EC0URS AXJIL NOYÉS
sujets dont le visage est rouge, TÎoIet, noir, et dont les membres sont flexibles et encore cbauds; mais il ne faut jamais la pratiquer sur des corps froids et dont les membres commencent à se roidir.
Les mineurs qui ont été brûlés par le grisou ou autrement, doivent être traités de la manière suivante.
On trempera des linges dans de Teaa froide , on les appliquera sur les points du corps oii la brûlure est la plus considérable, et l'on renouvellera ces linges aussitôt qu'ils auront perdu leur fratcbeur par le contact de la peau. Ce sont des fomenta* tions froides ; mais s'il est possible de plonger la partie brûlée dans l'eau fraîche souvent renouvelée, et mieux encore dans l'eau de Goulard, si l'on est voisin d'une pharmacie ou d'un droguiste , on devra s'empresser de le faire; enfin, si la brûlure est très-étendue, le plus court est de plonger le malade dans un bain froid, qu'on renouvellera tous les quarts d'heure, et de l'y tenir jusqu'à ce que l'inflammation soit tombée.
Ici se termine l'énumération des soins qu'un bon directeur ou une cantinière intelligente peuvent et doivent donner aux mineurs asphyxiés, noyés ou brûlés; car, excepté la saignée, qui n'est pas susceptible d'être faite par tout le monde, et qu'il serait cependant bien utile qu'un directeur de mine sût faire à propos, tout le reste peut
ET ÂVX ASPHYXIÉS. 4^9
se pratiquer par quiconque est animé de Famour de son prochain , ce qui n'empêche pas qu'il faut, dès l'instant où l'on apprend qu'il est arriTe un malheur, envoyer chercher le chirurgien le plus voisin, qui doit toujours être celui de l'établissement; mais comme il y a beaucoup de mines qui sont situées à de grandes distances des villes, et que le chirurgien peut être absent, il faut commencer les soins que nous venons d'indiquer, les donner avec ordre et persévérance, et ne jamais perdre de vue que l'on est souvent parvenu à rappeler des asphyxiés et des noyés à la vie, huit heures après qu'ils ont été frappés. ^
Quant aux fractures, elles exigent les secours d'un homme de l'art, et le devoir des directeurs se borne à le faire appeler dans le plus court délai possible.
1 Un colonel anglais qui aimait tendrement sa femme, la garda huit jours sans moaTement et sans ancun signe de vie , refusa obstinément de la laisser enterrer, et menaça de brûler la cervelle à celui qui serait asses bardi pour Tonloir s'*emparer du corps de sa femme. L'excès de sa douleur parvint jusqu^à la reine , qui , en lui envoyant faire son compliment de condoléance , le fit engager à accorder les derniers honneurs à son épouse. Le colonel résista , disant que rien ne pressait, puisque le corps de sa femme ne donnait ancun signe de putréfaction. Quel fut le bonbeur dn brave colonel , lorsqn^an bout de huit jonrs de douleur et de désespoir, la dame se réveilla an spn des cloches de Téglise voisine, en disant : F'oilà le dsrnter coup de la prière; allons^ il est temps de partir. Elle guérit parfaitement et vécnt encore fort long-temps. ( Joninal des sa vans , année 174^-)
45o SECOURS AUX KOTÉS ET AUX ASPHYXIÉS.
Cette espèce d'instruction abrégée est extraite, en grande partie, de celle que le Gouyemement fit rédiger en i8i5, et qui est tirée elle-même des ouvrages du docteur Portai, premier médecin du roi de France.