‹ Élémens des sciences naturelles. Ouvrage prescrit par arrêté et statut de l'université pour l'enseignement dans les colléges royauxChapitre 21 sur 47 · DEUXIÈME ORDRE, INSECTES ORTHOPTÈRES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ORDRE, INSECTES ORTHOPTÈRES

On a réuni dans cet ordre tous les insectes qui sont agiles sous les deux états de larves et de nymphes, et qui ne subissent de changement de formes que dans le développement de leurs ailes , toujours au nombre de quatre , dont les deux supérieures sont plus courtes et servent comme d’étuis , et dont les inférieures sont constamment plissées sur leur longueur et rarement pliées en travers; de là le nom d’ORTiioPTÈRES , qui signifie ailes droites. Ils offrent aussi dans les parties de la bouche une pièce particulière qui recouvre le dos des mâchoires , et qu’on nomme une galete (PL ni, fig. 10, D, c). La plupart ont des yeux lisses ou stemmates avec des yeux à réseau.

(1) PI. v , fig. 16 et 17 : Lune des branchies extrêmement grossie, pour faire voir le feuillet abc.

DES INSECTES ORTHOPTERES.

Tous ces insectes peuvent être distribués en quatre groupes, dont trois ne renferment chacun que quelques genres : ce sont les anomides , les blattes et les forficules , qui n’ont point les pattes de derrière allongées, renflées ou propres au saut, comme on l’observe dans la quatrième famille , qui comprend les sauterelles et plusieurs genres voisins , et qu’on a nommée les grylloides.

Les Grylloïdes ou gnlliform.es, portent leur tête ou du moins leur bouche dans une position verticale, et ils ressemblent plus ou moins aux grillons. Il en est qui ont les antennes à peu près de même grosseur ; ceux-là ont été appelés sauterelles ou criquets. Dans les autres , les antennes sont en soie de cochon , et on les nomme locustes ou grillons ; enfin , chez quelques-uns les antennes sont en prisme ou en fuseau aplati : tels sont les truxales. Presque tous les mâles produisent un son singulier par le frottement de leurs élytres. Les locustes ont les pattes de derrière très-longues et sautent fort bien : on les trouve ordinairement dans les moissons et sur les hautes herbes. Les grillons ont les cuisses plus courtes; iis évitent en général la lumière et recherchent la chaleur. Ce murmure monotone et ennuyeux qu’on entend dans les cuisines et près des fours pendant la nuit, est le chant d’amour du grillon domestique , vulgairement appelé cri-cri . Un autre , de couleur brune , vit sous terre dans les champs. La plus grosse espèce se trouve dans les prairies et dans les potagers , près des fumiers. Elle coupe et mange les racines des salades et des melons , en creusant sous terre comme la taupe , à l’aide de ses pattes de devant ( PI. iv, fig. 22 ) , dont les jambes (a) sont élargies et triangulaires , aplaties , dentelées et tranchantes en devant , et dont le premier article des tarses (jb) vient passer au-dcyant; en produi-

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saut ainsi l’effet d’une lame de ciseaux. Les jardiniers lui font ia chasse. On la nomme courtilliere ou taupe-gril - /cm; ses tarses anterieurs sont en forme de lames coupantes et ses yeux lisses très-brillans.

Le^ orthoptères Anomides ou difformes ont le corps tres-al longe , le corselet en général beaucoup plus long que large , et formé en grande partie par le mésothorax Telles sont les phjllies , qu’on a encore nommées feuilles ambulantes , dont les élytres sont très-planes et l’abdomen aplati ^ les phasmes ou spectres , qui sont souvent sans ailes, dont les pattes de devant sont simples, et dont on a vu des espèces de près de trois décimètres de longueur, de manière que ce sont les plus grands insectes connus! Telles sont, enfin, les mantes, qui ressemblent un peu aux sauterelles , mais qui ne peuvent sauter. Il en est dont le corps est excessivement allongé et étroit. Toutes ont une démarche singulière. Leur corselet est très-long et se redresse sur l’abdomen; les pattes de devant sont souvent armées d’un ongle mobile en crochet ( Pf IV , fig. 26); elles les meuvent lentement, comme si elles étendoient les bras : aussi a-t-on désigné plusieurs espèces sous les noms de précheresse , de religieuse, de sorcier , de devin, de spectre , et autres dénominations qui tiennent à des préjugés superstitieux. Elles pondent des œufs enveloppés d’une matière visqueuse qui se dessèche et prend beaucoup de consistance.

On ne pouvoit mieux désigner que par ce mot de blatte, qui en grec signifie tort, dommage, les insectes auxquels on l’a appliqué. Ce sont des animaux qui fuient la lumière. Leur corps est très-plat; leurs antennes longues, en soie; leurs pattes grêles à cinq articles aux taises, à hanches aplaties. Ils courent avec une vifesse

ï46 DES insectes coléoptères.

extrême , et s’introduisent dans les habitations pour y dévorer le pain , le sucre , la viande , les souliers. L’espèce la plus commune en France est celle qui paroi t originaire de l’Orient; la plus grosse se trouve en Amérique, mais on l’apporte souvent en France sur les vaisseaux ; on la nomme ravet , cancrelat ou kakkerlac. Les femelles pondent un ou deux œufs très-gros , sur la longueur desquels on voit une ligne saillante. Quoiqu’il y ait en France près de dix espèces différentes de ce genre , elles sont peu connues, parce quelles vivent dans les bois, et ne sortent guère que la nuit.

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Le dernier genre des orthoptères est nommé forjîcule , parce que les insectes qu’il renferme ont ordinairement le ventre terminé par deux crochets en forme de tenailles (PL y5 fig. i ), ce qui leur a fait donner encore le nom de labidoures. Les forficules n’ont point les ailes inférieures droites ; elles sont pliées trois fois en travers , plissées ensuite en long pour être cachées sous des élytres très-courtes (PL i, fig. 5) 5 elles peuvent cependant développer cette aile tout à coup comme un éventail. Au reste , ces insectes sont agiles sous leurs trois états : ils se nourrissent de fruits. C’est à tort qu’on a cru qu ils pouvoient percer la membrane des oreilles , et par cela même rendre sourd. Ils font beaucoup de mal dans les jardins j voilà pourquoi on leur fait la chasse. La mère a un grand soin de ses œufs; elle semble les couver, et elle n’abandonne ses petits que quand ils n’ont plus besoin de sa protection. On les nomme vulgairement perce-oreilles.

PREMIER ORDRE , insectes coléoptères.

Comme le nom de Coléoptères signifie ailes en étui , on rapporte à cet ordre tous les insectes qui ont quatre ailes,

DES INSECTES COLÉOPTÈRES. l4?

dont les supérieures, nommées élyires , sont ordinairement dures , épaisses , courtes , et servent de gaine , d’e'tui ou de fourreau aux inférieures, qui sont membraneuses, et se plient en travers ( PI. i , fig. i et 2). Tous ces insectes * 3° us 1 état parfait , ont la bouche destinée à saisir et à diviser des alimens solides ( PI. m, fig. 7-8).

Cet ordre ou cette tribu des coléoptères est des plus nombreux et des plus naturels : il réunit des insectes qui ont entre eux les plus grands rapports, et qui diffèrent de tous les autres par un grand nombre de caractères- tous proviennent d’œufs, à coque molle, fécondés avant la ponte. Il en sort une larve molle à tête cornée (PI. v, fig. 8), sans yeux distincts, avec des rudimens d’antennes , des mandibules et des mâchoires , quoiqu’elles aient six pattes écailleuses, articulées. Elles n’offrent pas de corselet : leur abdomen est le plus souvent courbé, tronque à l’extrémité, composé de douze anneaux ou sections , dont neuf au moins sont percés de trous ou de stigmates , orifices des trachées. Leurs nymphes sont immobiles , à membres visibles ou non enveloppés : toute la nymphe est recouverte d’une peau mince qui suit les contours de son corps, sans pénétrer dans ses articulations,

On a observé que les coléoptères différoient beaucoup entre eux par le nombre des articles dont leurs pattes sont formées dans la partie qu’on appelle tarse, et qui correspond aux doigts (PL 1, fig. 2, i, i). On ne compte jamais les crochets qui forment les ongles. C’est surtout dans les pattes de devant et sur celles de derrière que ce nombre varie; car les intermédiaires sont toujours semblables aux antérieures. Ou a obtenu ainsi quatre grandes sections ; savoir, T. les pentamères , qui ont cinq articles aux tarses de derrière, et qui alors en ont cinq à

tous les autres; 2°. les hétéromérés , qui ont cinq articles en devant , quatre derrière; 3°. les tétramérés , qui ont quatre articles à tous les tarses ; 4°* enfin , les trime rés , qui ont trois articles à tous les tarses. Il faut toujours commencer par compter les articles des pattes postérieures : car lorsqu’il y en a cinq ou trois , on peut etre assuré que les anterieures et les posleneures seront semblables y mais lorsqu’il y en a quatre , il faut rechercher le nombre des articles aux tarses intermédiaires ou anté-

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rieurs.

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On a remarqué dans chacune de ces grandes divisions ou de ces sous -ordres, plusieurs insectes qu’on pouvoit rapprocher d’après une certaine ressemblance de conformation et de mœurs , et on les a distribués ainsi par familles. Comme il seroit difficile d’entrer dans tous ces détails, nous ne ferons connoître que les plus intéressans , en suivant à peu près la marche des naturalistes.

Parmi les coléoptères Pentamères , ou ceux qui ont cinq articles aux tarses , il en est qui portent des élytres molles , et alors leurs antennes sont en forme de fil , leur corselet est plat , et ces animaux se nourrissent d’autres insectes vivans ; tels sont les àpaljlres (927) : d’autres ont les élytres dures, peu flexibles, qui tantôt couvrent le ventre , et qui tantôt sont courtes et ne le cachent pas. Les insectes dans lesquels on observe cette dernière conformation , ont les articles des antennes en forme de grains de chapelet; tells sont les brachélytres (912).

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La forme des antennes (PL 11) donne ensuite un moyen très -commode de séparer entre elles les espèces qui ont les élytres dures et longues j car dans les unes ces cornes sont terminées par une sorte de bouton ou de masse ( fi g.

j à 10) ; tandis que dans les autres elles ont la forme d’un fil ou d’une soie ( fig. 1 1 à 23 ). Ceux qui ont les antennes en masse , y offrent tantôt des feuillets , comme les pétalocères (91.3) ou les scarabées, les hannetons , et les prio c'eres (915) ou les cerfs -volans (fig. 3,4); tantôt des articles très- rapprochés , tels sont les escarbots , les nécrophores , les dermestes et beaucoup d’autres (fig. 1 , 2 , 5, 6) qu’on a désignés sous les noms d’ liéloceres (916) et de stéréocères (920). De même, ceux dont les antennes ne sont pas en masse , ont le corps arrondi , allongé , presque cylindrique; tels que les insectes qui rongent le bois, comme les vrillettes , les ruine-bois , réunis sous le nom de térédyles ( 924) : ou ils l’ont aplati , tantôt avec les antennes dentelées , comme les taupins , les richards (fig. 20), ou les sternoxes (921); tantôt avec des antennes simples. Chez ces derniers , ou les pattes de derrière sont aplaties et propres à la nage ) tels sont les dytiques ( PI . iv, fig. 36, 37 ) , appelés neclopodes (910 ) : ou , au contraire , elles ne sont destinées qu’à la course rapide ; aussi tous ceux-ci se nourrissent -ils d’autres insectes vivans , tels sont les carabes , les cicindèles et beaucoup d’autres, qu’on nomme créophages (907) (PI. iv, fig. 29).

La famille des Créophages ou des insectes carnassiers est une des plus nombreuses du sous-ordre auquel elle appartient. L’abdomen de ces insectes est le plus souvent couvert par des élytres dures : souvent ils n’ont pas d’ailes membraneuses 5 leurs antennes ne sont jamais dentelées : leurs pattes sont propres à marcher. Leurs mâchoires sont le plus souvent garnies d’un second palpe (PL ni, fig. 7, d . Les uns ont le corselet p!us étroit que la tête, comme les cicindèles , les élaphres , les m anticor es y etc. Les autres, comme les carabes , les scariies 9 les calosomes , etc. , ont la tête plus étroite que les elytres.

î5° DES mSECTES COLÉOPTÈRES.

Les larves de ces insectes se nourrissent aussi de petits animaux vivans.

Les cicmdeles ne sont point lumineuses, comme leur nom pourroit le faire croire. La plupart brillent de couleurs métalliques. On les reconnoît à leur grosse tête, dont les veux sont sailians , à leur corselet très-étroit, arrondi , et a leur bouche hérissée de poils. Elles recherchent les lieux arides couverts de sable, et elles y font une chasse ti ës-active aux mouches et aux autres insectes. On trouve îeui s larves dans le sable j elles y pratiquent des tious verticaux et placent leur large tête a l’ouverture pour la baisser rapidement , comme une bascule , lorsqu un insecte vient à passer sur ce pont perfide , audessous duquel ii trouve inévitablement la mort.

Les carabes ont le corselet aplati, ordinairement de la largeur des élytres , sous lesquelles il n’y a souvent pas d ailes membraneuses. On les a subdivisés en dix ou douze autres genres; tels sont les calosom.es , dont le corselet est arrondi et les élytres ordinairement très-brillantes ; les anthies , qui ont le corselet rétréci en arrière , et les jambes de devant échancrées ; les cjchres , qui ont la bouche prolongée en bec ; les tachjpes , qui n’ont pas d ailes ni les jambes antérieures échancrées ; les brachyns , qui ont les élytres comme tronquées : quelques espèces de ce genre contiennent intérieurement un acide très-caustique , qu’on voit se réduire en une vapeur blanchâtre , à la volonté de l’animal , surtout lorsqu’il se croit dans ledanger. Souvent cepetit phénomène, produit parun seul brachyn pénétré d’une crainte salutaire, détermine tousles petits individus delà même société à en faireautant.

Les Nectqpodes on rèmitarses forment aussi une fa-

DES INSECTES COLEOPTERES.

mille de coléoptères carnassiers aquatiques î leur Corps est ovale, moins convexe du côté du dos; leurs tarses aplatis en nageoires , et leurs antennes en soie ou en fil les font bientôt reconnoître. Tels sont les dytiques , qui ont les antennes longues et le corps très-plat , le sternum pointu (PL iv, fig. 20) ; les haliples , qui ont les hanches de derrière couvertes d’une laine (PI. iv , fig. 37); les Jiyphydres , dont le corps est épais et ové. Les gyrins ou tourniquets forment une seconde section de cette famille ; on les reconnoît à leurs antennes trèscourtes , dont le premier article reçoit les autres. ( PL 11 , fig. 29).

Le nom de dytique est grec; il signifie plongeur. On trouve en effet ces insectes dans l’eau sous leurs deux états. La larve devient flasque et molle lorsqu’on la saisit, et cherche à dégoûter par cette flaccidité. Elle se nourrit de petits animaux aquatiques, qu’elle saisit à la nage. L’insecte parfait est un des plus favorisés par la nature , car il peut vivre dans l’eau, dans l’air et sur la terre, nager, plonger, marcher et voler. Ses pattes de derrière sont aplaties et bordées de cils ; il s’en sert comme de rames. Il introduit sous ses élytres une certaine quantité d’air, qui sert à sa respiration pendant qu’il plonge. Une liqueur huileuse , qui exsude de son Corps , le graisse et le défend de l’action de l’eau. Les tourniquets sont de petits coléoptères qui ont reçu leur nom des mouvemens de tournoiement qu’ils exercent sur la surface des eaux tranquilles , ce qui dépend de la longueur excessive de leur pattes de devant , comparées aux postérieures. Leurs yeux paroissent être au nombre de quatre j c’est un exemple unique parmi les insectes.

La petite famille des Bkachélïtres ou brévipennes est

facile a reconnoître à cause de l’allongement de l’abdomen qui n’est pas recouvert par les élytres ; et par les antennes à articles arrondis, grenus ( PI. n , Rg. ïo) , de presque toutes les espèces. On trouve ces coléoptères sur les cadavres, dans le fumier, les champignons, sous les deux états de larves et d’insectes parfaits ; les uns ont les yeux globuleux , ce sont les stènes; d’autres ont les palpes très-renflés, comme les pœdères et les oxyporesj enfin les staphylins n’ont aucun de ces caractères. Ils relèvent ordinairement leur ventre quand ils sont inquiétés , et ils en font sortir deux vésicules , d’où s’exhale une vapeur très-odorante , par laquelle ils cherchent probablement à écarter leurs ennemis.

Les lamellicornes ou Pétalocèrks correspondent au genre scarabée de Linné, mais on les a maintenant divises en beaucoup d’autres genres , comme les géotrupes , les bousiers, les aphodies , les scarabées, les trox , les hannetons, les cétoines, etc. Ils vivent en général dans les fumiers et dans les amas de plantes qui se pourrissent. Ils proviennent d’une larve molle , nue , courbée sur elle-même , qui a beaucoup de peine à se traîner. Presque tous cesunsectes fouillent la terre, et ont une très-grande force dans les pattes de devant , dont les jambes sont toujours dentelées (PL iv, %. *3, 24, 2Ô). U y a plusieurs especes de pétalocères qui déposent chacun de leurs œufs dans une petite masse de fumier qu’elles arrondissent et portent ensuite sous terre , pour que la larve qui en provient trouve en sûreté sa nourriture; telles sont, entre autres , les espèces appelées bousier-araignée, pilulaire. On trouve en Égypte une espèce de bousier qu’on adoroit autrefois : elle y est figurée sur les monumens.

Les hannetons ; qu’on appelle aussi mélolonlhes , et plu-

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sieurs autres especes des genres voisins , proviennent de larves à peu près semblables à celles des scarabées, mais elles se nourrissent de racines des plantes et des arbres. On les appelle maris; elles sont quatre ans à se développer , et ne vivent que huit à dix jours sous leur dernier état; mais pendant ce temps elles occasionnent de très-grands dégâts en rongeant les feuilles des arbres. Les hannetons ne volent guère que le soir , et ils paroissent voir trèspeu, car leur étourderie est passée en proverbe.

gi5.

La forme de l’antenne (PL n , fig. 3) des Priocères ou serricornes, laquelle est en masse , feuilletée d’un seul cote et en dedans , suffit pour les faire reconnoître. Les insectes que comprend cette famille ont beaucoup d’analogie avec les précédens pour les mœurs. Comme eux , ils volent le soir, et se nourrissent de débris des végétaux. Tels sont les lucanes , les platjceres , les pas sale s et les synodendres . Les mâles des cerfs-volans , ou mieux des lucanes , ont souvent les mandibules très- allongées et comme branchues; mais les femelles ne présentent pas cette disposition • aussi les a-t-on nommées des biches . On ignore la raison de cette conformation singulière. Ces insectes ont le meme genre de vie que les scarabées : ils ne volent que le soir. Leurs pattes sont terminées par quatre crochets (PL iv,.fig. 46). Leurs larves se nouassent dans le terreau des arbres morts.

Les Hélocères ou clavicornes ont , ainsi que leur nom l’indique , les antennes terminées par une masse souvent allongée, perfoliée ( PL 11 , fig. 5, 6). Les douze genres rapportés jusqu’ici à cette famille se nourrissent de matières organisées privées de la vie. Les principaux sont ceux des nécrophores , des silphes et des boucliers ; des

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dermestes , des nitidules et des parues • et celui des hydrophiles.

On a donné le nom de nécrop-hore y qui veut dire portemort ou ensevelisseur, à des insectes qui ont l’habitude singulière d’enterrer les petits cadavres de taupes , de grenouilles , de souris, afin d’y déposer leurs œufs et de les mettre en sûreté. On les recormoît à leurs antennes globuleuses , dont la masse est formée de petites lames , comme percées par leur centre , et à leurs élytres tronquées à la pointe et plus courtes que le ventre.

Les larves des dermestes vivent aux dépens des matières animales qu’on a desséchées pour les conserver ’ elles attaquent principalement les pelleteries; elles ont emprunté de là leur nom qui , en grec , signifie mangeur de joeau. Ces larves sont le plus souvent couvertes de poils (PL v, fig. 8 très-grossie ) ; elles sont très-vives quand elles ne croient point être aperçues • mais au moindre mouvement elles se blotissent, se roulent sur elles-mêmes, et se laissent précipiter, bien assurées de tomber sur leurs longs poils , qui les protégeront dans leur chute.

On a regardé long-temps les hydrophiles comme voisins des dytiques. Ils en diffèrent cependant beaucoup par les mœurs ^ car, dans l’état parfait, ces insectes se nourrissent de matières végétales, et principalement des feuilles qui tombent dans l’eau. On les reconnoît (PL iv, fig. 21 ) à leur corps ovale , à leurs pattes postérieures et intermédiaires, aplaties en nageoires. Les mâles ont le dernier article des pattes antérieures dilaté ( PL iv, fig. 3o).

C’est dans les matières les plus dégoûtantes qu’on ren-

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contre les escarbots , de la famille des solidicornes ou Stéréo gères. Cependant, quand ces insectes volent et qu’ils sont hors de ces ordures, leur corps est lisse , brillant et très-propre. Leurs membres sont construits de manière à tenir le moins de place possible. C’est un chef-d’œuvre de mécanique que la disposition de toutes ces pièces, qui, pouvant se développer tout à coup, rentrent chacune dans une coulisse pratiquée sur la longueur de l’articulation qui précède. On a aussi rangé dans celte division les an threnes ou amourettes , qui sont de jolis petits coléoptères couverts d’une poussière écailleuse colorée , et qu’on rencontre souvent sur les fleurs, comme l’indique leur nom. Mais leurs larves se nourrissent de matières animales , et elles attaquent principalement les collections d’oiseaux et d’insectes.

Les thoraciques ou Sternoxes se nourrissent du bois des arbres vivans , dans le tronc desquels ils se pratiquent , sous leur état de larves, des galeries longues et étroites où ils sont en sûreté. On les reconnoît à leur corps allongé aplati ; à leurs antennes filiformes, souvent dentelées (PL ii, fi g. 2o)* et à leur corselet terminé par despointes , ou à leur sternum saillant (PL iv, fig. 19) : tels sont les cébmons , les alopes , les trosques , les taupins , les richards, les trachj’des.

Tous les taupins sont remarquables par l’articulation singulière de leur corselet avec la poitrine , du côté du ventre. Il y a là une cavité dans laquelle entre une lame de corne, comme en forçant un ressort ( PL iv, fig. iq ). C’est à l’aide de ce mouvement que l’insecte se redresse lorsqu’il est couché sur le dos ; deux pointes placées en arrière du corselet s’opposent à ce que le renversement soit trop considérable. On sait maintenant que ces insectes vivent

DES INSECTES COLÉOPTÈRES, sous les ëcorces , lorsqu’ils ont la forme de larves. Plusieurs espèces d’Amérique portent sur leur corselet des taches transparentes, au-dessous desquelles on voit briller une lumière phosphorique , dont on ignore la nature. L’une d’elles se nomme cucujo au Mexique.

On désigne par le nom de richard ou de bupreste , un genre d’insectes , qui comprend des espèces dont la plupart brillent des couleurs les plus riches. Il y en a une, entre autres , qui vit à Chandernagor dans le Bengale, dont les élytres font l’effet agréable des plus belles pierres précieuses. Plusieurs espèces de France sont aussi très-brillantes ; telle est celle appelée rutilante , dont les étuis d’une beile teinte verte céladon dorée mat, sont relevés par de petits points noirs et sa.il la ns et par une bordure d’or rougeâtre. Les larves de ces insectes vivent sous les écorces ; on les y trouve aussi sous l’etat parfait. Le hêtre en nourrit plusieurs.

Les perce-bois ou Téré'dÿi.es ont le corps arrondi, allongé ; les antennes filiformes , et les élytres dures: souvent leurs antennes sont en fils simples ou pectinées ( PL n,fig. 21 ) : tels sont les vnllettes , les ptines , les Ijmexjlons , les melasis f les panaches et les tilles .

Les vrillettes vivent dans le bois : elles v font des trous cylindriques, qu’on pourroit croire produits par le fer d’une vrille ; c’est ce qui leur a fait donner le nom qu’elles portent. A l’époque de l’accouplement, ces insectes présentent un manège assez curieux à suivre. La vnllette , cramponnée solidement par les pattes , communique à son corps un mouvement de va et vient très-rapide j elle fait frapper avec force sa tete contre le bois : si aucun insecte

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de son espèce ne vient à cet appel , elle va plus loin recommencer le même manège.

C’est un insecte très-nuisible que le ruine-bois , autrement dit lymexylon ; on le trouve dans les chantiers des bois de construction , et souvent dans les forêts sur les plus gros troncs des arbres. La femelle introduit une trèslongue tarière dans les fentes que la sécheresse produit sur la tranche du bois. Elle y dépose des larves qui vivent trois ou quatre ans dans l’intérieur des troncs qu'elles rongent et réduisent en poussière. Ces insectes attaquent principalement les chênes et les sapins. Us font beaucoup de tort aux vaisseaux et surtout aux mâts.

Les coléoptères à cinq articles aux tarses, qui ont les élytres molles , le corselet plat et les antennes filiformes , souvent dentelées , ont été nommés àpalvtrfs ou molli pennes y et c’est parmi eux que sont rangés des insectes qui ne se nourrissent que de proie vivante. On ignore leurs métamorphoses. Tels sont les vers luisans , les malachies , les téléphores , les omalises et beaucooup d’autres genres moins connus.

Lampyre est le véritable nom du genre des vers luisans : il est facile de les reconnoître à la forme de leur corselet, qui avance comme un bouclier au-dessus de la tête. Les femelles de plusieurs espèces n’ont point d’ailes ; voilà probablement jmurquoi on les a appelées des vers. Elles ont du coté du ventre , ainsi que certains mâles , deux ou trois anneaux transparens, au-dessous desquels on voit , pendant la nuit , une lumière pâle , verdâtre ou blanchâtre , qui brille d’un éclat que l’insecte peut à volonté augmenter et diminuer. On les trouve dans les lieux humides : les mâles volent très-bien , on les prend

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le soir dans les maisons de campagne, où ils sont attires par la lumière; ils se nourrissent , à ce qu’on croit , d’insectes sous leurs deux états.

Les téléphores ressemblent un peu aux lampyres , mais leurs antennes ne sont point dentelées. On a vu quelquefois les larves de ces insectes emportées par quelque ouragan , tomber de l’air avec la neige ; leur nom , qui signifie apporté de loin , indique cette particularité. Ces insectes sont fort communs au premier printemps ; ils se nournssen l de petits animaux , surtout de mouches. Quelques espèces ont la faculté de faire sortir des appendices charnus et mous , des bords du corselet et de la poitrine ; on les nomme malachie s .

Les coléoptères Hétéromérés , ou ceux qui n’ont que quatre articles aux tarses de derrière , et cinq à ceux de devant , ont été partagés en six familles; tantôt ils ont les élytres molles, flexibles, comme les épispastiques {ÿ 3i); tantôt leuis elytres sont dures , et alors leurs antennes sont ou en forme de fil , soit avec les élytres larges . comme les ornéphiles (984), soit avec des élytres rétrécies , comme les sténopttres (988) ; ou les articulations de leurs antennes sont semblables à des grains de chapelet. Ces derniers fuient la lumière , et vivent des plantes qui se corrompent. Parmi ceux-là il en est. qui ont les élytres soudées , comme les pholophjges (986); les autres ont des ailes et des antennes en masse , tantôt allongée, comme les Ijgophiles ( 985); tantôt arrondie, comme les mjrcétobies (987).

La famille de vésicans ou Épispastiques comprend des insectes qui ont beaucoup de rapports avec les derniers de loidie piecedent. On connoit tres-peu les moeurs de

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leurs larves. Sous l’état parfait, ces insectes sont herbivores. Le corps de la plupart des espèces produit, lorsqu’on l’applique sur la peau , des inflammations vives. On rapporte ici les genres dasyte , lagrie , noloxe , méloe , cantharide f cérocome , my labre , etc.

Les cantharides jouissent surtout, et à un très-haut degré , de la singulière propriété de faire lever l’épiderme de la peau de l’homme et des animaux , quand elles restent quelque temps en contact sur cet organe : elles produisent l’effet d’une brûlure j il s’amasse alors sous l’épiderme une humeur qui le soulève comme une petite vessie. On trouve, au mois de juin, ces insectes sur le frêne, les jasmins , les lilas; ils vivent en famille, et se décèlent par leur odeur; ils font beaucoup de tort aux arbres, qu’ils dépouillent de leurs feuilles. On ignore encore où vivent leurs larves : on croit qu’elles se développent sous terre. Les méloës sont beaucoup plus gros : ils se traînent sur la terre ; ils n’ont pas d’ailes , et ils laissent sortir une humeur jaunâtre de leurs articulations lorsqu’on vient à les toucher. Les my labre s sont des insectes des pays chauds , qui ont les antennes en masse ) ils paroissent être les cantharides des anciens. On les emploie encore à la Chine , comme un puissant vésicatoire ; leurs élytres sont d’un jaune rougeâtre, avec des bandes noires ondulées. On en trouve en France.

La forme singulière des élytres rétrécies en arrière fait reconnoître aisément les coléoptères angustipennes oïl Stévoptères. On connoît peu les mœurs des larves. Les uns ont la suture des élytres séparée ; telles sont les sita rides à antennes filiformes , qu’on trouve en automne dans les murs d’argile ; et les œdemères , qui ont reçu ce nom de la grosseur excessive des cuisses de derrière et

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dont les antennes sont en soie. Les autres genres ont la suture des élytres contiguë. Les uns n’ont pas d’écusson , comme les anaspes à antennes en masse, et les rhipiphores à antennes en éventail ; les autres offrent un écusson trèsdistinct , comme les mordelles qui ont les antennes en scie, et les nécydales qui les ont en fil. '

Le non* de sylvicoles ou d’ORNÉPHiLES indique seulement que les insectes réunis dans cette famille aiment les bois. Us 11 ont pas de caractères bien tranchés ; cependant 011 ne peut les rapporter à aucune des autres familles de l’ordre. Toutes les espèces se trouvent dans le tronc des arbres. Tels sont les hélops , les serropalpes et les cisteles , dont le corselet n’est pas arrondi : tels sont encore les Galopes, les pyrochres et les hories , dont le caractère est opposé.

Les tênébricoles ou Lygophiles ont les antennes grenues en masse allongée, les élytres dures , non soudées , et des ailes. C’est dans cette famille qu’on a placé les upides , les ténébrions , les opatres , les pédines , les sarrotries. On a nommé ténébrions des insectes qui fuient la lumière; on trouve très-communément l’une des espèces de ce genre chez les boulangers. Sa larve se nourrit de farine ; elle est jaune , allongée et couverte d’une peau très-dure. Les rossignols en sont tres-friands, aussi 1 emploie-t-on comme appât dans les pièges qu’on tend à ces oiseaux.

La famille des lucifuges ou Photophyges réunit toutes les espèces de coléoptères hétéromérés qui ont les élytres dures, soudees et sans ailes. La plupart sont exotiques. Ils se rencontrent principalement dans les pays de sables; ils se nourrissent des débris de végétaux et d’animaux , et ne sortent guère que le soir. Les uns ont les pattes de devant renflées , comme les érodies, les seaures ; d’autres

ont le corps anguleux , comme les eurychores , les ti/udes les sépidies; enfin il en est qui ont le corps lisse, comme les blaps, les pimélies , etc. Ces deux derniers genres se trouvent principalement en France. Les blaps sont de gros coléoptères de couleur noire, qui marchent très-lentement et qu’on trouve sous les plantes pourries et dans les maisons, principalement dans les caves. Ils répandent, lorsqu’on les saisit, une odeur fort désagréable.

La dernière famille de cet ordre, celle des fongivores ou Mycétobies, comprend de petits coléoptères à élylres dures , non soudées , à antennes grenues dont la masse est arrondie. On les a observés, ainsi que leurs larves, dans les champignons. On les rapporte à beaucoup de genres, que le nombre des articles de la masse des antennes fait aisément distinguer-. Les agatkidies en ont trois ; les tétralomes et les cossyphes , quatre; les anisolomes , cinq; les cnodalons , six; les bolétophages et les bypophlées, sept; enfin les diapères , huit.

Tous les insectes à quatre articles aux tarses , ou les Tétramerés, se nourrissent de substances végétales; on a établi parmi eux plusieurs familles très-naturelles , telles que les rhinoceres (939) , dont les antennes sont toujours portées sur un prolongement de la tête, appelé bec; les xylophages (945) , dont les antennes ont la forme d’une soie de cochon , et dont les larves vivent toutes dans le bois; les phytophages (947) , qui ont les antennes cylindriques en forme de fil , et qui se nourrissent de feuilles sous leurs deux étals. Il y a en outre deux petites familles quon a distinguées d’après la forme arrondie ou aplatie des insectes parfaits : ce sont les omaloïdes (943) et les cylindrdides (944).

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On avoit d’abord nommé cliaransons tous les insectes qui portent leurs antennes sur une sorte cle becj mai» depuis on les a divisés en plusieurs autres genres , principalement d’après la forme des antennes et du bec. De là leur nom de rostricorn.es onde Rhinocères. Us proviennent de larves molles qui se nourrissent de semences des végétaux ou de feuilles. On les a divises en deux sections . i°. les genres qui ont les antennes en masse ; a°. ceux qui les ont en fil. Les insectes de la première section ont tantôt les antennes droites, comme les anthribes , les atielabes , les brachjcères , les oxystomes ; tantôt brisées , comme les cliaransons j les ramphes , les rynchenes. Les gemes qui n’ont pas les antennes en masse sont les b e cm are s y les brentes et les bruches.

Le charanson du ble est aussi nomme calandre ? il n’est malheureusement que trop connu dans certains pays; sa couleur est brune et son corselet allongé; il détruit quelquefois des magasins immenses de blé , dont il ne laisse que le son. C’est la larve qui produit tout ce dégât; elle mange la farine sans atttaquer l’écorce ., et se métamorphose dans le grain sans qu il y paioisse au-oe~ hors. On a calculé qu’une paire de ces insectes peut, dans l’espace de cinq mois , avoir donné naissance à six mille quarante-cinq petits.

Le petit ver blanc et sans pattes, qu’on trouve dans les noisettes , est la larve d’un charanson gris , qui a une trompe grêle , presque aussi longue que son corps. Quand le fruit est tombé , la larve, qui a acquis tout son développement, fait un trou à la noisette, et en sort pour subir sa métamorphose sous la terre, ou elle s’enfonce. On observe souvent sur une plante qui se trouve principale-

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ment dans les lieux aquatiques , et qu’on appelle scroplmïaire, une petite larve toujours humide et gluante , qui est collée sous les feuilles qu’elle ronge. Lorsqu’elle est sur le point de se métamorphoser, cette matière gluante tonne autour de son corps une sorte de petite vessie, au travers de laquelle on distingue la nymphe de l’insecte . qu’on prendroit au premier aspect pour la graine de la plante , et qui devient un rynchene.

Une des plus belles espèces de cette famille, on pourroit même dire de tous les coléoptères, est le charanson qu’on trouve aux Indes et au Pérou. Ses élytres sont d’un beau vert céladon doré mat , avec des lignes obliques d’or îougeatie, très— brillant. On le monte en bague comme une pierre précieuse. C’est probablement à cause de la richesse de sa parure qu’on l’aura désigné sous le nom de royal.

Les planiformes ou Omaloïdes sont de petits coléoptères à corps déprimé ou excessivement aplati, à antennes en massue , qui se nourrissent de substances végétales , et qui recherchent en général les lieux humides. Les uns ont le corps allongé comme les lyctes et les colydies ; on les îi ouve sous les ecorces humides. Les autres ont le corps arrondi ou ovale, tantôt avec le corselet plat, comme iCS ti ogosites et les cucuj es j tantôt avec le corselet convexe, comme les hétérocères , les ips et les mycétopliages.

Les coléoptères rangés dans la famille des cylindri formes ou Cylindroïdes , à cause de la forme de leur corps , ont aussi les antennes en masses. On les trouve dans les boiseries et dans les troncs d’arbres qu’ils perforent, Les uns , comme les clairons et les corynetçs , ont le

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corselet rétréci en arrière ; les autres ne l’ont pas rétréci , mais très-voûté, comme les apates , les boslriches , les scolyLes. Les deux premiers genres semblent s’éloigner un peu des autres par leurs mœurs carnassières. L’une des espèces du genre clairon est appelée apivore , parce que sa larve se nourrit de celles des abeilles au milieu de la ruche. L’insecte parfait est de couleur bleue avec de grandes bandes rouges sur les élytres. On le trouve sur les fleurs , principalement sur celles des ombellifères.

On a partagé les Xylophages ou lignivores , qui composent la nombreuse famille des coléoptères à quatre articles à tous les tarses , et à antennes plus grêles à l’extrémité , d’après la figure des élytres : on a placé dans quelques genres voisins des leptures , comme ceux des rhagie s et des molorgues Srles espèces dont les élytres sont plus étroites à la pointe. Les autres xylophages ont les élytres à peu près d’égale largeur; on a nommé capricornes , priones et lamies ceux dont le corselet est armé d’une ou de plusieurs épines, tandis qu’on a appelé saperdes et cal ~ lidics ceux dont le corselet est lisse. Tous ces insectes vivent dans le bois sous la forme de larve ; alors leur corps est allongé , presque à quatre faces , garni de mamelons , et un peu plus gros du côté de la tête , qui est armée de fortes mandibules. Plusieurs attaquent les branches même vivantes , mais le plus ordinairement ils se nourrissent sous les écorces , et se pratiquent de longues galeries , dans lesquelles ils grimpent à la manière des ramoneurs.

Presque tous ces insectes sont ornés de belles couleurs , et meuvent avec vivacité leurs longues antennes; ils font entendre, lorsqu’on les saisit ou qu’ils sont captifs , un son monotone , qui en petit présente quelque analogie avec le braiement de l’âne ; ils le produisent en faisant frotter

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leur corselet contre la poitrine. Il y a une espèce de capricorne de couleur de cuivre bronzé qui vit dans les saules et qui porte une odeur analogue à celle de la rose. Ce$ petits insectes d’un beau rouge satiné, qui sont si communs au printemps dans les bûchers , sont du genre des callidies , nom qui signifie belle forme.

La famille des herbivores ou des Phytophages est une des plus nombreuses parmi les coléoptères ; cependant elle est bien naturelle, car tous ces insectes ont le corps bombé, des antennes en forme de fil à articles arrondis, et l’avant-dernière pièce de leur tarse est comme partagée en deux lobes. On a divisé cette famille en beaucoup de genres. Les uns ont les antennes en fil , et leur corselet est tantôt rebordé , soit applati , comme dans les luperes, les altises, les galéniques > soit convexe, comme dans les cljtres , les gribouris ; tantôt le corselet est sans rebords, comme dans les luspes , les crioc'eres , les donacies , les alurnes j les autres n’ont pas les antennes en fil , mais grossissant insensiblement, comme les chrjsomeles , les hélodes , les cassides ; ou en massue allongée, aplatie, comme les érotyles. Nous ne traiterons que de quelques-uns de ces genres.

Les donacies vivent sur les plantes aquatiques , et principalement sur les roseaux, comme leur nom l’indique. Leur couleur est ordinairement métallique, leur corps allongé , et leurs antennes dirigées en avant. On a beaucoup de peine à leur faire quitter les roseaux , dont l’écorce est cependant fort lisse.

Les crioc'eres sont de petits coléoptères, dont le corps est lisse et comme verni, le corselet étroit, et les antennes à arlicles courts. Ils font entendre, lorsqu’on les

saisit, un petit murmure fort singulier , produit par îe flottement oe leur corselet. On trouve une très— ]olie espèce de ce genre sur les lis ; elle est d’une belle couleur rouge de cire à cacheter ; sa larve a la singulière habitude de se couvrir cle ses excremens , comme pour dégoûter les oiseaux; elle en est toujours enveloppée : aussi a-t-on désigne cette espèce sous le nom latm de mer digéra.

Les chrj'someles sont presque rondes; elles marchent lentement. Quelques espèces , lorsqu’elles se croient en danger, exsudent une humeur colorée par toutes leurs articulations ; une des plus jolies se trouve sur les blés ; elle est d une belle couleur verte dorée , avec des lignes bleues en longueur , ce qui l’a fait nommer le grand vei tu - bleu. On trouve souvent dans les bois, sur les feuilles des jeunes peupliers , une espèce à corselet bleu, métallique, dont les éîytres sont d’un rouge très-brillant. Elles proviennent de larves qui vivent en société sur les mêmes arbres, et qui , lorsqu’on les touche, font sortir ne huit à neui tubercules qu’on voit sur leur dos , des gouttelettes d’une couleur limpide et très-odorante. Aussitôt: qu’elles croient le danger passé, elles résorbent cette humeur, et on peut leur faire répéter ce manège plus de dix fois de suite.

Le nom de casside, qui signifie casque, convient assez bo n aux insectes auxquels on l’a donné , car leur corselet et leurs élytres s avancent au-delà du corps; l’insecte vit au-dessous , d’autant mieux à l’abri du danger, qn’ordinairement la couleur de ces parties est analogue à celle des tiges sur lesquelles ou le rencontre. Les larves de ces insectes, dont on observe assez souvent une espèce -'Ur je chardon, ont. le ventre terminé par une sorte de

fourche , sur laquelle elles accumulent leurs excre'mens. Tant qu’elles sont occupées à paître tranquillement , elles traînent après elles ces ordures j mais au moindi e dangei, elles relèvent la fourche, et se cachent sous ce toit piotecteur , mais qui peut degouter les oiseaux.

Le quatrième et dernier sous-ordre des insectes coléoptères , comprend sous le nom de tridactyles ou de Trimères , les espèces qui n’ont que trois articles à tous les tarses. Comme les genres qu’on y rapporte sont en petit nombre , on ne les a point divisés en familles. Les uns ont les antennes plus longues que le corselet, tantôt eu massue comme les dasjceres et les dimorphes ; tantôt presqu en fil , comme les endomyques. Ces insectes se trouvent dans les lieux humides, sous les écorces et dans, les champignons. Les autres ont les antennes plus courtes que le corselet, qui est tantôt accolé aux élytres , comme dans les scymnes , et tantôt en est distingué pai une sorte d’échancrure , comme dans les coccinelles. Ce.-» deux genres sont plus connus ; ils ont entre eux les plus grands rapports.

Les coccinelles sont de petits insectes qui ont la foi me de la moitié d’une petite boule. Leur corps est lisse et brillant, et leurs belles couleurs les font surtout remarquer des enfans. On les appelle vulgairement vaches ou bêtes à Dieu. Quand on touche ces insectes , ils font aussitôt sortir de leur corselet une gouttelette d une humeur jaunâtre, odorante. Ce moyen de défense n’empeche pas quelles ne soient souvent la proie des hirondelles. Elles sont carnassières sous les deux états de larves et d insectes parfaits. Elles se nourrissent principalement de pucerons, et sous ce rapport elles sont fort utiles dans les jardins, Les larves se servent de pattes antérieures pour

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porter a la bouche les pucerons qu’elles dévorent. Elles se transforment ordinairement à lair libre et dans une sorte de coque qui ressemble à une fleur desséchée. On les observe souvent ainsi sur les corps solides auxquels elles se sont fixées. Ce genre comprend un grand nombre d espèces qu’on distingue principalement par les couleurs, pai leur anangement, la forme et le nombre des taches.

INSECTES

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