DE DA MÉTHODE HATÜRELLE EH BOTANIQUE
Nous venons de voir, par des exemples, que les systèmes sont des moyens imaginés pour parvenir facilement à la détermination du nom des plantes. Ces procédés ressemblent toujours aune sorte d’échafaudage, dont les pièces deviennent inutiles quand une fois on est arrivé à connoître le genre auquel l’espèce doit se rapporter ; mais quelques-uns de ces systèmes, et en particulier l’analyse, peuvent être commodément appliqués à la méthode naturelle qui, n’empruntant pas constamment les caractères des mêmes parties, range tous les végétaux dans un ordre tel, que ceux qui se conviennent par le plus grand nombre de rapports^ se trouvent nécessairement groupés et réunis en familles. Nous allons essayer d’exposer l’histoire et les principes de cette méthode naturelle.
Césaîpin, médecin italien, publia, en 1583, la première méthode de botanique : il distribua en quinze classes les huit cents plantes parvenues à sa conuoissance, en considérant successivement la disposition de l'embryon et la structure du fruit. Morison, médecin écossais , perfectionna un peu cette méthode, en ajoutant à l’élude du fruit celle du port de la plante et de la forme de la fleur. Rai, prêtre anglais , publia à peu près dans le même temps, en 1682, une méthode dans laquelle les caractères sont tirés de diverses parties des plantes ; et si Tournefort s’étoit moins exclusivement attaché à la considération des corolles ou des parties extérieures des fleurs, sa méthode eût été moins systématique , et par conséquent plus naturelle. Linné en avait indiqué quelques aperçus de 1737 à 1751 , lorsque Adanson , naturaliste français, publia, en 1763, ses Familles de plantes, au nombre de cinquante-huit qui comprennent seize cent quinze genres
disposés dans l’ordre qui lui parut le plus naturel.
Déjà, en 1759, Bernard de Jussieu avoit disposé les plantes du jardin botanique de Trianon, suivant une méthode particulière, et d’après l’ordre naturel; mais il n’avoit rien publié de ses motifs et des vastes connoissances qui l’avoient guidé dans cette disposition. Heureusement que son élève et son neveu, Antoine-Laurent de Jussieu , après avoir rangé le jardin des Plantes de Paris suivant cette méthode, fit connoître les bases de cet arrangement dans un ouvrage latin, sous le titre de Généra Plantarum, etc. ( Les genres des plantes rangés suivant les ordres naturels.)
Cette méthode a été beaucoup perfectionnée par les travaux des botanistes français. Nous ferons en sorte d’en suivre les progrès dans l'exposition que nous allons en faire. Il faut d’abord savoir que dans celte disposition toutes les plantes ont été rangées par groupes ou familles naturelles, d’après des caractères tirés des parties les plus importantes , telles que la forme de l’embryon , la disposition des étamines par rapport au pistil, ou la situation respective des organes sexuels ; enfin, les variétés qu’offre le périanthe, c'est-à-dire d’après des caractères tirés de parties diverses ; de cette manière on trouve rapprochées naturellement toutes les plantes qui se ressemblent par un plus grand nombre de parties.
La forme et la structure de l’embryon ( 332) ont fourni les premières divisions ; et l’observation prouve d’ailleurs que la semence, étant le végétal réduit à sa plussimple expression , offre des caractères Irèsuniformes dans les plantes les plus voisincs%
MÉTHODE NATURELLE
D'après celle considération générale , il y a trois divisions principales : les plantes dont on ne connoît pas les cotylédons ou les graines, et par conséquent sur lesquelles on n'a pu observer les feuilles séminales pendant la germination ; celles-là sont dites ACO- TYLÊDONES ou NON-LOBÉES ( 434):
comme on connoît bien les semences des autres végétaux, ou a pu observer la manière dont elles se développent ; ainsi les unes n'offrent, lorsqu’elles germent, qu'une seule feuille séminale ; on les nomme MONOCO- TYLÉDOKES ou UNILOBÉES (442); et toutes les autres graines contiennent l'embryon entre deux lobes : on les appelle DI¬ COTYLÉDONES ou BILOBÊES. ( 461. )
Il seroit certainement difficile de délerxàiner à l'aspect d’une plante en végétation, si elle s'est développée avec un , deux ou sans cotylédons; mais l'observation apprend bientôt à faire cette distinction , comme nous allons l'exposer dans les articles qui vont suivre. D'aboixl,]es acotj lédones ne portent jamais ni fleurs ni fruits perceplibles à l’œil nu. On connoît très-peu leur structure; on sait seulement qu'elles n'ont ni tiges, ni racines, ni vaisseaux, ni pores corticaux ; c’est ce qui les a fait désb gner sous le nom général de végétaux csi.xcLXiRSs. Toutes les autres plantes en effet qu'on a nommées, par opposition, vxscn- I.XI&ES , offrent dans leur structure interne des vaisseaux, é’est-à-dire des canaux destinés à transporter les humeurs ou leurs sucs nutritifs, et ces vaisseaux présentent, comme nous le verrons, on double mode de distribution ; ainsi, parmi les uuilobées , on observe toujours et constamment, d'après les belles découvertes de M. Desfontmnes, la structure suivante : la tige , presque constamment cylindrique, et non conique dès la base inférieure, présente audehors des anneaux ou lignes circulaires qui indiquent l’accroissement : lorsqu'elle est fendue suivant sa longuenr, celte tige n’of- £re jamais ni moelle, ni prolongement médullaire, ni écorce bien distincte ; coupée en travers , on y remarque le plus souvent un ou plusieurs canaux distincts, vides , fistuleux ou en tuyau. Il y a des pores corticaux et des vaisseaux ; mais ceux-ci ne sont pas disposés par conches concentriques : les feuilles n’ont presque jamais de nervures brancbnes ; et lorsqu'on en voit, elles sont
disposées sur la longueur et parallèlement.
Les fleurs sont presque toujours enveloppées par un périanthe unique . et leurs graines ou semences offrent presque constamment à 1 intérieur les indices des racines qui sont déjà développées ; cependant on a appris , par un examen plus attentif, que les plantes chez lesquelles on avoit cru que les semences ne portoient qu'un seul lobe, en avoient quelquefois plusieurs , mais que dans ce cas ils n’étoient jamais opposés ni en couronne ou en verlicelle. Ce sont ces diverses considérations qui ont fait désigner, dans ces derniers temps, les plantes monocotylédones sous des noms qui indiquent les diverses particularités qui les distinguent, comme sous celui d'EsDOGÈMEs (261 ), nom qui signifle que la croissance a lieu en dedans , tandis que la manière dont le développement des petites racines qui existoient dans l'embryon , et qui ne font que se dérouler dans la germination , leur a valu le nom de plantes Exokhizes.
Ensuite , les bilobé^ offrent dans leur intérieur la moelle , les corps ligneux et l'écorce. Elles ont des vaisseaux autour du canal médullaire , et des prolongemens rayonnés disposés de manière que dans l'accroissement qui s’opère, les plus intérieurs s’oblitèrent, tandis qu'il s’en développe de nouveaux à la circonférence, et que la plante prend ainsi de la consistance de dedans en dehors; c’est ce qu’on a voulu exprimer en nommant les végétaux dicotylédons des Exogbkbs (262) : leurs' feuilles ont des nervures ramiOées; elles sont le plus souvent pétiolées et articulées ; Icui-s semences n’ont pas seulement, comme leur nom l'indique , deux cotylédons ; on en a observé jusqu’à cinq , ou un plus grand nombre ; mais ces lobes séminaux sont toujours opposés ou verticillés , et les racines de la piantule qu’ils contiennent sortent de la graine en perçant l'épiderme, ce qui leur a valu le nom d'EsDORHizEs. A l'aide de ces divers caractères, il est donc facile de distinguer celte première division de la métliode naturelle.
Les plantes ACOTYLÉDONES de Jussieu correspondent aux herbes sans corolle, sans étamines et sans fruit de Tournefort, aux cryptogames de Linné , aux agamiques
MÉTHODE NATURELLE
lül
<îe M. de Lamarck. Elles n’ont pas de caractères communs , par cela même que leur réunion est produite par un défaut de parties. Leur structure est cependant différente de celle de tous les végétaux qui ont des feuilles ^minales, et dans lesquels on a observé des vaisseaux , tandis qu'ici on n’a reconnu que des cellules ou aréoles , ou une substance semblable dans toutes ses parties; elles sont partagées en deux grandes sections ou séries. Les acotylédones à feuilles, ou foliacées, c’est-à-dire qui sont des expansions semblables à des feuilles ,,et qui semblent avoir des sexes ; telles sont les mousses (441) et les hépatiques (440) ; chez les autres on ne voit pas d’apparence de feuilles, et les organes sexuels ne sont pas bien connus.
On les a nommées aphylles, et on y rapporte les algues{i38),\es lichens (439), les hypoxy- Ions (437) , et les champignons. (435.)
Les Champignons n’ont jamais de feuilles ni aucun organe qui y ressemble. Leur substance paroît homogène , tantôt semblable à du bois, à du liège; tantôt molle, comme charnue , gélatineuse ou mucilagineuse. Ils varient beaucoup pour la forme. Il en est de simples qui ressemblent à des fîlamens , à des membranes dont les deux surfaces sont semblables ou différentes ; l’une lisse, et l’autre garnie de pores ou de lames. Les uns sont portés sur un pied, ou pivot cylindrique ; les autres sont sessiles. Il en est qui sont gai’uis d’un chapeau, ou surmontés d’une partie élargie plus ou moins orbiculaire; d’autres qui sont hérissés de pointes ou d’écailles. On ne connoît pas très-bien encore leurs organes de la reproduction.
Comme la plupart offrent, à une certaine époque , une sorte de poussière, tantôt à l’intérieur, tantôt à l’extérieur , et. que cette poussière, composée de globules , reproduit au bout d’un certain temps des espèces semblables , on la regarde comme la semence ; mais on ignore encore comment s’en fait le développement. On trouve des champignons sur les parties des plantes mortes ou vivantes , où ils vivent en parasites; plusieurs croissent dans la terre et à sa surface ; quelques-uns mêmes se développent dans l’eau.
On a divisé les champignons en deux grands ordres. Le premier , sous le nom
de gymnocarpes, comprend toutes les espèces dont les globules reproducteurs sont placés à la surface. Le second renferme les angîocarpes , ou les espèces dont les capsules séminales sont renfermées à l’intérieur.
C’est au premier ordre qu’on rapporte , (o. les champignons filamenteux, comme les bysses; 2°, les plats à surfaces semblables , comme les pézizes , les trémelles , les auriculaires ; 3°. les plats à faces différentes, comme les bolets, les mérules, les agarics, les morilles. Le second ordre comprend d’autres champignons, dont la plupart sont parasites, comme les puccinies, les urédos improprement appelés rouille , charbon , carie, nielle, etc., les œcidium, les moisissures ; d’autres croissent sur la terre, comme les vesseloups, ou dans son intérieur , comme les truffes. ( 562.)
On a aussi rapproché de cette famille des champignons, d’autres plantes parasites qui vivent ordinairement sur les troncs d'arbres, et qu’on a nommées à cause de cela HtpoxYtOHS. Les uns ressemblent à des racines , et on les appelle rhizomorphes ; d’autres offres des parties arrondies très-dures , et prennent le nom de sphéries , de verrucaires ; leurs graines sont renfermées dans une sorte de mucilage.
Les AtGüEs de Jussieu comprennent aussi les Lichens ou les espèces coriaces et crustapées à fructification distincte, que nous examinerons à part. Les algues proprement dites n'ont pas de fructification connue :
elles vivent dans les lieux humides , le plus souvent sous l'eau douce ou salée ; elles attirent l’humidité , et s’imbibent facilement de l’eau dans laquelle on les plonge. Plusieurs se reproduisent par la division naturelle ou accidentelle de leurs parties ; d’autres paroissent avoir des globules séminifères semblables à ceux des champignons.
C’est parmi les algues qu’on range les nostochs,(\ue quelques auteurs regardent comme ■ une sorte de polypier terrestre ; les rivulaires , les conferres, les batrachospermes, les vaucheries, qui vivent dans les eaux douces ; les ulves , les varecs , gouémons ou fucm , et les céramions qui ne se développent que dans les eaux salées de la mer ou des lacs. (563.)
MÉTHODE NATURELLE
Les Lichkhs ne vivent que dans l'eau :
leurs formes varient peaucoup j leur caractère essentiel consiste dans les boucliers ou les sortes d écussons qui portent les organes delà reproduction. On les a disüirgués en tépreax , qui forment une croûte très-adhérente et peu épaisse ; en foliacés, et enjîûimenteux ou Bstuleux , suivant qu'ils ressemblent à des feuilles, à des lames minces, ou à des tiges plus ou moins hérissées de poils et de filamens. (564.)
Les Hépatïqïes croissent dans les lieux très-humides ; elles ont des espèces de racines, quelques unes ont des tiges grêles garnies de petites feuilles , mais la plupart forment des plaques membraneuses vertes , analogues à des feuilles ; les organes de la reproductioiï varient : chex les unes, on remarque une capsule qui offre des valves longitudinales, et dans laquelle on observe des filamens contournés en spirale : d'autres n'ont pas cette disposition. Lesmarchanties^ les jongermannes f les riccies appartiennent à cette famille.
Les Mousses sont de petites plantes vertes à feuilles éparses ou embrîquées qui se trouvent ordinairement réunies par groupes sur la terre, les pierres et d'autres végétaux, principalement sur les troncs des arbres , dans les lieux humides et à l'ombre. Hedwig a reconnu leui-s organes de la génération ; on savoit déjà qu’elles portoient une capsule pourvue d'un opercule ou d’une urne et d'une coiffe; mais il a observé qu’il y en avoit d'hermaphrodites, de monoïques et de dioïques , et que la situation des fleurs varioit beaucoup. On a semé des mousses , en répandant sur des éponges humides la poussière qui se trouve dans les capsules. La plupart sont vivaces : elles donnent des drageons : desséchées, elles peuvent reverdir , et revivre lorsqu'on les humecte. Cette famille renferme un grand nombre de genres, comme les phasgues^ les sphaignes, les bj-paes f les bryvs , les po/yln'cAs , les^o»tinales , etc. (565.)
Sous le nom de MONOCOTYLÉDONES ou d'UNILOBÉES, sont comprises toutes
les plantes dont les semences, confiées à I»
terre, se développent avec un seul lobe ou cotylédon, lequel lenferme et absorbe les sucs destinés à alimenter la plantule dans son premier âge, et avant que la radicule puisse pomper les liquides nécessaires à la nutrition. D’après de nouvelles observations , on a reconnu que les plantes de la famille des fougères donnoient des graines qui levoient avec un cotylédon latéral, petit et eu forme de rien ou de haricot, de sorte qu'il se trouve un léger changement dans la méthode de M. Jussieu, et un ordre de plus dans la classe des monocotylédones.
On peut donc, d’après cette nouvelle découverte, faire deux grandes sections des plantes monocotylédones : les unes ont des étamines bien distinctes ; dans les autres, si ces organes existent, Us sont cachés et recouverts par des membranes. On a fait un ordre à part de celles-ci, et on y a rangé la famille des Fougères et quelques autres plantes qui en sont voisines. Parmi les unilobées à étamines distinctes , l'auteur de la Méthode naturelle, considérant que la plupart des fleurs sont hermaphrodites, et que celles qui n'ont qu’un sexe ne sont ainsi diclines que par avortement, a considère la manière dont les étamines s'insèrent par rapport au pistil. Au reste , toutes ces plantes ont des fleurs incomplètes avec un seul périgoneou périanthe, qu'on a nommé tantôt calice, tantôt copoUe : elles sont rangées dans trois ordres, l®. Les hjpogy>7tes (445), dont les étamines sont attachées sur le réceptacle et au-dessous du pistil. 2o. Les pèrigfnes (450), qui n'ont les étamines attachées ni dessus, ni sous les organes femelles, mais autour, sur le périgone. S®. Enfin, les épigynes (456), dont les étamines sont portées par le pistil.
Les Fougères, qu'on peut regarder comme des monocotylédones cty plogames, sont pour la plupart herbacées. Leurs tiges restent souvent sous la terre : leurs feuilles se développent ordinairement en se déroulant et en formant une crosse ; rarement elles sont simples. presque toujours divisées à la manière des plumes. Les organes sexuels, qu on nomme conceptacles, sont placés sous la face inférieure et sur les nervures de la feuille. On découvre au-dessous des petites
MÉTHODE NATURELLE
membranes qui les recouvrent, des points pulvérulens qu'on regarde comme des étamines , et de petites coques ou capsules de formes diverses , remplies de séminules dont on a vu sortir l’embryon, accompagné d’un très-petit lobe latéral. C’est à cette famille qu’on rapporte les adianthes ^ dont les graines sont situées par lignes interrompues , sous le bord replié des feuilles ; les piérides, dans lesquelles ces lignes sont continues ; les scolopendries , qui offrent en dessous des lignes saillantes parallèles, disposées par paires et à angles droits avec la nervure principale ; les doradilles ou asplénies, chez lesquelles le centre de la feuille est occupe' par la fructification ; les osmondes, dont les feuilles fructifères semblent se changer en grappe , etc. On a rapproché aussi de cette famille les Ijcopodes, dont les graines sont placées à l’aisselle des feuilles ; les rizospermes , comme la pilulaii-e; les prèles à tiges articulées, creuses , garnies de feuilles verticillées et à fructifications en épi, dont les racines sont vivaces , etc., etc. (566.)
Quatre familles appartiennent à l’ordre des plantes monocotylédones à étamines distinctes , et attachées au-dessous du pistil.
Ce sont, \°. les, graminées (446), à chaume ou tige articulée, à gaine des feuilles fendue en long, à glume ou calice à deux valves; 2°. les cypéracées (447), à tiges presque lisses, à feuilles non fendues à la base, et à glume aune seule valve; S», les typhacées
(448) , semblables aux cypéracées par la tige et par les fleurs toujours monoïques, qui ont un calice de trois pièces , et dont les mâles sont toujours placés au-dessus des femelles disposées en chaton ; 4o. les aroïdes
(449) , qui ont aussi les fleurs en chaton, le plus souvent protégées par un spathe coloré, -et dont les fruits sont des baies.
Les GRAMI^ÉES , dont nous avons déjà in- •diquéles principaux caractères en expdsantle système analytique de M. de Lamarck (403), sont des herbes dont les fleurs sont disposées en éju ou en panicule, le plus souvent hermaphrodites , à étamines au nombre de ti'ois , et dont la graine est un cariopse. Le nombre des styles , des étamines, des fleurs de chaque épillet, a servi à distinguer, les divers genres qui composent cette famille.
Nous nommerons seulement ici, avec les six
principaux précédemment décrits (404 et paragraphes suivans) , la flouve, le vulpin ou queue de renard, la phléole, le phalaris ou alpiste, le panic , dont une espèce donne le mil ou millet, Vagrostis, la canne à sucre ou canamelle , la hougue ou sorgho, la canche, le roseau, la fètuque, le paturin , la brize, le brome, le coïx ou larme de Job, etc., etc. (567.)
La famille des Souchets , Cypéroïdes' ou Cypéracées , a beaucoup de rapports avec celle des graminées , par la graine et par la conformation générale des fleurs et de la tige, mais le plus ordinairement l’ovaire est surmonté d’un stigmate fendu en trois parties. La plupart végètent dans les terrains humides , et sont de mauvais pâturages. On range ici les carex ou laiches dont les fleurs disposées par épis d’un seul sexe , sont portées quelquefois par des plantes différentes, ainsi que la linaigretle, les scirpes et les souchets. (570.)
Les Massettes, Typhoïdes ou Typhacées, sont pour la plupart des plantes aquatiques dont les fleurs sont disposées en épis ou eu chatons d’un même sexe ; leurs tiges ne sont jamais fistuleuses, mais semblables à celles des joncs. On n’a encore rapporté que deux genres à cette famille : celui des typhes ou masses d’eau , et celui des rubaniers ou rubans d’eau dont les graines sont réunies en houle.
Les Aroïdes (571) sont très-différentes de toutes les plantes de cette classe, par la disposition de leurs fleurs sessiles autour d'un chaton situé à l’extrémité de la tige, ou sur une hampe qui provient de la racine; pour l’ordinaire , elles sont entourées d’une sorte de corolle ou d’un spathe coloré. On range dans cette famille les gouets ou arums, et les callas {voyez PL vi, n® 23) ; on en a aussi rapproché les zostères.
Les monocotylédones à étamines distinctes situées autour du pistil, offrent des fleurs à sexes réunis ou séparés, toujours incomplètes, mais quelquefois accompagnées d’un spathe ; il leur succède des capsules ou des baies. Ces plantes constituent un ordre très-
MÉTHODE IS^^TURELLE.
nombreux en genres. On les a distribuées en cinq familles, qui même ne sont pas encore fort distinctes, d'après les rapports très - naturels qui semblent lier tous ces groupes les uns ans autres. La première comprend , sous le nom de palmiers (4SI ), les plantes dont le st/pe porte des baies à une logeou 'des drupes dans lesquelles sont renfermées des graines dont le périsperme est très-Tolumineux , et devient dur comme de la corne. La seconde renferme les asparagées (452), qui ont des tiges branchues, des fleurs hermaphrodites et des baies à trois loges. La troisième comprend les foncées (453), dont les fleurs ordinairement à six étamines , sont enveloppées dans des sortes de glumes réunis en épis, en panicules ou en corymbes et produisent des capsules à trois valves. La quatrième famille comprend, sous le nom de Uliacées (454), toutes les plantes qui ont quelques rapports avec les lis par les six divisions du perigone, les six étamines, le style unique souvent à trois stigmates, la capsule à trois valves : elle se divise en plusieurs familles secondaires, comme les asphodèles ^ les narcisses, etc.
Les iridées ( 455 ) composent la cinquième grande famille ; elles sont faciles à reconnoitre par leurs fleurs à trois étamines , et par la forme de leurs feuilles qui sont le plus souvent engainantes, ou engagées les imes dans les autrfô.
La famille des Paxmiebs est composée d'arbres et dWbrisseaux, dont les fleurs, de sexes difiërens , sont quelquefois portées par deux plantes. Leurs feuilles sont placées au sommet de la tige qui tient lieu du plateau qu'on retrouve à la base des bulbes ; elles varient par la forme. Les étamines, presque toujours au nombre de six, sont réunies à leur base. On divise communément, pour l'étude, cette famille en deux sections, suivant que les feuilles sont ailées, ou qu elles sont disposées en éventail. On les distingue plus naturellement encore en hermaphrodites , polygames , monoïques et dimques.
On y rapporte les rotangs, le chamœrops , l'aréca , les cocos , le sagou , le dattier, le lontar, le latanier, etc. (572.)
Les AsrxaÀGÉEs ou asparagoîdes ont tiré leur nom de Tasperge qui a été regardée comme le chef de œtte tribu. La plupart
des plantes qui constituent cette famille portent des baies : les fleurs n'ont qu'un périgoue. Leur racine n'est jamais bnlbeuse : la plupart sont herbacées j quelques-unes sont des sous-arbrisseaux grîmpans. On a distingué les espèces en her-maphrodites, comme les genres drac^sene^aspeige, paris€itr,conraUaria ou muguet} et eu dioiques, dont on a fait meme une petite famille sous le nom de SuiLACÉES, où l'on range le J'ragon , le smilax, le tamme ou taminier. (573.)
Les Joncs, Joncacées ou Jokcées, ont quelques rapports avec les scirpes de Tordre précédent et les lis qui composent la famille suivante ; et si les genres de ces trois groupes ètoient disposés par ordre naturel dans un jardin, il faudroit en faire trois groupes limitrophes, comme trois dèpartemens se touchent dans une carte géographique. Ce sont des herbes à feuilles eugainanles, au moins vers la racine j leurs fleurs sont le plus souvent hermaphrodites, à six divisions au périgone. L ovaire est libre, surmonté de trois stigmates, et forme une capsule, qui s'ouvre par trois valves. Les genres de cette famille ont été distribués en quati-e sections : l®ceux qui ont le calice en forme de glume, comme les joncs, les acores et les aphjUanies; 2o ceux chez lesquels les divisions intérieures du calice ressemblent à une corolle, comme la comméline , l'éphémère ,* 3» ceux qui ont un calice dont toutes les pièces ressemblent à des pétales, qui ont ordinairement trois ' ovaires, et qu'on a aussi désigné sous le nom de CoxcHicxcÉEs, comme les tofieldies^ les varaires, vératres ou hellébores, les colchiques ; 4® enfin les genres qui, ayant aussi plusieurs ovaires, toujours au-delà de trois, dont chacun se change en une capsule, ont été nouvellement désignés sous le nom d'Amsxxcis, comme les potamogétons , les Puteaux ou plantains deau, les sagittaires ou flèches d'eau, les huîomes ou joncs-fleuris, etc. (574.)
La famille des Limacées est remarquable par la beauté des fleui-s toujours divisées en six parties, et garnies de six étamines. L’ovaire est simple et forme une capsule à trois valves et à trois loges dont chacune renferme deux piles de graines souvent aplaties. On a subdivisé cette famille en plusieurs autres : telles sont, 1® les LmACXEs proprement
MÉTHODE NATURELLE
dites, qui ont l’ovaire libre et trois stigmates/ comme la tulipe , la fritillaire, la glorieuse ou méihonique J le lis y etc. : 2° les Asphodé- LÉEs, qui avec l’ovaire libre n’ont qu’un stigmate, comme les asphodèles , les hémèrocalleSy les jacinthes, les anihérics, le phormium, les scilles , les ornithogales, les aulx, Xe\s qae \e poireau, Véchalotte, la rocambole, la ciaette ou cire, la ciboule, la ciboulette et toutes les espèces d'oignons , etc. : 3° les Naecissées, dont l’ovaire est adhérent, comme Vamarjllis , le pancrace , les narcisses , la perce-neige ou galanthine , la tubéreuse, Vananas, l'agare, etc. (575.;
Les Ieidées ont été aussi nommées triaires, parce que les organes de leur fructification sont disposés par, trois ; comme trois étamines; trois stigmates ; capsule à trois loges, à trois valves ; périgone à trois divisions externes et à trois internes. Elles ont une tige ordinairement comprimée, à laquelle les feuilles sont souvent parallèles par leur plan. C’est là qu’on range les iris, les ixias, les glayeulsy le safran ou crocus, etc. (576.)
Les monocotylédones épygines ne comprennent que quatre petites familles faciles à distinguer les unes des autres par le nombre des étamines et la forme du fruit. Ainsi certains genres n’ont qu’une seule étamine , et tantôt une capsule uniloculaire, comme les orchidées ( 457 ) ; tantôt trois loges , comme les drjmyrrhizées (458). Les autres genres ont plus de deux étamines; tantôt six avec un fruit à trois loges comme les scitaminées (459), tantôt neuf étamines ou plus, et un fruit à beaucoup de loges, comme les hjdrocharidées. (460.)
La famille des Okchîdées est composée de plantes herbacées, à fleurs disposées en épi ou en grappe, garnies chacune d’une bractée, ordinairement de formes irrégulières et anomales. Elles sont gynandres, c’est à-dire que les anthères sessiles sont supportées par le pistil, qui est quelquefois percé d’un stigmate sur le côté ou à la base du style ; leur capsule est à trois valves , et contient des graines excessivement menues. On rapporte à cette famille les orchis, les sérapies, les ophris, la vanille, etc. (577.)
DtiMÉRin.
Les Balisiers ou Drtmtrrhizées ont reçu ce dernier nom de Todeur agréable que répandent la plupart de leurs racines. Ce sont des herbes à feuilles engainantes, dont les fleurs ont un périgone le plus souvent irrégulier, quoique composé de six pièces, mais inégales : telles sont la canne d’Inde ou le balisier, gingembre ou amomum, le zédoaire , le galanga, le curcuma, (579.)
Deux petits genres de plantes se rapportent à la famille des Bananiers ou Scitami- NÉES. Ils ont beaucoup de ressemblance avec ceux de la famille précédente , dont ils difîerent cependant par le nombre des étamines, et par le fruit, comme nous venons de l’indiquer. Le bananier ou le figuier d’Adam, et la strelitzia y sont encore les seules plantes connues de cette tribu. (578.)
Les HTDRocHARiniES ou les Morrcnes sont des plantes aquatiques qui fleurissent à la surface de l’eau, et chez lesquelles les or-' ganes de la fructification sont ordinairement portés sur une hampe ou sur un pédoncule isolé. La plupart se perpétuent par drageons : tantôt elles ont une capsule à six loges, comme Xe&hj'drocharis, les stratiotes; tantôt la capsule est à une seule loge, comme dans la valisnerie. C’est à tort qu'on avait rapproché de cette famille deux genres de plantes dycotylédones, le nénuphar et le nélombo (1). (580.)
M. de Jussieu , pour donner plus de facilité dans l’étude des plantes qui germent avec deux cotylédons , a établi des sousclasses d’après la considération des fleurs, qui sont tantôt unisexuelles, tantôt hermaphrodites , avec ou sans corolle d’un seul ou de plusieurs pétales ; chacune de ces sousclasses se partage ensuite en ordres , s’il est nécessaire, d’après la considération de l’insertion des étamines, comme pour les monocotylédones (443). Cette disposition des étamines, ou ce qui revient au même, de la corolle monopétale qui supporte ces organes, et qu’on dit alors staminifère, offre trois
(1) M. Decandollfl, Bulletin des Sciences, toin. in, pag. 72, fig. 3, n° 57.
MÉTHODE NATURELLE
modes d’insertion : 1« celle dite hypogjniqae : dans ce cas ToTairc est libre, et les étamines, on la corolle, sont insérées an pourtour même de sa base ; 2® l'insertion périgynique dans laqnelle les étamines , ou la corolle, sont attachées au calice , à une certaine distance de la base de l’oTaire ; 3® l'épigynique, dans laquelle l’ovaire est infé¬
rieur, et les étamines ou la corolle insérées Stti* son sommet.
Le tableau suivant donne une idée exacte de la méthode naturelle de Jussieu , dont nous allons continuer l'exposition.
JÜSSIEÜ. ORDRES.
acotylêdones, oo dont la fleur et tes graines sont peu connues,. I.