‹ Élémens des sciences naturelles. Ouvrage prescrit par arrêté et statut de l'université pour l'enseignement dans les colléges royauxChapitre 17 sur 47 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

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7)^5 Crustacés, ou de la sixième classe des animaux .

Xjes animaux semblables aux insectes , mais qui respirent par des branchies , forment ia classe des crustacés , nom qui correspond à peu près à celui d’encroûtés. Us n’ont point de vertèbres ; leur corps est articulé , et en général protégé par une sorte de test, le plus souvent terminé par une queue ; leurs membres sont articulés et pour le moins au nombre de dix ; tous ont des vaisseaux , vin cœur , une lymphe blanche qui tient lieu de sang ; ils sont pourvus d’organes particuliers attachés a la base des pattes et destinés à la respiration de l’eau , qu’on nomme branchies.

Presque tous vivent dans l’eau ; ils se nourrissent de matières animales : leur bouche est propre à les diviser, et composée d’un grand nombre de mâchoires garnies chacune d’un palpe , ou de parties qui se meuvent en travers. Us ont quelquefois dans l’estomac des dents qui broient une seconde fois les alimens. Us pondent et muent pendant plusieurs années. Leur tête est le plus souvent unie et confondue avec le corselet. Elle porte des antennes, ordinairement au nombre de quatre, et des yeux en facettes. Leurs nerfs sont comme dans les insectes. Souvent ils ont quatre antennes , deux yeux mobiles et un organe de l’ouïe très-simple.

Deux ordres très-naturels partagent cette classe d’animaux : les uns , comme les écrevisses , les crabes , les

squilles , etc. ont îe corps revêtu d’étuis calcaires ; leurs yeux sont mobiles. Ils ont à la bouche des mandibules surmontées d’un palpe : on les nomme astacoides. Les autres, tels que les monocles, les binocles, etc. ont le corps mou , protégé le plus souvent par une ou deux plaques d une substance cornée; leurs yeux sont immobiles et grands j ils ont des mandibules ; ils ne portent jamais de palpes. On nomme ceux-ci entomostracés.

On ne connoit pas encore très bien l’organisation des Entomostracés. On n a étudié que leurs formes extéi leuies , et il est difficile de les observer, parce que la plupart sont très - mous. En general , ce sont de petits animaux. Us paraissent changer un peu de forme dans leurs premières mues : leurs antennes sont ordinairement disposées en nageoires. Us présentent tout au plus deux paires de mâchoires, et jamais leurs mandibules ne sont gai nies d un palpe. Leurs pattes sont rarement terminées pai o es pinces ou par des ongles. Comme la plupart ont les yeux très-rapproches et presque réunis , on les a appelés monocles. Tous vivent dans l’eau ; ils y nagent comme en bondissant. Quelques - uns porten t leurs oeufs en paquets sur leurs côtés, et ces œufs peuvent être tra nspoiîés, être seches , et produire encore des petits lorsqu on les replace dans l’eau. D’autres mettent au monde des individus viyans , qui sont eux-mêmes fécondés pour trois générations , à peu près comme les pucerons. Il est des espèces si petites, qu’on ne peut les voir qu’avec un microscope.

°n a partagé 1 ordre des entomostracés ou sessiiiocles on trois familles, savoir : io. les gjmnoneeies , dont le coips est mou , sans test, et présente des articulations., bien, distinctes ; 2°. les ostracins qui sont renfermés entre

deux valves Je substance calcaire ou cornée ers forme de coquille ; 3°. les aspidintes , dont le corps est protégé dans sa partie supérieure par un bouclier ou par une lame de corne.

Les entomostracés dont îe corps est entièrement mou , ou les Gymvonectks , ont été jusqu’ici rapportés à cinq genres principaux. Ceux qui ont la tête confondue avec le corselet, et tantôt deux yeux, comme les argules ; tantôt un seul œil arrondi , tels sont les cy clopes , qui ont une queue fourchue. Ces deux genres ne renferment que de très-petits animaux de forme arrondie. Ceux dont la tête est distincte n’ont tantôt , comme les polyphénies ? qu’un œil très-grand et deux bras allongés, fendus; et tantôt, comme les zoës et les hrancliiopes , ils ont deux yeux quelquefois pédonculés et quatre antennes.

La petite famille des bilestacés ou Ostracins ne comprend que quatre genres. Les lyncées ont des yeux distincts l’un au-devant de l’autre , et des antennes en pinceau ; leur tête a la figure d’un bec ^ aussi les a-t-011

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encore nommés perroquets d’eau. Les eaux dormantes et croupissantes sont quelquefois, pendant l’été, tellement remplies d’une espèce de ces lyncées , dont la couleur est rouge, qu’on les croiroit changées en sang. Les trois autres genres n’offrent qu’un œil : tels sont les daphnies , qui ont les antennes rameuses et une petite queue j les valves de leur coquille pa missent soudées du côté du dos; les appris , dont les antennes sont simples et les valves articulées ; enfin les cythcrées, qui ont les antennes veines , Il uit pattes et point de queue. Les espèces de ce dernier genre n’ont encore été observées que dans les eaux salées des lacs et de la mer.

, 7 files àsihmotes ou elypéacés atteignent de plus grande?

DES CRUSTACÉS. 7x

dimensions que les espèces précédentes. Leurs mœurs sont peu connues. On en a observé quelques-uns vivant en parasites sur des poissons , d’autres sont libres dans la mer ou dans les eaux douces et croupissantes. Les limules parviennent jusqu’à trois décimètres de longueur. Ils se trouvent dans les mers de l’Inde et de l’Amérique. On les appelle improprement crabes des Moluques. Leur corps est recouvert d’un très -large écusson de corne, et terminé par un appendice qui sert de queue. Les nègres se servent de ce test comme d’une casserole dont la queue se trouve être le manche. Les autres genres ont la queue terminée par des fdets on des panaches ; tels sont les cn~ Ij'opes , espèces parasites, ainsi que les binocles et les ozoles , dont les pattes n’ont pas d’appendices; enfin les apus ou les monocles d’eau douce , dont les pattes sont garnies de lames ou de branchies, que ces animaux agitent sans cesse comme pour tamiser l’eau et en extraire les animalcules dont ils se nourrissent. Ils ressemblent en petit aux espèces du genre liniule.

Sous le nom R’Astacoïdes , qui signifie figure d’écre^ visse , on a réuni tous les crustacés qui , comme nous l’avons indiqué (753), ont entre eux les plus grands ratu ports. On les a partagés en deux grandes sections ou sousordres : la première, celle des décapodes , comprend les espèces qui n’ont que dix pattes; dont la tête est réunie au corselet, et dont les branchies sont toujours cachées. Elles forment quatre familles. Quand les espèces ont la queue pins courte que le corps, ou les a nommées hrachyures ; on les distingue en carcinoïdes, lorsque leur corselet est plus long que large; et en oxjrinques , lorsque cette partie principale de leur corps est plus large que longue. Les genres qui ont la queue très-longue, en proportion du corselet, sont des macroures y enfin les

especes qui ont plus de dix pattes , la fête distincte et mobile , avec des branchies visibles au-dehors , appartiennent au second groupe, et c’est là que sont rangés les artjirocéphales.

Il n’y a parmi les astacoïdes que des mâles et des femelles : celles-là sont en général plus grosses. Les organes de la génération sont doubles et séparés dans les mâles ( Voyez la pl. des Crustacés). Ils font saillie sur la hanche de la dernière paire de pattes ( fig. 17 , a, a); dans les femelles ce sont deux Irons placés sur les hanches du milieu ( fig. 16, a, a'). Tous ces animaux peuvent reproduire les membres qu’ils ont perdus. En Espagne 011 profite de cette faculté qu’ont les crabes de renouveler leurs pattes. On va à la recherche d une espèce qu’on nomme boccacey quand on en a saisi de gros individus , on leur casse les serres ou les pattes de devant , et on leur donne ensuite la liberté. O11 vend ainsi , au marché de plusieurs villes , des pattes de crabes dont les individus encore vivans en produiront peut-être d’autres pour l’année suivante. Tous les crabes changent de croûte au printemps , comme les insectes de peau. Avant cette époque on trouve dans leur corps la matière calcaire réunie dans un réservoir; c’est ce qu’on vend sons le nom impropre à'ÿettx cV écrevisses. On s’en sert en médecine.

Les deux familles des Carcinoïdes et des Oxyrinques ne diffèrent pas beaucoup entre elles. Elles comprennent un grand nombre de genres connus ordinairement sous le nom général de crabes { 1). Presque tous ces animaux vi-

(t) Tous ces qnimaux ont quatre antennes (fig. 1, b, c), la bouche composée d’un grand nombre de pièces plaçccs les unes sur

vent sur les Lords de la mer ou des lacs sales ; ils ne marchent ordinairement que la nuit : pendant le jour, ils lestent caches sous les pierres , ou dans les terriers qu’ils se creusent ; ils marchent en tous sens, mais principalement sui le coté. Quand ils craignent, ils portent presque toujours en l’air une des pattes de devant, qu’on appelle serre, parce qu’elle est composée de deux pièces, dont l’une joue sur l’autre, et fait l’office d’une pince. Les mâles ont la queue plus petite et triangulaire , les femelles 1 ont plus large et arrondie, elles y conservent leurs œufs, qui y restent jusqu’à ce qu’ils y éclosent. Une espèce de crabe vit habituellement dans les coquilles des mollusques bivalves; on lui a donné le nom grec de pinnothc res, qui signifie pourvoyeur de la moule. En effet, on trouve souvent ce petit animal dans les moules : il paraît y vivre eu parasite ou pour se soustraire à ses ennemis.

C est a tort qu’on le regarde comme la cause de cette sorte d’érysipèle qui survient quelquefois aux personnes qui ont mangé des moules.

Les Macroures ou crustacés à longue queue se servent ordinairement de cette partie pour nager. Elle est le plus ïouvent terminée par des lames ou des appendices quipeu-

les autres en recouvrement; i°. deux pièces extérieures (fig. 7), fermant la bouche; 20. au-dessous une autre plus aplatie (fig.' 8) avec un palpe a plus allongé; 3°. une troisième (fig. g) comme ourchue ; 4°. une quatrième ( fig. 10) avec quatre lobes et un palpe ; 5°. une cinquième ( fig. 11 ) avec six lobes , dont les quatre premiers ( b, c, d,e) sont articulés, et un palpe (a) ; 6°. enfin les mandibules (fig. 12) avec un palpe (à). Toutes ces parties varient principalement en figure dans les différens genres. Les branchies sont souvent cachées dans le reste du corselet (fig. i\,a, a, a, a). Les pattes , surtout celles de de\ant, son! souvent très-grosses, en forme de pinces (fig. i3 ) . avec un doigt mobile d.

vent s’écarter et s'étaler en éventail , dont la forme varie beaucoup ( fig. 19). La plupart des especes marchent difficilement sur la terre, et elles n’avancent guère qu’à reculons , c’est-à-dire en sens contraire du mouvement qu’elles exercent dans l’eau. C’est dans cette famille qu’on range les écrevisses , les pagures , les langoustes , les hippes ? les valémons , etc., etc.

Les écrevisses ont les antennes insérées sur une même ligne , et beaucoup plus longues que les crabes ; leur couleur est verte ou d’un brun rougeâtre ; elles ne deviennent rouges que par Faction du feu et de quelques liqueurs, comme par les acides, l’alcool. On prend les écrevisses de rivière avec des appâts ; le plus simple est un morceau de viande un peu corrompu , qu’on place au milieu d’un fagot de petits bois , dans lequel on a mis une grosse pierre pour le faire plonger , et qu’on retire le lendemain de l’eau avec lenteur et précaution.

On a nommé Bernard-V hermite , Diogène , soldat, des espèces de pagures qu’on trouve ordinairement renfermées dans une coquille d’une seule valve. Ces animaux ont l’instinct de s’approprier ainsi une demeure dans laquelle ils introduisent leur queue, qui est toujours trèsmolle et sans écailles. Ils paroissent changer de domicile à mesure qu’ils grossissent. Leur développement s’opère d’une manière singulière , et qui paroît dépendre de la disposition de la spirale de la coquille, et de son orifice oblique et variable ; il y a toujours l’un des cotés du corps qui est beaucoup plus gros que l’autre. Il en est de même des serres, dont l’une devient très-grosse, et ferme ordinairement l’entrée de la coquille , tandis que l’autre est très-petite et à peine reconnaissable, pour une partie symétrique correspondante.

Les crevettes appartiennent au genre crangon et à celui des palémons. Elles ont le corps courbé en dessous, comprimé , allongé aux deux extrémités. On les recherche beaucoup sur nos côtes. Les plus communes sont nommées cardons , crevettes communes , ou sauterelles de mer. La corne de leur test est courte, non dentelée; chez les autres, qui sont plus grosses et plus succulentes , le corselet. porte en avant une corne aîongée , dentelée en dessus et en dessous, elle est très-piquante : on les nomme sali coques ou bouquet. On observe souvent au-dessus de leurs branchies une fumeur singulière , qui est produite évidemment par la présence d’un entomostracé parasite , du genre bopjre. Les pécheurs ont le préjugé de croire que ces petits animaux sont de jeunes soles, ou d’autres pleuronectes qui se développent dans ces organes.

Les crustacés à tête distincte et articulée sur le corselet , ce qui les fait désigner sous le nom cI’Arthrocéphales , ont ordinairement quatorze pattes; leurs branchies sont apparentes et non cachées par le corselet , qui est plus étroit , plus plat , et moins recourbé en dessous que chez les autres espèces. La plupart de leurs paires de pattes, ordinairement a compter de la seconde , se terminent par une sorte de doigt, ou de grappin pointu , allongé , dentelé en dedans , qui est reçu dans une rainure de la pièce qui le précède. Leur queue se termine par des lames destinées a nager comme dans les écrevisses. Ils semblent lier cette classe des crustacés à celle des insectes , comme les gym— nonectes et les ostracins se joignent aux mollusques par les anatifes. Deux genres ont les jeux mobiles et pédiculés : ce sont les squilles ou mantes de mer et les cryctes . 1 rois ont les jeux sessiles , et ont été désignés comme formant une famille particulière , sons le nom à’amphi-

pades. Ils nagent et sautent. Tels sont les thalitres , les phronjmes et les chevrettes. On trouve clans nos ruisseaux et nos fontaines une espèce de ce dernier genre. Elle ressemble en très-grand à une puce; aussi F a-t-on désignée en latin sons ce nom spécifique. Elle nage sur le côté. Le mâle est beaucoup plus petit 3 on le trouve souvent entre les pattes de la femelle et au-dessous d’elle. Celle-ci est ovovivipare ) c’est-à-dire que les petits éclosent sous le corselet où les œufs sont attachés.

CRUSTACES.

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