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IV. AciPUALES

Les mollusques ne paraissent pas être tous formés sur un même type. Leur configuration extérieure n’a rien de constant ni dans les ordres , ni dans les familles, ni même dans les genres qu’on y rapporte. Leur peau est généralement molle , elle forme autour du corps une sorte d’enveloppe qu’on a nommée ie manteau. Ce tégument variebeaucoup pour la solidité et bj structure, et même pour retendue et la disposition des ouvertures qu’il présente. C’est le plus ordinairement dans l epaisseur et au-dehors de cette enveloppe , que se sécrètent et se déposent les croûtes calcaires qu'on nomme coquilles^ dont le nombre, la forme , la composition, la texture et les couleurs varient beaucoup.

On distingue d’abord ces coquilles en univahes, bivalves et muLtivalves , suivant qu’elles sont formées pour chaque animal d’une, de deux ou de plusieurs pièces plus

ou moins régulières et symétriques , simples ou cloisonnées, droites ou contournées ou enroulées sur elles-mêmes. Le plus souvent ces coquilles sont recouvertes au-dehors d’une sorte d’épiderme corne que l’on désigne sous le nom de dmp , parce qu’on y aperçoit comme un tissu de fibrilles feutrées; les taches, les bandes, les traits colorés plus ou moins réguliers qu'on aperçoit à l’extérieur des coquilles, les couches de diverses teintes, nacrées et chatoyantes , ou à reflets changeans, dépendent constamment du mode de sécrétion qui les a produits.

Les organes destinés à la locomotion des mollusques sont souvent placés dans les tégumens extérieurs ; tels sont les bras des poulpes,le pied des limaces, des colimaçons et des autres gastropodes ; les membranes ou feuillets moliles des ptéropodes , comme ceux de la firole, de la carinaire. Quelques

DES mollusques.

genres munis d’une coquille bivalve ont dans l’intérieur de leur manteau un pied mobile et alongeable, dont la forme varie beaucoup et correspond au genre de vie, comme on l’observe dans les moules, les cames, les vénus; presque tous ont des muscles intérieurs pour mouvoir les valves de leurs coquilles sur la cliarniére dont la disposition et les ligamens difièrent dans la plupart des genres.

Enfin , comme moyen de transport. On observe que quelques espèces font jaillir rapidement de leur corps une colonne du liquide dans lequel ils sont plongés, et qu’ils avoicnt aspiré dans ce but; que d’autres ont dans leur intérieur une vessie hydrostatique qu’ils compriment ou relâchent, pour faire augmenter ou diminuer à volonté leur pesanteur spécifique.

Quoique les mollusques aient tous une espèce de cerveau , sorte de renflement du système nerveux, placé au-dessus de leur bouche, et une autre suite de ganglions destinés à communiquer entre eux, et à fournir des nerfs à leurs divers organes, ils n'olTi ent aucune disposition commune (1). On peut faire les memes observations pour les organes des sens. Les espèces qui se meuvent le mieux en ont un plus grand nombre , et ces organes sont jhez elles mieux développés. Ainsi les yeux sont visibles surtout dans les céphalopodes , ensuite dan% les gastropodes , et on ne reconnoît plus ces organes dans les acéphales et dans la plupart des autres ordres. L’ouïe, l’odorat, le goût, ne paroissent pa's très-développcs ; on doute même qu'ils existent chez quelques espèces.

Quant à l’organe du toucher, il doit être d’autant plus manifeste que l'animal est plus mou et plus mobile.

Les organes de la nutrition sont toujours en rapport, pour leur développement, avec ceux du mouvement. Les uns prennent une nourriture solide qu'ils peuvent saisir, diviser et avaler par fragmens; ils ont été munis dans ce but d’une sorte de bec ou de

(1) Voyez planche înlilulée mollusques etVEBS, les âj^nres 3 et 4. La première représente le système nerveux d'un poulpe ; la seconde celui d une aplisie; a. anneau œsophagien ; è, cerveau; c, ganglions optiques ; d, ganglions latéraux; e, ganglion abdominal.

deux mâchoires tranchantes, comme on le voit dans les seiches . ou de lames cornées coupantes ou sciantes comme dans les limaces et un grand nombre de gastropodes, ou ils n’ont qu'un simple syphon ou tuyau aspirateur comme dans la plupart des bivalves ou acéphales. Le tube intestinal a deux orifices distincts dont la position varie; la plupart ont un foie et des organes excréteurs analogues aux reins. Chez tous il y a une circulation complète, c’cst-à dire un système veineux qui se rend au cœur et un dit artériel qui en provient. Leur sang ou leur humeur circulante vient se mettre en contact, soit avec l'air dans une cavité pulmonaire , soit avec l'eau sur des feuillets membraneux placés à l’intérieur ou à l'extérieur du corps. Ces branchies varient beaucoup j ce sont des lames, des houppes,des divisions branchues et ramifiées.

Enfin, sous le rapport de la fonction reproductrice, les mollusques présentent encore de nômbreu-ses modifications. Chez les uns, comme dans les seiches et autres céphalopodes, il y a des mâles et des femelles, et les individus sont distincts parle sexe. Chez la plupart les sexes sont réunis; mais les ordres qui comprennent les espèces les plus motiles présentent de véritables hermaphrodites qui ont besoin de se rechercher et de se joindre pour être fécondes réciproquement l’un par l’autre; tels'sont les gastropodes. Chez les accqjhales, au contraire, qui, la plupart, sont tout-à-fait fixés ou peu motiles, on observe des androgynes qui ont à l'intérieur les moyens de féconder leurs germes, lesquels s'en séparent complètement animés par un seul individu. Le plus grand nombre des mollusques sont ovipares ; quelques-uns ovovivipares. Leurs œufs varient pour la forme et pour les enveloppes ; il en est de ronds, cTovales. de pédicules, d'isolés, de réunis ; à coque molle, calcaire, cornée.

On reconnoît au premier aspect les Céphalopodes ; ce sont en général de grosses masses charnues, qui,semblent renfermer le corps d'un animal comme dans un sac,garni quelquefois de nageoires sur les eûtes. Leur tête sort de ce sac ; elle est grosse, munie de deux yeux, et surmontée de longs appendices. Quelques espèces se forment une coquille, toujours apparente au-dehors, et dans

DES MOLLUSQUES

laquelle elles se retirent. On n a encore observé ces animaux que dans l’eau salée.

Leurs branchies sont cachées au'dedans du corps , et communiquent au-dehors par des orifices dilTérens pour l’entrée et pour la sortie de l’eau. Ils s’accrochent et se traînent sur les rochers des bords de la merà l’aide de huit à dis bras ou appendices garnis d’un grand nombre de petites cupules en forme de ventouses; au centre de ces bras est la bouche. Ils se nourrissent de crabes,de mollusques et autres animaux marins. Ils n’ont que deux mâchoires semblables au bec d’un perroquet ; leurs sexes sont séparés; tous, lorsqu ils sont inquiétés, rendent une liqueur brune et odorante qui se délaie facilement dans l eau, et qui en trouble la transparence.

Il y a très-peu d’espèces connues dans cet ordre, qui peut être considéré comme une fatnille naturelle. On divise ces mollusques en ceux qui ont le corps nu, tels que les seivhes, les pôuif/es et les calmars; et en ceux qui ont une coquille, comme les les nautiles, les spirilles.

Les seiches , les calmars et les po ulpes se ressemblent beaucoup entre eux; mais ces derniers n’ont que huit bras, tandis qn'il y en a dix autour de la tête des seiches et des calmars, dont deux sont beaucoup plus longs que les autres , et à l'aide desquels l’animal se fixe sur les rochers, comme avec une ancre. On trouve dans le dos des seiches une matière calcaire , de forme ovale , aplatie, qui s’appelle vulgairement biscuit de mer ou écume de mer , et dont on se sert dans les arts pour polir les métaux précieux. Dans les calmars , la substance qui remplace cet os est comme cartilagineuse. On retire aussi du corps de ces animaux une bourse membraneuse qui contient une humeur noire, dont l’animal fait usage pendant sa vie pour se soustraire à la poursuite de ses ennemis, en colorant l’eau dans laquelle il est caché. On emploie cette matière dans la peinture; on l’appelle sépia. On croit que l’encre de la Chine est faite avec une humeur semblable.

Les poulpes n’ont que Imit tentacules d'égale longueur : aussi les a-t-on nommés octopus. Jamais leur corps, ou le manteau qui

le recouvre, n’oflre de lames ou de replis particuliers. On a vu dés individus de ce genre d’une dimension considérable, dont chaque pied, par exemple, égaloit en longueur près de sept décimètres , ce qui suppose une circonférence totale six fois plus grande, puisque chacun de ces bras doit en être considéré comme un rayon.

L’histoire de Yargonaute est si singulière, que, quoiqu’elle ait été écrite par les anciens, on l’a regardée long-temps comme une fable. Qu’on se figure une petite nacelle à parois transparentes , et construite sur le modèle le plus élégant : un animal placé au milieu de ce frêle bâtiment, qui, pour se diriger , profite du souffle des vents , auxquels il présente une membrane servant de voile, et place sur chaque bord quatre bras aiongés faisant l’office de rames : voilà lè tableau exact qu’offre l’argonaute. Un ennemi s’approche-t-il, aussitôt rames et voiles, tout rentre au dedans ; la galère chaviré et fait naufrage.Mais l’orage est-il passé, bien¬

tôt elle reparoît à la surface de l'onde ; elle vogue et continue tranquillement sa route.

On sait maintenant que le poulpe, pilote de ces coquilles, dont on connoit quatre ou cinq espèces, les a lui même fabriquées , et qu il ne profite point, cofcime le pagure ermite, fl’une demeure abandonnée. On a observé dans le corps de 1 un de ces animaux des petits tout formés avec leur coquille; on a appris par l'a que l’argonaute étoit vraiment le constructeur de ces jolies nacelles, qu’on nomme vulgairement nautiles papyracés. Les coquilles des nautiles et des spirules sont cloisonnées : ces dernières sont cachées par le manteau de l’animal. On a rangé dans cette famille beaucoup de coquilles fossiles cloisonnées que l'on suppose avoir appartenu à des mollùsques analogues.

Telles sont entre autres celles des bélemniles, des cornes d’ammon ou des ammonites.

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