlées de schistes plus ou moins purs. Mais alors ces terrains commencent à avoir la plus grande analogie avec ceux de seconde formation. Cependant presque constamment l’existence du mica ou du talc précède l’apparence des roches quartzeuses ou des calcaires primitifs.
La plupart des terrains primitifs forment des roches très-dures , composées principalement de feldspath et de quartz le plus souvent cristallisés. Ils constituent les sommités les plus élevées du globe; on les retrouve aussi dans les plus grandes profondeurs de la terre. C’est à la série des terrains primordiaux que l’on rapporte les granits , les gneiss , ceux où le mica domine , ce qui les rend comme schisteux, et qu’on nomme micaschistes et phyllades. Viennent ensuite les porphyres, qui sont des roches cornéennes, composées d’une sorte de pâte ou de ciment coloré , dans lequel on voit des cristaux blancs ou d’une autre teinte ; puis les roches quartzeuses mélangées tantôt de mica, de
talc, de quartz pur et de jaspe; tantôt de serpentine et autres roches magnésiennes; enfin de ces calcaires primitifs qui fournissent les plus beaux maibres. C’est dans ces dernières couches que gissent la plupart des minerais, le soufre, le mercure, et beaucoup d’autres métaux, tels que le plomb, l’or, l’argent, le cuivre, le graphite et les filons ou les couches de fer oligiste, et en grandes tables, dites spéculaires.
Les terrains de transition ou intermédiaires, comprennent encore des roches qui ont été transportées , déplacées comme par une force physique; on distingue les masses qui les constituent d’après la matière qui s’y fait principalement remarquer ; tels sont le mica, le talc, le quartz, la chaux. C’est dans ces terrains qu’on rencontre le gypse oulachaux sulfatée primitive,etlesel gemme ou chlorure de soude. On y exploite aussi les couches ou les amas d’anthracite et les filons de houille. On y rencontre souvent quelques fossiles ou des empreintes de végétaux et animaux , surtout le calcaire coquillier, qui contient des ostracites, des ammonites , des bélemnites, des gryphites, beaucoup d’astroïtes. Ces circonstances démontrent, de la manière la plus évidente, les grandes catastrophes qu'ont dû éprouver ces terrains intermédiaires dont les bouleversemens , les renversemens en masses énormes ont eu lieu dans des directions trèsvariées. Ces grands évènemens qui ont ainsi changé la surface de notre globe sont, h la vérité, dans le plus grand nombre des cas tout-'a-fait inexplicables, parce que nous manquons des renseignemens qui seroient nécessaires sur la nature primitive des lieux. Ces débris de corps évidemment organisés qui composent la masse des houilles, ont certainement végété à la surface de la terre, puisque leurs analogues ne se rencontrent aujourd Imi que dans des climats et sur des sols tout-à-fait différens de ceux qui recouvrent maintenant leurs débris. Les restes des coquilles et des animaux marins , quoique déposés à des distances énormes des eaux dans lesquelles ils vivoient, n’ont, en aucun point, leurs surfaces altérées. Voilà autant de témoignages irrécusables du changement brusque et subit de ces terrains de transition. Encore faut-il faire abstraction de la véritable origine des ces masses énormes de sels pierreux, et surtout des calcaires sul-
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falés dont on ne peut attribuer l'existence sous cette forme qu’à l’union accidentelle de l’acide du soufre étendu d’eau, qui s’est combiné avec la chaux pour lui donner cette composition nouvelle et transitoire.
Les terrains de transport et d’alluvions sont principalement composés de glaises , de marnes , de sables, de grès, de calcaire, de ci’aie, de tufs , de silex et de gypse. Les glaises et les marnes ainsi superposées , occupent en général les régions inférieures de ces terrains ; les sables , les grès viennent ensuite ; puis les meu'lières , ensuite les calcaires dans lesquels se trouvent disséminés les silex en rognons ou en couches. Oh distingue ces chaux carbonatées en calcaires grossiers, c'est-à-dire à gros grains inégaux, formant des masses solides stratifiées ; en siliceux et en calcaires A'eau douce, c’est-àdire dans lesquels on retrouve des coquilles entières ou en débris qui sont analogues à celles de nos mollusques d’étang ou de rivière. Le gypse forme des masses ou assises séparées par des lits de marne. Celui dont le grain est plus grossier appartient aux bases inférieures ; c’est dans les couches moyennes qu’on observe des os fossiles. Dans les terrains superficiels , ou d’alluvions proprement dits , se rencontrent les galets ou cailloux roulés, les sables, les limons qui varient dans les différens lieux, suivant l’inclinaison de la superficie, la hauteur et la nature du sol, des montagnes et des collines d’où les eaux ramassées dans des lacs profonds, se sont ensuite creusé des lits, en entraînant avec plus ou moins de force et de violence les débris du terrain sur lesquels elles glissoient.
Enfin les terrains modifiés et produits par les volcans ou par l’action des feux souterrains , sont les basaltes, les laves , les ponces , les obsidiennes , et quelques tufs dits volcaniques. On reconnoîtla plupart des masses de roches produites par l’action des feux intérieurs de la terre à la pi’ésence de certains espaces vides qu’on observe clans la cassure de la masse qui les constitue. Ces vacuoles sont, le plus souvent, arrondies , et ressemblent à ces boursouflures , à ces
cavités spongieuses qu’on remarque dans la mie du pain qu’on a mis au four quand il fermentoit. L’eau et les gazs, en se dilatant dans la matière , ont produit cette disposition. Les volcans ontrecueenom parce que, dans la mythologie, on les disoit entretenus par Vulcain , le dieu du feu. Les géologues distinguent deux sortes de terrains volcaniques. lo. Ceux qu’ils nomment jouiens, produits par des volcans en ignition ou en activité , soit encore actuellement, soit à des époques reculées , mais dont la date a été conservée dans la mémoire des hommes.
C’est pour cela qu’on les a encore appelés post-diluviens. 2°. Les terrains volcaniques saturnins , antérieurs aux temps historiques, qu’on désigne aussi sous le nom de volcans éteints , iunciens oo diluviens. On a reconnu l’existence de volcans dans toutes les parties du monde. Parmi les volcans actuels , nous citerons ceux qu’on nomme le Vésuve et l’Etna en Italie; car en France nous n’avons heureusement que des volcans éteints ou plutôt des terrains volcaniques , tels sont ceux de l’Auvergne , du Cantal,duVivarais, des environs de Montpellier , etc. Dans les volcans en ignition , on nomme cratère l’ouverture principale par laquelle est établie sur la surface delà terre, la communication avec le foyer inférieur. C’est par cette issue quesontvomis les gazs, les vapeurs ,les liquides aqueux et bitumineux, les cendres, les laves en état de fusion et d’incandescence,., et que des pierres , des roches plus ou moins volumineuses , sont lancées dans l’air, souvent à de très - grandes hauteurs. Ces éruptions sont ordinairement précédées de bruit, de mugissemens souterrains , et suivies de tremblemens de terre. Quelquefois le sol se fend , se crevasse , se soulève , s'affaisse, et par suite le niveau et la direction des eaux sont modifiés. 11 s’opère encore beaucoup d’autres phénomènes météorologiques : des changemens brusques dans la pesanteur de l’atmosphère ont lieu; des éclairs se succèdent rapidement; des coups de tonnerre répétés sont accompagnés d'éclats de foudre et de pluies destructives d’eaux chaudes, acides , bitumineuses , etc.
Ici se terminent les considérations qui appartiennent à la géognosie , et, par conséquent , d'après notre plan, nou s devons nous livrer à l’étude des corps organisés.
IDÉE DE LA VIE