‹ Élémens des sciences naturellesChapitre 89 sur 147 · IT · texte numérisé non relu

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Les genres dont le corps n’est pas protégé

(1) La planche des vers et des mollusques offre, à la fig. Il, une idée de l’anatomie dé la cl/o boréale , ouverte et très-grossie a et b représentent la peau du manteau; c, est la bouche, fente triangulaire ; l’œsophage ; e, les branchies, situées au-dehors ; f, le cœur ; g, l’arlere des branchies ; h, le foie; i, les organes génitaux, etc.

par une coquille sont peu connus, parce qu’il est difficile de les conserver , et qu’ils se déforment après la mort. Ceux qui ont des coquilles ont été mieux décrits au moins quant à leur test. Les oscabrions ressemblent encore beaucoup aux limaces; mais leur dos est revêtu d’une sorte de cuirasse composée de dix à vingt petites coquilles, qui se recouvrent comme les tuiles d'un toit, et qui sont encliâssces dans l’épaisseur delà peau. Ces animaux vivent dans la mer ou sur les rochers ; ils se nourrissent de varecs. On donne le nom de patelles aux animaux qui vivent sous une coquille d’une seule pièce, sans spirale, ressemblant à une sorte de petit vase. C’est un toit protecteur sous lequel l’animal se tient entièrement caché ; il le fait tellement adhérer aux rochers, qu’il est impossible de l’en détacher sans employer les plus grands efforts. Quelques unes de ces demeures sont percées à leur sommet pour laisser sortir les excrémens :

ou les nomme Jissurelles ; d'autres ont intérieurement une lame saillante, qui les fait en quelque manière ressembler à un soulier, ce qui leur a valu le nom de crépidule. •

Les AnÉLOBRANCnEs sont les mollusques gastropodes qui respirent l’air par un simple trou ou par une fente qu’on remarque sur les côtés du corps. Cette ouverture communique avec unp cavité intérieure où l’air pénètre , et où viennent se distribuer les ramifications des vaisseaux pour y recevoir l’influence de la respiration. Cet ordre renferme un très-grand nombre de genres, dont les uns ont le corps nu ou non protégé au-dehors par une coquille : tels sont les aplisies , les limaces; et d’autres sont testacés, comme les hélices ou colimaçons, les planorbes J les sabots j les néri- , tes , etc., etc.

Tout le monde connoît ce gros limaçon sans coquille, de couleur presque aurore^ qui se traîne dans les lieux humides, et qui laisse derrière lui une trace d'une matière glaireuse, qui brille encore beaucoup lors même quelle est desséchée; c’est ranimai dont nous allons parler. Faire son histoire, c'est indiquer à-peu-près celle de tous les gastropodes. Sa peau est coriace et difficile à déchirer; elle change de forme; mais la partie arrondie est le dos , la portion plate

DES MOLLUSQUES

est le ventre; le devant où sont les cornes est la tête ; l’extrémité, qui semble traînée en arrière , et qui se termine en pointe, est la queue. Cet animal , tout dégoûtant qu’il paroit au premier aperçu, mérite cependant d'être étudié par le naturaliste : il a sur la tête quatre cornes qui peuvent rentrer audedansjles deux plus longues portent les yeux ; il se nourrit de feuilles et de fruits , qu'il coupe à l'aide d’une seule dent de la forme d'un croissant. Les organes delà génération sont placés sur le côté droit du cou , dans la même ouverture qui donne issue aux excrémens. Ces animaux pondent leurs œufs dans la terre. Les parties de leur corps, meme les yeux et la bouche , se reproduisent lorsqu’elles ont été coupées.

Les aplisies, qu'on nomme aussi lièi'res de mer^ ressemblent beaucoup aux limaces.

On les trouve sur les bords de la mer, principalement sur les rivages de la Mediterranée. Plusieurs espèces répandent, lorsqu'on les saisit, une humeur puante qu’on a regardée long-temps comme un poison; d’autres exsudent des liqueurs colorées qui se mêlent à l’eau et la rendent opaque.

L’organisation des adélobranches, qui vivent dans les coquilles roulées en spirale , est à-peu-près la même que celle des limaces terrestres. Seulement le dbs n'a point cette peau coriace qui laisse exsuder la matière muqueuse,et les intestins, recouverts d’une membrane, sont roulés en spirale dans 1 intérieur de l’enveloppe calcaire. On appelle escargots , héUcesoM Colimaçons les espèces qui ont la coquille globuleuse, 6u dont la spirale fait s.aillie , et/j/a/jorées celles dont les spires s’enveloppent sur un même plan.

Les gastropodes Siphosobrahches ne comprennent que des espèces marines testacées.

On reconnoît à leurs coquilles qu elles-appartiennent à cette famille, car tous ces tests offrent, du côté de la bouche, une échancrure ou un canal destiné à recevoir les tubes respiratoires. Les unes ont un opercule comme les cériies , les fjourpres , les buccins, etc. ; d'autres n'en ont pas , comme les vis, les volutes , les cyprées ou porcelaines. La plupart de ces mollusques ont un pied plus ou moins large, formé par la par¬

tie inférieure du ventre , qui rentre dans la coquille ou qui en sort à la volonté de l’animal. Ce pied sert à sa progression.

La forme des coquilles appelées porcelaines est très-singulière, elle représente la moitié d'un œuf ; la partie arrondie est toujours lisse et polie naturellement; elle est marquée des plus belles couleurs ; le dessous est plat ; on y voit une ouverture longue, étroite, ordinairement comme dentelée, par laquelle sortent deux parties du corps de l’animal qui l’a construite, et qui la recouvrent de l’uu et de l’autre côté comme un manteau. Les animaux qui vivent dans cette coquille ne se trouvent que dans le fond de la mer , et n’approchent pas de ses bords.

On a appelés pourpres ou rochers les coquilles dont l'ouverture se prolonge en un canal , par lequel l’animal fait passer un tube qui sert de conduit à beau des branchies, L une des espèces de ce genre fournit une humeur rouge foncée , qu’on croit être la même que celle employée par les anciens pour teindre en écarlate. La liqueur qu’on trouve dans l'animal, et qui est analogue à l'encre des seiches, est d’abord blanche, elle devient bientôt verte, et elle ne rougit que lorsqu’elle a été quelque temps exposée à l'acliou de la lumière.

Nous avons v-u que les mollusques , qui ne marchent ni sur la tête, ni sur le ventre, et chez lesquels on ne voit point distinctement les yeux ni la bouche , ont été appelés Acéphales. On trouve parmi ces animaux un petit nombre' d'espèces qui n'ont point du tout de coquilles: ce sont \es biphores, les mammaires et les ascidies. La plupart cependant sont renfermées entre deux valves, et quelques unes en ont même plus de deux ; toutes ont' le corps enveloppé dans une sorte de fourr.-îau ou de manteau charnu , Je plus souvent ouvert sur le côté, comme dans les leUines, les venus, les bucardes, les moules, les jambonneaux , les hitîties ,\es peignes ; mais il n'est pas ouvert dans les solens ou manches de couteau, clans les pholades et les tarets. Quand ces animaux habitent des coquilIe.s , ils en peuvent rapprocher les valves à l’aide de muscles

DES MOLLUSQUES

très«robusles ; ils respirent par des branchies placées sous le manteau. Quelques espèces se meuvent à l’aide d’un pied qu’ils peuvent alonger et raccourcirj la bouche est cachée , et ne porte jamais de dents.

Tous ont les deux sexes réunis, et ne s’accouplent pas.

On a donné le nom de tarets à des animaux marins qui font, dans le bois des digues et des vaisseaux, des trous profonds , semblables à ceux que produiroitle fer d’une . tarière. Leur corps est garni de deux grandes coquilles qui ne se rapprochent point aux extrémités. Il y a là d’un côté deux petites pièces qui paroissent propres à couper le bois ; de l’autre côté il y en a deux autres qui tiennent lieu d’opercule. Ces animaux semblent se loger dans le bois, non pour s’eu nourrir, mais pour s’y mettre à l’abri.

Ce sont eux qui, en 1731 , ont détruit en grande partie les pilotis des digues de la Zélande : c’eût été un très-grand malheur que la rupture complète de ces digues, car toute cette belle province de Hollande auroit été entièrement submergée, puisque son sol est beaucoup plus bas que le niveau de la mer.

Les pholades creusent les pierres et les rochers calcaires , comme les tarets percent les bois. On croit qu’elles ramollissent la pierre à l’aide d'un acide qu’ejles dégorgent. Comme ces animaux grossissent dans leur trou, iis ne peuvent plus sortir du conduit par lequel ils sont entrés. Souvent les pholades se croisent dans leurs mines, alors l’une des coquilles est percée d’outre en outre , ainsi que l’animal qu’il renferme. Il n’est point rare d’en rencontrer ainsi dans les blocs de pierre ; on en trouve souvent de fossiles : on reconnoit leurs coquilles à une sorte de crochet qui se voit en dedans près de la charnière.

Il y a des moules a eau douce et de mer ; ces dernières sont les plus curieuses. Elles sont, presque toujours retenues à l’ancre, à l’aide d’une sorte de soie ou de bfssus , qu’elle ont elles mêmes filé en tirant une humeur d’une glande particulière , à l’aide d’un appendice, ou pied qui ressemble a une petite langue. Ces animaux sont ordinairement attachés en grand nombi’e sur les rochers ; on Dcméril.

les mange crus ou cuits. C'est une espèce du genre des jambonneaux qui fournit ce byssus, cette sorte de laine si estimée à cause de sa finesse et de son aspect soyeux, qu'on nomme laine de pinne-marine , soie de mer, poil de nacre, dont on fait de très-belles étoffes à Tarente et à Smyrne, et même en France, où l’on en a fabriqué des draps moelleux, brillans, très-fins et très-solides, ainsi que des tricots , tels que des bas , des gants. C’est encore une espèce voisine de ces genres qui fournit les perles et la nacre : on la homme aronde. Nous en parlerons dans l’article suivant.

Las coquilles, ou les valves qui recouvrent les mollusques , se forment dans l’épaisseur de leur peau par une exsudation du manteau (714) : elles s’accroissent toutes par leur bord j cependant quelquefois elles augmentent aussi en épaisseur sur leur face interne. Dans le plus grand nombre des coquilles , les taches qui se voient au-dehors sont régulières, parce qu’elles ont été produites par les mêmes parties du manteau.

Il en est dont l’intérieur est d’une belle couleur nacrée. Quand, à la suite de quelque maladie ou de quelque accident, cette matière nacrée n’a pu bien se coller à la face interne de la coquille, le suc s’épanche et forme des globules qu'on nomme perles. On recherche beaucoup ces espèces de concrétions , auxquelles on attache du prix parce qu'elles sont très-brillantes. Les plus précieuses qu’on nomme orientales, en style de joaillier, sont pêchées dans le Golfe pcrsique, à Ceylan et sur la côte du Japon,par des plongeurs habitués dès l’enfance à rester, dit-on , près d’im quart d'heure sous l’eau. Les plus grosses senties plus estimées : l’une de celles-là a été vendue 480,000 liv.

Le genre des //uffres et celui Aes pèlerines qui en est voisin, renferment des animaux dont l’organisation est semblable, mais qui sont contenus dans des coquilles difféi-entes. L’une des valves est plate ; l’autre est plus ou moins convexe. Leur manteau est ouvert dans presque toute son étendue ; il enveloppe quatre branchies ou feuillets 3 leur bouche est bordée de quatre lèvres.

Ces animaux n’ont pas de pieds , et sont complètement hermaphrodites, pouvant se féconder eux-mêmes. Px’esque toutes les es-

DES VERS

pèces sont attachées aux rochei^ ; o& croit cependant que, lorsqu'elles sont libres, elles peuvent un peu se déplacer et même s’élever dans l'air en Rusant pénétrer et sortir subitement l'eau de la mer entre leurs valves, qu'elles peuvent en effet ouvrir et rapprocher avec une force et une vitesse extrêmes. On mange tous ces animaux; les huîtres sont surtout recherchées pendant l'hiver. Les coquilles des pèlerines sont d'une texture si solide qu'elles résistent à l'action du feu, et qu'on s'en sert avec avantage comme de petites assiettes pour faire cuire les alimens a une forte chaleur.

Le (ùnquième ordre des mollusques comprend les Brichiopodes, qui ont un manteau ouvert et formant deux lobes garnis à rinlérieur de petits feuillets branchiaux. Ils sont munis d'une coquille à deux valves fixées ,et qui par conséquent ne leur permet pas de se mouvoir ; ils peuvent en faire sortir deux tentacules mous, charnus, ciliés, avec lesquels ils saisissent et attirent leur nourriture ; leur organisation est d'ailleurs encore peu connue. Telles sont les üngules de la mer des Indes, les térèbmtules et les orbiculesy et plusieurs autres genres. On trouve dans certaines pierres beaucoup d’espèces fossiles ou de coquilles qui paroissent avoir appartenu à des animaux de cette famille.

Le dernier ordre de cette classe, celui des CiKRnoPODES, semble former une sorte de transition à la grande division des animaux articulés. Quelques espèces ont des mâchoires ; mais surtout des espèces de pieds

ou des nageoires formées d’un grand nombre d articulations mobiles crustacées ou calcaires. Leurs coquilles sont le plus souvent composées de plusieurs pièces mobiles. Tels sont les balanites et les anatifes.

Les balanites ou glands de mer sont renfermés dans une enveloppe conique de plusieurs pièces inégales, adhérentes à des corps solides et même à la surface de quelques êtres marins vivans, comme aux huîtres , sur les tortues, les morses , les baleine : c’est peut-être même à cause de cette dernière particularité qu’ils ont reçu leur nom de balanites. La forme de leur test varie, ce qui les a fait subdiviser en tubicineUes et coroaules. On appelle anat^s, lépas ou pouce-pieds , des mollusques dont la coquille est composé^ de cinq à sept valves principales , portées à i'extrèmité d’un long tube charnu, et fixées aux corps solides qui plongent dans la mer. L’animai est plus au-dehors de sa coquille qu’il n’est au-dedans. Le nom de pouce-pied vient de la ressemblance qu’on a cru voir entre la partie testacée du corps de cet animal et l’extrémité du gros orteil de l’homme, recouverte par l'ongle. On a cru autrefois que certains canards, tels que les bernaches, provenoient de la métamorphose de ces animaux , ce qui leur a fait porter ce nom à'anati/eres , ou qui produit des canards. C’est une grossière erreur qui est venue de ce qu'on a observé beaucoup de canards dans les parages qu’habitent les anatifes , dont ces oiseaux sont en effet fort avides. Au reste, nous le répétons, cette famille se lie évidemment à la classe des crustacés.

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