DES MOLLOSQIÏES, OD DE LA HUITIÈME CLASSE DES AKIMADX
Sous ce nom de Mollusques, qui.signiBe mous, on a réuni (l) tous les animaux dont le tronc ou la partie moyenne du corps n’est pas formée de pièces distinctes mobiles, et dont la peau est généralement très-molle , quoique protégée souvent, en grande partie, par une croûte calcaire ou par des coquilles (668). Les mollusques ont des nerfs qui correspondent à un renflement ou ganglion principal, constamment situé au-dessus de l'origine du tube intestinal; ces nerfs se rendent à tous les organes. Leur cavité digestive est un tube à deux ouvertures séparées.
Leurs humeurs sont contenues dans des vaisseaux, dont les uns se rendent à un ou plusieurs agens d’impulsion , et les autres , qui font l office d’artères , en proviennent évidemment. Tous sont doués d’organes spéciaux pour la respiration de l’air ou de l’eau,
(1) Quoique M. Cuvier n’ail pas créé le nom de mollusques, il est le premier naluratjsle qui ail vé- ■rilablement établi celle classe el ses divisions. Avant 1795, première date de ses travaux sur ce sujet, on rangeoit ces animaux avec les vers et les polypes.
et iis sont ovipares ou ovovivipares, quoiqu'ils présentent de très-nombreuses modifications dans la disposition des sexes , qui sont tantôt réunis, tantôt distincts dans Igs individu^.
C'est surtout en comparant les mollusques avec les animaux des autres classes qui n'ont pas de vertèbres , qu’on peut reconnoitre leurs véritables caractères. Ainsi on reconnoit qu’ils diffèrent des zoophytes, parce que ceux-ci n’ont pas de vaisseaux ni d’organes respiratoires distincts, et que s’ils ne sont pas privés de nerfs , ils n’offrent pas de cerveau séparé ou de ganglion principal audessus de l’origine du tube intestinal. Ils diffèrent ensuite des vers ou annelides, des crustacés et des insectes, parce que, dans ces trois classes, on trouve constamment un tronc formé de pièces articulées ; et de plus, dans les insectes et les crustacés, des membres composés de petits leviers mobiles les uns sur les autres.
Il seroit difficile de faire connoître l’orga-
DES MOLLUSQUES
nisation de ces animaux d’une manière générale, parce qu’elle offre trop de différences dans les ordres ; nous sommes donc oViligés d’indiquer d'abord la classification des mollusques, pour exposer avec plus de méthode les particularités que présentent leurs fonctions , et afin de pouvoir nous servir des dénominations sous lesquelles on désigne les ordres de cette classe. Ou a d’abord partagé la classe eu six ordres ou groupes principaux, qu’on a rapportés à deux sections pritmitives , lesquelle.s comprennent chacune trois de ces divisions, suivant que les espèces présentent une tête distincte ou non.
Les espèces dont la tête se distingue du reste du corps par une sorte d’étranglement, tantôt par la présence des yeux et de quelques autres organes des sens, sont d’abord les céphalopodes (719), qui ont autour de la tête de très-longs appendices qui leur servent comme de pieds, avec lesquels ils s’attachent et se transportent; chez les autres, on n’ob¬
serve pas ces organes du mouvement, et leurs raouvemens s’opèrent soit avec des lames membraneuses qui font l’office de nageoires, tels sont les ptéropodes (724) , soit à J’aide d un plan charnu placé sous leur corps, et qui leur sert comme d un pied , d’où ils ont reçu le nom de gastropodes (725 ). Les espèces de mollusques dont la tête n’est point distincte du reste du corps, ont tantôt des tentacules soit mobiles et charnus comme les brachiopodes (740), soit des pièces cornées ou calcaires comme articulées, on les nomme alors cirrhopodes (741) ; enfin, dans dans la dernière division , on a placé tous les mollusques qui n'ayant pas de tête distincte, ni d'organes apparens des sens, sont aussi privés de toute espèce de tentacules mobiles, tels sont les acéphales. (734.)
En résumé on obtient la classification suivante :
ORDRES