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DISPOSITION DES MINERAIS

très 5 et qu'il est exploité sur une étendue de plus de 12,700 mètres (5 lieues); que c'est en-core cette même roche qui renferme les richesses du Potosi;

Que ]e fameux filon aurifère de VilLapando, voisin du précédent, traverse une roche por- .phyritique, et que la principale branche de ce gîte est traversée par un grand nombre de petits filons pourris, d'une si grande richesse, que l'on force les mineurs , lorsqu'ils sortent presque nus de la mine , à se laver dans une grande cuve;

Que le filon d'argent de la yetanegra , qui a donné dans l'espace de quelques mois un produit réel de plus de 20 millions, se trouve dans une pierre calcaire compacte ; que ce filon s'est soutenu sans ramifications et avec une puissance constante de 7 mètres depuis la surface de la terre jusqu'à la profondeur de 1 70 mètres , et qu'à ce point il s'est divisé en trois rameaux, dont la puissance réunie atteignait jusqu'à 60 mètres du toit au mur; •

Que les célèbres filons d'argent de Tosco ^u Mexique traversent des couches de calcaire alpin et jurassique , et qu'il en est de même des filons argentifères du Pérou ;

Que les filons de Freyherg en Saxe et de Clausthal , qui sont fort célèbres , sans qu'ils approchent cependant de l'importance de ceux dont nous venons de parler, traversent des montagnes de grauwaclLes y de gneiss et dç granit î

EN AHAS. a S

Que Ter se trouve ordinairement dans les filons de quarz qui travei^ent les montagnes primitives;

Que notre mine d'argent d'AUemont près Grenoble , qni a donné d'assez beaux produits pendant quelques années , était tellement divisée, qu'on pouvait la considérer comme un véritable stockwerk;

Enfin, que les stockwerks qui forment la plupart des mines d'étain du ComouailleSf sont dans le granit ou dans une espèce de porphyre , nommé elyan par les mineurs du pays.

Les amas formés par certains minerais dans le sein de la terre, semblent devoir leur origine à des cavernes qui auraient été remplies après coup par des matières tout-à-fait étrangères à la nature des couches dont les mon* tagnes sont formées. Mais cette esqplication , toute simple et toute naturelle en apparence « n'est point a labri de plusieurs objections, ' surtout à regard des amas ou rognons qui ne paraissent point avoir de communications avec la surface de la terre , et qui sont isolés au milieu des couches qui les entourent de toutes parts. (PI. V, n.^ a.)

11 y a des amas qui se montrent à la surface de la terre, et qui ont été découverts à Taide des ai&euremens , comme cela a lieu à l'égard des filons et des couches; mais il en existe aussi qui sont enfermés de toutes parts, ^i ne f*iwnoiicent par aucun signe extériçur,

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en sorte qu'il n'y a que le hasard qui puisse les faire découvrir; et il en est de même lorsqu'on a épuisé l'un de ces amas souterrains «t que l'on cherche à en joindre un autre ; .on n'a aucun guide , aucune ^onnée ; on pousse de$ galeries à travers les couches, on fonce des puits de place en place, et l'on est exposé à passer en deçà ou au-delà de ce que l'on cherche.

Les amas ne présentent ni toit, ni mur, ni toutes ces parties accessoires qui caractérisent les filons. Cependant il n'est pas toujours aisé de déterminer, ainsi que je l'ai déjà dit, si tel gite est un amas, une couché ou un filon puissant^ les avis sont encore partagés au sujet ^e la mine de cuivre de Chessy.

> On voit que je ne confonds pas les amas avec les stockwerks; mais quant aux nids et aux rognons, ils ne sont réellement que des diminutifs d'amas : ils sont à ces grandes masses isolées ce que les veinules et les lits sont aux filons et aux couches. Je dois cepen* dant ajouter que dans bien des circonstances les rognons paraissent être contemporains des roches qui les contiennent^ ce qui est beaucoup moins probable pour les amas d'une certaine étendue-

Des failles , barres ^ rétrécissemens , renflemens

et brouillages.

Parmi les nombreux accidens qui dérangent^ souvent les couches et les filons, dont

FAILLES y 3ARR£$, etC ^^

nous extrayons jourûellement les substances les plus utiles à nos besoins et k notre industrie, \e% failles ou barres sont ceux dont il est le plus important de connaître Tallure et retendue. Nous dirons donc , mais d*une manière générale , que tonte faille ou barre peut élre considérée comme n'étant autre chose qu'une fente qui se sera remplie d'une substance de non-yaleur, qui interrompt et dé-^ range la couche ou le filon que l'on exploite; que la rencontre des failles est d autant plus malheureuse, que non -seulement on est obligé de trarerser une masse pierrreuse stérile et souyent fort dure , mais qu'il arrive presque toujours que la couche que Ton poursuit ne se retrouve pas immédiatement après avoir traversé la faille, et qu'il faut tantôt la chercher au-dessus de la tête, et tantôt sous les pieds. Nous avons dit, en parlant des filons, qu'ils étaient quelquefois coupés par d'autres filons d'une formation postérieure à la leur, qui les dérangent, les appauvrissent et jettent au moins un désordre momentané dans les travaux ; mais les failles et les autres accidens qui sont si communs dans les coucbes de houille ayant une tout autre importance que ceux des filons , nous croyons qu'il est convenable et même essentiel que nous nous en occupions d'une ma* nière spéciale ; cependant je m'empresse d'ar vertir que la base de cet important paragra? phe appartient en entier à M. Dubâ^qie] , cpAr

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seiller clés mines; que son beau travail sur les houillères en général m'a laissé fort peu de choses nouvelles à y ajouter, et que j'ai respecté jusqu'à ses propres expressions; car elles sont presque toujours le cachet d'un savant praticien ^ Je dirai donc avec lui que les accidens que peuvent éprouver les veines de houille sont de plusieurs espèces :

1.^ Elles peuvent faire un angle dans leur pente, soit en s'enfonçant en terre, soit en se relevant au jour, ou former, en se courbant, une jatte, une seUe, un bateau, un cul de chaudron, un V ou un chevron, etc. (PL I.)

ri."* La houille peut être interrompue sans que la couche qui la renferme ait changé. de pente ni de direction. (PI. III, n.** i.)

S."" Les veines de houille peuvent être coupées par un rocher, sans changer de pente ni de direction (PI. II, n.'' 7), mais elles peuvent être chacune dans un plan diâférent.

4.^ Elles peuvent changer de direction ou garder la leur, et être rejetées sur le c6té par un obstacle étranger aux dépôts secondaires par* une montagne primitive, formant une espèce de cap dans la vallée (PI. III, n.'' 4) considérée en plan.

5."" Elles peuvent être interrompues par l'inclinaison du toit sur le mur, ou par le relèvement du mur vers le toit (PL III , n.^ 3.)

1 Mémoire sur là houille , couronné par TAcadëmie des sciences en 1793 , imprimé par extrait dans le tome II du Journal des mines 1 n.* 7.

ITAILLES, BARRES, etC. !lg

6.* Elles peuvent être interrompues dan^ leur direction et sur toute leur hauteur par une li^e oblique à Thorizon.

7*^ Elles peuvent être divisées dans leur épaisseur pendant quelques toises par une roche intermédiaire. (PL II, n.** i.)

Lorsqu'une couche de houille fait un res^ saut ou éprouve une ou plusieurs inflexions^ on remarque que son toit, son mur et toutes les couches de la montagne qui en sont voisines, éprouvent les mêmes accidens. (PI. I^ 11,111.)

L'inflexion peut être plus ou moins brusque, les angles plus ou moins aigus; mais ils ne peuvent cependant avoir que deux situations, soit de tourner l'angle vers le jour, soit de le tourner vers la terre. (PI. I.**)

Dans l'un et l'autre cas , la couche semble brisée ; mais dans le premier, les branches ou les côtés de l'angle se dirigent en bas (n.^ i) comme un chevron , et dans l'autre ils se dirigent en haut (n.^ 2), de sorte que, si l'on exploite la couche dont l'angle est tourné en bas , on commencera par le suivre en descendant, et arrivé à l'angle, on se courbera pour se relever vers le jour et former la seconde branche, de manière que, si l'on a dépassé le coude, on perdra la couche en croyant qu'elle n'existe plus. Si, au contraire, on a observé attentivement ce qui s^est passé un peu avant la disparition de la couche, on aura vu que les feiiillets de la houille se sont

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courbés, ce qui indiqt&e ttn changement de direction, et pour éviter ce point de brouillage, il conviendra de se reporter en arrière et de chasser une galerie perpendiculairement an toit , afin de rentrer dans la couché le plus promptement possible. L'inspection de la (igure dit assez qu'il faudra faire le même travail en sens inverse pour retrouver la couche, dans le cas où le coude serait tourné vers le jour.

Si une couche est interrompue sans que son toit et son mur aient changé de direction ni dlnclinaison, ce n'est qu'une solution de continuité, une interruption de la houille (PI. III, n."" i) remplacée par de l'argile, du schiste ou du grès, et il ne faut point s en effrayer, mais suivre avec soin le mur qui doit servir de guide et reconduire à la couche que l'on ne peut tarder à retrouver; c'est ce que Berthout appelait une /cuisse J'aille.

Si une couche csl coupée par un rocher de nature quelconque, Ton cherchera à connaître sa jposition lemieux qu'il aéra possible; il se présentera sous l'aspect d'an mur droit ou incliné , par rapport à la direction de la couche. (Plé II, n."* 7*) Dans tous les cas il faudra le traverser par le plus court chemin j mais, arrivé de l'autre ce té, on ne trouvera pas toujours la couche à la même hauteur où on Fa perdue; cela arrive quelquefois cependant, mais ordinairenient il faut la chercher au-^dessus on au-dessotiS| et c'est

FAILLES y BARR£S, etC* Si-

dans ce cas que la connaîssance des roches environnantes, et surtout du toit et du mur,sont d'un grand secours. L'on peut cependant donner une espèce de règle pour retrouver les couches au-delà de la faille , et dire que si l'on remarques au moment où l'on trouve la faille, quelle s'éloigne de la couche en /en- Jbnçant , il faudra, après açoir dépassé cette faille, chercher la couche sous les pieds, et que si, au contraire, la faille s'enfonce en passant sous les pieds, il faudra chercher le prolonge^ ment de la couche au-dessus de la tête ; ou en d'autres termes, que si l'on atteint la faille en montant , le prolongement de la couche de Faulre côté de la faille ira en montant, et que si l'on a trouvé la faille en descendant, c'est aussi en descendant qu'il faudra chercher le prolongement de la couche perdue. *

Plus la couche est inclinée à l'horizon, plufi^ elle s'approche de la perpendiculaire, etmoins^ elle est dérangée. Il ne faut point remonter OH redescendre en suivant les parois de la' faille pour retrouver la couche. L^expérience a appris que le charbon est toujours de trèsmédiocre qualité aux approches d'une faille ;cette détérioration est même un indice, une sortie d'avant- coureur des failles : aussi vaut-' il mieux chasser une galerie horizontale k

1 Théorie des faillei» de StruTe et Berthout, Journal àv%

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comme les filons ; mais on ne se plaint jamais de cet accident , qui est cependant un désordre.

Une couche peut être coupée dans toute sa hauteur, suivant une ligne oblique» par une roche qui n'a point le caractère d'une faille , et dans ce cas on doit supposer que cet obstacle n'est s^tre chose que la paroi du bassin dans lequel la houille et toutes les roches qui constituent le terrain houiller se sont déposées. M. Duhamel , qui a observé cet accident dans la mine de Saint -George en Anjou, ne conseille pas de tenter de percer l'obstacle, et il a grandement raison.

Il est très -ordinaire de voir une couche divisée en deux dans le sens de son épaisseur, par une veine pierreuse ou schisteuse qui a la forme d'un coin ou d'une amande trèsalongée. (PI. II, n.^.i.) Cet accident n'a rien d'inquiétant, car il ne fait jamais perdre entièrement la couche, et il est toujours aisé de la retrouver, pour peu que l'on apporte d'attention dans la conduite de l'ouvrage.

Enfin, les couches de houille sont tellement repliées quelquefois sur elles-mêmes et à plusieurs reprises , qu'il arrive qu'en fonçant un puits on peut recouper plusieurs fois la même couche; mais on s'en aperçoit par l'examen attentif du toit et du mur, qui se rencontrent alors dans un ordre inverse. (PI. I, n," 1.)

Les coufflées ou les failles proprement dites

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sont quelquefeis , comme les filons , d'une étendue considérable.

Les djrkes du bassin bouiller du sud du pays de Galles en Angleterre , sont des failles gigantesques qui courent généralement du nord au 8ttd, et qui relèvent ou rejettent les couches de 5o à loo toises. Elles sont ordinairement remplies d'argile ; on en cite une dont la pui^ sance est de plusieurs toises, qui est remplie de fragmens de roches environnantes brisées, et qui occasionne un changement de niveau de 24^ pieds dans les différentes couches du terrain bouiller. *

Quant aux blocs de grès ou de minerai de fer que Ton rencontre souvent dans les amas de houille ou dans les couches épaisses, on ne peut pas les considérer comme étant des failles; car il est toujours facile de les tourner sans sortir de la houille , ou de les traverser s'ils ont peu d'étendue. Ce sont cependant des blocs multipliés de minerai de fer que l'on nomme perra fita dans TAv^jron , qui ont contribué à augmenter le désordre qui régnait dans les exploitations de ce riche bassin bouiller.

On a remarqué qu'à l'approche des failles la houille éprouvait des chahgemens qui en. détériorent la qualité. Elle commence assez souvent par s'iriser, c'est le premier degré d'altération; piiis elle devient friable, moins

I Voy. MéuL tu Aagl., Du^noy et de Beaumont, p. 40^

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combustible, perd son éclat et passe, en ap« prochant de la faille , à une substance terne et argileuse » qui devient grisâtre quand on récrase entre les doigts. C'est quand on est en présence du danger que Ton sent plus que jamais l'importance des précautions que l'on a prescrites : aussi c'est ici que je yeux recommander plus que jamais de former la collection des roches que l'on traverse en fonçant un puits ; d'eii dresser un catalogue raisonné ^ d'exprimer leur épaisseur moyenne, de garder note de tous les accidens qu'elles présentent, et cela non-seulement sur le journal , mais sur des étiquettes collées sur chaque échantillon, qui doit être choisi et cassé avec soin , et porter un numéro d'ordre. La con* naissance parfaite du toit et du mur peut faire éviter des écarts dangereux , et ce sont deux lisières que l'on ne doit jamais perdre de vue. Il est extrêmement rare qu'ils n'offrent pas de différences assez notables pour qu'il ne soit pas toujours aisé de les distinguer l'un de l'autre. A l'appui de tout ce qui vient d'être dit sur tous les accidens qui dérangent ou interrompent la marche des filons et des couches , nous citerons quelques exemples plus ou moins connus*

Nous avons déjà parlé des djkes ou grandes failles du pays de Galles. Celles de Nevvcastle ne sont pas moins remarquables ^ car on en cite une , connue sous le nom de ninety-fathoms-djkes qui traverse le dépôt houiller de

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l'est à l'ouest, en produisant un abaissement dans les couches, du côté du nord, de 166 mètres.

.Le dyke de Coley-Hill est exploité comme carrière de pa^é, et la houille xpd est en contact avec lui , est convertie en coak , ce qui a fait penser que la roche qui le compose a été fluide et d'origine ignée : le dyke de Trockloy offre le même phénomène. (Dufrenoy.)

Exploration de la surface. Recherche des minerais j des combustibles et des eaux par tranchées^ par galeries^ puits et sondages.

Avant d'entreprendre aucune excavation , aucun travail de recherche, il est tout naturel de penser que l'on a parcouru le terrain et qu'on en a exploré toute la surface; nous ferons donc précéder ce que nous avons à dire sur les différens moyens d'exécuter des recherches souterraines, par quelques avis sur l'art d'explorer la surface d'une contrée ; opération sur laquelle on doit revenir souvent, qu'un seul voyage ne peut achever, qui exige que l'on revoie les mêmes points à plusieurs reprises, qu'on les trace sur une carte détaillée, que l'on s'aide de la boussole, et qui suppose surtout que l'on a parfaitement présent à l'esprit ce qui a été dit sur les in-

dices et sur les difierens degrés de confiance . que Ton doit accorder à chacun d'eux.

Les torrens sont de puissans auxiliaires pour les personnes qui se livrent à la recherche des mines; car ces cours d'eau qui deviennent impétueux plusieurs fois par an , nous apportent la collection complète de toutes les roches qui constituent les montagnes qu'ils sillonnent, et il suÇit d'étudier les cailloux roulés qu'ils charient et qui sont presque polis, pour prendre une idée non -seulement des roches de la contrée j mais aussi des substances accidentelles qui s'y rencontrent. Il est certain, par exemple , que si l'on vient à trouver de la baryte ou de la chaux fluatée parmi les cailloux roulés de roches granitoïdes; il est certain, dis- je, que ces deux substances appartiennent à un ou plusieurs filons, et qu'en remontant le torrent et tous se^s affluens, on s'apercevra que les cailloux de ces deux substances deviendront plus gros, plus nombreux et moins arrondis, à mesure que l'on approchera des filons qui les contiennent, et avec un peu de persévérance on ne pourra manquer d'arriver au point où ces deux gangues ordinaires des usinerais précieux sont en place.

Telle est la meilleure manière d'aller à la

recherche des filons dans \e% montagnes de moyenne élévation ; car le hasard seul peut faire découvrir, comme nous l'avons déjà dit, ceux qui sont cachés sous les terrains couverts

DE LA SURFACE DES TERRAINS. Sq

OU cultivés j et il faut laisser aux chasseurs de chamois le soin d'aller à la découverte de^ filons dont les déhris sont chariés par les glaciers et déposés ^ur leurs moraines,

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