CORPS INERTES. COMPOSÉS. FOSSILES
dillées. On recherche pour les couleurs IWmlaire, du nom latin qui indique le mont Saint- Gothard, appelée aussi pierre de lune, ou bien encore œil de poisson : c’est un feldspath transparent qui est d’un chatoyant argenté ; \aventurine naturelle, car on en fabrique d’artificielle, qui est de couleur variable, mais avec des paillettes brillantes ; lApierre de Labrador, ou le spath étincelant, qui est irisé , et qui présente des reflets changeans des plus belles couleurs vertes , blanches, rouges, jaunes, grises, argentées; enfin le pétuntzé des Chinois , qu’on a retrouvé en France, et qui donne à la porcelaine de la solidité et un aspect vitreux. Les porphyres, les granits, les gneiss, sont presque entièrement foi'més de feldspath. C’est parmi ces derniers qu’on trouve le lazulite , ou lapis-lazuli, qui donne Voutremer, dont on se sert en peinture.
Les tripolis contiennent considérablement de silice dans un état de division extrême ; ils semblent être le résultat de l’action du feu et de l’eau, et s’être déposés par couches qui ont pris ensuite de la consistance. La plupart sont rougeâtres. Les plus fins sont appelés terre pourrie par les artisans. On s’en sert pour polir les pierres et les métaux. Les lares produites par le feu des volcans, quand elles sont en masses homogènes, sont dites basaltes ; elles varient pour la couleur, pour la finesse du grain et l’aspect de la cassure qui est souvent poreuse ou cellulaire, et elles contiennent beaucoup de corps étrangers. On les appelle ordinairement lares compactes, elles forment des masses entières de montagnes qu’on dit alors basaltiques.
Celles de l’Auvergne sont dans ce cas , et une partie de celles des Cévennes. Quand les laves sont boursouflées, de manière que la partie compacte forme moins de volume que l’espace compris par les vides, on les nomme des scories. Nous avons déjà parlé des basaltes en traitant des pierres siliceuses (202). Les verres volcaniques ont reçu le nom de roches obsidiennes. C’est une sorte de verre produit par les volcans ; on en fait au Pérou et au Mexique des miroirs et des lames tranchantes. Les couteaux des naturels Mexicains étoient faits le plus souvent avec cette matière. La pierre ponce est une masse spongieuse très-légère qui paroît être aussi un produit volcanique ; sou grain est très-fin , mais assez dur pour polir l’acier
et le verre ; ordinairement sa texture est fibreuse et poreuse, ce qui la rend assez légère pour'flotter sur l'eau ; elle paroît d’une couleur grisâtre soyeuse. La plus connue vient des îles de Lipari. Réduite en poudre et unie à la chaux , elle forme un excellent ciment connu sous le nom de pouzzolane blanche.
La dernière division des minéraux comprend les corps ou matières fossiles , ou celles qui proviennent des débris des végétaux et des animaux. On peut aussi les diviser en combustibles et en non combustibles.
C’est parmi les premiers qu’on rangeroit les bitumes , le succin , l’anthracite et le graphite , le lignite , les houilles et les tourbes qui contiennent principalement du charbon.
Les autres fossiles ont fait partie des corps organisés ; on les nomme pétrification , et leur étude particulière est appelée oryctographie : tels sont les os des animaux vertébrés suivant leurs classes, les tests des crustacés, les empreintes de poissons, de crustacés, d’insectes et autres animaux ; enfin , les coquilles fossiles et les moules intérieurs. Il y a aussi des végétaux fossiles, tels que des troncs d’arbres, des tiges, des feuilles , des fruits entiers, des semences diverses. Dans ces pétrifications, qui ne sont souvent aussi que des empreintes , la chaux carbonatée, le silex, les pyrites, ont pris presque constamment la place des parties organisées dont elles ont rempli les cavités (220). Il faut encore distinguer des pétrifications les arborisations ou dendrites, qui représentent des dessins de petits arbres ou de plantes à tiges et à feuilles ramifiées. On les observe ordinairement dans les fissures de pierres, dans le quartz, dans les agates.
Les bitumes sont des huiles fossiles, analogues à celles qu'on peut obtenir des végétaux soumis à une violente pression et à l’action du feu ; ils brûlent facilement et donnent beaucoup de fumée noire; ils sont plus ou moins liquides. On nomme naphte, ou huile de naphte, celle qui est d'un blanc jaunâtre , très-odorante, beaucoup plus légère que l'eau. Ce qu’on nomme pétrôle, ou huile des pierres, est noire ; mais on la purifie parla distillation. On a^p^ellepisasphalte, poix minérale, ou malthe, la partie la plus