‹ Élémens des sciences naturellesChapitre 72 sur 147 · II · texte numérisé non relu

II

CLASSES

Carapaniformes.

InFundibuliformes.

Personnées.

Labiées.

Cruciformes.

Rosacées.

Ombellifères.

Caryophyllcies.

Liliacées.

Papilionacées.

Anomales.

Ftosculeuses

Demi flosculeuses.

Radiées.

A étamines.

Sans fleurs.

Sans fleurs ni graines.

Sans pétales.

A chatons.

Monopétales.

Rosacées.

Papilionacées.

On voit par ce tableau que les classes qui correspondent à la division des arbres et arbustes pourroient être rapportées naturel¬

lement aux précédentes; que la quinzième, par exemple , doit réclamer la dix-huitième et la dix-neuxième ; que les arbres de la vingtième appartiennent aux deux premières ; que ceux de la vingt-uuième sont de la

BOTANIQUE. LINNE. 87

sixième; et qu’enGn ceuxtiela vingt-deuxième sont de la dixième. Voilà pourquoi nous ne sommes pas entrés dans plus de détails sur ces dernières classes.

Supposons maintenant qu'on veuille connoître le pied-d’abouette, et le rapporter à sa classe et à son genre d’après la marche indiquée par Toumefort. Il s’agit de savoir d’abord si cette fleur provient d’une herbe ou d’un arbre. Elle vient d'une herbe. Y a-t-il des pétales ou non? Il y en a. Les fleurs sont-elles simples, ou y en a-t-il plusieurs réunies dans un même calice? Elles sont simples. La corolle est-elle d’une seule pièce ou de plusieurs? Il y en a plusieurs.

Sont-elles régulières ou non? Elle ne le sont pas. Est-ce une papilionacée? Non. Donc c’est une anomale. Au bout de ces six questions je suis pai’venu à connoître la classe, qui est la onzième. Je vois bientôt que la capsule est séparée du calice. Ce n’est donc pas une orchidée. Il y a plusieurs pistils. Elle appartient donc à la seconde section de la classe. Il y a six genres de plantes dans cette section ; mais ceux de la fraxinelle et de l’aconit n’ont pas , à la fleur, d’éperons ou de partie saillante et pointue , tandis qu’il y en a cinq dans l’ancolie , et un seul dans les autres.

Parmi les trois derniers genres, le mélianthe n’a que quatre pétales, les deux autres en ont au moins cinq ; mais dans la capucine, l’enveloppe extérieure de la fleur est d’une seule pièce : elle est de plusieurs dans la dauphinelle. Donc la plante que j’examine est une dauphinelle.

J'étudie alors le genre dauphinelle. J’en reconnois tous les caractères. Je range la plante que j’ài observée parmi les espèces qui n'ont qu’une seule capsule, et j’apprends que c’est celle qu’on nomme fleur d’Ajax, parce qu’elle a latige simple et non divisée, et qu’on remarque sur le plus grand de ses pétales des lignes de couleur plus ou moins foncée , i-eprésentant à peu près les lettres AI A. J’apprends aussi que la fleur que j'ai sous les yeux est celle dans laquelle on dit qu’Ajax fut transformé après s’être donné la moi’t (Ij. Je sais donc que le pied-d’alouette

(1) Die t/uibus in terris inscripti nomina Degum Nascanturflores... ViRGH.. Eclog.ni, v. 105.

Ecce stios gemitus foliis inscripsit et AJ A.

est la dauphinelle d’Ajax; qu’elle est commune dans les jardins, et qu'on lui donne encore le nom de hèquetle.

Après avoir ainsi donné une idée du système de Toumefort, qui est une sorte de méthode imparfaite, parce qu’à l’époque où cet auteur écrivoit, on ne connoissoit pas encore assez de plantes pour saisir leurs rapports , voir leur analogie , et former des coupes plus distinctes et plus nombreuses ; nous allons essayer de faire connoître le système botanique de Linné.

Charles de Linné ou Linnæüs, né en Suède en 1707 , est le savant qui a vu et décrit le plus grand nombre d’objets d’histoire naturelle. 11 a publié ses recherches et son système de botanique depuis l’année 1737 jusqu'en 1777. Cet auteur , pour établir son système, n’a considéré dans les plantes que les organes de la génération , mâles et femelles ; aussi appelle-t-dn l'arrangement qu’il a inventé le système sexuel.

D’après cette manière d’étudier ^ on a fait vingt-quatre classes de toutes les plantes , suivant le nombre, l'insertion , la longueur respective , la réunion ou la séparation des étamines. C’est à la dernière classe, appelée cryptogamie , qu’appartiennent les plantes sur lesquelles on ne voit point de fleurs, comme les champignons, les fougères , les mousses , les varecs et beaucoup d’autres.

On a observé des fleurs ou des organes de fructification bien distincts sur tous les autres végétaux.

Chez les uns, les fleurs contiennent en même temps les organes males et femelles , c’est-à-dire qu’ily a des étamines et des pistils réunis : on les nomme hermaphrodites; les autres, au contraire, n’ont que des étamines ou des pistils séparés; ils sont dits unisexuels, et ils forment les trois avant-dernières classes. Tantôt les étamines et les pistils sont situés dans des fleurs différentes , mais sur un même pied; c’est le cas de la vingtunième classe,qu’on nomme monoecie. Nous en avons des exemples dans le blé de Turquie , la citrouille, le noyer, etc. Tantôt les fleurs mâles sont situées sur un pied de

SYSTÈME

plante différent de celui qui porte les femelles ; cette disposition constitue la classe de la dioècie, le chanvre, le houblon, le saule, etc. , sont dans ce cas; ou en 6 n l’on observe sur un même végétal des fleurs mâles , d’autres femelles, et quelques-unes qui ont tout à la fois des étamines et des pistils. Tel est le caractère de la vingt-troisième classe , qu’on désigne sous le nom de polygamie , et dont la pariétaire , l’arroche , le frêne, etc. , peuvent être cités comme exemples.

Quatre considérations principales ont fait ensuite ranger lès plantes à fleurs hermaphrodites dans les vingt premières classes ; savoir : 1 ° d’après le nombre des étamines, quand elles sont isolées, à peu près de même longueur , et qu’il n’y en a pas plus de douze , ce qui forme les onze premières classes; 2 ° quand il y a plus de douze étamines, on recherche le lieu de leminsertionj si on les enlève avec le calice ou non, ce qui constitue les deux classes suivantes ; 3 ® s'il V a quatre ou deux étamines, dont deux plus longues ou de proportion inégale, cette particularité détermine les quatorzième et quinzième classes ; 4° si les étamines ont quelque connexion j soit enti'e elles, soit avec le pistil, ces plantes constituent les cinq autres classes.

Linné a composé, pour chacune de ses classes, des noms qui tous indiquent le caractère essentiel ; ainsi, pour les treize premières classes,il a donné aux mot grecs qui expriment les nombres, la désinence antfrfe j qui signifie mâle ou étamine ; de sorte que monandrie {voyez PI. vi,fig. î) veut dire une étamine ; diandrie, àeux (fig. 2 ); triandrie, trois (fig. 3) ; tétandrie, quatre (%. 4) ; pentandrie, cinq (fig. 5); hexandrie, six (fig. 6 ); heptandrie, sept (fig. 7); octandrU huit (fig. 8 ); ennèandrie , neuf (fig. 9) ; decandrie , dix (fig. 10 ) ; dodécandrie, douze (fig. 11 ) ; icosandrie, vingt (fig. 12 ); etpolyandrie (fig, 13), beaucoup d’étamines.

Mais ces deux dernières classes sont plutôt

distinguées par l'insertion des étamines que par leur nombre précis. En effet, le caractère de la douzième classe réside dans cette particularité, qu’on ne peut pas enlever le calice de îa fleur, sans arracher en même temps les étamines, qui sont quelquefois au nombre de vingt. Le caractère opposé , ou la non-adhérence des étamines au calice, est le propre des plantes polyandres de Linné. Le nombre est donc peu important, quand il excède celui de douze.

Les quatorzième et quinzième classes ont pris la terminaison dynamie, qui signifie puissance, parce qu’il y a alors deux ou quatre étamines plus longues : ainsi l’une s’appelle didynamie (fig. 14), comme l’ortie blanche; l'autre tétradynamie (fig. 15), comme le chou , la giroflée. Les trois classes suivantes ont aussi reçu des noms dénombré, auxquels Linné a joint le mot adelphie, qui signifie parenté ou venant d’une même tige.

La seizième classe s’appelle donc monadelphie ( fig, 16 ), telles sont les mauves : la dixseptième ( fig. 18)), comme les

pois ; et la dix-huitième , polyadelphie (fig. 19), dont l’oranger, le millepertuis sont des exemples.

La dix-neuvième classe se nomme syngénésie (fig. 20,21 ), ce qui signifie génération simultanée, parce qu’en effet toutes les anthères des étamines sont réunies et s’ouvrent ensemble, ce qui a encore fait appeler cette classe la synanthérie. Telles sont les plantes composées , comme le pissenlit, le bluet, etc. Enfin par le mot gynandrie ( fig. 22, 24 ), qui signifie femelle et mâle , Linné désigne la vingtième classe , dans laquelle les anthères des étamines sont portées par le pistil, comme dans les orchidées, le fleur de la passion ou grenadille.

Linné a lui-même dressé un tableau du système sexuel ; en voici à peu près la traduction en français ; c’est ce qu’il nomme la clef de la botanique.

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