‹ Élémens des sciences naturelles. Ouvrage prescrit par arrêté et statut de l'université pour l'enseignement dans les colléges royauxChapitre 43 sur 47 · CHAPITRE XXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXL

Des Mammifères , ou de la première classe des animaux .

X-je nom de Mammifères , qui signifie porte-mamelles, indique d’avance le caractère principal des animaux auxquels on l’a appliqué. Tous ont des vertèbres , le sang rouge et chaud ; ils respirent par des poumons • ils font des petits vi vans , qmls nourrissent d’une humeur particulière qu on nomme lait , et qui se forme dans leurs mamelles.

Ce n est point assez de connoître ces caractères généraux, qui suffiroient, à la vérité, pour distinguer les mammifères de tous les autres êtres vivans : il faut, pour s en faire une idée exacte , les comparer dans les diverses pailies de leur organisation. Cette manière d’étudier servira en meme temps à établir les différences essentielles qui les éloignent de tous ceux des classes précédentes * elle nous apprendra aussi dans quelles parties nous pourrons trouver les variations les plus importantes pour l’établissement des ordres. Nous allons donc considérer successive-* ment, dans les mammifères, les organes du mouvement, des sensations, de la nutrition, de la respiration , de là voix , enfin ceux de la génération.

La classe des mammifères est, sans contredit , celle qui présente le plus grand nombre de variations dans les organes du mouvement : il est , en effet , de ces animaux qui marchent, qui sautent, qui courent, qui grimpent, qui nagent , qui plongent , qui volent , etc. , et qui jouisent de ces diverses facultés ensemble ou séparément. Les

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uns ont quatre membres, dont ils peuvent se servir pour marcher seulement , pour saisir les corps , et pour attaquer ou se défendre. D’autres n’en ont que deux principalement destinés au mouvement. Toutes ces actions s’exercent à l’aide des os et des muscles.

La charpente osseuse des mammifères est toujours essentiellement construite avec une échine, qui forme le tronc , et des membres dont le nombre et la longueur varient , mais qui sont à peu près composés des mêmes parties. É’échine ou la colonne vertébrale porte constamment une tête ou un renflement considérable, qui loge le cerveau dans une boîte osseuse, qu’on nomme crâne , et les principaux organes des sens dans une autre partie excavée, qu’on appelle face. Le cou est formé par sept vertèbres (ï) ; le nombre de celles du dos varie beaucoup; il est de onze à vingt-quatre ; celles des lombes , du bassin et de la queue présentent encore plus de différences, puisqu’en totalité on a trouvé les deux extrêmes de onze à quarante-six. Les cotes sont toujours appuyées sur un sternum ; le bassin ne manque que dans un ordre de cette classe, celui des Cétacés. Les membres présentent quelques variétés , principalement dans la composition de l’épaule s et dans le nombre et la disposition des doigts.

Quelques mammifères n’ont à l’épaule qu’un seul os , qu’on nomme omoplate ou scapulum , sur lequel appuie l’os du bras; ceux-là ne peuvent pas porter à la bouche leurs alimens avec les membres; d’autres ont de plus un os allongé , qui appuie sur le sternum, et qu’on appelle clavicule. Le bras n’est composé que d’un seul os nommé

(1) On ne connoît encore que le paresseux à trois doigts , ou Fai de la Guiane , qui en ait neuf.

huméral. L’articulation qui vient ensuite est presque toujours formée cle deux os : on nomme l’un os du coude ou cubital , et l’autre os du rayon ou radial . La main varie beaucoup pour la forme , pour le nombre des doigts , et pour celui des os qui la composent. On y distingue le carpe ou poignet , qui joint cette partie à l’avant-bras ; puis le métacarpe , appelé quelquefois canon ; enfin, les doigts, dont les articulations , qu’on nomme phalanges , sont très-rarement au-delà de trois ; et la dernière , qui supporte l’ongle , est à cause de cela désignée sous le nom àé onguéal.

Comme le membre postérieur ou abdominal appuie sur la hanche , il n’y a pas de pieds de derrière dans les animaux à mamelles qui n’ont pas de bassin. La cuisse est toujours composée d’un seul os, qu’011 nom vue fémoral. La jambe, qui correspond à l’avant-bras, est formée dedeux os, l’un très-fort, qui ne manque jamais, et qu’on appelle tibial; l’autre plus grêle, situé au dehors , ne formant quelquefois qu’un petit tubercule à la malléole ou cheville du pied , est nommé péroné. Le pied de derrière est à peu près composé des mêmes parties que celui de devant. Mais on nomme tarse , la portion qui correspond au poignet ; métatarse , celle qui vient ensuite ; enfin les doigts ou les orteils sont aussi composés de phalanges , dont le nombre, la forme et la disposition varient dans les différentes familles.

Les mammifères qui peuvent exercer le plus de mouvement, comme les singes, les chiens, ont un squelette composé d’environ deux cent quarante os, dont il entre à peu près moitié dans la structure de la tête , de l’échine , de la poitrine et du bassin ; les autres os constituent les membres; mais leur nombre varie beaucoup dans les di-

2 y G DÈS MAMMIFÈRES EN GÉNÉRAL,

verses espèces ; la tète, le cou et le bassin sont les parties du corps qui offrent le moins de différences à cet égard , tandis que la poitrine , et surtout îa queue , ne présentent rien de constant.

Tous les os du corps des mammifères sont destinés â protéger quelques cavités , comme la tête , la poitrine , le bassin , ou à produire les mouvemens par lesquels ranimai transporte son corps et subvient à ses besoins. La tète s’articule ordinairement sur l'échine , au moyen de deux tubercules , qu’on appelle concilies. C’est la première vertèbre qui tourne sur la seconde , et qui fait mouvoir la tète à droite et à gauche. La totalité de l’échine peut se fléchir ou se redresser, et se porter un peu de côté j mais ces mouvemens ne sont bien sensibles que dans les régions du cou et de îa queue. Les côtes se soulèvent les unes sur les autres j cependant les premières, du côté de îa tète, sont presque toujours fixes. Le bassin 11’est mobile que dans la famille des cétacés. L’épaule est retenue, seulement par les chairs , dans les mammifères non clavicules ; dans presque tous , à l’exception d’un seul genre , elle peut changer de situation. Le bras et la cuisse se meuvent presque en tous sens. La jambe et l’avant-bras ne peuvent que se fléchir, et s’étendre sur la cuisse ou sur le bras. La main et le pied , ou les pa ttes de devant et de derrière , sont susceptibles de divers mouvemens, qui dépendent de la manière de vivre , et qui indiquent si l’animal peut s’en servir pour saisir les corps ou pour marcher, voler, nager, etc,

Les principaux mouvemens du corps sont produits par des organes particuliers , qu’on appelle muscles. Ce sont des faisceaux de fibres rouges, qu’on nomme ordinairement chair ou viande : ces fibres sont toujours attachées k

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doux os diiferens ; et, par une propriété qm les caractérise , elles peuvent se contracter ou diminuer de longueur; de sorte qu’elles font nécessairement rapprocher les deux parties sur lesquelles elles sont fixées. 1! y a autant de muscles, pour ainsi dire, que de positions diverses dans lesquelles les os peuvent se placer; aussi compte-t-on plus de quatre cents muscles différons : ils sont toujours placés au-dehors des os. On nomme tendons les parties d’un blanc ai &ente qui font la continuité de la fibre rouge , et qui ne paioissent servir que comme des cordes de prolongement. En général , les os et les muscles font du corps des animaux yivans une sorte de mécanique en action, dans laquelle la charpente est formée par le squelette, et la puissance motrice est véritablement remplacée par les muscles.

Tous les mammifères ont un cerveau contenu exactement dans la cavité du crâne, et la structure de cet organe est beaucoup plus compliquée que dans tous les autres animaux. Il en provient douze paires de nerfs (j), qui vont se rendre dans des organes particuliers , et ce cerveau lui-même se prolonge dans le canal que forment les ver-

(i) Les vers sont plus faciles à retenir que ta prose. Ceux qui suivent, quoique médiocres, expriment assez bien l’ordre et l’usage

des dix paires de nerfs , telles qu’on les décrivoit avant les travaux de Vicq-d\Azir.

Olfactifs . Le plaisir des parfums nous vient de la première.

Optiques La seconde nous fait jouir de la lumière.

Moteurs des jeux . . . La troisième à nos yeux donne le mouvement.

Pathétiques La quatrième instruit du secret d’un amant.

L axUlaii es La cinquième parcourt l’une et l’autre mâchoire.

Abducteurs des yeux. La sixième dépeint le mépris et la gloire.

Auditifs La septième commît les sons et les accords.

f' agues La huitième au-dedans fait jouer cent ressorts.

Gustatifs La neuvième aux discours tient notre langue prête.

Sous-ocffip ita ux Et la dixième enfin, meut le col et la tête.

tèbres , pour se partager au moins en soixante cordons nerveux, qui vont se terminer clans toutes les autres parties du corps.

La première paire de nerfs, qu’on appelle olfactive , se porte dans le nez : elle y pénètre par un grand nombre de trous ; elle se divise en filamens déliés , pour se dis tribu e r dans l’épaisseur d’une membrane particulière qui tapisse la cavité des narines , et se replie sur des lames osseuses qui présentent beaucoup d’anfractuosités. C’est ce qu’on nomme la membrane pituitaire : elle est toujours enduite d’une humeur visqueuse , qui arrête les molécules odorantes dont l’air peut être chargé lorsqu’il pénètre dans le poumon. Cette membrane qui , dans quelques animaux , est repliée dans un espace de trois centimètres carrés au plus, occupe roit, si elle e toi t étalée, près de quatre décimètres d’étendue.

La seconde paire de nerfs se termine dans l'œil; aussi la nomme-t-on optique : elle s’épanouit dans 1m teneur de cet organe , et paroît destinée à percevoir la sensation des objets qui viennent s’y peindre. L’œil est une sorte d’instrument d’optique tellement disposé , que quand l’entrée , qu’on nomme la pupille , est ouverte à la lumière , et qu’il se trouve vis-à-vis quelques objets éclairés , ceux-ci viennent s’v représenter en petit comme dans un miroir. On croit que le nerf , formant une membrane sensible derrière l’image qui se représente dans l’œil , communique à l’intelligence la sensation de sa présence. Ce qu’il y a de certain , c’est que , dans l’œil isolé d’un bœuf nouvellement tué , les objets extérieurs se représentent très -bien , quoique l’animal n’éprouve point la sensation de leur presence. La troisième, la quatrième et la sixième paires de nerfs se ter-

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minent clans les muscles qui sont propres à mouvoir le globe cle l’œil.

La cinquième paire de nerfs est une des plus grosses de celles qui sortent du crâne : elle se partage en trois branches aussitôt qu’elle est séparée du cerveau ; toutes trois sont destinées à donner le sentiment , et à porter la vie dans les diverses parties de la face et de la bouche : il paroît que c’est aussi là l’usage de la septième paire de nerfs.

La huitième paire de nerfs, qu’on a regardée jusque dans ces derniers temps comme la septième , se porte d’abord avec cette dernière dans l’intérieur de l’oreille; mais elle s’y termine dans des canaux osseux , qui contiennent une pulpe molle , qu’on croit destinée à percevoir les sensations de l’air ébranlé. On sait en effet que les sons pénètrent dans l’oreille par la conque : ils sont arrêtés là par une membrane qui ferme le trou auditif, et qu’on nomme le tympan. Derrière cette membrane est une cavité qu’on appelle caisse, dans laquelle il se trouve une petite quantité d’air, qui s’y introduit par un conduit dont l’entrée est au fond de la gorge. Cette caisse du tympan communique par deux trous dans les canaux où est placée la pulpe médullaire; de petits osselets, articulés ensemble , et disposés en bascule les uns sur les autres , font ouvrir plus ou moins l’un de ces trous , suivant que le tympan est aussi plus ou moins ébranlé. On croit que la petite quantité d’air contenue dans l’intérieur de la caisse éprouve à peu près les mêmes ébranlemens que l’air extérieur , avec lequel elle est toujours en unisson , et l’on explique par là comment s’opère la sensation de l’ouïe , car cet air ébranlé agit sur la pulpe médullaire , et on suppose

3 oo DES MAMMIFÈRES EN GÉNÉRAL,

que celle-ci , au moyen du nerf, en instruit aussitôt Fintelligence.

La neuvième paire des nerfs qui proviennent du cerveau , a été long-temps désignée sous le nom de vague : elle est principalement destinée aux organes de la digestion , de la circulation et de la respiration. La dixième va se perdre dans la langue avec une branche de la précédente et une autre considérable qui provient de la cinquième. C’est là que réside l’organe du goût. Il paroît que la sensation de la saveur s’opère par une sorte de combinaison chimique, qui a lieu entre les molécules sapides des corps et les extrémités des nerfs qui s’épanouissent dans des papilles ou dans les petits tubercules dont la peau de la langue est hérissée. Ce qu’il y a de certain , c’est qu’il n’y a que les corps solubles qui portent de la saveur, et qu’d est impossible, quand la langue est sèche, d’éprouver dans la bouche une autre sensation que celle du toucher ordinaire,

Les autres paires de nerfs sont destinées principalement aux mouvemens généraux du corps : presque toutes se terminent dans les muscles. Ceux des membres , après être sortis de la colonne vertébrale , s’entrelacent en forme de réseau ou de plexus : ils se séparent ensuite , pour aller se terminer dans des parties constamment déterminées sur chaque espèce d’animal.

Outre ces nerfs, qui proviennent du cerveau et de son prolongement, qu’on appelle moelle nerveuse ou épinière , les animaux vertébrés , sans exception , présentent un autre système nerveux, formé, de l’un et de l’autre côté, par un cordon unique principal, qui communique

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avec presque tous les autres nerfs du corps, et qui produit des réseaux autour des grosses artères. On croit qu’il fait communiquer entre eux tous les nerfs : on l’a nommé, à cause de cela, grand sympathique ou trisplanchnic/ue , parce qu’il est situé principalement dans les trois cavités où sont contenus le cerveau, les poumons , les intestins.

Les mammifères offrent entre eux les plus grandes différences par rapport aux organes de la nutrition : les principales dépendent de la nature des aiimens qui leur sont nécessaires , et de la manière dont ils s’en saisissent. Pour bien concevoir ces différences, il faut d’abord étudier les organes de la mastication , qui indiquent par avance la conformation des autres organes destinés à la digestion.

La plupart des mammifères ont autour de la bouche des lèvres charnues et mobiles : ils s’en servent pour saisir les aiimens , aller à leur rencontre et les retenir. Leur mâchoire inférieure seule est mobile : le plus ordinairement toutes deux sont garnies de dents , mais la forme de ces dents et leur nombre varient beaucoup. On nomme incisives , celles qui sont placées en devant et taillées en biseau , de manière à pouvoir couper ; laniaires , celles qui sont placées sur les côtés, ordinairement plus longues, pointues ou en forme de coin , et qui sont propres à déchirer; enfin molaires , celles qui sont situées en arrière , et dont la partie supérieure ou la couronne est différente, suivant la nature des aiimens. Elles sont plates ou à tubercules mousses dans les animaux destinés à manger des substances végétales; elles sont au contraire anguleuses et tranchantes chez ceux qui se nourrissent de la chair des autres animaux

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Ces dents se meuvent les unes sur les autres toutes les fols que la mâchoire inferieure se porte en avant ou de côté , et qu’elle s’abaisse ou s’élève à l’aide des muscles qui s’y attachent. Quand les mâchoires se meuvent , il arrive dans la bouche une grande quantité de salive que produisent des glandes placées aux environs. Cette humeur pénètre les aîimens , que la langue, retourne de manière à eu former une pâtée ductile , qu’elle transporte alors en arrière du gosier, et qu’elle fait tomber dans la gorge , en produisant un mouvement de bascule. La nourriture pénètre ainsi dans Y œsophage > tuyau charnu, contractile, qui communique de la bouche à V estomac , lequel est placé au-dessous de la poitrine, dans la cavité du ventre.

Quand cette pâtée alimentaire a séjourné quelque temps dans la cavité de l’estomac, elle s’y abreuve des liquides que les animaux y mêlent ordinairement , ou d’un suc analogue à la salive , qui suinte des parois de cet organe : elle est alors changée en une bouillie homogène , qu’on nomme chyme ; elle passe ensuite par un autre orifice de l’estomac, appelé pylore , et dont le tube intestinal est la continuité. La première partie de ce tube porte le nom K intestins grêles , parce qu’en effet leur diamètre est beaucoup plus étroit que celui de l’autre portion du tube qu’on appelle gros intestins.

La portion grêle du tube intestinal est intérieurement garnie de replis ou de valvules qui flottent dans sa cavité : il rampe sur leur surface un grand nombre de vaisseaux. On remarque surtout dans la partie qui est la plus voisine de l’estomac , des conduits ou canaux qui versent dans l’intérieur deux humeurs particulières : l’une , qui est aqueuse, analogue à la salive , est fournie par une ou

DES MAMMIFÈRES EN GÉNÉRAL, plusieurs glandes qu’on nomme pancréas ; l’autre humeur est de couleur verte ou jaune , d’une saveur amère, avec des propriétés alcalines ; on la nomme bile : elle provient d’une très-grosse glande qu’on appelle Joie. Ces deux humeurs se mêlent avec le chyme, qui est poussé dans le sens opposé aux valvules , et comprimé de toutes parts à l’aide d’une force contractile qu’éprouvent les parois des intestins grêles , mouvement qu’on appelle péristallicjue , parce qu’il s’exerce à la circonférence, ou vermiculaire , parce qu’on l’a comparé à celui des vers de terre.

Quand on a eu occasion d’ouvrir des animaux morts au moment même où la digestion s’opéroit , on a observé que toute la surface des intestins étoit couverte de petits vaisseaux aussi déliés que des cheveux, et qui contenoient une humeur qu’ils paroissoient avoir absorbée de l’intérieur du tube , mais par des extrémités si ténues qu’il étoit impossible de les suivre h l’œil. Cette humeur est nommée chyle , et par suite les vaisseaux sont dits chylifères. Ils se rendent tous dans un canal commun , qui est placé dans la poitrine le long de la colonne vertébrale, et qui va se terminer dans les veines. De sorte que la partie la plus fluide des alimens est absorbée par les vaisseaux chylifères , et entre ainsi dans la circulation sanguine. Il est probable que l’action péristaltique , qui force le chyme à avancer vers les gros intestins, et de ceux-ci vers l’anus , aide beaucoup l’action des vaisseaux absor— bans , en exprimant pour ainsi dire le chyme, en le pressurant de manière à le priver presque entièrement des liquides qu’il contient.

Lorsque les alimens ont parcouru toute la longueur du tube intestinal , et qu’ils ont été entièrement privés des parties nutritives qu’ils contenoient 7 les animaux s’en dé-

barrassent en les faisant sortir par une ouverture qui est toujours placée en arrière du bassin, et qui le plus souvent est uniquement destinée à cet usage.

Les poumons des mammifères sont constamment situés dans la cavité de la poitrine , qui est séparée du ventre par un muscle particulier à cette classe d’animaux; c’est ce qu’on appelle le diaphragjmc. Ces poumons sont formés par l’assemblage d’un grand nombre de petites vésicules dans lesquelles l’air peut entrer et sortir librement. Ces organes sont renfermés dans une membrane particulière, l’un à droite et l’autre à gauche. Toujours ils sont séparés entre eux par l’agent de la circulation ou par le cœur.

Tous les mammifères connus ont une voix • mais , chez eux-, elle est produite à l’extrémité supérieure de la trachée ou d’un canal formé de cerceaux cartilagineux qui conduit l’air extérieur dans les poumons. Son orifice est placé vers la base de la langue. Car ces animaux n’ont qu’un larynx supérieur, ordinairement recouvert par un cartilage mobile qui fait l’effet d’une soupape, et qu’on nomme épiglotte. Ce cartilage s’abaisse toutes les fois que l’animal avale ) il s’oppose à ce que les boissons et les autres alirneiis puissent tomber dans le conduit de l’air dont les demi-anneaux cartilagineux sont retenus en arrière par une membrane. Quelquefois l’air, chassé avec vibration par la glotte , pénètre dans des sacs particuliers, ou dans des cavités osseuses, qui augmentent, diminuent ou modifient beaucoup son intensité.

Les individus de cet ordre 11’ont qu’un sexe; ils s’accouplent; ils mettent au monde des petits vivans qui se sont développés jusqu’à un certain point dans le corps de leur mère \ ils étoient contenus alors dans un organe par-

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uculier à la femelle, qu’on nomme matrice , et ils s’y nourrissoient de son sang , à l’aide de vaisseaux qui , d’une part, adheroient par un grand nombre de petits orifices a la paroi interne de cette matrice, et qui, de l’autre, venoient aboutir à leur nombril. On nomme encore ombiUc cette ouverture située constamment au-devant du ventre. Les vaisseaux qui s’y rendent forment un cordon et sont appelés ombilicaux. Le nombre des petits que portent les femelles varie suivant les espèces. En général , les très-gros mammifères n’en font qu’un seul à chaque

portée , et leur nombre est ordinairement moitié moindre

<jue celui des mamelles.

On appelle mamelles des organes situés sur le ventre ou sur la poitrine , et destinés à secréter une humeur particulière dont le petit mammifère a besoin pour se nournr pendant un certain temps après sa naissance. Les mamelles 11e se développent qu’à l’âge ou ces animaux peuvent engendrer; elles existent dans l’un et dans l’autre sexe , et on les observe chez toutes les espèces. On appelle lent la liqueur qui se sécrète dans ces organes. C’est une humeur très-composée qui, lorsqu’elle est refroidie et gardée quelque temps, se sépare en trois parties : i°. en une sérosité qu’on nomme petit-lait; 20. en une matière qui se concrète et présente des caractères particuliers : c’est ce qu’on nomme fromage ou matière caseuse ; d°. enfin en une matière grasse , onctueuse , qu’on appelle creme ou matière butjreuse , parce que c’est de celle-là qu’on relire le beurre. La proportion de ces trois parties varie beaucoup dans les diverses espèces de laits , ainsi que

celle d’une sorte de sucre qui leur donne des saveurs particulières.

On a partagé la classe des mammifères d’après les or-

des mammifères en général.

ganes du mouvement et de la nutrition , et on les a ranges en quatorze familles ou grouppes , dans chacun desquels se trouvent réunies les espèces qui ont le plus de rapport par les habitudes et la manière de vivre. On en a formé d’abord trois sous-classes. Les espèces qui ont les pattes courtes, aplaties, changées en nageoires (PI. v, %. 36-37), et qui , par conséquent , vivent habituellement dans les eaux ou à leur surface , composent la première : toutes les autres ont des pattes propres à marcher sur la terre ; mais chez les unes, les doigts sont enveloppés entièrement à leur extrémité par une corne arrondie qu’on nomme sabot, de manière qu’elles ne peuvent s’en servir pour attaquer les autres animaux (fig. 3o-35); aussi se nourissent-elles essentiellement de matières végétales : elles forment la seconde* sous-classe ; enfin on a réuni dans la troisième toutes les espèces dont les doigts ne sont armés à leur extrémité que d’une petite portion de corne tranchante , pointue ou aplatie , qui est employée souvent à attaquer d autres animaux (PL i , fig. 1-1B ) : aussi trouve-t-on parmi celles-là des animaux qui ne vivent principalement que de proie vivante , qu’ils déchirent avec leurs ongles. Ainsi les mammifères peuvent d’abord être distingués en Nectopodes , en Ongulés et en Onguiculés.

Deux familles bien faciles à distinguer partagent la sousclasse des mammifères à pieds palmés. Les uns VP1. v, fig. 36 , a , Z>) , comme les phoques et les morses , ont quatre pattes ; ils peuvent se traîner un peu sur le rivage , on les nomme amphibies (12^2). Les autres n ont point de pattes de derrière ( fig. 3y , a , b , c , d); leur forme est semblable à celle des poissons, on les appelle cétacés (1 2.35).

Les animaux à sabots peuvent être rapportés avec la même facilité à trois familles principales. Quand ds n ont

DES MAMMIFERES EN GÉNÉRAL. 3 Qy

qu’un seul doigt et un sabot (PI. v, fig. 35) , on les no, mue sohpedes (1245) ; lorsqu’ils en ont deux (fig. 33 3/) ruminons ou bisulques (1249); enfin, s’ils en ont plus

de deux (fig. 3o, 3,, 32), ils prennent le nom d e pac hj dermes (1267).

La sous-classe des onguiculés contient uu beaucoup plus grand nombre de genres que les deux autres prises ensemble; on l’a partagée en deux sections : dans l’une sont rangés tous les genres qui ont les trois sortes de dents ■ a 1 autre appartiennent ceux auxquels il en manque une ou plusieurs sortes. Ainsi on appelle rondeurs (1276) ceux qm n’ont point de laniaires ( PI. n , fig. , 3 ) • édentés (, 274) ceux qui n’ont ni laniaires ni incisives ( fig. ,6); et tardi-

gardes( 1273) ceux auxquels manquent les seules incisives (fig. i5). Les onguiculés à trois sortes de dents, ou n’ont pas les membres distincts , mais réunis par une membrane en forme d’ailes ( PI. iv, fig. 6 et 7), ce sont les chiroptères ( 1 3o6) , ou leurs membres sont libres et propres à marcher. Alors tantôt ils ont un pouce séparé, soit aux mains seulement (fig. ,, a) , tels sont les bimanes (Chapitié xxii ) ‘ soit aux pieds et aux mains ( fig. 2,3^4 5^

tels sont les quadrumanes (,3io) : tantôt ces animaux

n’ont pas de pouce séparé et opposable , soit qu’ils marchent sur le bout des doigts (fig. „, I2 , l3) ( coraine Jes

digitigrades (1290), soit qu’ils s’appuient sur la plante entière des pieds et sur la paume des mains ( fig. 8 et 10), comme ceux que l’on nomme plantigrades (12081

En analyse , voici le tableau des ordres et des familles de la classe des mammifères.

Les Cétacés ont la forme des poissons; la surface de leur corps est lisse et sans poils ; leur tête est grosse , portée sur un cou si court qu’on ne le distingue pas de la poitrine : leur queue est confondue à la base avec le ventre; elle est très-grosse, et terminée par une nageoire aplatie (Pi. v, fig. 37, d). Jamais ces animaux n’ont de pieds de derrière ni rien qui tienne lieu de ces membres j ceux de devant sont courts , aplatis , et changés en une sorte de

SS

DES MAMMIFÈRES CÉTACÉS. 3o g

rame ou de nageoire ( b). Ils vivent toujours dans Feau ; mais ils viennent respirer à la surface, en élevant dans l’air la partie supérieure de leur tête , sur laquelle se trouvent toujours placées les ouvertures des narines qu’on nomme des évents. Chaque fois que ces animaux ouvrent la bouche pour saisir leur proie , il y pénètre une très-grande quantité d’eau , qu’ils font sortir ensuite par l’ouverture même des narines, à l’aide d’une organisation particulière : aussi tous les cétacés se font-ils reconnoître au loin sur la mer , par l’eau qu’ils font jaillir à une hauteur plus ou moins considérable, suivant les espèces. Voilà ce qui les a fait souvent désigner sous le nom de souffleurs.

C’est parmi les cétacés qu’on trouve les plus gros ani-= maux connus , puisqu’il en est qui atteignent une longueur de plus de cent mètres , et qui doivent peser plus de cent cinquante mille kilogrammes : tous ont sous la peau un lard épais qui contient une graisse huileuse ; jamais ils n’ont d’oreille extérieure. C’est avec beaucoup de peine qu’on aperçoit chez quelques-uns un petit canal qui conduit dans l’organe de l’ouïe. Tous se nourrissent de matières animales qu’ils avalent sans les mâcher : leur voix est une sorte de beuglement ou de mugissement sourd ; leur larynx présente une disposition toute particulière; il s’avance en pointe, et pénètre dans l’intérieur des narines. Ces animaux font un ou deux petits vivans , que la femelle alaite avec des mamelles situées au-dessous du

ventre et très en arrière.

Quatre genres principaux partagent la famille des cétacés. Les organes destinés à saisir les alimens ont servi à former ces genres; ainsi on a nommé baleines les espèces qui n’ont point de dents du tout, mais dont la mâchoire

Si, p DES MAMMIFÈRES CÉTACÉS.

supérieure se trouve garnie de fanons , c’est-à-dire de lames de cornes abords effilés (PI. iii , fig. 44). Toutes les autres espèces ont des dents , tantôt sur une seule mâchoire , tantôt sur les deux (PI. ir , fig. 24) : quand on n en remarque qu a la mâchoire supérieure , on nomme ces animaux ncivw als j lorsqu on n’en voit , au contraire , de bien distinctes que sur îa mâchoire inférieure, on les appelle cachalots ; enfin , les cétacés qui ont des dents aux deux mâchoires sont des dauphins.

On connoît huit espèces différentes de haleines : toutes ont deux évents séparés sur le milieu du sommet de îa tête. Ce sont les plus gros animaux connus; mais ils sont maintenant relégués vers les pôles, principalement dans les mers du Nord. On leur a déclaré une guerre de conquête , pour en retirer l’huile que recèle leur lard , et dont un seul animal fournit quelquefois plusdecenttonneauxdu poids de trois cents kilogrammes chacun ; ainsi que pour en obtenir les fanons ou les James de corne qui garnissent leurs mâchoires , et qui sont employées dans beaucoup d’arts. Le nombre de ces fanons est ordinairement de sept cents , et les plus courts ont plus de six mèt res de longueur. La chair de ces animaux est huileuse et désagréable : on ne mange que quelques parties de leur corps , comme le cœur et les nageoires. Leurs intestins desséchés deviennent transparens , et sont employés , dans le Groenland , pour remplacer les vitres; les tendons des muscles servent de ficelles ; on fait , avec les crins des fanons , des espèces de lignes pour pêcher, et les mâchoires des grandes espèces remplacent avec avantage les poutres et les solives des bâtimens. On dit que les baleines peuvent parcourir l’espace de onze mètres dans une seconde , et que vingt-trois jours et demi leur suffiroient pour faire le tour du monde, en supposant qu’elles ne prissent pas de repos.

DES MAMMIFERES CÉTACÉS. 3it

La tête des cachalots forme au moins le tiers de la longueur de leur corps : leurs évents sont rapprochés au» devant du museau, et n’ont qu’un orifice commun. Ces cétacés ressemblent beaucoup aux baleines , mais leur mâchoire inférieure est garnie de grosses dents pointues. On trouve principalement dans une cavité très-étendue , située sous le museau , une substance analogue à la cire et à la graisse , que l’on désigne sous le nom d ’ adipocire ; on fait de très-bonnes bougies avec cette matière , qui se réduit en poussière par le frottement, et ne tache point les étoffes sur lesquelles il en tombe quelques gouttes. On retire maintenant cette substance de presque toutes les huiles dites de poisson : on l’extrait du dépôt ou du pied qu’elles forment , lorsqu’on les conserve quelque temps dans des barils. On l’appeloit autrefois blanc de baleine ou sperma ceti. On croit que Y ambre gris , qui est une matière très-recherchée à cause du parfum agréable qu’elle exhale, et qu’on trouve ordinairement flottant sur l’eau de la mer, est une sorte d’excrément des cachalots qui ont été long-temps constipés par l’effet de quelque maladie.

Les narwals ont les évents réunis sur la nuque , et de longues dents , en forme de défenses , placées à l’extrémité du museau : ces défenses sont sillonnées en spirale dans quelques espèces. Quoiqu’il y ait deux germes destinés à les produire , il ne s’en développe le plus souvent qu’une seule, qui atteint quelquefois plus de cinq mètres de long (PI. ni, fig. 46). On a désigné long-temps ces défenses de narwal sous le nom d’armes de licorne ou de dents de licorne de mer. On trouve principalement ces cétacés dans les mers du Nord : on en retire de l’huile; on mange leurs intestins. Les défenses fournissent une sorte d’ivoire très-compacte.

ia DES MAMMIFÈRES AMPHIBIES.

Les dauphins sont, comme nous l’avons dit, les seuls cétacés dont les deux mâchoires soient garnies de dents ( PI. il, fig. 24) : leurs évents sont réunis dans un seul orifice situé sur le sommet de la tête. Ces espèces ont en général de moindres dimensions ; plusieurs se rencontrent à l’embouchure de nos fleuves. Ces dauphins sont trèsdifférons de ceux que les peintres et les sculpteurs représentent : leur queue ne peut se redresser, et leur tête, qui n’est pas aussi horriblement monstrueuse, n’a point de lèv res pendantes , ni fes yeux protégés sous un énorme sourcil. Le marsouin est une espèce de Ce genre ; son museau est arrondi, court; tandis que celui du dauphin proprement dit, est pointu et surmonté à la hase d’une sorte de repli de la peau.

La famille des Amphibies comprend toutes les espèces de mammifères à quatre pattes , dont les doigts sont réunis par une membrane et armés d’ongles distincts (PI. v, fig. 36). Ce groupe çst entièrement artificiel. Quoique toutes les espèces qu’il rapproche se ressemblent par le milieu dans lequel elles vivent , puisqu’elles se trouvent presque toujours dans l’eau , d’où elles ne sortent que pour se traîner avec peine sur le rivage , il faut avouer cependant qu’elles diffèrent beaucoup entre elles par leur organisation intérieure. On les a partagées en trois genres, d’après les dents : tantôt les dents sont de trois sortes , comme dans les phoques y tantôt d’une ou de deux sortes seulement, comme dans les morses et les lamantins.

Les phoques sont couverts de poils, ainsi que tous les mammifères de cet ordre : leurs pattes sont extrêmement courtes , et leur bassin ou leurs hanches font peu de saillie

DES MAMMIFÈRES SOIJPEDES. 3i3

autour du corps , qui se termine en arrière comme la queue des poissons ; leur museau est arrondi , semblable à celui des chats; il est garni de moustaches ou de poils roides. Les phoques se nourrissent principalement de poissons : on les trouve dans les mers , surtout vers les pôles. L’espèce la plus connue en France est appelée veau marin, parce qu’on a cru remarquer dans la tête de cet animal quelque ressemblance avec celle du veau, principalement à cause de son large museau sans poils. La chasse de ces animaux fournit la nourriture et le vêtement aux habitans des îles de Finlande , du Kamtschafka et du Groenland : leur peau est coriace , couverte de poils courts, roides, serrés, très -laineux à la base. En Europe, on en fait des bonnets, surtout dans le nord de la France.

Les morses et les lamantins n’ont point d’incisives, ou quand ces dents existent, elles sont très- petites , ou bien encore elles ne diffèrent pas des molaires. Ces animaux ont à peu près les mêmes formes que les phoques ; mais leurs pattes de derrière , moins distinctes , sont confondues avec la queue en une large nageoire qui termine leur corps, comme celui des cétacés (PL v, fîg. 36, b ). Ils se nourrissent de substances végétales : on les trouve dans les mêmes parages que les phoques. Beaucoup d’espèces sont armées de très-longues canines ( PL n , fig. 22 ) , dont la substance est un ivoire très -dur et d’un beau blanc , que l’on emploie beaucoup dans les arts. Le cuir de certaines espèces , surtout celui du lamantin du Kamtschatka , est si épais , qu’on en fait des nacelles , des câbles de navire, des soupentes de carrosse très-solides et fort recherchées.

Les animaux dont le pied est enveloppé dans un seul

3x4 DES MAMMIFÈRES SOLIPÈDES.

sabot (PI. y, fig. 35, a b) , et qu’on nomme à cause <iç cela Solipèdes , sont en petit nombre , et tous sont réunis dans le genre du cheval. Ils ont les deux mâchoires garnies des trois sortes de dents ; mais leurs lamaires sont placées à une certaine distance des incisives et des molaires (PI. », fig. 19); leur estomac est simple, et ils 11e sont pas obligés de remanger leurs alimens; les mamelles sont, situées dans les aines, et leur queue est garnie de longs crins. On en connoît quatre espèces principales : le cheval , l’âne , le zèbre et le couagga. Le cheval proprement dit, dont la femelle est nommée jument et le jeune poulain, se distingue des autres espèces en ce que sa queue est garnie de longs crins dans toute son étendue. On n’en trouve plus dans l’état absolument sauvage. Ceux que l’on rencontre en Pologne , en Amérique , réunis en grands troupeaux et conduits par un vieux mâle , paroissent être des individus redevenus sauvages. Les chevaux ne se nourrissent que de végétaux qu’ils arrachent et mâchent de suite. Dans l’état de domesticité la jument ne pouline qu’à six ans , quoiqu elle puisse etre fecondee à deux. Elle porte onze à douze mois. Les poulains naissent assez développés pour marcher le jour même ; ils ne tètent guère que six mois j ils n’ont des canines qu’à cinq ans 5 les incisives présentent un creux qui disparoit successivement sur chacune jusqu’à onze ou douze ans. On dit alors que le cheval ne marque plus ; qu’il est rasé ou hors d’âge.

On se sert principalement des chevaux pour l’attelage et pour l’équitation. On nomme allures les différentes manières naturelles dont le cheval se transporte d un endroit dans un autre ; tels sont le pas , le trot, le galop et l’amble. Les chevaux sont extrêmement rapides à la course; ils 11e le cèdent qu’aux grands chiens lévriers

DES MAMMIFÈRES SOLIPÈDES, 3i5

On en a vu qui parcouroient quinze mètres en une seconde, et même jusqu’à dix-neuf mètres. Les chevaux , dans 1 état de domesticité , forment plusieurs races qui diffèrent beaucoup pour les divers usages auxquels on les destine. Ceux de selle sont les arabes, les anglais, les andalous , les bidets normands , etc. On préfère pour les carrosses , les hollandais , les belges , etc. Pour le trait on recherche ceux de Suisse , de la Sarthe , du Maine , etc. La charge à dos d’un cheval fort est de plus de douze mjriagî ammes , et il peut en traîner plus de deux cent cinquante. Beaucoup de parties du cheval sont utiles , meme après sa mort. Les longs crins de sa queue et de son cou servent à faire des brosses, des balais, des tamis des toiles et des cordes incorruptibles, et à recouvrir des boutons; les plus courts sont employés pour bourrer les selles , remplir des coussins , des matelas. La chair du cheval n est pas aussi bonne que celle du bœuf, mais c est un aliment aussi sain ; les os sont employés dans l’art du tourneur et du tabletier; le cuir est très-coriace, très -solide ; on s’en sert principalement , lorsqu’il est tanne , pour les traits des harnois , les tiges de bottes.

li’arte n’a de poils allongés ou de crins qu’à l’extrémité de la queue; ordinairement il est gris, avec une croix noire sur le dos; ses oreilles sont très-longues et très-mobiles ; il vit encore sauvage, principalement en Tartane- La femelle s’accouple avec le cheval , et donne des bardeaux. La jument est aussi fécondée par l’âne, et produit des mulets ou des mules ; ce sont des espèces de bâtards desquels viennent rarement d’autres petits. Cet animal a beaucoup d’analogie avec le cheval , mais il est moins difficile dans le choix de sa nourriture. Les meilleurs sont ceux d’Espagne; les plus forts viennent de la Savoie et de fa Toscane.

3i6 UES MAMMIFERES RUMINANS.

Le zèbre et le couagga sont deux espèces très-voisines de Fane \ aussi les a-t-on long-temps désignés sous les noms déânes rayés. Leurs poils sont disposés par bandes allongées, brunes , sur un fond moins foncé ou tout blanc. On ne les trouve qu’en Afrique , et dans l’état sauvage ; ils s’accouplent avec l’âne. Ces animaux ne diffèrent entre eux que par la disposition des bandes, mais ils forment des troupes séparées. On en voit rarement en Europe.

Les Ruminans , qu’on appelle aussi Bisulques , ou animaux à pieds fourchus, n’ont jamais de dents incisives à la mâchoire supérieure ; ils en ont ordinairement six , quelquefois huit à l’inférieure (PL n, fig. 18). Tous n’ont que deux doigts à chaque pied (PL v , fig. 34 ) ; ils jouissent de la faculté de faire revenir leurs ali mens à la bouche après les avoir avalés une première fois : voilà pourquoi on les a nommés ruminans.

L’estomac des ruminans est formé de quatre poches qui communiquent toutes ensemble. La première, qui est la plus volumineuse , se nomme panse ou herbier. C’est là que vont se rendre les herbes que l’animal arrache sur la terre, et qu’il ne se donne pas d’abord la peine de mâcher. Les herbes se ramollissent dans cette cavité ; lorsqu’elles ont été soumises pendant quelque temps à faction de ce viscère, et que l’animal est tranquille, il s’occupe de les remâcher ou de les ruminer. Sa panse se contracte et fait passer dans une poche voisine, mais beaucoup plus petite, une portion de ces alimens , qui sont, pour ainsi dire , exprimés par l’action des parois musculaires de cette seconde poche, nommée bonnet. Ils se trouvent resserrés de manière à prendre la forme d’une pelote , qui , par un mouvement inverse de déglutition , est reportée dans

DES MAMMIFÈRES RUMINANS. 3ï7

l’œsophage, el.par suite dans la bouche , oii l’animal la remâche avec soin. Lorsque ces alimens ont été suffisamment divisés par les dents et imbibés de salive , le ruminant les avale une seconde fois ) mais alors l’œsophage les dirige dans une troisième poche , qu’on nomme feuillet. C’est encore une petite cavité, ainsi nommée parce que ses parois sont garnies de lames rapprochées et parallèles entre elles , comme les feuillets d’un livre. Il ne paroît pas que la matière nutritive séjourne long-temps dans le feuillet ; elle passe bientôt dans la quatrième cavité , ap i pelée caillette , parce que c’est là qu’on trouve dans le jeune veau le lait dont il se nourrit, et qui s’y caille comme le fromage j c’est le véritable estomac. Les alimens parcourent ensuite le reste du tube intestinal , et subissent toutes les autres altérations que nous avons indiquées.

Huit genres composent l’ordre des ruminans : pour les distinguer, on considère successivement si les espèces ont des cornes, ou si elles n’en ont pas ; ces dernières sont presque toujours armées de dents laniaires ( PL ni , fig. 21 , 23 ). Lorsque ces dents sont courtes , et le pied large terminé par deux petits sabots , elles appartiennent au genre chameau : si, au contraire, les dents laniaires sont longues , et si les sabots sont entiers , elles forment le genre chevrotin ou musc ; les espèces qui n’ont point de laniaires sont ensuite distinguées entre elles suivant que leurs cornes sont composées d’une matière osseuse, mêlée intimement avec la substance de la corne , et ne présentant point de cavité intérieure , c’est ce que l’on nomme des cornes solides ou des bois ( PL vi , fig. 25 , 24 et 25 ) ; ou bien, selon que les cornes sont extérieurement revêtues d’un étui de corne , dans lequel se trouve un prolongement des os du cranè creusé intérieurement, et que

3 18 DES MAMMIFÈRES RUMINANS.

l'on nomme une cheville osseuse ( fig. 28 , 29 , 3o , 3i, 82, 33), Les rumina ns qui ont des bois, ou les perdent tous les ans, c’est alors le genre du cerf; ou ces bois restent toujours couverts de la peau (fig. 34); ils sont persistans, comme dans la girafe. Les èspèces à cornes creuses ont été distribuées dans quatre genres : les uns , comme les antilopes çt les bœufs , ont la base de cette corne arrondie ; elle est , au contraire , comprimée dans les chèvres et dans les brebis ; telle est la division de l’ordre des ruminans.

Les chameaux diffèrent un peu des autres ruminans ; leur pied n’est point séparé en deux doigts bien distincts ; il appuie sur une sorte de semelle calleuse , au-devant de laquelle on aperçoit seulement deux petits sabots (PL v, fig. 33, a , b ); ils ont huit dents incisives en bas, et deux petites en haut ; leur estomac est aussi divisé en une poche de plus, qui paroît être un appendice de Ja panse , dans lequel l’animal met en réserve une certaine quantité d’eau ; leur lèvre supérieure est fendue comme celle des lièvres; leur cou est très-long et courbé en S ; leurs jambes de derrière paroissent plus courtes et plus foibles que celles de devant; souvent ils ont des bosses sur le dos ou sur la poitrine. Les principales espèces de ce genre sont le chameau , proprement dit , ou de la Bactriane , le dromadaire , le lama , la vigogne et l’alpagne ou alpaca.

Le chameau turc , ou de la Bactriane, a deux bosses sur le dos; sa couleur est brune. On le trouve encore dans l’état sauvage au Thibet, et sur les frontières de la Chine. Les Mongols l’élèvent en domesticité , et l’emploient comme bête de somme , principalement dans les voyages de long cours au travers des déserts arides. Le dromadaire ou le chameau d’ Arabie n’a qu’une bosse

DES MAMMIFÈRES RUMINANS. 3ig

élevée sur le milieu du dos; sa couleur est blanchâtre ou rousse, quelquefois grise. Ces animaux ont, comme les chameaux, des callosités sur la poitrine, ou aux deux principales articulations des pieds de devant et de derrière , par l’habitude oh ils sont de s’agenouiller , quand ils se couchent pour ruminer ou pour être chargés à dos. Un seul dromadaire peut porter trente-six à quarante myriagrammes, et parcourir un espace de quarantequatre à cinquante kilomètres chaque jour; et même, quand cet animal est peu chargé, et qu’il n’a à traverser qu’un terrain sec et uni, il peut faire jusqu’à cent trentedeux kilomètres , et marcher ainsi huit ou dix jours consécutifs. On mange la chair des jeunes dromadaires comme celle des veaux. On fait avec leur lait du beurre et du fromage. Leur poil donne une bourre et un feutre grossier. En Égypte , on brûle leurs excrémëns, et on en retiroit ainsi autrefois du sel ammoniac , ou de F hydrochlorate d’ammoniaque , qui sert beaucoup aux chaudronniers ^ et qui s’emploie dans la teinture et en médecine.

Les trois autres espèces dont nous allons parler n’ont encore été observées qu’en Amérique ; elles vivent sur les montagnes les plus élevées , principalement sur les Cordillières. La vigogne n’est guère plus grosse qu’une chèvre; mais son cou est beaucoup plus long; elle n’a point de bosse; tout son corps est couvert d’une laine longue, soyeuse, de couleur brune ou rosée, avec laquelle on fait de très-beaux draps : on ne l’élève pas en domesticité. Le lama n’a de bosse que sur la poitrine; ses poils sont courts. Il vit dans l’état domestique ; on l’emploie principalement au Pérou comme bête de somme; il porte plus de six myriagrammes sur le dos. h’alpaca ou Y alpagne ressemble à la vigogne : ses poils sont très-doux et fins comme la soie ; on en fait des étoffes très-recher-

320 DES MAMMIFÈRES RUMINANS.

chées à cause de leur brillant et de leur mollesse ; ce poil

est peu connu en France.

L’animal qui fournit le musc, cette matière odorante qu’on a long temps recherchée en Europe comme un parfum , est une espèce du genre chevrotin , qui est caractérisée par l’absence des cornes et la présence de longues dents laniaires placées sur la mâchoire supérieure et sortant de la bouche (PL m , fig. 21 ). Ce ruminant est de la grosseur d’une petite chèvre : il se trouve dans les montagnes boisées du Thibet et de la Sibérie méridionale. Il

est sauvage. Son poil est grossier, court , comme gauffré , et creux à l’intérieur. Le mâle seul porte le musc dans un follicule situé à l’extrémité des organes de la génération. On nomme memina ou chevrotin, proprement dit,, une autre espèce de ce genre, qui est le plus petit ruminant connu. Sa forme est très-élégante et bien proportionnée. Il est extrêmement vif dans ses mouvemens et rapide à la course. On le trouve eu Guinée et dans les Indes orientales. Les habitans de ce pays se servent des pattes de ce joli petit animal comme de cure-dents ou de tuyaux de pipe , après les avoir garnies de cerceaux d’or ou d’argent.

8 ia56.

La girafe est le plus grand de tous les mammifères terrestres connus , car elle élève sa tête à six mètres, et peut brouter les sommités des arbres. Ses jambes de derrière sont un peu plus courtes que celles de devant; et quand elle s’arrête , elle paroît assise sur la croupe. On ne connoît encore qu’une espèce de ce genre. Ses bois , qui n’ont que dix-huit centimètres de haut , restent toujours recouverts de la peau , et ne tombent pas comme ceux des cerfs ( PL vi , fig. 35 ). Son poil est brun , avec des lignes fauves en réseau , ce qui a fait comparer sa peau à celle

DES MAMMIFERES RUMÏNANS. 3oX

Jes léopards. On n’a jusqu’ici observé cet animal que d Jw lin teneur de l’Afrique, principalement dans la Cafrerie Il J vit dans l’état sauvage,

De genre des cerfs est très-nombreux en espèces ; on en rencontre dans les quatre parties du monde. Leur caractère est difficile à bien exprimer; car il ne se manifeste que chez les mâles et à une certaine époque de Tannée. Il consiste clans la présence des bois ou cornes solides qui se développent à une époque déterminée, et tombent lorsque la peau qui les recouvroit a été privée des vaisseaux qui servoient à la nourrir. Il est rare que les femelles portent des bois. Les principales espèces sont le cerf, le chevreuil , l’élan , le chenue i le da„L

Le cerf proprement dit, ou Yélaphe , se trouve naturellement dans les forêts de l’ancien continent. Sa femelle se nomme biche, et le jeune s’appelle faon. Le mâle seul porte les bois ou les cornes (PI. vi , fig. a5). Vers six mois, on 11 aperçoit encore sur la tête des jeunes que deux bosses ou tubercules; on le nomme alors un hère : à un an , ces tubercules se sont fort allongés; quoique simples, ils ont deux à trois décimètres de long. L’animal perd, à celte époque, la peau qui les recouvroit ; le bois reste quelque temps à nu avant de tomber; et Je hère prend le nom de daguet. Quand le faon mâle arrive à la troisième année , il perd les dagues, et le bois qui les remplace, présente ordinaiiement trois ramifications, qu’on nom me an douille r s (TTTTTTTr). Pendant chacune des années suivantes, le bois, en se développant de nouveau , porte un andouiller de plus jusqu’à sept ans; de sorte que le bois des vieux cerfs est ordinairement composé de sept ramifications qui proviennent d’une tige commune ( y, y. } , nommée merrain . C’est dans le temps du rut que le bois se dépouille. Le

322 DES MAMMIFÈRES RUMINANS.

mâle jette alors un cri particulier , c’est ce qu’on appelle relier ou bramer. Le male et la temelle ne lestent point ensemble. Les biches portent à peu près huit mois. On n’a point encore entièrement apprivoisé le cerf ; il est difficile à dompter. La chair de ces animaux est estimée ; leur bois sert dans les arts pour faire des montures de coutelas , de serpettes , et des pommes de canne ; raclée ou réduite en fragmens minces , on en obtient , par l’action de l’eau bouillante, une gélatine très-saine et trèsnourrissante : c’est ce qu’on nomme gelée de corne de cerf

Les rhennes ressemblent beaucoup aux cerfs; mais la femelle et le mâle sont armés l’un et l’autre d’un bois divisé en branches , dont la partie la plus élevée est aplatie et comme palmée (PL vi , fig. 23 ). On en trouve dans tout le nord des deux continens , principalement vers le Kamtschatha et le Spitzberg. On les nourrit en domesticité dans la Laponie. Elles sont très-utiles aux peuples de ces climats glacés : ils les attèlent aux traîneaux, qui leur servent de moyens de transport sur la neige : elles fournissent un lait agréable : leur chair est , dit-on , fort bonne à manger ; enfin , leur peau sert de vêtement , de toiture et de voile. Les rhennes se nourrissent de feuilles sèches et de lichens , qu’elles recherchent et trouvent ellesmêmes sous la neige.

Le genre des antilopes comprend aussi un très-grand nombre d’espèces , dont la plupart vivent dans les pays chauds , et semblent préférer les lieux arides et montueux. Leurs cornes poussent par la base : elles ne tombent jamais. En dehors , elles sont revêtues d’un étui de substance de corne , comme dans le genre des bœufs; mais elles n’ont pas, comme ces derniers animaux, ce repli pendant sous la peau du cou , qu’on nomme fanon. Les

DiiS MAMMIEÈRES RUMINANS. 323

espèces diffèrent beaucoup entre elles par la forme des cornes : tantôt elles se recourbent en arrière, comme dans le bubale, le gnou , le chamois (PI. vi , fig. 2G ) ; tantôt elles se dirigent en devant, comme dansée nilg naut, le nanguer. Quelquefois les cornes sont droites; tels sont le coudons, le pasan (fi g. 28) : chez d’autres enfin, comme dans la gazelle commune , la corine , je tzéiran, ces cornes sont courbées en manière de branches de lyre (fig. 27, 29).

Les chamois , qu’on nomme aussi izards , vivent principalement sur les montagnes des régions tempérées de ÎËuîope. Ces animaux se réunissent en petites troupes. Ils recherchent de préférence les lieux les plus escarpés. Leur grosseur et leur taille est à peu près celle des chèvieo. Leur lèvre supérieure est comme fendue. Ou fait la chasse à ces animaux pour en avoir la peau, dont le tissu est mou et extensible : elle sert à faire des vêtemens tî ès - cnauds et très -solides lorsqu’elle a reçu une certaine préparation , qu’on nomme chamoisage. La gazelle ordinaire se trouve principalement en Syrie. Elle esi. de la taille du chevreuil : son poil est ras et plus coin t que celui du chamois. Les gazelles sont sveltes , vives et légèi eo. Leurs jambes sont longues , fines et déliées, et leur couleur est rousse en dessus , blanche en dessous : on voit souvent sur leurs flancs une bande de poils noirs , et leur oreille est marquée en dedans de trois bandes longitudinales blanches.

Les bœufs diffèrent des antilopes par le repli de la peau qui pend sous le cou , et qu’on nomme fanon. Ils préfèrent les lieux humides et marécageux. Iis sont plus lents et moins sveltes. O11 n’en connoît que six espèces : le taureau , dont la femelle s’appelle vache , et le jeune.

324 DES MAMMIFÈRES RUMINANS.

veau; le bison d’Amérique, le bœuf musqué , le bœuf

à queue de cheval ou de Tartane , et deux espèces de

buffles.

Nos taureaux et nos vaches , qu’on croit être provenus d’une espèce sauvage , décrite par les anciens sous le nom d ’urus et d ’aurosch, et qu’on ne trouve plus maintenant en Europe , sont élevés en domesticité. On châtre les mâles pour en faire des bœufs , qu’on attèle à la charrue et aux voitures, et qu’ou engraisse pour s’en nourrir, leur chair, qui est très-succulente , se mange fraîche et salée. Leur peau, bouillie, donne de la coîle -forte; tannée , elle sert principalement à faire des souliers : les poils entrent dans la composition de certains mortiers, et servent de bourre : leurs cornes sont employées par les tabletiers pour faire des peignes , des écritoires et autres ustensiles. On brûle leur graisse; on fait d’excellent mastic avec leur sang, dont on rctne aussi une couleur bleue très -précieuse , connue sous le nom de bleu de Prusse ; ce sang sert encore dans plusieurs arts chimiques , entre autres dans les railmeties de sucie , d’huiles de poissons; leurs intestins, séchés, sont employés, dans certains pays, comme en Espagne, pour transporter le beurre , pour recouvrir des aérostats , batti t l’or en feuilles tres-mmccs , et c est ce que 1 on nomme baudruche. Enfin, le lait de la femelle donne la creme, le fromage et le beurre.

Le bison vit en Amérique ; il a une très-longue crinière et une bosse sur le dos : il ne se trouve que dans 1 état sauvage , au milieu des bois marécageux. Le bœuf d queue de cheval est nourri en domesticité dans le Thibetj sa queue fait rornement des pachas , qui en font porter un certain nombre devant eux, suivant le rang qu ils occupent

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