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RECHERCHE DES EAUX

La recherche des eaux en général est soumise à la connaissance géologique et locale du lieu que l'on veut explorer sous ce point de vue d'utilité publique. Il existe beaucoup de contrées où l'on est certain, en perçant un puits, de trouver à telle ou telle profondeur ce que l'on appelle la lame ou nappe d'eau. Il y en a d'autres, au contraire, où l'on a du renoncer à l'établissement des puits domestiques ; mais, en général , on ne peut guères creuser quinze à vingt mètres, sans rencontrer, dans les vallées et les plaines surtout, des sources assez abondantes pour entretenir une certaine quantité d'eau dans un puits domestique. Je dis, en général, parce qu'il j

a (les pays où l'on est tout-à-fait privé de cet avantage.

Dans une ville, par exemple, où les puits sont très-rapprochés ^ on peut creuser à coup sur; car, à moins d'une cause accidentelle^ on ne saurait manquer de rencontrer la même source qui alimente tous les puits qui vous entourent) et la correspondance est si bien établie entre tous les puits d'un même quartier, qu'ils tarissent tous en même temps lors des grandes sécheresses. Il est donc beaucoup plus chanceux de faire percer un puits isolé, que d'en faire exécuter un dans le voisinage d'autres puits. Mais les travaux de mines n'ont que tro|> bien prouvé qu'il existe dans l'intérieur de la terre une foule de petits cours d'eau qui suivent des voies souterraines, et qu'il est bien rare de faire un percement quelconque sans en recouper quelques-uns. Dans les terrains secondaires, qui sont formés de couches régulièrement superposées, et mieux encore dans les terrains tertiaires de formation plusmoderne^ il arrive souvent, comme aux environs de Paris, que l'on trouve un cours d'eau assez considérable immédiatement au-dessous d'une couche d'argile, qui le recouvre etTempêche de se disséminer dans les couches supérieures, en sorte que, du moment où Ton atteint cette couche, on est certain de trouver Teau au-dessous. On a pro^ fité de cette circonstance, dont l'efTet est de maiixtenir l'eau au-dessous du niveau qu'elle

prendrait naturellement, si elle n'était corn** primée, pour ramener des sources souterrai'^ nés à la surface de la terre, et c'est sur ce principe, ou pour mieux dire, sur Tobserya* tion constante de ce fait, que sont fondés les puits artésiens, dont nous donnerons une idée à la fin de ce chapitre.

La présence àes eaux souterraines ne se manifeste point à l'extérieur , quand elles coulent à une certaine^rofondeur au-dessous de la couche de terre végétale ^ mais cepea^^ dant, pour peu que l'on ait observé la nature, on pourra déterminer assez bien dans quelle situation il conviendra d'en faire la recherche. Le hasard fait trouver les eanx tliermaies. C'est une place où l'on remarque que la neige ne tient pas, où la végétation est plus précoce; c'est une légère fumée qui se manifeste en hiver, et une foule de petites circonst^inces que l'on conçoit et qu'il serait inutile d'énumérer. Quant aux eaux salées, comme elles déposent ordinairement des particules de sel aux environs du point où elles se font jour, les animaux, qui ont les sens beaucoup plus fins que nous , sentent de loin cette espèce d'appât, se précipitent dessus avec avidité, et nous montrent ainsi ce que nous aurions pu ignorer encore pendant des siècles. On assure que plusieurs sources salées ont été découvertes ainsi par des moutons et des chèvres, qui sont avides de sel, comme la plupart àes oiseaux que

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l'on voit becqueter les pierres- salées ou sal* pétrées. C'est au reste dans les terrains gypseux qui contiennent eux-mêmes les dépôts de sel gemme, que l'on peut espérer de»rencontrer des sources salées, qui sont à leur tour l'un des meilleurs indices de la présence du sel gemme. Les eaux purgatives ne sont annoncées par aucun signe extérieur constant j il en existe dans toute espèce de terrains.

Les eaux de Barège, de Bagnères-Luchon, de Cauteret, les eaux Bonnes , celles d'Aix, de "Vie et de Chaudes -Aiguës en Auvergne, de Vais en Yivarais, de Carlsbad en Bohème, d'Acqui en Piémont, sortent de terrains primitifs, du granité, etc.

Les eaux de Vichy en Bourbonnais, de Cransac d'Aveyron , de Bath et de Bristol en Angleterre, d'Aix-la-Chapelle et de Spa en Allemagne, sortent de terrains calcaires anciens et du terrain houiller.

Les eaux de Plombières dans les Vosges sortent de dessous le grès psammite rouge; celles de Bourbonne-les-Rains, du calcaire jurassique; de Forges en Normandie, de dessus la craie; celles des Monts-d'Or, d'un terrain volcanisé, ainsi que presque toutes celles de l'Auvergne , etc. *

I Dictionnaire des sciences naturelles, art« £au^

5o tk/lyavx de recherche*

Les traTaux de recherche ne sont pas partout les mêmes : une couche ne s*attaque point comme un filon; la plaine et la mon* tagne exigent des travaux difFërens, et ce sont les circonstances locales qui déterminent tel ou tel travail.

Si, par exemple, on a découvert dans la bei^e ou le lit d'un ruisseau qui coule dans une prairie, quelques indices d'une couche de tourbe, il suffira, pour s'assurer de son. épaisseur et de son étendue, de faire faire des trous de distance en distance, dans toutes les parties de la prairie, soit tout simplement avec la bêche, soit avec une tarière analogue à celle dont on fait usage pour élargir les corps de pompe ou le moyeu des roues. On trouvera donc cet outil chez les pompiers et chez les charrons; car, n ayant à traverser que des substances tendres ou friables, il ne faut point avoir recours à la sonde de mineur, dont nous parlerons bientôt. Si , après avoir déterminé l'épaisseur et l'étendue de cette couche de tourbe, on tient à s'en procurer quelques charretées pour essai, on devra faire une tranchée longue et étroite, et la disposer de manière à ce qu'elle serve de saignée à la prairie, afin que, s'il arrive que l'on ne donne point de suite à cette recherche, le travail que l'on aura fait tourne à L'avantage et à l'amélioration de la surface;

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car il faut bien se garder de froisser et de détériorer la propriété territoriale, cette mère de la patrie, qui est d'un tout autre intérêt et d'une tout autre importance que l'industrie minérale. Ne perdons jamais de vue cette grande vérité, et avant de bouleverser un champ, d'arracher une vigne et d'abattre un arbre en plein rapport, examinons avec soin s'il n'y aurait pas moyen d'éviter tous ces dégâts, qui, bien que payés au propriétaire ou au fermier, n'en, tournent pas moins au préjudice de la masse des consommateurs.

La recherche par tranchée est la plus simple et la moins coûteuse; mais aussi elle apprend fort peu de chose pour tout autre minerai que la tourbe. Cependant il devient quelquefois nécessaire de la pratiquer dans les pays de plaines où la direction des couches est cachée par la culture. Dès-lors il suffi t ordinairement de deux fossés qui sa croisent sous un certain angle qui varie avec l'inclinaison des couches, pour acquérir 1^ connaissance de leurs pentes et de leur direction ; données qui sont indispensables au placement d'un puits de recherche. Afin d'éviter les indemnités et de faire moins de dommages, je conseille de jeter la terre végétale sur l'un des bords du fossé et les déblais sur le côté opposé; de cette manière, quand on en reviendra à combler les tranchées, on pourra jeter les déblais au fond, la bonn^

B:i TRAVAUX DE RECHERCHE.

terre en dessus, et l'on n'aura fait aucun maL Si l'on est dans un pays de montagnes, Foa pourra presque toujours faire les premières recherches par galerie, soit que l'on attaque directement la couche ou le filon qui se montrent au jour, soit qu'on ne doive les recouper qu'à une certaine distance. Dans tous les cas on devra toujours se placer vers la partie la plus basse et la plus voisine du gtte que l'on veut attaquer, afin de la reconnaître sur un point qui n'ait pu être altéré par l'influence de Tair extérieur, et de .s'assurer un écoulement facile pour les eaux souterraines, que l'on est à peu près certain de rencontrer; enfin, pour assécher toute la partie du filon ou de la couche qui se trouve au-dessus de la galerie, qui devient tout à la fois galerie de recherchie, d'écoulement et d'extraction , cette portion du gîte qui est supérieure à l'attaque devantétre exploitée dans la suite en allant de bas en haut, ainsi que nous le dirons en parlant de l'exploitatiou proprement dite.

Comme il arrive très-souvent que Ton est obligé de se placer dans une gorge étroite qui sert de lit à un torrent, il faut avoir graad ^oin de ne commencer l'entrée de la galerie qu'à quelques mètres au-dessus des plus grandes eaux; car il ne faut pas oublier que les déblais qui proviendront du travail, se déposeront dans le lit du torrçnt, qu'ils lui formeront une digue, qui élèvera les eaux mo-

mentanëment, et qu'elles inonderaient les travaux, si Ton n'avait pas prévu cela d'avance.

Ce tas de déblais, que Ton nomme décharge^ peut, il est vrai, se disposer de manière à éloigner les eaux, et à former une plate^ forme en avant de la galerie, qui n'est point à dédaigner, et qui peut devenir fort utile pour le triage du minerai, pour la prépara* lion des cadres, etc.; il n'est donc pas indifférent de placer les déblais au basard, puisqu'on peut en tirer parti pour la commodité du cbantier.

Si c'est un filon presque vertical qui soit le sujet de l'attaque, et que la rocbe soit solide au toit, comme au mur, on devra faire une galerie bauteet étroite, mais de manière cependant à ce qu'elle ait i"',i5 de large au sol, entre les bois, afin que le passage des brouettes soit facile.

Si le filon lui-même n'est point ébouleux, ou si la galerie se pousse à travers la roche, pour aller recouper le gtte à une certaine distance, on devra travailler en voûte de cloître (pL VI, fig. i), et commencer la naissance de l'ogive un peu au-dessus des coudes de l'ouvrier. Cette forme, qui produit le moins de déblais possible, soutient parfaitement la roche qui n'est fendue que par grands quar*ders et peut éviter l'emploi du boisage.

Si Je filon est pourri et ébouleux, et que la roche soit solide au toit et au mur, le boisage se composera d'un seul chapeau serré

54 TRATAUX DE RECHERCHE.

dans la roche. £n6n , suivant sa consistance , on adoptera le demi^boisage, le boisage simple ou le boisage complet, qui seront décrits au chapitre consacré à la conservation des hommes, des travaux, et qui sont figurés pi. VI. Cette galerie de rabais, qui pourra servir à assécher les travaux pendant plusieurs années, devra nécessairement avoir une légère pente du dedans au dehors, mais il n'en faut pas donner trop ; car si Ton montait rapidement^ le sol se trouverait bientôt au-dessus du haut de la porte, et l'air circulerait mal, s'échaufferait considéraljlemént et finirait par éteindre les lampes : deux millimètres par mètre de pente suffisent à l'écoulement des eaux.

Si la roche est dure et unie au sol , la trace des brouettes sert de rigole pour le commencement^ mais si la roche est tendre et boueuse, il faut tracer une rigole soit sur un des côtés de la galerie, soit au milieu, et dans ce cas elle est couverte par la planche qui sert au roulage.

Si l'eau ne charie pas trop de houe, il n'y a point d'inconvénient à placer le canal sous la planche de roulage; mais si elle est sale, il faut le jeter sur un des côtés, afin de pouvoir le curer facilement, sans interrompre la circulation des rotdeurs.

Si l'on attaque une couche peu épaisse et qu'elle soit recouverte par une roche dure et peu cassante , il faudra éviter d'arracher le toit^

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