‹ Élémens des sciences naturelles. Ouvrage prescrit par arrêté et statut de l'université pour l'enseignement dans les colléges royauxChapitre 33 sur 47 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Des Reptiles , ou de la troisième classe des animaux .

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Les Reptiles sont des animaux vertébrés à sang rouge et d’une température variable, qui respirent l’air par des poumons , qui n’ont ni poils, ni plumes, ni mamelles.^ On nomme Erpétologie la partie de la zoologie ou de 1 histoire naturelle des animaux , qui a pour objet la connoissance des reptiles, et qui fait connoître les noms, l’organisation, les mœurs et la classification méthodique des

especes de cette classe.

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II y a parmi les reptiles des espèces qui marchent et qui rampent} d’autres qui nagent , et quelques-unes qui volent ou qui peuvent au moins se soutenir dans l’air pour quelque temps. La plupart, à l’exception des tortues, n’ont pas de cou bien distinct; leur poitrine n’est jamais séparée du ventre par une cloison charnue. H y a des espèces qui n’ont pas de queue; chez d’autres qui en ont une, elle paroît inutile ; mais il en est qui s’en servent comme d’une main ou comme d’une nageoire. Beaucoup d’espèces n’ont pas de membres du tout , tels sont les serpens ; chez d’autres , on n’en observe que deux très-courts ; enfin il en est, comme les lézards et les tortues , qui ont quatie appendices en forme de pattes ou de nageoires.

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Quoique les reptiles soient très-irritables, et que leurs parties manifestent encore une sorte de sensibilité longtemps après quelles ont été séparées du corps , leur cerveau est petit, et leurs nerfs sont très-solides. Ils jouissent

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des cinq sens , mais aucun ne paroît très-parfait. Ainsi chez eux le toucher est en général peu actif; souvent leur peau est recouverte d’écailles, de tests ou de plaques, ou quand elle est nue, elle est quelquefois libre, et non adhérente au corps , qu’elle renferme comme dans un sac; c’est ce qu’on voit dans les grenouilles. Tantôt , comme dans les serpens , leurs yeux n’ont point de paupières, et sont le plus souvent immobiles , couverts d’une sorte de corne; tantôt on y distingue trois paupières : quelques espèces paroissent privées de la vue. Il n’y a jamais de conque à l’oreille, et on ne trouve qu’un seul osselet sous le tympan ; il n’est pas toujours distinct au dehors. En général , leurs narines sont peu étendues, et leur odorat paroît foible. Il en est à peu près de même de l’organe du goût, la plupart ne font qu’avaler leur proie sans la mâcher ; et quand la langue se trouve charnue et mobile , cette disposition tient évidemment à la faculté de saisir les alimens ou de favoriser la déglutition.

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Plusieurs espèces de reptiles n’ont pas de côtes, comme toute la famille dans laquelle on a rangé les grenouilles ; -chez d’autres, comme les serpens, ces côtes sont libres , sans sternum; dans les tortues, elles sont toutes soudées entre elles ; enfin, chez la plupart des lézards , elles sont à peu près disposées comme dans les oiseaux. Les poumons sont toujours renfermés dans la même cavité que les intestins; il n’y en a qu’un seul dans les serpens. Les salamandres ont ces organes formés d’un très-petit nombre de cellules , et ils ressemblent à une vessie aérienne. En général, ces cellules sont très-grandes, surtout dans les grenouilles. Leur larynx est placé dans la bouche , et non fermé par une soupape en bascule; leur voix se produit le plus souvent dans la gorge, au moyen de certaines vessies ou cavités qui , en se remplissant d’air, font entendre

un coassement ou un son flûte. Plusieurs ne produisent qu’un sifflement sourd ) il en est qui n’ont pas de voix du tout.

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Jamais la totalité du sang des reptiles ne passe à la fois par le poumon. C’est même à cette cause qu’on attribue la différence de température que le sang de ces animaux présente, quand on la compare avec celle des mammifères et des oiseaux. Tantôt le cœur n’a qu’un seul ventricule , comme dans les grenouilles ; tantôt il y en a deux adossés et communiquans , comme dans les serpens : enfin dans les lézards et les tortues , on a observé quatre cavités ou loges qui communiquent entre elles.

Aucune espèce de reptiles n’a de véritables lèvres charnues; quelques-unes, comme les tortues, ont un bec de corne, semblable à celui des perroquets • d’autres ont des dents dont les formes varient beaucoup, quoiqu’elles ne servent pas en général à mâcher, mais seulement à retenir la proie. Quelques espèces , comme certains serpens, ont des crochets creux qui se redressent lorsque l’animal ouvre la bouche pour mordre , et qui insèrent un venin actif dans la plaie qui est produite par ces armes dangereuses. La plupart avalent leur proie toute vivante et sans la mâcher; leur œsophage est très-dilatable, et la digestion commence à s’y opérer. Il n’y a qu’une ouverture commune pour les résidus des alimens solides et liquides, et pour les organes de la génération ; on la nomme cloaque .

Les reptiles diffèrent beaucoup entre eux par la manière dont ils perpétuent leur race. Les uns s’accouplent réellement, et pondent des œufs revêtus d’une coque dure 5 d’autres ne s’accouplent pas , et la surface des œufs est alors molle et glaireuse. Tantôt le mâle féconde les œufs

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au moment même où ils sortent du corps de la femelle ; tantôt il abandonne sa laitance dans Beau , et cette liqueur va porter la vie dans les germes qui y sont plongés , quelquefois même, dans ce cas comme dans les plantes, elle paroît pénétrer dans les ovaires de la femelle. Aucune espèce ne couve ses œufs, puisque leur température ne paroît pas pouvoir s’élever au-dessus de celle dans laquelle ces animaux vivent. La plupart abandonnent leurs œufs après les avoir déposés dans un lieu convenable; quelquesunes les portent continuellement avec elles. Les petits , au moment où ils sortent de la coque , paroissent tantôt avec la forme qu’ils doivent conserver toute leur vie, et tantôt ils sont, à cette première époque de leur existence , organisés à peu près comme les poissons : ils ne se développent entièrement qu’au bout d’un certain temps, en subissant une véritable métamorphosé. On nomme têtard , le reptile imparfait , parce qu’il a ordinairement une très-grosse tête.

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On a remarqué que les reptiles pouvoient être partagés en deux grandes sous-classes, d’après l’organisation et la forme extérieure du corps. Les uns , en effet , subissent des métamorphoses; leur corps est toujours nu , sans carapace ni écailles, et leurs pattes sont toujours sans ongles; on les a nommés Batraciens (1091), d’après un mot grec qui signifie grenouille. Tous les autres ont le corps couvert, ou d’un test solide, ou d’écailles , ou d’une peau annelée et coriace. On les a rangés dans trois ordres. Les uns n’ont ni pattes , ni nageoires , ni paupières , ni tympans , comme les serpens ; ôn les a appelés Ophidiens (ioyô). Les autres ont , le plus souvent, des pattes ou des nageoires avec des ongles, ainsi que des paupières, etpresque toujours un tympan distinct. Chez plusieurs, le corps est couvert d’un test coriace ou osseux , qu’on nomme carapace : telles sont les tortues dont l’ordre porte le nom de Chéloniens (io5i).

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Tous les autres reptiles qui n’ont point de carapace , et dont le plus souvent les pattes et le corps sont couverts T’écailles , comme dans les lézards , ont été nommé Sauriens (ToSv).

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On a obtenu ainsi une méthode naturelle , et l’on peut se faire une idée nette de son ensemble, en considérant la forme extérieure du corps ou son organisation. Voici trois tableaux qui font connoître cette classification.

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Les Chéloniens composent une famille dont toutes les espèces ont entre elles la plus grande analogie. Leur

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corps est court , ovale , bombé , le plus souvent renfermé flans un test osseux ou coriace , nommé carapace , dans sa partie supérieure qui est formée par les vertèbres et par les cotes ; protège en dessous par un large sternum qu’on appelle plastron ( PI. i, fig. 1 ). Leur tête , portée sur un long cou , est armee de deux mâchoires en forme de bec. Ce sont des etres peu sensibles , dont la respiration est très-lente. Ils se nourrissent en général de végétaux : ils s accouplent et restent plusieurs jours réunis. Leurs œufs sont recouverts d’une coquille dure : la femelle les dépose dans le sable, où les petits éclosent avec la forme qu’ils doivent conserver toute leur vie.

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On divise l’ordre des chéîoniens en six genres bien distincts : les uns ont des nageoifes plattes à doigts soudés devant et derrière , ils ne se trouvent que dans la mer ; on les nomme chélonées : les autres ont des pattes onguiculées j mais tantôt leurs doigts sont réunis par une membrane avec trois ongles au plus , ce qui caractérise les h ioTij x y tantôt il y a au moins quatre ongles, et ces espèces , qui vivent dans les eaux douces , se nomment émydes et émysaures s quand leurs mâchoires sbnt tranchantes , convexes; et chélydes , lorsque leur bouche est plate, sans bec de corne, et leur carapace très-molle. Enfin, il est des espèces dont les doigts sont entièrement réunis et soudés , en un moignon arrondi , et ces animaux vivent le plus ordinairement sur la terre : ce sont les véritables tortues.

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Les chelone'es ont les quatre pattes aplaties en forme de rames , les antérieures beaucoup plus longues que celles de derrière. Leurs doigts sont réunis en une sorte de palette , ils sont de longueur inégale, et terminés par des ongles plats (PL 1 , fig. 12 ) à peine distincts sur les bords

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de la nageoire. Ce sont les plus grosses espèces de tortues, car il en est qui pèsent jusqu’à cinquante myriagrarames. On les rencontre principalement dans les mers du Midi : elles vivent de varecs , et pondent sur le rivage des îles. On recherche leur chair et leurs œufs ; c’est un aliment très-sain. On en distingue de plusieurs espèces : celle dont la chair est le plus estimée est la franche , qu’on pêche principalement près de File de l’Ascension , dans l’océan Atlantique. On recherche aussi le caret ou la lui lé.e , non pour sa chair , qui est coriace et qui donne la dysenterie , mais pour en obtenir V écaille ou la partie cornée qui recouvre sa carapace sous la forme de lames entuilées : chaque dépouille ne pèse guère que de cinq à dix kilogrammes. L’écaille est une sorte de corne dure , et susceptible d’un très-beau poli. Sa couleur varie du biun au rougeâtre et au blanc : celle-là est plus rare , plus recherchée : on l’appelle écaille blonde. On ramollit cette substance en la faisant chauffer dans l’eau bouillante ou dans l’huile : c’est alors qu’on la moule ou qu’on la force ? par la pression, de prendre la forme de pièces de métal préparées de manière à en obtenir des etuis, des boites, que l’on polit ensuite. On pêche le véritable caret dans les mers d’Amérique et d’Asie.

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Le nom de trionyx , qui signifie trois ongles, indique le caractère principal de quelques espèces de tortue , dont la carapace est molle sur les bords ; dont les mâchoires sont revêtues d’une portion de peau qui fait 1 office de levres, et dont les narines sont prolongées en une sorte de trompe courte ou de tube cylindrique; toutes les pattes sont palmées, et deux des doigts sont constamment sans ongles. On n’a encore trouvé d’espèces de ce genre que dans les grands fleuves des pays chauds , comme le Nil , l’Euphrate , le Niger, le Mississipi. Elles sont très-carnassières; elles se

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nourrissent de poissons et elles atteignent de grandes dimensions.

Les émjdes , qui ont des pattes palmées, membraneuses, et dont les doigts sont armés d’ongles crochus, habitent les bords des fleuves, des lacs et des rivières. Les unes dont on a lait un genre sous le nom éé émysaure put la queue très-longue, et se nourrissent principalement de petits animaux- elles vivent presque toutes dans les rivières d’Amérique : telles sont les espèces nommées lézarchne et serpentine. Les autres ont la queue courte : eiles se nourrissent de végétaux. On en rencontre plusieurs dans les rivières du midi de la France; telles sont la jaune , ainsi nommée parce qu’on observe des points et des taches de cette couleur sur le fond brun de sa carapace ; et la bourbeuse , qui est toute brune. On conseille l’usage de leur chair et du bouillon qu’on en obtient par la cuisson dans l’eau , pour les maladies de poitrine. Les chelydes forment un petit genre auquel on n a encore rapporté que Y émyde frangée ou matamata de Br uguièi es, qui se trouve a Cayenne, dans la Guiane, et qui a quelque rapports avec les pipas et quelques crapauds.

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Les tortues proprement dites ne vivent jamais dans 1 eau. Leurs pattes sont arrondies comme des moignons; leurs ongles seuls indiquent la position des doigts. Plusieurs ont la carapace très -bombée : le plastron ou la partie inférieure est concave en dessous dans les mâles. On trouve en Sardaigne 1 espece qu’on nomme la grecque , dont la carapace est recouverte de plaques carrées , noires et jaunes , avec des stries sur la moitié de la Iongeur et de la largeur; elle ne pèse guère au-delà de deux kilogrammes , et vit près de soixante ans. Les plus ré-

DES REPTILES SAURIENS, marquables pour les couleurs sont la géométrique , Y élégante et la rayonnée ou couï.

Les reptiles de Tordre des Sauriens ont le corps allongé , écailleux ou chagriné , sans carapace ; ils ont un sternum et le plus souvent des pattes dont les doigts sont garnis d’ongles , un tympan , des paupières , les branches des mâchoires soudées, armées de dents enchâssées ; leur queue, ordinairement très-longue, offre en dessous à sa base un cloaque à orifice transversal. Ils sont beaucoup moins lents que les tortues, quoique leur marche soit oblique 5 parce que leurs pattes sont très-courtes et fort éloignées du milieu du corps. Us se distinguent des chéloniens par le défaut de carapace et par la présence des dents; des ophidiens , parce qu’ils ont des paupières, le plus souvent un conduit auditif et les branches des mâchoires réunies, un sternum et deux poumons des batraciens , parce qu’ils ont des côtes , des ongles , la peau écailleuse ou chagrinée, et qu’ils ne subissent pas de métamorphoses.

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La plupart des sauriens n’ont pas de cou ou d’etranglement bien marqué après la tête : ils ont toujours une poitrine allongée, protégée par des côtes et un sternum. Leur queue est le plus souvent arrondie , quelquefois déprimée ou aplatie de droite à gauche, et elle sert alors de nageoire j rarement elle est propre a saisir les objets. Les membres, qui sont presque toujours courts, manquent quelquefois en tout ou en partie : le nombre des doigts et de leurs phalanges varie beaucoup, ainsi que leur forme et leur disposition respective. Toutes les espèces changent entièrement d’épiderme à chaque printemps. On leur remarque constamment des paupières. Leur langue présente beaucoup de différences , selon les genres 5 ce qui tient en particulier à la manière de saisir les ali-

DES REPTILES SAURIENS

mens. Leurs mâchoires ne peuvent pas se dilater, comme chez beaucoup de serpens. Tous se nourrissent d’animaux vivans. Leur voix est foibîe : c’est souvent un sifflement sourd , excepté les crocodiles et les geckos qui ont un cri assez remarquable. Us s’accouplent , pondent des œufs dont l’enveloppe est calcaire ou coriace : ils les déposent dans la terre ou dans le sable, et ne les couvent pas.

On a distribué les sauriens en une vingtaine de genres d’après leur manière de vivre. Les uns sont de véritables amphibies , et leur queue est en général comprimée de droite à gauche : elle leur sert de nageoire. Ils forment une petite famille sous le nom de planicaudes ou Uronectes , c’est-à-dire qui nagent avec la queue. Parmi ceux-là, il en est qui ont les écailles du dos de grandeur inégale , et tantôt leurs pattes de derrière sont palmées et leur tête plate, comme dans les crocodiles ; tantôt les doigts de derrière sont libres et la tête est carrée , comme dans la dragone . Quand les écailles du dos sont semblables entre elles, on observe que certaines espèces ont une crête soutenue par quelques rayons osseux , comme les basilics, ou qu’il n’y a point de crête dorsale, comme dans le tupinambis.

Toutes les autres espèces de sauriens n’ont pas la queue comprimée : la plupart vivent sur la terre ou sur les arbres. On les rapporte à deux familles suivant que leur queue est distincte du reste du corps , et qu’ils offrent une sorte de cou entre le crâne et les épaulés. Ceux-là sont dits grimpeurs ou Eümérodes (1061); les autres dont la queue n est pas distincte du reste du corps , et qui n ontpas de véritable cou , et qui par cela même ressemblent souvent tout-à-fait aux ophidiens, sont appelés

DES REPTILES SAURIENS

serpentans ou Urobènes ( 1062) , parce qu iis se servent de leur queue pour s’aider dans le transport.

On a rangé parmi les Eumérodes toutes les espèces de lézards dont les diverses parties du tronc sont distinctes , et les pattes munies de cinq doigts allongés. Tels sont les caméléons qui ont les doigts réunis en deux paquets ou faisceaux opposés , comme dans les oiseaux grimpeurs , qui de plus ont la queue prenante et la langue très-longue terminée par un tubercule. Les anolis et les geckos dont les doigts sont aplatis et garnis en dessous de lames entuilées (PI. 1 , fig. j 5 ). Tous les autres ont les doigts arrondis, coniques , distincts (fig. i3 , 14) ÿ tantôt , comme dans les dragons , les flancs sont prolongés et garnis de membranes en forme d’ailes soutenues par les côtes , tantôt les flancs sont arrondis. Alors on distingue sous le nom de stellions } lés espèces dont la queue est épineuse, couverte d’écailles disposées en anneaux, quelquefois osseuses, carénées. Celles qui n’ont pas la queue épineuse sont appelées iguanes , quand elles ont sur la gorge un repli de la peau ou un goitre dentelé en scie , et lézards quand ces espèces n’ont pas de goitre et que leur tête est couverte de plaques.

La troisième famille des sauriens , celle des urobènes , qui ont la queue et le cou confondus avec le tronc , dont les pattes , si elles existent , sont le plus souvent trèscourtes ou non développées , et servent peu à la marche , comprend d’abord les chalcides et les chirotes qui ont le corps nu, annelé ou divisé par compartimens carrés, sans plaques ni écailles , et dont les pattes sont au nombre de quatre ou de deux. Tous les autres genres ont le corps couvert d’écailles ; elles sont verticillées dans les tachjdromes qui ont qua tre pattes , et dans les ophisaures qui

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ont été ainsi nommés parce qu’ils ressemblent aux serpens , et que, comme, eux ils n’ont pas de pattes. Elles sont en recouvrement ou entuilées dans les orvets qui n’ont ni pattes , ni tympans ; dans les hjstéropes qui ont deux pattes postérieures seulement , et dans les scinc/ues qui ont constamment quatre pattes.

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Le corps des crocodiles est couvert d’écailles carrées, dont plusieurs forment des lignes saillantes qui se prolongent en une ou deux crêtes sur la queue. Leurs dents sont pointues , et leur langue courte , charnue , ne peut pas sortir de la bouche. Leur tête est longue et pesante; leurs mâchoires sont articulées tout-à-fait en arrière de la tête. Leurs narines forment un long canal qui s’ouvre dans la gorge et aboutit au bout du museau où leur orifice en croissant s’ouvre et se ferme à volonté ) leurs yeux vifs, à prunelle en fente, sont munis de trois paupières ; leur oreille ou tympan est recouverte d’une sorte de valvule ; leurs pattes courtes , écartées , ont cinq doigts en devant et quatre seulement derrière, dont l’externe est toujours sans ongle. Il est des espèces qui atteignent jusqu’à plus de dix mètres de longueur. O11 les a rapportes à trois sous-genres : les crocodiles proprement dits, comme celui du Nil ou le léviathan, le suchos adoré autrefois en Égypte , et ceux des Indes et des autres parties de l’Afrique qui ont le museau échancré pour recevoir la quatrième dent de la mâchoire inférieure qui est trèsgrosse; les caïmans d’Amérique , dont les grosses dents d’en bas sont reçues dans des trous correspondans dans la mâchoire supérieure ; et enfin les gavials qui ont le museau étroit, allongé, presque cylindrique , les dents égales entre elles : tel est celui du Gange,

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Les dragones ressemblent aux crocodiles , mais leurs

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dents sont plates et leurs pattes non -palmées à doigts allongés ; elles ont de grandes écailles carénées sur le dos , formant des crêtes sur la queue 5 la principale espèce a été observée à Cayenne et à la Guiane ; sa chair est estimée. On en fait la chasse dans les savannes , où l’on dresse des chiens à l’attaquer , et à découvrir les terriers qu’elle se creuse. Les tupinambis ne se rencontrent aussi que dans les pays chauds , sur les bords des fleuves des Indes , de Surinam , de Cayenne. Tel est le varan ou ouaran d’Égypte , dont on trouve la figure gravée sur les mouumens. Leur tête n’est pas garnie de plaques; leur queue est très-longue , comprimée , carénée.

Le principal caractère des basilics consiste dans une nageoire verticale écailleuse, soutenue par des rayons osseux et placée sur la queue. On n’en commît encore que deux espèces qui proviennent des Indes orientales a Am— boine et à Java. Elles ne sont peut-être différentes que par le sexe. L’une porte sur la tete une soi te de capuchon ou de couronne ; ce qui lui a fait donner le nom de basilic , qui signifie royal. Ces reptiles vivent sur le bord des rivières, grimpent aux arbres et se nourrissent d’insectes. On mange leur chair qui est très -délicate et fort recherchée. Ce sont des animaux craintifs et stupides. C’est un préjugé ridicule que leur seul regard fait mourir. On a donné ce nom à beaucoup d’animaux fabuleux.

Les lophyres ont reçu leur nom de la crête qu’ils portent sur la queue dans laquelle il n’y a pas de rayons osseux, jpn en commît cinq ou six espèces, tels que : le galéote, le sourcilleux , celle à casque ou fourchue. La plupart sont des Indes. Quant à Yuroplale , c’est un exemple unique parmi les reptiles que la forme de sa queue qui est déprimée - a bords plus minces, comme inenibi aneux.

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Leur tête est large, applatie. Leur peau presque nue, à grains tuberculeux très-finement chagrinée, est souvent fi a ngée. Ces sauriens ont beaucoup de rapports avec les^eckos; les deux espèces rapportées à ce genre singulier proviennent l’une deMadagascar , l’autre du Pérou ou du Chili.

Parmi les sauriens eumérodes ou grimpeurs, nous distinguerons les iguanes qui sont des lézards des Indes, dont le dos , la queue et la gorge supportent des crêtes ou des replis de la peau le plus souvent dentelés sur leurs bords. L’espèce la plus anciennement connue a été nommée dèlicatissime , parce qu’on recherche beaucoup sa chair , qui est blanche et très-agréable au goût : on la reconnoît à de grandes plaques arrondies, situées audessous des joues. O11 la trouve principalement à Surinam. La femelle pond trente œufs à coquille calcaire, dont le jaune est foncé en couleur et enveloppé dans une membrane solide On mange aussi ses œufs. Les autres espèces principales ont reçu les noms de cornue , defas ciée ou à bandes, de marbrée .

Les dragons ressemblent un peu aux iguanes : ils ont aussi une crête ou un goitre sous la gorge • mais leur queue est longue , cylindrique et grêle, et la peau de leurs flancs est prolongée, étendue sur des rayons osseux en forme d aile. C est à l’aide de cette membrane que les dragons volent, ou au moins qu’ils se suspendent dans l’air, et qu ds tombent lentement, comme en parachute. On n’a encore rencontré ces petits lézards , qui atteignent au plus trois décimètres de longueur, que dans les îles de l’Archipel indien. On en connoît trois espèces. On a longtemps désigné sous ce nom de dragons des animaux fabuleux , qu’on a supposé avoir trois ou sept têtes armées d’un bec crochu , et deux pattes garnies de griffes Iran-

32g DES REPTILES SAURIENS.

chantes. On trouve même des figures de ces monstres imaginaires dans les ouvrages de Gesner, d’Aldrovande , de Jonston , ainsi que dans celui de Séba. Souvent on montre dans les cabinets, des animaux qu’on nomme dragons , basilics , sirènes : ce sont des raies, dont les parties divisées avec adresse, contournées et séchées dans des positions très-singulières , ressemblent en effet à ces êtres fabuleux décrits par plusieurs auteurs.

La forme des stellions est fort remarquable; ils ressemblent un peu aux crapauds; leur corps est ramassé, aplati; leur peau chagrinée , couverte de tubercules; leur tête déprimée, plus large en arrière; leur queue courte est formée d’anneaux , dont les écailles sont épineuses. On ne rencontre ces animaux que dans les parties les plus chaudes de l’Amérique et de l’Afrique; ils se retirent sous les pierres et dans les fentes des vieux édifices pour ne sortir que la nuit. L’espèce la plus connue se trouve en Égypte ; on l’appelle cordjle. Ce n’est pas cependant l’animal décrit sous le même nom par les Grecs. Le stellion le plus remarquable pour les couleurs , est X azuré ou courte— queue $ il vit en Amérique : sa couleur est d’un beau bleu , avec des bandes en travers plus foncées. La plus grosse espèce se rencontre en Égypte; elle atteint plus de sept décimètres de longueur. Les Arabes la nomment harbajr .

Les caméléons , qu’on regarde comme le symbole de l’hypocrisie, parce qu’on a cru long-temps que ces animaux changeoient de forme à volonté, et prenoient la couleur des objets voisins (1) pour ne point être aperçus ,

fi' Peuple caméléon, peuple singe du maître. Lafont.

DES REPTILES SAURIENS

.ont faciles a distinguer de tous les autres sauriens • leur corps est comprimé, terminé par une queue prenante recourbée en dessous ; leur tête est anguleuse , et leur .angue, longue , cylindrique , peut sortir de la bouche sous la forme d’un ver; son extrémité est terminée par un tubercule visqueux ; enfin leurs doigts sont réunis jusqu’aux ongles en deux faisceaux. Les caméléons ne se rencontrent que dans les parties les plus chaudes de Afrique et de l’Inde : leur marche est lente et singu- ICre ’ 1 s 8umPent aux arbres, et s’accrochent aux branches avec deux ou trois pattes; ils restent immobiles des ncures entières; leurs yeux peuvent se mouvoir isolément, et dans un sens opposé; leurs poumons sont trèsvolummeux , et communiquent sous la peau. Aussi ces animaux peuvent-ils se gonfler et rester plus de deux Heures de suite le corps balloné , et occupant le double

C 5011 d‘ametre or<lmaire. Les caméléons sont faibles et timides ; ils vivent d’insectes. En captivité , ,1s supportent

,. Jeune Pe»dant une année entière ; ils pondent au moins

< ix œufs. L’espece la plus connue se trouve en Égypte et en Barbarie. &t7i

Les gecko* et les anolis ont entre eux quelques rapports. Ce sont des sauriens dont les doigts sont comme lobés

et gai ms de lames embriquées dans toute la longueur chez

les premiers ( fig. i5 a a n nk ,

,, * , v ë ’ ,a> a>a)y et seulement sous

avant dermere phalange dans le espèces du second genre, es lézards adhèrent sur les corps les plus lisses , s’y collent et s y soutiennent contre leur propre poids. Les geckos sont es animaux hideux à ventre aplati , à doigts larges, à tête plate , a gros yeux dont la fente de la prunelle est linéaire ils paroissent changer de couleur à volonté. Leurs ongles août souvent rétractiles Les anolis se rapprochent beaucoup plus des lophyres et des iguanes.

DES REPTILES SAURIENS

Les lézards , qui sont les seuls sauriens que nous trouvions en France , ont le corps couvert d’écadies en dessus , et de plaques en dessous et sur la tête ; leur queue est longue et conique. Ce sont des animaux innocens , très-agiles, qui grimpent sur les murailles et sur les troncs d’arbres. 11 s’en trouve des espèces dans les régions tempérées des deux continens. On en connoît un grand nombre; les plus grosses espèces de France se trouvent dans le midi, presque toutes s’engourdissent pendant l’hiver. Il y a beaucoup plus de femelles que de mâles. La queue de ceslezards est formée d’anneaux qui se détachent très-facilement 5 et cette partie de la queue, lorsqu’elle est rompue , remue encore long-temps après avoir été séparée du corps. Cette queue se régénère , mais elle est toujours difforme; quelquefois il en pousse deux au lieu d’une. On a trouvé des lézards à deux têtes , mais c’étoit une monstruosité.

Parmi les urobènes ou les lézards dont la queue est à peine distincte du reste du corps , on doit placer d’abord les scinques qui ont le corps entièrement revêtu d’écailles placées en recouvrement à la manière de celles des poissons. On en connoît beaucoup d’espèces , toutes ont la queue très-grosse à la base. L’une d’elles se trouve en Égypte , ou les habitans la font, sécher pour la livrer au commerce des drogueries, principalement en Asie. Ces scinques sont gris à zones noirâtres ; les bords de leurs doigts sont denteles. Cette matière animale ne jouit pas des propriétés qu’on lui attribue. Les chalcides ont le corps couvert de plaques carrées, non entuilées ; leurs quatre pattes sont trèscourtes , de sorte que ces animaux rampent plutôt qu’ils ne marchent. Les chirotes n’ont que deux pattes de devant. On n’en connoît encore qu’une seule espèce qui a été trouvée au Mexique.

DES REPTILES OPHIDIENS

Les ophisaures ressemblent aux orvets 5 mais ils ont de plus un conduit auditif externe. On les distingue en outre par un pli qui règne sur leurs flancs , dans toute la longueur du tronc, jusqu’à l’origine de la queue qui est souvent plus longue que Je reste du corps, et qui est aussi très-fragile. Les orvets , dont on trouve plusieurs espèces en France, sont des animaux très-innocens qui ne se nourrissent que de lombrics , d’insectes et autres petits animaux. Leurs dents sont courtes, leur langue est courte, semblable à celle des lézards. Leur queue est si fragile^ qu’elle se rompt par les seules contractions de l’animal, lorsqu’il est saisi de crainte, et qu’il cherche à s’échapper; mais elle se reproduit. L’espèce la plus commune se nomme vulgairement anvoie ou anguille de haie. On la mange dans quelques cantons; mais sa chair est huileuse. Les autres espèces ont été observées aux Indes et en Amérique : tels sont le miguel ou orvet tacheté , l’orvet rouge, le corallin août les couleurs sont très -agréablement disposées.

Le caractère des serpens ou Ophidiens réside, ainsi que nous 1 avons vu (1049), dans la forme de leur corps, qui est allonge , sans pattes, dans leur defaut de paupières et de tympan distinct. Ce sont des animaux froids au tou-

cher, qui habitent les lieux obscurs, humides et chauds; qui inspirent une certaine horreur et une répugnance très-grande à cause de leur peau nue, souvent livide , huileuse et puante; de leurs yeux fixes et menaçans; de leur sifflement lent et sourd ; de leurs mouvemens obliques et rapides, et enfin par le poison terrible dont plusieurs espèces sont armées.

L échine des ophidiens est composée d’un grand nombre

23o des reptiles ophidiens.

de vertèbres, qui ont à peu près la meme forme depuis îa tête jusqu’à la queue : elles se meuvent les unes sur les autres , principalement de droite à gauche. Leur tete est peu mobile sur le cou , quoiqu’elle soit articulée par un seul condyle à trois faces. Toutes les espèces ont des côtes ; mais jamais on n’observe chez elles de sternum. Leur progression s’opère à l’aide de sinuosités et de sauts dans 1 eau et sur la terre, ainsi que par la faculté dont plusioms jouissent de s’entortiller et de grimper comme cela autour des branches.

Quoique la tête de beaucoup de serpens soit tres-volu— mineuse , leur crâne n en forme que la momdie paitie • il contient un cerveau qu’il enveloppe etroitement. Leur oeil est fixe , toujours sec à la surface , et constamment recouvert par la peau : car il n’y a point chez eux de paupières, ni d’humeur des larmes. Aucun n’a d’ouverture extérieure pour l’oreille. Leurs narines sont comtes, peu développées , ordinairement simples et situées à l’extrémité ou sur les côtes du museau. Leur langue varie beaucoup ; mais , quoique molle , humide , longue et fendue , elle paroit plutôt destmee a saisir les alimens qu a en fan e percevoir les saveurs. Le toucher résidé dans toutes les parties du corps qui peuvent embrasser les objets , mais 11 est émoussé par les écailles et par î’epiderme de corne , qui l’enveloppent de toutes parts. Cet epiderme s enlève au moins une fois tous les ans, meme dans la paitie qui recouvre les yeux , et l’animal s’en debarrasse en une seule pièce , qui est retournée comme un gant lorsqu on la trouve abandonnée.

Tous les serpens ont la bouche garnie de dents coniques , courbées j mais elles 11e servent jamais a mâcher : ce sont seulement des crochets destines à retenir la proie qu ils

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saisissent toujours vivante. Ces dents sont quelquefois en très-grand nombre (fig. a, d, d) , et portées sur des os Pai Dculiers de la voûte du palais. Tes crochets à venin ne se rencontrent que dans un petit nombre d’espèces. Trèssouvent les deux mâchoires ne sont point réunies au milieu : elles peuvent se séparer et dilater ainsi considérablement l’ouverture de la bouche. La langue est le plus souvent fourchue à son extrémité ( fig. 2 , g ) ; elle sort de la bouche et vibre avec vitesse. C’est à tort qu’on la nomme dard , et qu’on croit que les serpens s’en servent pour piquer et introduire leur venin. Ces animaux 11e boivent pas et 11e peuvent sucer. Leur digestion est très-lente; et quand ils ont avalé des alimens en quantité un peu considérable , ils tombent dans une sorte d’engourdissement léthargique. Il nj a jamais de vessie dans ces animaux • les résidus des alimens et les organes de la génération aboutissent dans une même cavité qu’on nomme cloaque , et qui s’ouvre en travers chez le plus grand nombre.

Il y a toujoui s un accouplement dans les ophidiens : les organes qui le produisent sont doubles ( fig. 3 , a, b, cj. Les femelles pondent, en général, des œufs à coquille légèrement calcaire, réunis le plus ordinairement en chapelets. La circulation s’opère toujours lentement chez les serpens : elle est cependant subordonnée chez eux à l’acte de la respiration , à la température de l’atmosphère et aux passions. Leur cœur offre deux oreillettes avec un seul ventricule partagé en deux loges. Ils n’ont qu’un poumon unique. Leur voix est foible ; c’est une sorte de soufflement ou de sifflement sur la lettre S. Quelquefois ces œufs éçlosent dans l’intérieur du corps , et les petits naissent vivans; c est le cas de la vipère , qui a tiré son nom de cette particularité. Mais un grand nombre d’autres espèces ont offert la même observation. Les femelles pren-

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nent soin de leurs petits flans le premier âge. On en a vu qui présentaient un refuge très-singulier à leur famille un moment d’un danger imminent. Les petits, que la mère semble avaler, se placent dans son œsophage, et ils n’en sortent que lorsque les craintes ont cessé.

On a disposé les genres de l’ordre des serpens d’une manière commode pour l’étude et fort naturelle. Les uns ont la peau nue, ou bien également écailleuse en dessous, et les mâchoires le plus ordinairement soudées; on les nomme homodermes. Ceux-là sont innocens, et ne peuvent guère manger que de très-petits animaux , aussi sont-ils généralement de petite taille ; tandis que chez les autres on voit sur la peau du ventre des écailles beaucoup plus grandes , qu’on nomme des plaques. Leur mâchoire supérieure est constamment composée de deux branches qui peuvent s’écarter , ainsi que dans l’inferieure ; on les appelle hétéro derme s. C’est parmi ces derniers que se trouvent presque toutes les espèces venimeuses et celles qui atteignent les plus grandes dimensions. Voilà les premières divisions ou le point de départ. Les espèces qui ont la peau nue sont les cécihese t les amphisbènes : celles qui l’ont également écailleuses , sont les rouleaux , les typhlops , les acrochordes et les hydrophi des. Dans tous les autres genres, le corps est couvert de plaques en dessous ; mais tantôt on n’en voit qu’un simple rang sous la queue ( fig. 9 et 4) •> tels sont les cro~° taies, les scytales ët les boas ; tantôt elles forment là une double rangée (fig. 5), comme dans les platures , les couleuvres , les vipères , les bongares .

Parmi les serpens Homodermes, les cécilies et les am phisbenes n’ont quelques rapports que par la forme du corps et par la manière de vivre. La peau est nue , à plis

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longitudinaux dans les premiers : ces plis sont transverses chez les seconds ( fig. 8). Sur les uns, l’ouverture du cloaque est arrondie; chez les autres, elle est située en travers. Tous deux ont les mâchoires réunies, non dilatables; ce sont des animaux d’Amérique. On ne connoît pas bien leur manière de vivre. On a débité sur l’histoire des amphisbènes beaucoup de contes ridicules. On a suppose, par exemple, qu’ils avoient deux tètes, dont l’une conduisent l’autre qui dormoit pendant ce temps; qu’ils marchoient en avant et en arrière ; qu’un seul de leurs regards faisoit mourir; qu’ils pouvoient lancer leur venin a une grande distance ; que lorsqu’ils étoient partagés ou rompus, ils formoient deux animaux différens ; enfin, que les amphisbènes réduites en poudre étoient un excellent topique dans les fractures.

, Le nom à'nrochorde, qui signifie qui a des verrues, a ete donné à une espèce de serpens de Java , dont la peau est couverte de tubercules. On le dit très-venimeux. Les hydrophi de s sont des serpens qui vivent dans l’eau et dont la queue est comprimée et obtuse. On les a observés dans les eaux salées des Indes et d’O-Taïti. Us nagent trèsbien : on regarde aussi leur blessure comme dangereuse.

Tous les serpens Hétékodermes ont le corps couvert d écailles en dessus , de plaques en dessous, et leur mâchoire inférieure est dilatable. On reconnoît les platures à la forme de leur queue, qui est aplatie, ainsi que l’indique leur nom. Les seules espèces connues dans ce genre se trouvent aux Indes. La plupart ont des crochets venimeux et paioissent organises de manière à vivre dans l’eau.

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Les couleuvres ont la tête couverte de plaques (%. 6) ,

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et elles n’ont point de dents venimeuses. On observe deux rangs de plaques sous toute l’étendue de leur queue, qui est toujours simple , conique. Les reptiles de ce genre se trouvent dans les deux continens ; ils vivent isolés , s’engourdissent l’hiver dans les climats tempérés et s’accouplent au printemps : chez quelques-uns les œufs éclosent dans l’intérieur du corps. On les trouve souvent endormis au soleil. Leur voix n’est qu’un sifflement sourd; plusieurs ont une odeur désagréable. Les couleuvres se nourrissent de grenouilles, d’insectes, d’œufs, et même de petits oiseaux : quelques-unes grimpent aux arbres. On en connoît un grand nombre , dont plusieurs sont ornées de couleurs vives. Ce sont des animaux très-innocens pour l’homme. Les principales espèces de France sont la lisse , qui est d’un gris cendré en dessus , et noirâtre irisé en dessous , et celle dite à collier, d’une couleur grise aussi , mais avec une bande jaune bordée de noir , placée en travers sur l’occiput. On la trouve dans les lieux humides : elle nage souvent dans les étangs et elle pond ses œufs en un groupe formant une sorte de chapelet.

io85.

Les vipères ont reçu ce nom , parce qu’on a cru longtemps que ces serpens étoient les seuls dont les petits sortoient vivans du corps de leur mère. Le véritable caractère des vipères consiste dans la présence des crochets à venin On désigne sous ce nom des espèces de dents surnuméraires ( fig- il ), portées sur des os particuliers , qui peuvent se redresser ou se cacher dans la bouche à la volonté de l’animal. Ce sont des épines courbes , sur la convexité desquelles on aperçoit une petite canelure (a) qui conduit à un canal où se trouve une humeur particulière produite par un organe placé à la base. Il y a plusieurs germes de ces crochets; maison n’en remajque ordinairement qu’un ou deux qui peuvent

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se redresser ; les autres sont destines à remplacer miers lorsqu’ils tombent.

les pre-

Il semble que la nature ait voulu accorder à ces serpens , qui sont en general des êtres très- foibles , les moyens de dompter presque subitement les animaux beaucoup plus agiles ou plus forts qu’eux, dont ils doivent cependant se nourrir. L’humeur du venin est en effet de nature à engourdir ou à tuer presque subitement les animaux sous la peau desquels il en pénètre une petite quantité par des blessures. Cette humeur se dissout dans 1 eau et dans l’alkool : elle se conserve liquide et sèche , pendant trois ou quatre ans, avec toutes ses propriétés, vu quart de milligramme de venin de vipère suffit pour tuei un oiseau du poids de deux décagrammes. La vésicule à venin de la vipere ne contient guère qu’un décigramme de cette humeur , qui est très-lente à se séparer. Ce poison ne produit aucun effet sur les animaux qui l’avaient. Les accidens qui accompagnent la morsure varient beaucoup : quelquefois ils causent l’assoupissement ; dans d’autres circonstances des convulsions, la jaunisse, la gangrène , une fièvre extrême, des dépôts purulens , très-rarement la mort. Les principaux remèdes sont l’émétique et les caustiques.

Presque toutes les vipères vivent dans les pays chauds , surtout en Amérique et aux Indes. L’une de ces espèces est surtout remarquable par une ligne noire en forme de porte-agrafe, ou de branches de lunettes, placée sur la peau du cou dans une partie qui peut à volonté devenir fort large. Elle fait périr les chiens au bout de trente-sept minute, et les poules en une minute et demie. On la désigne oïdmairement sous le nom de serpent à coiffe ou

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de vipère à lunettes. On reconnoît la vipère commune â sa tête couverte de petites écailles ( fig. 7), à sa couleur verdâtre en dessus, avec une ligne brune ou noire ondulée ; elle est plus foncée en dessous , avec quelques taches sur les flancs. Cette espèce ne peut tuer que tes petits animaux ; on prétend même que son venin ne produit aucune action sur les limaçons, les lombrics, les couleuvres, ni sur les gencives et les yeux de l’homme. On employoit autrefois beaucoup de corps de vipères en médecine ; mais maintenant on n’en fait plus usage. La vipère noire est remarquable par les points blancs de ses lèvres, dont le fond est de couleur brune, ainsi que le reste du corps. On la trouve dans le nord de la France.

On désigne sous le nom de s cy taie s des serpens dont le dessous du corps , de la queue , et le sommet de la tête sont garnis de plaques entières; ils ont des crochets à venin , et leur queue est conique , simple. On ne les rencontre qu’aux Indes et en Amérique. Les boas ressemblent aux scy taies , mais ils n’ont pas de crochets à venin ; leur ventre est comprimé , plus mince et beaucoup plus court que le dos. Ce sont les plus grosses especes de serpens connues; on en a vu de cinquante, et même de quatre-vingts coudées de longueur. Ils étranglent de très— gros mammifères , comme des faons , des gazelles , en les enveloppant des replis tortueux de leur corps. Quand ils sont parvenus à étouffer ces animaux , ils les etendent elles couvrent d’une couche de salive avant de les avaler en partie. On mange la chair de ces serpens dans les Indes ; on en expose même des tronçons dans les marchés. L’espèce la plus connue est nommée le devin ou le roi des serpens . Les nègres de la côte de Mozambique ont beaucoup de vénération pour cet animal. On trouve d’autres espèces de ce genre en Amérique.

DES REPTILES BATRACIENS. a37

Le nom de ci otcile signifie grelot , et il indique le prin— cipal caractère des animaux auxquels on l’assigne. Ce sont en effet des serpens venimeux , dont la queue est terminée par des sortes de vésicules de matière cornée, enfilées et mobiles les unes sur les autres, qui produisent un son particulier, lorsque les serpens font le plus petit mouvement; aussi les nomme-t-on en Amérique serpens à sonnettes. Le nombre de ces gaines ou grelots varie suivant l’âge et la grosseur de l’animal; on en trouve rarement quarante, et le plus souvent sept ou huit. Ces serpens portent une odeur désagréable ; tous les animaux les craignent, à l’exception des cochons, qui s’en nourrissent. Leurs blessures sont très-dangereuses : au premier instant on n’éprouve pas de douleur; mais, après quelques minutes, on ressent un élancement analogue à celui que produit une piqûre de guêpe : la partie s’enfle; il survient une soif dévorante; la langue se gonfle si fort, qu’elle sort de la bouche , et que l’on périt comme étranglé. Quand on échappe à la mort , on est sujet à des douleurs qui se renouvellent périodiquement. Quelquefois la gangrène se manifeste dans la partie mordue. Le principal remède connu est l’application d’un fer rouge, ou la prompte extirpation de la partie sur laquelle l’animal a enfoncé ses crochets.

On nomme Batraciens les reptiles dont la peau est nue, sans carapace ni écailles; dont les doigts sont toujours distincts et sans ongles ; qui ne s’accouplent pas réellement, et qui subissent le plus ordinairement des métamorphoses. Les batraciens different beaucoup des autres reptiles par leur organisation ; la plupart n’ont point de cotes ou ils les ont très-courtes. Quelques espèces portent une queue ; les autres en sont privées. Ces dernières sautent

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plus souvent qu’elles ne marchent : toutes ont l’œil garni de paupières, souvent au nombre de trois; leur langue présente beaucoup de variétés ; toutes se nourrissent d’animaux vivans ; leur bouche est très-large , sans lèvres mobiles ; leurs dents, très-courtes, sont implantées dans des mâchoires soudées ; leur cœur est à un seul ventricule et à une seule oreillette ; leurs poumons sont formés d’un très-petit nombre de cellules, et ressemblent quelquefois à des vessies : ils respirent à l’aide des muscles de la gorge ; ils n’ont ni épiglotte ni larynx ; leur voix, qu’on nomme quelquefois coassement (915) , est produite par l’accès de 1 air dans certaines vessies. Aucune espèce ne s’accouple véritablement; quelques-unes pondent leurs œufs en chapelet, et sont aidées par les mâles ; d’autres les déposent isolément. L’enveloppe de ces œufs est toujours molle et flexible. Les petits qui en naissent se développent constamment dans l’eau, et le plus souvent dans les eaux douces; ils respirent d’abord par des branchies ; ils sont analogues aux poissons ; ils éprouvent divers changemens dans leur forme, dans leur structure et même dans leur manière de vivre.

L’ordre des batraciens peut être partagé en deux grandes familles ; ceux qui ont une queue, ou les urodèles , et ceux qui en sont privés , qu’on nomme anoures. Parmi les premiers , les sirènes n’ont que deux pattes; tandis que les salamandres , les tritons et les protées en ont quatre. Les raines , les grenouilles , les pipas et les crapauds , qui n’ont pas de queue , se distinguent par la longueur des membres de derrière , et par la forme de l’extrémité des doigts.

Ce simple défaut de la queue rapproche d’une manière

UES REPTILES BATRACIENS. 2j<;.

liés - avantageuse les Anoures, dont nous allons parler ïls se ressemblent par le squelette, par l’organisation generale , et surtout par le mode de génération. Le mâle aide la femelle a se debarrasser de ses œufs ( fig. 17 ) • il les féconde de sa laitance au passage ; quelquefois il s’en charge lui-même , en enveloppant autour de ses cuisses le chapelet de matière flexible et élastique qui les réunit ; ou bien il les place sur le dos de la femelle , où ils doivent se développer dans l’épaisseur de la peau. Lorsque les petits sortent de l’œuf, ils sont aveugles et sans pattes %• *8) ; ils ont une queue; ils respirent par des branchies. Sous cet état , on les nomme têtards : on a cru jusqu’ici qu’ils se nourrissoient uniquement de matières végétales; leur ventre est très-gros, globuleux , et leurs intestins excessivement longs. Bientôt ils changent de peau ; on leur voit des yeux (fig. i9) • îes deux pattes de derrière se développent d’abord (a, a ), puis celles de devant; la queue tombe, puis les branchies. L’animal respire l’air, et paroît enfin sous la forme qu’il doit conserver toute sa vie.

logé).

Les crapauds ont le corps large , épais, la peau couverte de verrues, et principalement de deux grosses glandes situées sur le cou ; leurs pieds de derrière sont à peu près de la longueur du corps. Ce sont des animaux lents et dégoûtans , qui fuient la lumière, se retirent dans les Beux sombres et humides, et ne sortent que la nuit pour aller à la recherche des vers et des insectes, dont ils se nourrissent. Us s’engourdissent l’hiver, et se rassemblent souvent dans des lieux étroits, où ils s’amoncèlent • ds pondent nu printemps et produisent un son lent et ! Ute ; ils se gonflent et lâchent leurs urines dans le danger. Ce sont des animaux innocens , qui n’ont pas de vemn , et qui ne morden t pas.

a4o DES REPTILES BATRACIENS»

log4.

O11 connoît dans ce genre une douzaine d’espèces. On

trouve en France la plupart de celles dont nous allons parler. i°. Le calamite , dont le corps est vert, avec une ligne jaune sur le dos et des verrues rousses. 20. U ordinaire, qui est cendré , avec des pustules roussâtres. Ces deux crapauds vivent sous terre , sous les pierres , dans les troncs <Tarbres. Le dernier coasse lentement le soir et pendant la nuit : sa voix est flutée. Il fait entendre des sons qui paroissent se rajiprocher ou s’éloigner à sa volonté '7 c’est un véritable ventriloque. On en a souvent rencontré de vivans dans l’intérieur des maçonneries et des troncs d’arbres , ou il paroît qu’ils n’avoient eu qu’une foible communication avec l’air. 3°. Le sonnant ou pluvial, d’un brun verdâtre en dessus , bleu en dessous , avec des lignes orangées. Son coassement ressemble au bruit d’un timbre de métal : il vit dans les eaux stagnantes. Lorsqu’il craint, il s’aplatit contre terre : quand on le frappe , il se couche sur le dos. On prétend qu’il reste quatre ans sous forme de têtard. 40. accoucheur, qui est petit, bjmn en dessus , avec des taches irrégulières plus foncées. Le mâle porte les œufs de la femelle, et ne les abandonne que lorsqu’ils sont près d’éclore. Ses têtards vivent d’abord dans l’eau , et ils sont carnassiers.

On trouve à Surinam et dans la Nouvelle* Espagne un batracien très-remarquable par l’aplatissement singulier de tout le corps , et principalement de la tête , qui est presque triangulaire. Le mâle place les œufs , après les avoir fécondés , sur le dos de sa femelle. Leur présence fait gonfler la peau , qui forme autour d’eux autant de cellules , oh ils restent à peu près trois mois , pour y subir toutes leurs métamorphoses ; de sorte qu’ils naissent véritablement , sans avoir paru au-dehors , sous la forme de

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letarcls. On prétend que les nègres recherchent la chair de ce reptile, qu’ils nomment pipa ou tédon.

Les grenouilles ne different guère des crapauds ; seuiement leur peau est lisse, et leurs pattes de derrière ordinairement palmées ( fig. ,6), sont au moins d’un tiers plus longues que leur corps. Toutes s’accouplent et pondent dans l’eau. Elles nagent et sautent très-bien • elles ne peuvent ni marcher, ni grimper. Ce sont des ammaux timides, dont la vie est très-dure. Ils coassent beaucoup , principalement pendant la nuit; et dans le temps de l’accouplement , les mâles font sortir, aux environs de la bouche , deux vessies que l’air de leurs poumons enfle et gonfle. On exprime à peu près la monotonie ce leur cri par ces syllabes : bré-ké-hè-kec-co&x-coax • de la vient même le nom de coassement. On mange les eusses des grenouilles dans plusieurs départemens : c’est un aliment très-sain et très-délicat.

On trouve en Amérique des grenouilles qui pèsent près de huit kilogrammes , et qui avalent de petits canards.

Fraîlce’ on ne commît guère que deux espèces, hi verte et îa rousse, qui se trouvent principalement dans les lieux humides. L’espèce la plus remarquable de ce genre est celle qu’on nomme la paradoxale ou la jack/e qm vit à Surinam. Son têtard, presque aussi gros que animal parfait, a donné lieu de croire que cette .4nouille se changeoit en poisson. b

On appelle raines ou rainettes des reptiles qui ne diffèrent des grenouilles que parce que leurs doigts sont termines par des disques épatés ou élargis, au moyen desquels elles peuvent s’accrocher et se tenir suspendues sur es corps les plus lisses. Ces animaux vivent , en gêné-

iG

DES REPTILES BATRACIENS

ral, sur les feuilles des arbres. Leur coassement pourroit etre rendu par le son de ces syllabes : carak-ca-rak-kac. On les désigne souvent sous le nom de grais.sels. On n en connoît qu’une espèce en France : elle est en dessus d’un beau vert de pré, avec une ligne latérale jaune, boidée de violet et blanchâtre en dessous. Toutes pondent dans l’eau, et s’y engourdissent pendant l’hiver, comme les

grenouilles.

Les batraciens qui ont une queue , ou les Urodèles , se rapprochent par la forme générale du corps , par 1 organisation , par la manière de vivre et de se reproduire. Deux genres conservent leur branchies (1)5 trois ont des côtes très-courtes, quatre pattes (2). On ne connoît encore qu’un petit nombre d’espèces qu’011 puisse ranger dans cette section.

IlOO-

Un préjugé très -ancien a rendu célébrés les salam an dre s ; 011 a cru qu elles vivoient dans le feu , et on les a employées dans beaucoup d’emblèmes, en raison de cette particularité extraordinaire et merveilleuse. Ce sont des animaux allonges , dont la peau est unie , la tete plate , les doigts sans ongles et la langue adhérente. Pour le reste des formes, elles ont quelque analogie avec les lezaids. Ces animaux présentent des singularités très- remarquables relativement à leur fécondation et à la reproduction des parties qu’on leur enlève. On trouve les salamandres dans l’eau au premier printemps. Quelques espèces sont, à ce qu’il paroît, fécondées par la laitance que le mâle répand dans le fluide oh elles sont plongées : chez d’autres espèces , les mâles vivifient chacun des œufs ,

(r) Le protée et la sirène.

(2) Salamandre , triton et protée.

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