Il est une infinité deprocèdes par
ticuliers que le magnétiseur attentif peut deviner selon les circonstances , et qui lui sont souvent indiqués par les sensations qu’éprouve le malade ; ils ne peuvent être soumis à aucune classification,
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26. Le plus énergique des procédés magnétiques est l’emploi du souffle , on s’en sert particulièrement pour résoudre les engorgemens , les obstructions et les glandes au sein : on pose sa bouche sur un mouchoir plié en double , placé sur la partie malade , et on fait passer son haleine à travers : cela produit une vive chaleur.
27* Le même moyen est encore employé avec succès dans les maux d’estomac produits par atonie.
28. La musique est un puissant auxiliaire pour le Magnétisme : on en a obtenu de très -bons effets dans les maladies nerveuses.
29. h est important de remarquer que tous les procédés dont nous venons de don-
ner l’exposition, sont entièrement arbitraires dans leur forme > et qu’ils ne reposent que sur l’analogie qu’on a cru remarquer entre les phénomènes du Magnétisme et ceux de l’aimant. Ce qu’il y a d’important et de fondamental , c’est la pensée et la volonté > sans lesquelles il n’existe pas de Magnétisme animal.
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CHAPITR'E III.
Les phénomènes.
5o. Le Magnétisme agit sur le malade en augmentant l’intensité des forces vitales;
par cette raison , il augmente toujours les symptômes critiques (ou nécessaires et indicateurs), et diminue ou fait cesser entièrement les symptômes purement symptomatiques ( ou inutiles et trompeurs).
3 1 . Il arrive donc quelquefois que l’application du Magnétisme occasionne au malade de vives douleurs, et même des crispations nerveuses. Le magnétiseur ne doitpoint alors s’effrayer, car ces douleurs ne sont qu’une suite de la résistance qu’oppose le mal au principe vital , dont il augmente l’effort. H doit continuer avec calme, jusqu’à ce que la crise soit terminée,
Ô2. Il arrive souvent que la personne magnétisée n’éprouve aucune sensation, ou seulement un sentiment plus ou moins intense de froid ou de chaud, qui semble suivre le mouvement des mains du magnétiseur.
55. Cette insensibilité à l’action magnétique n’est très -souvent qu’apparente ; et lorsque le magnétiseur ne se^écourage pas et persévère pendant une huitaine de jours, les effets finissent par devenir plus sensibles , ou l’on s’aperçoit d’une amélioration graduelle dans l’état du malade.
Le magnétiseur doit bien se persuader que le Magnétisme guérit aussi bien , soit que le malade sente son action, soit qu’elle ne lui fasse éprouver aucune sensation distincte.
O/j.. Lorsque l’action magnétique est arrivée à son plus haut degré , les forces vitales de l’individu magnétisé se portent
toutes sur les viscères- la sensibilité abandonne les sens extérieurs, pour se réunir dans les sejis intérieurs y dont les organes sont plus soumis à l’action directe de la volonté. Le développement de Y instinct a lieu, tandis que l’individu entre dans un état apparent de sommeil. C’est ce pliénomène , le plus remarquable de tous les phénomènes physiologiques , auquel on a donne le nom de somnambulisme magné** tique.
35. Dans le somnambulisme magnétique, 1 individu ne reçoit plus d impressions distinctes , que par les nerfs du système viscéral • les organes dépendans de ce système lui transmettent des sensations entièrement nouvelles, dont les sens extérieurs ne peuvent nous donner aucune idée. C’est ainsi, par exemple, qu’ils livrent la connaissance de ce qui se passe dans l’intérieur du corps. Les mouvemens et les fonctions des viscères deviennent
sensibles au somnambule; il reçoit, à de grandes distances , l’impression des objets extérieurs sur lesquels la pensée du magnétiseur le conduit, et il sait distinguer, au milieu de ces objets, celui qui est utile à sa guérison.
56. Nous venons de caractériser ici les traits principaux du somnambulisme ma gnétique , mais il existe une infinité de nuances ; car l’état de somnambulisme , loin d’être le même chez tous les individus, admet autant de différences qu’il y en a entre les individus eux-mêmes. Il est rare encore que le transport de la sensibilité du système cérébral au système viscéral, soit complet; aussi distingue-t-on les phénomènes qui dépendent de ce transport sous les noms génériques de crises et demicrises magnétiques. On nomme particulièrement crise magnétique , l’état parfait de somnambulisme; et demi-crise , les états intermédiaires. L’état de crise présente
quatre degrés , et celui de demi-crise > sept nuances qu’il est important de ne pas confondre. Nous allons les exposer, en partant de la nuance la plus faible , pour arriver au degré le plus élevé du somnambulisme.
Première nuance.
57. Après quelques minutes de Implication du magnétisme , la tête du malade devient lourde, ses yeux se ferment ; et quoiqu’il reste éveillé, il ne peut plus ouvrir les paupières , si le magnétiseur ne lui passe légèrement les doigts dessus avec volonté.
Cet état paraît être une simple disposition au somnambulisme ; il est fort ordinaire dans ces légères incommodités ou maux passagers qui ne disposent pas le malade à éprouver les grands effets du Magnétisme ; souvent aussi , comme nous l’avons déjà dit, un malade attaqué grièvement, guérit sans avoir éprouvé un autre effet que celui-ci , parce que son organisation
s’oppose à des effets plus marqués , ou quelquefois parce que son magnétiseur n’a pas apporté tout le soin nécessaire dans le traitement.
Deuxième nuance .
38. La seconde nuance se présente chez les personnes qui , ayant les yeux collés 9 entendent tout ce que l’on dit auprès d’eux sans pouvoir y répondre.
Cet état est un commencement de crise.
Troisième nuance .
09. La troisième nuance est celle des personnes qui sont légèrement assoupies , ayant les yeux collés et ne pouvant répondre aux questions , quoiqu’elles les entendent et quelles se les rappellent en sortant de cet état.
Quatrième nuance.
4°. La quatrième nuance est celle des personnes qui restent dans un assoupisse-
ment profond, sans parler ni gesticuler, et qu’on est obligé de réveiller au hasard.
L’effet du Magnétisme est très-salutaira dans cet état; il donne beaucoup de calme aux sens , et favorise le travail de la nature.
On peut réveiller , sans inconvénient , après une heure , ou une heure et demie , les personnes qui sont dans cet état. Quelques-unes se réveillent seules.
Cinquième nuance.
4l • La cinquième nuance est un sommeil plus doux , plus léger que le précédent; le malade se trouve dans un état de bien-être dont il conserve le souvenir en se réveillant.
Sixième nuance.
42. La sixième nuance est un sommeil dont le malade prévoit et dit le terme; il
entend tout le monde, et son corps et ses paupières sont entièrement immobiles.
Septième nuance.
43. La septième et dernière nuance est un état dans lequel on n’entend seulement que quelques personnes. Le malade commence à voir quelque chose à son mal; il en raisonne, mais souvent avec aussi peu de certitude qu'il s’ordonne des remèdes , lorsqu’on le force de s’en prescrire. 11 parle toujours de mémoire sur les remèdes qu’il connaît, et il se trompe toujours sur ceux qu’il ne connaît pas. Il est dangereux de se fier à ces malades, et d’agir d’après leur conseil.
44. Les caractères généraux des quatre degrés de la crise complète y ou du somnambulisme magnétique , sont les suivans :
Le malade est dans un état apparent de sommeil; il ne peut ouvrir les yeux.
Il est entièrement isolé , c’est-à-dire qu’il n’entend personne que son magnétiseur.
Il perd, à son réveil , le souvenir de tout ce qu’il a pu voir ou dire pendant la crise ; si bien qu’il lui semble sortir d’un profond sommeil.
Le contact des objets étrangers le blesse, s’ils ne sont magnétisés.
4^* On désigne, par le nom de rapport .,1a communication que le magnétiseur établit entre le somnambule et une autre personne ; ce qui se fait en magnétisant cette personne pendant quelques minutes , et joignant ensuite sa main avec celle du somnambule ; alors ce dernier , quoique toujours isolé, pour le reste de ce qui l’entoure, entend cette personne, et lui ré-
Les différences des degrés du somnambulisme ne changent en rien les caractères généraux ci-dessus.
Premier degré. ^
Le malade voit parfaitement son mal, indique les remèdes, et prescrit le régime qu’il doit suivre, il indique la manière dont il doit être magnétisé. Il ne voit que son mal présent, souvent sans prévoir le développement d’un autre mal dont il a le germe. Ainsi , il peut annoncer avec précision sa guérison, sans pressentir qu’à l’époque qu’il fixe, il retombera dans une autre maladie, dont la cause, quoique présente, lui échappe.
Second degré.
47- Le malade entrevoit , de plus , les maux des personnes avec lesquelles on le met en rapport.
Il ne serait cependant pas prudent de se fier entièrement aux remèdes qu’il pourrait ordonner pour d’autres que pour luimême.
Troisième degré .
48. Le malade voit le mal présent et le germe de touie autre maladie qui pourrait exister, soit chez lui, soit chez les personnes avec lesquelles il est en rapport. Il pressent l’époque du développement de cette maladie , et l’issue qu’elle pourrait avoir, si elle n’est pas prévenue ou conduite de la manière qu’il indique.
Il peut suivre le traitement d’autres malades jusqu’à parfaite guérison.
Il lit dans la pensée de son magnétiseur, et il agit à cette pensée , sans quelle ait besoin d’être manifestée par aucun signe extérieur.
Quatrième degré.
49. Le somnambule possède avec une extension extraordinaire les facultés du troisième degré : il voit, de plus , des choses éloignées et étrangères à son état; il pré* voit des évènemens qui souvent n’ont au-
cun rapport avec ce qui l’intéresse , et toujours ses prévisions s’accomplissent exactement.
Les somnambules des troisième et quatrième degrés sont extrêmement rares : je n’en ai encore rencontré qu’un seul du quatrième.
5o. La connaissance parfaite de ces divers états est ce qu’il y a de plus difficile dans la pratique du Magnétisme : on voit tous les jours des magnétiseurs qui ne manquent cependant pas d’expérience, se tromper, et accorder leur confiance à des sorm nambules qui , à peine du premier degré , prétendent avoir les facultés de ceux du troisième.
Il faut , en général , être très-circonspect
sur la confiance qu’on peut leur accorder pour traiter d’autres malades.
degré à
Souvent un somnambule passe d’un un autre par l’effet d’une volonté
constante de son magnétiseur. Comme c’est du soin et de l’attention du magnétiseur que dépend en grande partie la perfection du somnambulisme , nous allons tracer, dans le chapitre suivant , la conduite qu’il doit tenir avec ses malades.