‹ Élémens des sciences naturellesChapitre 75 sur 147 · Feuilles engainantes · texte numérisé non relu

Feuilles engainantes

} épillets hermaphrodites. 12

\ épillets unisexuels. 29

f à six étamines. 30

( à trois étamines. 13

( axe de l’épi non creusé. Il

{ axe de l'épi creusé. 16

( base à bractée. 0

I base sans bractée. 15

j balles entières, arête dorsale: (405) Avoine. ( balles échancrées, arête terminale. . . 0

j un seul épillet sur chaque dent.17

( deux ou trois épillets sur chaque dent. 20 l une ou deux fleurs fertiles à chacun . . 18

( plus de deux fleurs fertiles dans chaque. 19 J arête au sommet de la balle. (407) Seigle.

I point d’arête, etc. 0

j valves de la glume égales. (406). Eroment.

( valves inégales. 0

I chacun composé d’une fleur. (408). Orge.

( plus d’une fleur à chacun. 0

( monoïques. 22

( dioïques. 0

( arbres. 0

( herbes.-.23

( à fleurs tout’-à-fait nues. 0

( à fleurs enveloppées.24

( une k six étamines. 25

( plus de six étamines. 0

( feuilles à vrilles. 0

( feuilles sans vrilles.26

( étamines au nombre de trois.27

( plus ou moins de trois étamines. ... 0

( feuilles à nervures parallèles.28

I feuilles à nervures rameuses. . * . .

à gaines fendues en long. Graminées,

à gaines entières. 0

mâles, femelles, hermaphrodites réunies. 0

mâles en panicule terminale. (410) Mais.

à feuilles engainantes simples.31

feuilles non engainantes. 0

balle à deux valves, uniflore. (409j Riz.

balle à plus de deux valves. 0

A l’aide de ces trente et une questions ou propositions contradictoires, on est donc parvenu au nom de six plantes. Cela ne suffit pas : il faut en apprendre maintenant le caractère avec plus de détails. L’ouvrage servira de même et pour cette étude et pour celle des espèces qui peuvent appartenir au genre 5 car, ainsi que les genres se distinguent entre eux par ces tableaux d’analyse, chacun d’eux renvoie à d’autres tables où les espèces sont de même opposées par leurs

caractères. Mais pour plus de simplicité »

nous supposons qu’on a présenté les espèces les plus communes , ou celles qui sont les plus utiles dans chacun des six genres, et nous allons emprunter dans l’ouvrage même les deux articles suivans qui les concernent.

« Les Graminées ou gramens sont des herbes dont la tige, nommée chaume, est cylindrique, ordinairement creuse,toujours marquée, d’espace en espace, de nœuds solides : chaque nœud émet une feuille dont

SYSTÈMÈ

la basé entoure la tige par Une gaine fendue latéralement et dans la longueur, et dont le limbe est étalé , entier, marqué de veines parallèles et longitudinales ; les fleurs sont disposées en épis cfu en panicules, presque toujours hermaphrodites , quelquefois unisexuelles ou stériles par avortement, touj ours composées d’écailles un peu foliacées , disposées sur un ou plusieurs rangs ; les écailles extérieures qui ont reçu le nom spécial de glunie ou de calice, et qui jouent le rôle d’involucre ou de spatlie, sont ordinairement divisées profondément en deux ou plusieurs valves opposées, et renferment une ou plusieurs fleurs dont l’assemblage se nomme épillet^ l’écaille intérieure ou l’enveloppe immédiate des organes sexuels , qui a reçu le nom de halle ou glumelle , et qui remplit l’emploi d’un vrai calice ou d’un périgone, est souvent bivalve et assez semblable à la glume : les étamines sont le plus souvent au nombre de trois, et ont des anthères oblongues, fourchues aux deux extrémités; l’ovaire est unique, libre , souvent entouré à sa base de deux petites écailles analogues à une corolle, et surmonté d’un style simple presque toujours fendu en deux stigmates plumeux. Le fruit est un cariopse nu ou recouvert par la balle : l’embryon est petit, attaché à' la base d'un périsperme farineux , plus gros que lui, etc. »

« Quelques graminées , savoir le froment, le seigle , et l’orge , naissent avec trois radicules , tandis que toutes les plantes connues n'en ont qu’une. Le nombre des nœuds du chaume est presque constant dans chaque espèce. Les racines des graminées sont toujours fibreuses ou rampantes ; et si quelquesunes paroissent bulbeuses , cette apparence est due au renflement des nœuds inférieurs.

Le périsperme féculent des graminées foui'uità l’homme la plupart des farines qui font la base de sa subsistance : leurs liges et leurs feuilles servent, comme fourrages, à la nourriture des animaux domestiques •. le suc des tiges , surtout dans leur jeunesse, est un mucilage ordinairement sucré , comme on le voit dans le maïs et la canne k sucre. L’épiderme et les nœuds des gramens contiennent beaucoup de terre siliceuse. » ( 567. )

Ij'auoine a pour caractères essentiels les dispositions que nous répétons ici : la glume

est bivalve, et elle renferme deux ou plusieurs fleurs, le plus souvent toutes hermaphrodites , ou dont quelques une sont mâles par avortement ; la balle est à deux valves pointues, dont l’extérieure porte sur le dos une arête genouillée. L'espèce dite cultivée ( avenu sativa ) a la tige droite , feuiîlée, haute de huit à dix décimètres ; ses feuilles sont larges de douze à quinze millimètres , glabres et un peu rudes lorsqu’on les fait glisser entre les doigts ; la pânicùle est très-lâche , quelquefois unilatérale et longue de deux décimètres ; ses épillets sont inclinés ou pendans sur leurs pédoncules, et ont leur glume composée de deux valves lisses , striées , verdâtres , blanches en leurs bords , pointues , et plus longues ’qué les fleurs ; les valves des balles sont chargées de barbes fort longues , roussâtres à leur base, et qu’elles perdent souvent par la culture ; les semences sont alongées , lisses et noires ou blanches, selon les variétés. Cette plante qui est annuelle est cultivée dans les champs. Ses graines servent à la nourriture des chevaux , et même en plusieurs pays k celle de l’homme. La décoction de l’avoine noire grillée donne aux mets l’odeur de vanille. Les balles servent k remplir les paillasses. On fait un fort bon gruau avec l’avoine blanche séchée au four, et privée de sa pellicule sous les meules des moulins tenues un peu espacées.

Dans quelques pays, on fait avec l’avoine delà bière, et on en extrait de l’eau-de-vie.

Le froment porte sur chaque dent de l’axe des épillets solitaires et opposés k cet axe ; sa glume est k deux valves , et renferme plusieurs fleurs dont la balle est bivalve. On distingue quatre races parmi les variétés du froment cultivé ( triticum œstivum ) , savoir, 1° les épis glabres et dépourvus de barbes :

deux dits d’automne , l’un k épis blancs , l autie k épis dorés ; celui k grains de riz ; le tonzelle , le trémois sans barbes ; et ceux de Phalsbourg et d'Alsace : 2® les épis glabres munis de barbes , comme celui k barbes caduques d’Anjou ou de la Providence ; k barbes divergentes , serrées ; k grains ronds d’Italie , de Sicile ; 3» k épis velus , dépourvus de barbes , comme le froment grisâtre du pays d’Auge : 4® enfin la race a épis velus , garnis de barbes , comme le gris de souris , la pétatrielle rousse de Gascogne , le blanc , autrement dit moulin ou blé d'a-

BOTANIQUE. DE LAMARCK

bondance d’Avignon , et. le froment de Barbarie. On ignore la patrie du froment ; on soupçonne qu'il est originaire d’Asie. On le sème soit en automne soit au printemps, et dans ce dernier cas on le désigne sous le nom de marsains ou de trémois, parce que toute sa végétation s’opère en trois mois , étant semé en mars on le récolte en juillet.

Le froment à épis rameux ou blé de miracle , l’épeautre , le locular , sont des espèces distinctes.

Dans le seigle les épillets sont solitaires sur chaque dent de l’axe , et diffèrent de ceux des fromens en ce qu’ils ne renferment que deux fleurs , qui portent une arête au sommet de la valve externe de leur balle :

on trouve quelquefois le rudiment stérile d’une troisième fleur. L’espèce cultivée { secale cereale ) a les tiges garnies de feuilles assez étroites. Elles s’élèvent jusqu’à deux mètres environ ; leur épi est grêle , long de 12 à 18 centimètres, et chargé de barbes assez longues. Les épillets sont biflores , leurs valves garnies de cils rudes , accompagnés chacun de deux paillettes calyciuales sétacées , dont la longeur ne surpasse pas celle des fleurs. On cultive cette plante annuelle dans les champs j l’épi est souvent attaqué de l’ergot ( 562) : la farine du seigle produit un pain nourrissant, sucré , mais un peu lourd , qui sert de nourriture aux habitans du Nord. Ce pain i-este plus longtemps mou ou frais; mais il faut qu’il soit rassis ou cuit depuis plus d’un jour ou deux, auti-ement il est collant. On obtient avec la fai’ine de seigle , fermentée avec l’eau, et que l’on fait distiller , une soi’te d’eau-devie de grains, que souvent on aromatise avec des baies de genièvre , et qu’on nomme alors improprement eau-de-vie de genièvre. Le seigle fournit aux bestiaux un excellent fourrage vert au premier printemps : on peut le faucher deux fois en un mois, et mettre ensuite les bestiaux au pâturage dans les terres ainsi cultivées. La paille qui est trèslongue et flexible sert à faire des paillassons pour les jardiniers , des nattes pour les chapeaux communs , des liens pour les bottes de fourrage et pour les salades que l’on veut faire pommer ou étioler au centre ; elle sert également à rempailler les chaises , à couvrir les chaumières , etc.

ISorge porte trois épillets sur chaque dent

de l’axe. Les deux latéraux sont souvent mâles et pédicellés , et celui du milieu sessile et hermaphrodite : les glumes sont h deux valves , qui par leur réunion jouent le rôle d'involucre à six feuilles ; chaque glume renferme une seule balle à deux valves. \iorge commune {hordeum vuïgare ) a toutes les fleurs hermaphrodites , munies de barbes longues et droites : ces fleurs sont réellement disposées sur six rangs ; mais deux rangées sont plus proéminentes que les autres : l’épi est long de 9 à 12 centimètres ordinairement. Cette plante annuelle , originaire de la Russie et peut-être aussi de la Sicile ,est cultivée dans toute la France , principalement dans les montagnes, où elle réussit mieux que les autres céréales , à cause de la promptitude de sa végétation. On la coupe en vert pour la donner aux bestiaux : son grain nourrit les chevaux , la volaille. On en retire l’amidon ; on en fait de la bière, de l’eau-de-vie et une sorte de pain: on la monde, on lui enlève sou écoi-ce dans des moulins préparés exprès comme pour râper le grain , en lui donnant en même temps la forme sphérique ; ce qui l'a fait appeler encore orge perlée L’orge à six rangs ou escourge , celle à deux rangs ou pamelle^ l orge pyramidale , sont ’d’aulres espèces qu’on emploie aux mêmes usages.

Le riz cultivé ( oriza sativa) a les fleurs disposées en panicule ; leur glume est à deux valves aiguës, uniflores : leurs balles sont en nacelle, inégales , dont l'extérieure striée se termine par une arête : l'ovaire a deux écailles à la base , il est surmonté de deux styles ; chaque fleur a six étamines : le grain est oblong, obtus , strié , renfermé dans la balle interne : le chaume, haut de huit décimètres environ, porte des feuilles un peu épaisses. Cette plante annuelle ne réussit que dans les pays très-chauds : elle exige des terres submergées. On ne la cultive guère qu’en Espagne aux environs de Valence ; en Piémont ; en Sicile : les marais où se fait cette culture sont malsains. Le riz forme la principale nourriture des Orientaux ; il remplace le blé. On est obligé de le monder ou de lui enlever la balle intérieure. La paille de riz est fine et solide ; on en fait des tresses qui servent à la fabrication de chapeaux très-légers.

Le maïs, hlé de Turquie ou blé d’Inde

SYSTÈME

(sea maïs ), est monoïque. Ses fleurs mâles sont disposées en panicule terminale, et leurs glumes renferment deux fleurs ; les fleurs femelles sont disposées en épis axillaires et cachées dans de grandes gaines foliacées.

Leurs glumes sont uniflores ; le style est filiforme , extrêmement long ; les graines sont arrondies, lisses et crustacées à la surface, nues, disposées en épi serré et cylindrique, rangées par séries longitudinales et comme mcrustées dans Taxe de l'épi. Cette plante aime les terrains gras et légers ; elle craint la sécheresse et les expositions trop froides. On la sbme au printemps ; on coupe la sommité de la tige après la floraison , afin de forcer les sucs à se porter sur les graines ; ou récolte celles-ci à l’entrée de l’automne j leur farine, qu'on nomme polenta ou poulinte , est très-saine et très-nourrissante , peu propre à faire du pain, mais excellente sous la forme de soupe , de houlie ou de gâteau. Le maïs paroit originaire de l’Amérique méridionale ; il y étoit cultivé lorsque les Européens en firent la conquête. 11 paroit que ces noms de blé de Turquie et de blé d’Inde tiennent à ces circonstances :

pour l'un, qu'on l’a désigné sous le nom de blé à barbe de Turc j et pour l’autre que l’Amérique étoit alors appelée les Indes orientales.

Telle est la marche analytique employée par M. de Lamarck. On conçoit que c’est un moyen tout-à-fait artificiel ; mais il a le grand avantage de pouvoir s’appliquer à la méthode naturelle, en tenant compte de

toutes les anomalies, de toutes les aberrations que les espèces d’un genre, d’ailleurs très-naturel, peuvent cependant présenter ; et en indiquant ces espèces autant de fois que leurs caractères semblent en apparence opposés au genre et quelquefois même à la famille auxquels elles appartiennent; de sorte qu’il est plusieurs de ces genres qui se trouvent répétés jusqu’à trois fois et même plus. Il y a, par exemple, des espèces de frêne parmi les plantes monoïques, dioïques et hermaphrodites, et l’on tx’ouve ce genre indiqué dans ces trois divisions : il en est de même des genres de la salicaire , de la pimprenelle, de la verveine , du trèfle, qui s’offrent autant de fois que les espèces présentent entre elles de différences essentielles ; et ce double ou triple emploi ne produit aucun inconvénient.

A l’aide du tableau que nous présentons ici. Ou pourra se faire une idée de l’analyse, en supposant que chacun des numéros correspond aux divisions naturelles des familles que l’on trouvera indiquées dans le chapitre suivant, où nous exposerons la méthode naturelle ; de sorte que cette table servira trèsavantageusement à l’élève qui , au moyen de l’analyse, désirei’oit se familiariser avec les distributions des végétaux,en familles.

C’est dans cette vue que toutes fois qu’une famille se trouve indiquée, nous avons eu soin de faire connoître , par un numéro correspondant, l’article de cet ouvrage où le genre est nommé, et quelquefois même où il est décrit suffisamment pour en donner une idée exate.

TABLEAU DES PRINCIPALES DIVISIONS DE L’ANALYSE DES GENRES, d’après la flore frasçaise.

/jointes.

yointes.

I monopétale V ovaire.

jpolypétale

lierma- I plirodites |

incomplètes., uni- i monoïques., l. sexuelles. | dioïques,..,

l demi-flosculeuses.

< âosculeuses.

f radiées....

( une à cinq: J régulière..

libre ou supérieur: 1 ,„rolIe.. ?. I inVlière.

.•••(plus de cinq......

adhérent ou inférieur.

régulière : ( dix au moins étamines.. ( plus de dix,

irrégulière....

--r--- (plusieurs.... .

) adhérent ou infé- t dix au moins...

l rieur s étamines.. ( onze ou plus..........

BOTANIQUE. DE LAMARCK

Le no 1 correspond à quelques espèces de plantes qui ont plus de cinq étamines , et dont plusieurs et quelquefois même le genre entier peuvent, à cause d’un grand nombre d’autres caractères, être placées dans d'autres familles. C’est toujours à cette section qu’appartiennent les Primulacées (475), qui ont une capsule à une loge , avec un placenta central, sur lequel les graines sont attachées 5 les Solanéës (482), qui ont une baie ou une capsule à plusieurs loges, et les feuilles alternes ; les Borraginées (483), dont les semences sont au fond du calice ; Ics^Gek- TiANÉES (486), qui ont toujours une capsule et les feuilles opposées ; les Apoctnées (487), dont le fruit est toujours composé de deux follicules réunis.

Le no 2 mène , par une division très-simple , aux plantes dont les fleurs ont quatre étamines au moins , et dont les graines sont tantôt dans une capsule , comme dans les Rhiwanthacées (476), les Personkées (481) ; tantôt à nu et au nombre de quatre au fond du calice , comme dans les Labiées (480). C’est dans les embranchemens successifs que se trouvent rangées plusieurs autres plantes à corolle irrégulière, qui ont cinq étamines comme la vipérine, la grassette, l’utriculaire , la gratiole, etc.

Le n® 3 ne conduit qu’à quelques espèces de plantes singulières dans leur genre , lesquelles se trouvent d’ailleurs indiquées chacune dans leurs familles l’especlives : telles sont quelques azalées , lédons , airelles , bruyères, rosages, arbousiers, etc.

A l’aide du no 4, on parvient aux plantes qui ont cinq étamines, comme les Campahu- LACÉEs (492), dont la corolle est insérée sur le calice, etlesRuBiAcÉES (500), qui ont cette partie de la fleur placée sur le pistil et des feuilles en verlicille. On arrive aussi aux.

Dipsacées (499), dont les fleurs sont en outre agrégées ou réunies en tête, avec quatre étamines, et aux Valériakées, qui ont moins de quatre étamines. Il se trouve là aussi quelques plantes anomales , comme plusieurs espèces d’airelles, le cytinet, la linnée, etc.

Dümeril.

Le no 5 comprend les CRucirÈREs (508), qui ont quatre pétales et six étamines ; les Cartophtléées (521), qui ont cinq pétales au moins et dix étamines, ainsi que plusieurs espèces de genres très-difiérens, tels que le houx, le frêne, la buffbnie, la sagine, le rossolis , le statice, la rue, la camérine, etc. Le n“ 6 fait arriver au pourpier, au pavot, à la chélidoine, aux euphorbes, à la salicaire et à quelques rosacées.

Avec le no 7 on détermine plusieurs fleurs anomales, comme la capucine, la balsamine, la violette, le maronnier d'Inde , le réséda , les géranions, le polygala, la fumelerre et la famille des Légumikedses (533), qui offre de suite une division secondaire en espèces munies ou dépourvues de vrilles.

Le no 8 distingue les espèces qui, outre les caractères précédemment annoncés , offrent des stipules à la base des feuilles , au moins dans leur jeunesse. Ce sont, d’une part, les Malvacées (516), dont les étamines sont monade!phes, et de l'autre, des plantes qui ont des étamines libres , comme l'aigremoine, la sanguisorbe et quelques autres Rosacées (532). Les plantes qui n’ont pas de stipules sont tantôt des Crassulacées (525) quand on observe des glandes à la base des ovaires , et tantôt des RehohculacÉES (506) quand il n’y en a pas.

Le no 9 exige que l’on compte d’abord le nombre des étamines. La circée n’en a que deux ; le cornouiller et la macre quatre j le lierre , le groseiller et les Ombeleifères (503) cinq; l’épilobe et l’onagre huit; le genre des saxifrages dix. Le n» 10 sépare de suite le pourpier qui n’a que deux valves au calice, de toutes les autres plantes qui ont un calice à plus de deux lobes. Il fait distinguer aussi la salicaire , le seringat, le myrte, le grenadier , qui ont les feuilles opposées , d’avec les cierges, qui n’ont pas de feuilles, et d’avec les Rosacées (532), qui ont des feuilles alternes et cinq pétales le plus ordinairement.

Le no II, qui comprend toutes les fleurs

SYSTEME BOTANIQUE. DE LAMARCK

incomplètes , les divise en plantes dont les fleurs sont tout-à-fait sues, ou munies seuiement d’une enveloppe commune à un grand nombre de fleurs ; mais dont les unes vivent dans l'eau, comme quelques naïades, tandis que les autres sont terrestres, comme quelques espèces de figuier, d'euphorbe, les gouets, les callas. Les autres plantes ont les fleurs munies chacune d'une enveloppe propre ; tantôt cette enveloppe est colorée, et alors on J compte trois étamines, comme dans les lainéEs ( 455 ) ^ ou sis étamines , comme dans les Ln-iaciss (454) ; ou une ou deus étamines placées sur le pistil, comme dans les Orchidées (457) : tantôt celte enveloppe est membraneuse et ressemble à un calice, et alors la tige est noueuse et la gaine des feuilles fendue en long comme dans les GramsÉss (446) 5 ou la lige n est pas noueuse, comme dans les Ctpéracées (447) j dans ces deus familles, les étamines sont au nombre de trois -, et le fruit est une semence unique ou un caryopse, taudis que dans les JoncÉEs (453), qui ont avec ces plantes les plus grands rapports, on compte six étamines, et en outre leur fruit est une capsule.

Toutes les plantes monoïques correspondent au n® 12 , qui les distingue en arbres et en berbes. C’est à la première division qu’appartiennent les Cosifères (541), dont les feuilles sont ordinairement linéaires, persistantes et les fruits en cône ; ainsi que les Amektacées (5a0), qui ont des feuilles souvent dentées , ordinairement caduqueset les fruits variables. Les Cccijrbitacées ( 537 ) renferment la plupart des herbes monoïques , au moins celles qui ont une vrille à l’aisselle des feuilles, et plus de six étamines ; car la mercuriale, le volant-d’eau, Tarroche, l'épinard, la pariétaire , l'ortie, le maïs, la massette, la sagittaire, le ricin et beaucoup d'autres berbes sont aussi monoïques.

Le n® 13 ne conduit qu’à des plantes dioïques réparties dans un grand nombre d’autres familles. Il les distingue d’abord en arbres, en abrisseaux et en berbes. C’est dans la première section que viennent se ranger quéhjues espèces de frênes , le guy, le nerprun, le sumac, le caroubier, le pistachier , le laurier j et dans la seconde, le chanvre, la pimprenelle, labryone, le hou¬

blon , une espèce de lychnis, d’ortie, etc.

Le n® 14 comprend, ainsi que les trois suivans , des plantes à fleurs conjointes, c'est-à-dire réunies plusieurs ensemble dans un même calice ou dans une enveloppe générale , et ayant les anthères soudées ; mais ici sont rangées plus particulièrement les Chicobacées ( 495 ) ou les fleurs demi-flosculeuses, c’est-à-dire dont les petites corolles forment de très-petits tubes à la base, et se prolongent d’un côté en une languette ou en une lanière alongée, comme le pissenlit , la laitue, le salsifis , la chicorée.

Sous le n® 15 on trouve les flosculeuses, dont les petites fleurs ont les corolles toutes en cornet ou en tubes réguliers, à quatre ou cinq dents, comme le chardon , le séneçon, le tussilage, l’artichaut, etc. Le n® 16 comprend des corolles de deux sortes, dont celles de k circonférence sont en languette, èt forment une couronne autour des fleurons du centre qui sont en cornet ; telles sont celles de la pâquerette, du soleil, de la reine-marguerite ou chrysanthème, du souci, etc.

Enfin , le n® 17, qui correspond à la cryp* togamie de Linné et aux acotylédons des familles naturelles, pre'sente neuf divisions.

Les Hépatiques (440), qui ont des feuilles sur lesquelles naissent des espèces de capsules globuleuses et distinctes ; 2® les Mousses (441), dont le fruit est distinct des feuilles, solitaire et recouvert d’une sorte de coiffe, ou par un couvercle qui peut se séparér à la maturité ; 3®. les Rhixospermes , dont les fruits très-singuliers n’ont pas de coiffe et viennent des racines , comme l’indique leur nom; 4®. les Fougères (444), dont le fruit naît dans ou sur la substance même des feuilles qui sont roulées en crosse à leur naissance ; 5®. les Naïades dont les fruits sont sessiles, à l’aisselle des feuilles, et dont les plantes sont toutes aquatiques; 6®. les Argues (438), dont les plantes sont aussi aquatiques, mais dont les fruits ne paroissent pas , et dont les racines et les feuilles ne sont pas bien distinctes ; 7°. les Champi- GîfONS (435), qui n'ont pas non plus de racines ni de feuilles, qui sont charnus , coriaces ou gommeux, et qui ne deviennent

MÉTHODE NATURELLE

pas verls lorsqu’on les frotte; 8«>. les HïïoxTLOKS (437), qui ne sont que des espèces de taches ou de plaques incrustées sous l’épiderme, où elles vivent en parasites ; 9°. enfin , les Lichehs (439), qui sont des plantes

sèches , pulvérulentes où coriaces, lesquelles deviennent vertes à l’intérieur lorsqu’on les frotte , et dont les graines sont placées sous une sorte de disque ou d’écusson.

CHAPIÏKE VIII.

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