CHAPITRE VL
Administration.
$. !•* Penonnd.
S- 2. Comptabilité,
S* S. Ecoles des min^.
S* 4. Légidatioii et loi sur les mines»
MHIP
Personnel.
Dès qu'un établissement industriel réunit un certain nombre d'ouvriers, celui qui les dirige doit s'attacher à en régulariser le service au moyen d'un règlement sage et bien conçu \ cette espèce de charte est un point d'appui sur lequel chacun se repose avec sécurité 9 c'est un moyen certain de maintenir l'ordre et la bonne intelligence parmi les ouyriers, qui doivent en connaître toutes les dispositions, et auxquels on doit en avoir expliqué tous les articles.
L'exploitation des mines réclame plus que tout autre établissement la mise à exécution d'un bon règlement, et il est d'autant plus facile à établir , que la profession de mineur a une teinte militaire qui s'accorde très-bien avec la discipline, et qui platt même à cette classe d'ouvriers, qui brûle de la poudre comme les artilleurs , qui est employée à la guerre et dans les sièges, et qui porte souvent
avec honneur Toniforme qui appartient à son état.
Dans une exploitation bien entendue, le trayail ne doit point cesser la nuit : les ou- Triers doivent se relever et se succéder sans interruption ^ afin que les eaux ne s'accu* mulent jamais, que les mvchines produisent leur maximum d'effet pendant toute l'année, que les chefs d'atelier soient toujours à leur poste , que l'ouvrage avance autant que possible, et que le temps, enfin, ce grand élément de la prospérité générale, ne soit jamais ni perdu, ni mal employé.
L'ordre est le seul moyen de parvenir à atteindre ce but, et comme on ne peut jamais en mettre dans les choses , si l'on ne commence pas par en mettre chez les hommes, il faut les classer, les diviser, et donner, à chacun d'eux des fonctions, ti^anchées et distinctes, dont ils ne doivent jamais se départir.
Dans une mine tant soit peu importante» il faut un directeur, un maître mineur, un caporal de nuit et un caporal de jour, un mattre boiseur et deux aides , un nombre de mineurs proportionné à l'importance et à rétendue de la mine , un nombre également proportionné de manoeuvres attachés aux pompes, aux machines, aux tours, etc., quelques enfans de dix à seize ans, qui sont employés aux transports intérieurs, au triage, À porter et rapporter les outils de la forge à la mine , etc. Enfin , il faut un mineur mare*
chai et son souffleur, un menuisier-tonn^lier et, suivant le pays, des charpentiers scieurs de long.
Dans la montagne, une mine peut entretenir un moulin à scie, tant pour l'équarrissage de ses bois que pour sa proTÎsion de planches, de coulans, de picots, de montans d'échelle, etc.
Division du temps en postes , et fonctions des caporaux et maîtres mineurs.
Les mineurs doivent travailler par postes de six ou huit heures consécutives , et se relever trois ou quatre fois dans les vingt*quatre heures.
Les manœuvres doivent travailler par po^ tes de dîx heures ,
Et les rouleurs huit heures seulement
Les caporaux doivent relever tous les postes et ne sortir de la fosse qu'après avoir visité toutes les places ; ils doivent surtout veiller à ce que Ton fasse le moins de menu charbon possible, et dans les mines métalliques, ils doivent tenir la main à ce que les places soient bien nettoyées avant que Ton ne détache le filon, qui doit être dépouilJé d'avance, comme nous 'Ta vous déjà dit: ils doivent surveiller le triage , veiller à ce que les remblais se fassent exactement dans les mines où Ton a adopté ce mode de consolidation, guiderlesjeunesmineurs, tant pour la manière
de placer leurs coups de mine, que pour la quantité de poudre dont ils doivent charger^ et c'est encore à eux de veiller à ce que cha« que ouvrier ait un nombre sufBsant d'outils en bon état : enfin , si les pompes se dérangent, ils doivent ouvrir les regards ou cha-< pelles et visiter les soupapes. Quand un ca-* poral veut faire son devoir, il ne peut guère sortir de la mine avant d'avoir installé son second poste , et c'est le moment où son camarade vient le relever.
Le maître mineur doit faire sa tournée gé-* nérale au moins une fois dans les vingt«quatre heures , et en varier l'époque à dessein , afin de ne pas trouver toujours les mêmes ouvriers à l'œuvre et le même caporal de service. Il est à désirer qu'il sache se servir de la boussole en l'absence du directeur, et dresser le projet d*un percement ou d'un nouvel ouvrage. Cest lui qui tient l'état des journées, et chez qui chaque ouvrier doit se présenter pour se faire marquer en sortant ; enfin, c'est le maitre mineur qui tient le magasin des outils et des provisions, et qui en dresse l'état: il doit être maitre de renvoyer un ouvrier qui lui a manqué , ou qui ne fait. pas son devoir; mais il ne doit pas le faire avant d'en avoir prévenu le directeur. Quant aux amendes , il les marque sur sa feuille de journées en présence de l'ouvrier qui en a mérité une, et en le prévenant que c'est telle faute qui la lui a value. Il doit donner ses ordres
sur plaèe même, soit à Tan des caporaux, soit aux ouvriers, mais toujours en présence du caporal de service , afin d'éviter les mal-entendus et les mauvaises excuses. Le maître mineur ne reçoit d'ordres que du directeur, avec lequel il doit toujours s'entendre sur les travaux mêmes.
Le directeur, enfin , ne doit donner des ordres qu'au maître, qui est chargé de les faire exécuter; mais qui, étant responsable ide tout ce qui se fait dans son atelier , doit tout ordonner et tout commander: sans cette marche régulière, il serait impossible d'obtenir de l'ensemble et de la précision. Si le directeur, en faisant sa tournée en l'absence du mattre mineur, changeait les ouvriers de place, donnait des ordres aux caporaux et bouleversait le chantier, le maître mineur ne saurait plus à quoi s'en tenir, les ouvriers hésiteraient à lui obéir, dans la crainte d'être chassés par le directeur, et tout serait ploiigé dans le plus grand désordre. Le directeur ne doit parler, pour ainsi dire, qu'avec son maître mineur et ses autres maîtres-ouvriers, et ne doit jamais s'en prendre qu'à eux, si en visitant les travaux il s'aperçoit que ses ordres ont été mal compris et mal exécutés, et pour éviter ces méprises, il faut, autant que possible, qu'il lesdonne sur place, et qu'il ne la quitte que lorsqu'il est certain d'avoir été parfaitement entendu. Ce qui n'arrive pas toujours du premier jet , mais ce qui exige
souvent que Ton explique son idée à plu* sieurs reprises et dans des termes différens.
Si le directeur veut faire exécuter quelque chose de nouveau, qui sorte tant soit peu de la routine ordinaire, et qu'il ait mûrement réfléchi avant de se décider à en donner l'ordre, il doit exposer sa pensée le plus clairement possihie, et couper court à toute discussion par un je le veux hien articulé ; mais s'il s'agit d'un travail important qui n'ait rien d'extraordinaire , il doit écouter les avis de son maître mineur et de ses caporaux, discuter avec eux sans emportement , examiner chose sur toutes ses faces , en bien peser les chances et ne combattre l'avis de ses subordonnés que par des chiffres ou des raisons évidentes, et il sera souvent étonné des lumières qu'il retirera de ces espèces d'enquêtes. Les chefs ne se rapprochent point asseac souvent de leurs ouvriers ; s'ils ne les tenaient pas toujours à une si grande distance, ils découvriraient souvent chez eux des talens ou du moins des dispositions cachées , dont ces bonnes gens ne se doutent pas ou qu'ils ont la bonhomie de méconnaître.
Depuis bien long-temps j'ai pris l'habitude d'interroger les ouvriers de toutes les professions, de causer longuement avec eux, et je suis rarement sorti de l'atelier d'un artisan sans avoir appris quelque chose que j'aurais vainement cherché dans les livres.
Si la mine est exploitée depuis très-long-
temps, il est probable que les ouvriers sont presque tous du pays; mais si elle est nouvelle, ou qu'elle soit assez importante pour occuper plus de bras que la culture ne peut en céder, il faudra recourir aux mineurs étrangers qui sont répandus sur divers points de la France, ou dans le voisinage de ses frontières. Il est d'autant mieux de recevoir quelques - uns de ces mineurs étrangers dans les exploitations même oii Ton ne manque pas d'ouvriers du pays, que ces hommes, qui ont vu beaucoup d'exploitations différentes, peuvent apporter avec eux quelque bonne méthode, que l'on doit s'empresser d'adopter. L'homme le plus difficile à se procurer est le maître mineur ; les bons sont très-rares en France , et l'on ne fait rien pour en former; car les études de l'école de Saint-Etienne sont trop élevées , pour que nous puissions jamais espérer d'en voir sortir ce que l'on doit entendre par un maître mineur : cette excellente école, qui fera toujours honneur à M. fieaunier son fondateur, a déjà produit plusieurs sujets distingués, qui feront d'excellens directeurs ; mais il reste une lacune à remplir, et il est urgent d'y songer.
Des mineurs français et étrangers.
Les mineurs français voyagent fort peu; ils sont excellens dans les travaux où ils ont été élevés, mais ils sont mauvais quand on les dépayse: n'ayant jamais vu qu'un seul atelier.
i}u'un seul terrain, que les mêmes usages et les mêmes outils , ils se trouvent déplacés p&rtout ailleurs; les mineurs d'Anzin, du Forez, du Bourbonnais» les Bretons et les Dau-^ phinois, restent chacun chez eux et n'émigrent point ; il ne m'est jamais venu qu un ou deux Bretons et quelques Foréziens ; mais en re- Tanche il m'est passé par les mains quelques Saxons, beaucoup de Piémontais et de Sa-* Toyards, et un grand nombre de Tyroliens* Les mineurs saxons sont les plus instruits de tous ceux qui voyagent en France; ils sa-* Tent presque tous un peu dessiner, et comme ils ont été élevés dans le pays du monde où les mines sont le mieux exploitées, ils en rapportent de bons usages, d'excellentes méthodes et une pratique éclairée: malheureusement il en passe fort peu en France. Je suis parvenu à en fixer un et à le faire placer comme maître mineur dans une exploitation à laquelle je m'intéressais beaucoup, et un autre , qui a travaillé sous mes ordres, remplit aussi les mêmes fonctions dans une mine de risère.
Les mineurs tjrroliens ne sont pas aussi instruits que les saxons. Ils sortent presque tous . du village de Kaltebrunn près Riedz , dans rOberkreisamt en Tyrol , d'où ils arrivent en France encore jeunes et novices ; mais comme ils sont pi^^que tous parens , et qu'ils se ^soutiennent mutuellement, les plus anciens montrent aux autres et ils se forment très-
5oO AOMIMSTRATION.
prômptement dans leur métier. Ils entrent en France par l'Italie , vont trayailler dans lès mines d'or et de fer des environs du Mont-Rose et du lac de Côme, et se rendent ensuite anl mines de Chessy près Lyon. C'était là où se bornaient ordinairement leurs •excursions en France ; mais depuis dix ans j'ai contribué à les répandre dans la Dordogne, la Corrèze , la Creuse , la Vienne » TAveyron, le Gard, les Bouches -du -Rhône et le Var, et partout ils se sont fait estimer de Jeurs che&; plusieurs se sont mariés en France, sont devenus .maîtres mineurs, et je puis assurer que ces Tyroliens sont si pleins d'honneur et de délicatesse, que je n'ai jamais eu •à me plaindre d'eux. Il y en a environ deux «cents en France, et comme ils voyagent beaucoup , ils deviennent fort habiles et surtout excellens boiseurs.
Les anciens maîtres mineurs de la mine d'argent d'Allemond, de la mine de plomb de Pesey, de la mine de cuivre de Chessy, des mines de Servoz, étaient tyroliens. Celui de Saint -fiel et Chessy près Lyon, de Chabrignac et d'Argentac , département de la Corrèze^ celui du Lardin, mon élève; celui des mines de lignites d'Oriol et des Martigues près Marseille, ainsi que celui de Fréjus, département du Var, sont tous Tyroliens.-
Je ne puis ti*op les recommander à mes confrères; leurs journées varient, suivant la cherté des vivres, depuis 2^ jusqu'à 2^ 5o^;
PERSONNEL. 5oi
mais ils prennent volontiers des prix faits ou des parties d'ouvrages à Tentreprise, et dans ce cas ils portent leurs journées jusqu'à 3^; alors ils travaillent plus de huit heures. Les maîtres mineurs gagnent de huit a douze centtf francs par an.
Les mineurs piémontais sont de forts tra-* vailleurs quand ils sont à leurs pièces ; mais ils sont sans instruction et nous apportent un si mauvais moral et de si mauvaises moeurs, qu'il est dangereux de les introduire dans un atelier ou l'on doit avoir à cœur de maintenir la paix et la disciplipe. L^urs camarades se plaignent de leur manque de probité, ils se battent entre eux à chaque instant, se sauvent sans payer, et sont en général de fort mauvais sujets; j'ai eu tant à m'çn plaindre personnellement et j'ai entendis porter tant de plaintes sur leur compte , que j'ai résolu de ne jamais en employer.
Du traçait à la journée , et du travail à pria:
fait.
Il y a deux manières de faire travailler aux mines, à la journée et 4 la tâche. Il n'est p94 toujours possible do donner lo trayail à l'entreprise, surtout quand on ne fait que commencer et que l'ouvrage p'est pas encore régulier ; car il se passe presque tpujour^ plusieurs semaines dç mise en train , pendant lesquelles on ne peut travailler qu'à la journée ; néanmoins , aussitôt que la chose est de^
5oa ADMINISTRATION.
▼enue possible, je conseille fortement d'adopter le travail à la tâche; car il avance toujours beaucoup plus vite qu'à la journée, et quoique l'ouvrier gagne réellement davantage, l'ouvrage ne revient point à un prix plus élevé, parce que l'ouvrier travaille plus fort qu'à la journée.
La consistance de la roche ou du minerai, l'abondance des eaux, et les dimensions des galeries ou des puits, font nécessairement varier le prix du mètre courant , puisque cç sont là les principales causes qui retardent ou entravent le travail du mineur. Il est donc prudent, surtout quand on n'a pas l'habitude de faire travailler, et que l'on ne connaît pas bien les roches sous le rapport de la ré^ sistance qu'elles opposent à l'effort de la poudre ou des outils, de f^ire travailler à la journée pendant un mois : en s'assuran^ par une surveillance convenable que le temps à été loyalement employé , on peut prendre le travail fait pendant ce premier mois pour base du prix du mètre Courant Ainsi, par exemple , je suppose que 6 mineurs , divisés en 5 postes, aient fait pendant 26 jours de travail lo mètres courans d'une galerie de 2 mètres de haut, sur une largeur réduite de i*' 33. Je dis , en multipliant 26 par 6, que i56 journées de mineur à ^^ ont détaché 26",6o cubes , qui me sont revenus par conséquent à Sin^, soit à ii^ ^2^ le mètre. Or, l'expérience m'a appris qu^n doi\jaant
PERSONNEL. 5o3
Touvrage de tâche au même prix qu'il retient quand on le fait exécuter à la journée, Touvrier gagne un cinquième au ihoinsensus; le maître, sans payer plus cher , y trouve Tavantage de voir avancer son ouvrage plus rapidement, et il ne lui reste qu'à veiller à ce qu'il soit bien et dûment conditionné. Je donnerais donc environ 3i^ du mètre courant de cette galerie, puisqu'il représente :à^y66 cubes de roche à abattre.
Je ne suis point d'avis de donner de grands prix faits à la fois ; cette méthode ne tourne jamais à l'avantage du maître, peut souvent lui être préjudiciable, et voici comment. Je suppose que l'on ait donné 100 mètres de galerie à foncer à une compagnie de six mineurs, que l'on soit convenu, par l'examen et l'essai même de la roche d'entrée , qu'il faut aS^ du mètre courant pour couvrir la jour^ née. S'il survient une roche beaucoup plus dure ou beaucoup plus difficile à casser, et que les pauvres ouvriers lie puissent plus y gagner leur vie , on sera bien forcé d'aug^r menter le prix convenu, car il faut être hu* main avant tout ; mais si , au contraire , la roche devient plus tendre , ces mêmes hommes consentiront difficilement à un rabais, ou s'arrangeront de manière à ce que leur travail du mois ne dépasse pas assez ce que Ton a droit d'en attendre, pour que l'on soit tenté de leur proposer de la diminution. Pour obvier à tous ces inconvéniens , voici com«
5o4 ADMINISTRATION.
ment je traite avec mes ouvriers : je ne donne mes prix faits que pour un mois, avec assurance de compléter la journée, si le prix que je propose n'en couvre pas la valeur, et pour m'en convaincre, je tiens note des journées faites; je m'assure qu'il n'y a pas eu négligence, et à la 6n du mois je divise la somme du prix fait par le nombre de journées de travail. Si elle n'arrive pas à 2^ 5o*^, qui est le prix que je donne dans ce moment-ci, je la complète ; si elle dépasse 3^, je diminue pour le mois suivant , et de cette manière il j a sécurité et confiance de part et d'autre. Le mètre cube du travail d'un puits se paye toujours un peu plus cber que celui d'une galerie, parce que l'ouvrier est continuellement exposé par la chute de la plus petite pierre, et parce qu'il doit avoir la précaution de se garer sons le puits d'échelle pendant que l'on monte et que l'on décroche la tine; parce qu'il est souvent exposé à recevoir l'eau sur le corps , qu'il perd beaur coup de temps à monter et à descendre par les échelles, et qu'il ne peut travailler pendant que le boiseur pose ses cadres. Quand il y a de bons boiseùrs dans la compagnie des mineurs qui ont reçu le prix fait , je ne vois point d'inconvénient k ce que l'on y comprenne le boisage ; au contraire, c'est encore un moyen d'accélérer le travail*; mais dans tous les cas il faut éviter que le maître mineur soit intéressé dans les prix faits 5 car ou
PERSONNEL. 6o5
pourrait craindre qu'il ne mit pas toute la sévérité convenable dans la surveillance et la réception de l'ouvrage.
Les prix faits des puits et des galeries se mesurent avec une ficelle humide, en partant d'une marque faite dans le rocher, ou mieux encore à compter d'un point convenu, soit du premier cadre de l'entrée d'une galerie ou d'un puits , soit de tout autre point stable. Si les prifacteurs abandonnent leur entreprise , il faut qu'ils laissent le fond du puits ou la tête de la galerie bien dressés, afin que l'on puisse tout solder; mais s'ils continuent, on n'exige pas que l'ouvrage soit réglé , et on laisse un pied ou deux à payer pour le mois suivant , ce qui représenle à peu près l'ouvrage qui reste à faire, ou le bois qui reste à poser.
L'extraction du moellon pour bâtir, de la pierre à chaux , ou de la pierre à plâtre , des sables et des graviers , se paye au mètre pu à la toise cube.
L'extraction du minerai de fer d'alluvion se paye souvent à la mesure ou à la charge.
L'extraction des marbres, des pierres d'appareil et du libage, se paye au mètre cube mesuré par bloc séparé.
L'extraction de la houille se paye à la mesure, à la charge ou au poids; il serait plus sûr et plus expéditif de cuber le vide provenant de l'extraction, et de donner un prix contenu par mètre cube.
5o6 ADMINISTRATION.
Quand les coucixes sont très- minces, on peut payer à tant la surface. Au Lardin, où les couches sont d'une épaisseur à peu près uniforme et où l'on déhouille à col tordu, je payais l'extraction à raison de 3^ 70^ le mètre carré ; le maître mineur n'ayant d'autre soin à prendre pendant tout le courant du mois, que celui de veiller à ce que les tailles aient toujours la même largeur, à ce que les remblais soient exactement faits. A la fin du mois, il dresse le compte de chaque compagnie de mineurs attachée à chaque taille, en multipliant la longueur de l'ouvrage par sa largeur. L'ouvrier n'a point à s'inquiéter de l'épaisseur de la couche -, c'est au maître mineur à faire sauter les places où la couche étranglée cesse de payer les frais.
Je recommande ce moyen surtout pour l'exploitation des couches minces , qui ont déjà tant de peine à supporter les frais indispensables, et que l'on doit débarrasser de tous ceux qui ne sont pas strictement nécessaires, tels que le pesage ou mesurage de la houille.
Il existe un moyen d'extraction véritablement désastreux pour les mines en général et pour les mines de houille en particulier; c'est celui qui consiste en ce que le propriétaire permet aux acheteurs d'entrer dans sa mine, de tirer eux-mêmes de quoi charger leurs charrettes ou leurs mulets moyennant un prix convenu. Tout alors est au pillage;
PERSONNEL. Scj
on gâte dix fois plus de charbon qu'on n'en emporte , on brise de gros blocs pour ne prendre que le meilleur, on coupe les piliers; les poussières s'amassent , elles s'ëchaufient; il se fait des éboulemens, le feu se déclare; on abandonne tout ce champ de désordre ^ et Ton en ouvre un autre à côté, qui, n'étant pas mieux dirigé, ne tarde pas à éprouver le même sort; et voilà cependant comme on a gouverné la plupart des houillères de l'Aveyron jusqu'à ces derniers temps, et cela au centre de la France et sous les yeux de l'autorité ; tant il est difficile d'extirper le mal quand on lui a permis de s'enraciner.
Des états et du Jour de pujre.
Je paye mes ouvriers et mes fournisseurs le premier dimanche de chaque mois, et je ne donne absolument aucun à- compte dans le courant du mois. ^
Mon commis ou mon maître mineur marque tous les soirs la journée des ouvriers qui ne travaillent point à prix fait sur une grande feuille semblable au modèle ci -joint et le dernier jour du mois elle m'est remise pour être vérifiée et additionnée.
5o8 ADMINISTRATION.
Anuude
ÉTAT dei
13 13 tl
Les ouvragefi à prix fait sont mesurés ce mémejour.lestnarquessoDtfaites.et je dresse le compte de chaque compagnie de mineun et celui des fournisseurs. Cette manière de ne payer que tous les mois présente plusieurs avantages ; elle simplifie les écritures , elle
PEBSONNEL.
yerse dans chaque ménage une assez forte somme à la fois, et donne toute sécurité à ceux qui font des avances aux ourriers et qui soat certains que tel jour à telle heure leur déhiteur recevra dé quoi les payer. Je reçois les réclamations de tous ceux, à qui il
5lO ADMINISTRATION.
est du , et que Fou néglige de payer ; j'en fais la retenue et ne m'en dessaisis que lorsque les deux parties sont d'accord. Si la somme est trop forte pour pouvoir être payée du même mois, je la partage en deux, trois ou quatre paiemens , et de cette manière je fais payer beaucoup de dettes sans que Ton soit obligé d'en venir aux assignations, que j'ai en horreur. Lorsqu'on a un grand nombre d'ouvriers, il est bien de préparer leur compte d'avance, afin de n'avoir pas à les faire tous au moment de la paie : voici la manière que j'ai adoptée, et dont je me suis toujours très -bien trouvé.
Après avoir vérifié le compte de chaque ouvrier porté sur la feuille, et celui des prifacteurs et des fournisseurs, je fais autant de bulletins qu'il y a d'ouvriers, et j'exprime sur chacun d'eux le bordereau des espèces qui devront former le solde du compte de chacun, le nombre de ses journées, la somme qu'il laisse à ses créanciers, s'il en a, et à la masse des secours. Exemple :