GAI£RI£S
Si c'est le mnr, au contraire, qui est dur, on ne devra point l'entamer, et enfin s'il^ sont également durs, on devra plutôt enle-r ver le toit que le mur; parce qu'après avoir dépouillé la couche sur une certaine éteur due et avoir bien nettoyé la galerie, il ne reste plus qu'à arracher la substance qui fait Tobjet de l'exploitation, et on l'obtient par^ failement propre. En pareille circonstance » il ne faut donner que l'^fiô de hauteur à la galerie, ce qui est suffisant pour les rouleurs de 12 à 14 ans. L'on pourrait se contenter de beaucoup moins de hauteur encore; mais l'air ne tarderait pas à manquer; l'on serait forcé de revenir sur ses pas pour rehausser la galerie, les bois seraient trop courts, et l'on aurait bientôt lieu de se repentir de cette mauvaise économie. Les bonnes dimenr tions d'une galerie sont les suivantes ;
5 pieds (1,66) de hauteur.
3 pieds 6 pouces (1,16) de large au sol.
^ pieds 6 pouces (0,8a) de large au plafond.
Ces mesures sont prises en dedans du boinge, en sorte que l'excavation de la roche a 8 pouces (0,22) dé plus en hauteur et 16
pouces (0,44) d^ p'^^ ^^ largeur.
Si l'on travaille en voûte de clottre, on donnera 5 pieds de hauteur, au niilieu seulement, sous clef, et Ton commencera la naissance, autant que possible, vers le milieu de cette hauteur. Ce travail s'exécute assez régulièremenl quand la roche peut s'entail-
1er au pic; mais on ne peut le conduire avec autant de précision, quand on est obligé de se servir de la poudre.
Outre réconomie du bois, la seule inspection de la pi. VI, fig. 1, fait voir combien on évite d'entailler de la roche, et combien on diminue la masse des déblais qu'il faut sortir. L'avantage est trop évident pour qu'il soit nécessaire d'insister sur cette observation et pour que Ton ne s'empresse pas d'adopter ce travail, toutes les fois que la roche le permet.
Quoiqu'il faille éviter autant que possible d'attaquer les couches, et surtout les fiions, par le point qui se montre au sommet d'une montagne, il arrive quelquefois que Ton est forcé d'adopter ce genre d'attaqué et de pratiquer un ouvrage sur la pente même de la couche ou du filon. Ce travail, qui se nomme, suivant le pays, rampe, bure, descenderie , fendue, etc. , séduit ordinairement les personnes qui ne sont point versées dans l'art des mines, parce qu'elles trouvent assez agréable et même assez rassurant de travailler sur le gtte même, sur le combustible ou sur le minerai qui fait le sujet de la recherche; mais on. ne tarde point à sentir les inconvéniens de ce mauvais travail, qui n'a ni les avantages du puits vertical, ni la commodité de la galerie horizontale.
La sortie des déblais, et surtout l'assèchement du travail, devient très-pénible et très-
coûteux : moins l'inclinaison est grande, et plus il faut éviter la descenderie; mais plus elle est rapide , et moins il y a d'inconvénient à l'adopter: et en effet, plus l'inclinaison se rapproche de la verticale, et plus la descenderie s'approche elle-même du puits vertical, auquel on doit toujours donner la préférence, quand l'inclinaison est au-dessous de 4^"^ à ^o^
11 y a cependant beaucoup de mines qui sont exploitées de cette manière, dans lesquelles on pénètre par des escaliers taillés dans la roche ou exécutés en bois, et d'où tout ce que l'on extrait est sorti à dos d'hompie. Toutes les mines de lignite de la Provence sont dans ce cas.
Lorsqu'on est forcé de travailler en des^ cenderie ou suivant l'inclinaison de la couche ou du filon, on doit au moins établir une machine d'extraction quelconque à son orifice, se servir de chariots ou chiens, et les faire rouler sur les montans d'une échelle couchée qui sert en même temps pour la descente et la sortie des mineurs. Un ruban de fer lamioé ou feuillard cloué sur l'un et l'autre bras de l'échelle facilite infiniment le roulage des chiens sans augmenter beaucoup la dépense : et en eOet un ruban de fer feuillard de o,o3 de large, de q,oo4 d'épaisseur et de loo pieds de long, ne pèse que 35 kil. Il faut seulement avoir soin que la tête des clous soit noyée dans un trou fraisé ,
afin que les roues ne les accrochent point. Comme on ne marche jamais dehout dans une galerie d'inclinaison tant soit peu rapide, on peut fort bien ne lui donner que 1,35 de hauteur verticale. Si la couche est très-peu inclinée à l'horizon et qu'elle s'enfonce sous une montagne élevée, on devra l'attaquer par une galerie de direction qui sera sensiblement horizontale; mais si cette même couche s'étend sous une plaine, on ne devra pas balancer à l'attaquer par un puits vertical y qui la recoupera à une profondeur d'autant plus grande que l'on s'éloignera davantage du point où elle se montre au jour. Cest un triangle à tracer sur le papier ou un sinus à calculer; car si l'on a bien observé l'inclinaison d'une couche et qu'elle soit partout sensiblement la même, on sera maître de la recouper a loo, joo ou 3oo pieds ou plus, et de s'assurer ainsi un massif asséché plus ou moins considérable à exploiter.
Un puits de recherche que l'on projette d'enfoncer à loo mètres, plus ou moins, doit avoir 9 pieds (3 mètres) de long, sur 6 pieds {2 mètres) de large, compris le boisage; ce qui réduit le vide à 8 pieds sur 5. Si la roche est bonne et que l'on donne la préférence à un puits rond, 2 mètres de diamètre suffisent; mais je dois dire qu'un puits ovale est préférable à un puits rond, soit que l'on ne boise pas, soit que l'on soutienne la ro-