‹ Élémens des sciences naturelles. Ouvrage prescrit par arrêté et statut de l'université pour l'enseignement dans les colléges royauxChapitre 16 sur 47 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Des Vers , ou de la septième classe des animaux .

Les Vers ou Anneudes sont des animaux de forme allongée, sans vertèbres et sans membres articules, mais composes d anneaux placés à la suite les uns des autres. On trouve dans leur intérieur des vaisseaux qui contiennent un sang quelquefois coloré en rouge, souvent des branchies ou des organes respiratoires, dont la position varie, et une moelle nerveuse étranglée d’espace en espace , for mant des ganglions qui communiquent entre eux chacun par quatre cordons , et d’où partent les nerfs qui se 1 end eut aux parties. Leur corps est toujours divisé comme par anneaux, et leur tête n’est pas distincte , excepté par ! oiince de la bouche, qui offre un grand nombre de modifications dans les parties qui la constituent.

Ces animaux vivent le plus ordinairement dans l’eau , quelquefois dans la terre humide. On ne commît point encore bien leurs mœurs, parce qu’il est difficile de les observer. On a seulement remarqué que quelques-uns se comtrmsent une enveloppe , tantôt en agglutinant des grains de sable, tantôt en formant par des exsudations une sorte de coquille ou de fourreau calcaire. La plupart changent de heu par le mouvement successif de chacun des anneaux , qui sont ordinairement garnis de faisceaux de poils roides; quelques-uns , dont la forme est aplatie , avancent en sacciochanf sur les corps par leurs deux extrémités, qui font 1 office de ventouses, à l’aide d’un disque charnu et contractile. Ils sont tous androgvues , et

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ont besoin, pour se reproduire, d’un double accouplement comme mâle et comme femelle.

Les annelides sont divises naturellement en deux groupes; les uns ont des organes extérieurs destinés à la respiration , ce sont les branchiodeles (74 6) • on n’en aperçoit j)oint au-dehors chez les autres, qu’on nomme endobranch.es ^749)* Quoique ces animaux n’aient pas la tête séparée du reste du corps, on la distingue parce qu’elle correspond à l’extrémité ou est la bouche. C’est tantôt un simple tube allongeable ou protractile , en forme de trompe ,' muni quelquefois de mâchoires et de palpes ou de barbillons. Tantôt c’est un disque élargi qui fait Foflice de ventouse , et qui sert en même temps à la pro-» gression de l’animal. Le tube formé par les intestins ( fig. 6, A , B , C ) , parcourt toute la longueur du corps et éprouve une sorte d’étranglement à chaque articulation. Les mus-» des varient suivant les espèces, ainsi que les organes de la génération. Les uns sont hermaphrodites; mais ils ont besoin de s accoupler comme les limaces : souvent leurs oeuh. éclosent dans le corps. D’autres peuvent se féconder eux-mêmes comme les huîtres.

Les Branchiodeles ou les vers qui ont les branchies visibles au-dehors , vivent presque tous dans la mer. Il en est qui se fixent et sont renfermés , tantôt dans un tube, lequel exsude de leur surface , comme dans les arrosoirs , les dentales , les serpules , etc. Tantôt ils habitent un étui formé de débris de coquilles ou de petits graviers , comme les sabelles, les ter é b elle s , les amphitrites. Toutes ces especes ont été réunies en une famille , qu’on a nommée celle des tubicoles. Les autres sont à nu , et nagent libreuient comme les néréides , les amphinomes , les aphrodites, les arénicoles , et on les a appelées dorsibranches.

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Les néréides n’ont encore été observées que dans la mer : on les a désignées long- temps sous le nom de scolopendres de mer. Au premier aspect , en effet, elles ressemblent à ces insectes ; leur nourriture consiste en petits animaux marins qu’elles dévorent à l’aide de mâchoires disposées par paires j elles ont des palpes ou des appendices cbarnus sur les lèvres j plusieurs brillent d’urie lumière pliosphorique pendant la nuit. Le mot arénicole signifie qui vit dans le sable : on l’applique à des vers qui habitent le bord de la mer , et qu’on emploie comme amorce pour la pèche des maquereaux et des merlans. Ainsi que le lombric, ce ver se trahit par les circonvolutions d’une terre plus ou moins colorée qu’il dégorge à sa surface. Lorsqu’on le manie, il colore les mains en jaune, d’une manière indélébile. Sa bouche n’offre ni dents ni tentacules. Les aphrodites n’ont pas en apparence de branchies extérieures ; mais quand on soulève des espèces de lames écailleuses placées en recouvrement sur leur dos, on voit au-dessous des sortes de panaches ou de crêtes libres et vivement colorées Leur corps est large et applati légèrement, et présente sur ses bords des faisceaux de poils roides , et souvent sur le dos des poils entremêlés , soyeux et d’une couleur dorée à reflets chatoyans. Les am phinome s sont plus allongées , et portent leurs branchies à nu.

Les amphilrites , les térébelles , les s ah elle s , les ser~ pules , les dentales et les arrosoirs sont aussi des vers marins qui vivent dans des tuyaux. Les premiers les composent d’une matière coriace, flexible, recouverte en dehors de grains de sable ou de débris de coquilles. La bouche des amphilrites est munie de mâchoires dentelees en forme de peigne , d’une couleur dorée et. changeante j ils ont en outre des palpes ou des tentacules. Ces animaux

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changent de place avec leurs tuyaux comme les larves des phrygaues. Les serpules sont logées dans des tubes de matière calcaire , ordinairement contournés sur eux-mêmes et fixes sur des coquilles ou autres corps marins ; on eu vo.t souvent sur les huîtres. Quant aux dentales et auarrosoirs, on n’est pas bien certain que les tubes , ainsi nommes, so.ent produits par des vers. Quelques naturalistes les ont dernièrement attribués à un genre particulier e mouusques. Les dentales sont ainsi nommés parce qu’ils vivent dans une sorte de coquille conique, un peu courbée percee aux deux extrémités , et qu’on a comparée à une dent. Ces animaux transportent avec eux cette demeure

mais le plus ordinairement ils se tiennent cachés dans lé sable.

Les vers Exdomaxches , ou ceux dont les organes respiratoires ne sont pas apparens au-dehors , se trouvent presque tous dans la terre humide ou dans les eaux douces Ils sont toujours nus. Les uns ont les parties latérales du corps garnies de faisceaux de soie roides , à l’aide desque.s ils * appuient sur la terre et changent de placetels sont les thalassèmes , les naïdes et les lombrics ; c autres n ont pas de ces soies , et parmi ceux-là les dragonneaux sont arrondis, si grêles et si longs qu’il, rcs. semblent a des crm. blancs ; les sangsues et fes planaires

sont aplaties. Ces dernières n’ont pas de ventouses à l’ex„ tremite du corps.

Les lombrics, qu’on appelle ordinairement vers de

formés^ ^ """T ViSqUCUX’ alI°n§“’ cylindriques,

loi mes d anneaux charnus, contractiles, terminé, ’ eux exliem.tes non élargies; leur bouche est sans tenacules et sans mâchoires. Quand, on les examine avec

SOm’ °n remar<Iue sur leurs anneaux des poils très-

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courts et roides qui servent à leurs mouvemens. Les lombrics sont hermaphrodites ; cependant ils ont besoin de s’accoupler. Tous les individus pondent des œufs. Leurs organes de la génération sont placés près du milieu du corps. Leur réunion s’opère sur la terre , et pendant la nuit. Us se nourrissent de débris de végétaux et des sucs qui pénètrent la terre. Ils avalent même cette terre, qu’ils rendent ensuite , après en avoir extrait ce qui pouvait leur servir d’aliment. On ne les emploie qu’à la pêche du poisson , comme une amorce. Pour en prendre une plus grande quantité , les pêcheurs enfoncent un pieu dans la terre, puis ils le remuent par secousses. Les lombrics , qui sentent la terre s’ébranler autour d’eux , croient apparemment que quelque taupe creuse dans les environs. Afin de l’éviter , ils sortent de terre , et rampent à la surface; c’est alors qu’on les saisit pour s’en servir au besoin. Quoiqu’on ne leur ait pas découvert d’yeux ni d’oreilles , ils fuient la lumière et se retirent dans leur trou au moindre bruit.

Les sangsues ou suce -sang vivent dans les eaux douces : ce sont des vers allongés , un peu applatis , trèscontractiles , à surface muqueuse , dont les deux exti émités sont élargies en forme de disque. Sur l’une se trouve la bouche , et au centre de l’autre , l’anus. L’animai change de place en les fixant , à l’aide d’une forte succion. Il se nourrit du sang des animaux, à la peau desquels il fait une ouverture triangulaire, avec trois dents tranchantes; puis il tire à lui les liquides qui sont sous la peau. Ces animaux pondent leurs œufs eu paquets, souvent réunis dans une enveloppe commune. On emploie des espèces de ce genre pour opérer le dégorgement du sang dans plusieurs maladies. On frotte la partie sur laquelle on les applique avec du lait, afin de les y faire mordre.

MOLLUSQUES et ANNELIDES .

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DES VERS

En mettant sur leur corps un peu de poivre , de sel , ou de tabac, on les fait sur le-champ quitter prise. Il v a dans les pays chauds une petite espèce de sangsues qu’on. avale quelquefois , et qui produit alors de très-grands accidens; quelques gorgées d’eau-de-vie ou d’eau salée les font ordinairement détacher du fond de rarrière-bouche ou e!les se fi^nt. Il est une espèce qui s’attache sous la langue des chevaux et des ruininans, lorsqu’ils vont boire.

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