‹ Élémens pratiques d'exploitationChapitre 35 sur 140 · OUTILS DE MINEUR. Q · texte numérisé non relu

OUTILS DE MINEUR. Q

Il en est à peu près de même dans les carrières de marbre, ou l'on cherche à obtenir de grands blocs bien sains; enBn, il parait que les Egyptiens et les Romains ont employé les mêmes moyens, mais avec un art infini; car les obélisques et les fûts de colonne d'une seule pièce de granit, sont les témoins des soins qu'ils apportaient à obtenir c^ grandes pièces et du prix qu'ils y attachaient Les traces de leurs exploitations prouvent que c'était avec des coins qu'ils parvenaient à se procurer ces monumens monolithes qui font encore aujourd'hui notre admiration.

Les coins de mineur sont pointus et pyra« * midaux; mais leur tête, au lieu d'être plate ^ doit être saillante et en cul à* œuf. Cette forme s'oppose à ce que les bords se déchirent sous les coups des grosses masses ou des battrans. (Fig. 8.)

Quant aux coins de charbonnier, ce ne sont autre chose que des morceaux de fer carré de i5 à 18 lignes, que l'on apointe par un bout. On les fait ordinairement assez longs, et malgré cela l'on est quelquefois obligé d'en chasser plusieurs, les uns à côté des au*très, avant de détacher la masse de houille que l'on veut faire tomber. (Fig. 7.)

On a fait usage de coins de bois pour détacher des meules de moulin ou des blocs de marbre. Mais je crois que l'on a renoncé àf leur emploi dans les carrières. Il consistait à

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les chasser dans la trace ayec force ^. après les avoir fait sécher au four« et à les arroser ensuite assez amplement, pour qu'en se gonflant et augmentant de volume, leurs efforts réunis fussent capables de déterminer la rupture et la séparation du bloc d'avec la montagne.

On fait encore usage des coins de bois dans l'exploitation du sel gemme. On les introduit dans les fentes naturelles, l'humidité ne tarde pas à les faire gonfler et les blocs de sel s'é- <clatent; mais comme il pourrait résulter des acçidèns de leur chute imprévue , les mineurs ont la précaution de mettre dans la même fente où. ils ont forcé les coins, un morceau de bois droit, et dès .que ces coins font effet et que les blocs commencent à s'écarter, la lame de bois tombe dans la fente et avertit les ouvriers qu'il faut s'éloigner : en efi'et la chute de ces rochers de sel suit de près le déplacement de la latte de bois.

La scie est quelquefois employée dans les carrières de marbre; mais il faut, avant de l'introduire au chantier, avoir préparé les places de telle manière que le jeu de l'instrument soit tout-à-fait libre. Les scies circulaires, qui je crois n'ont jamais été emiployées dans l'exploitation du marbre, exigeraient moins de place et pourraient diminuer infiniment la masse des déblais et des recouipes, en même temps qu'elles économiseraient les matières précieuses. L'emploi des grands

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trépaii$ pour l'extraction des Cylindres ou des fûts de colonne n'est point impraticable, et il serait aisé de faire mouvoir ces machines avec des chevaux.

LES BATTRANS. (PI. IX, fig. 9 et 10.)

Les grosses masses que l'on nomme battrans ou bombes, suivant le pays, sont de gros mar* teanx de fer aciéré ou non , qui se manœuvrent à deux mains et dont le poids va quelquefois jusqu'à 10 kil. (20 livres): ils servent à chasser les coins, à casser les pierres que l'on veut cuire ou répandre sur la chaussée des routes, à casser les minerais ou la castine dans les fonderies, etc. Us sont plats et carrés sur les deux faces; mais quand on les soigne, ils sont un peu renflés sur les côtés vis-à-vis l'œil.

Les bombes dont on se sert dans les puits sont plus fortes que celles des galeries^ elles ont 7 à 8 pouces de long (20 à sS"") sur 2 à 3 pouces (6 à 8') carrés à la tête; elles sont aciérées des deux côtés, parce qu'elles doivent frapper sur des coins qui ne le sont jamais. La longueur du manche varie de 2a ponces à a pieds (o,55 à 0,66). Celles qui servent à casser la pierre des routes ou la pierre à chaux, sont emmanchées à un morceau de bois rond, légèrement flexible et fort long. (Fig. î^)

gS EiPLOlTATION.

LES PALFERS.

■ Les leviers que Ton nomme, suivant le pays^ des pinces ou des palfers, sont des barres de fer, dont l'une des extrémités se termine en coin et porte un talon proportionné à sa langueur et à son poids (pi. IX, fig. i); la partie qui reçoit les mains de l'ouvrier, est grossièrement arrondie et va en diminuant jusqu'au diamètre d'un pouce, plus ou moins. Cet outil sert à ébranler les blocs qui ont été fendus par les coins ou par la poudre. tJn palfer de â5 à 5o kil. (5o à 60 liv.) est déjà un assez bon levier, qui avance beaucoup le travail et qui épargne une infinité de mancbes de pics, que l'on brise en chercbant à leur faire remplir le rôle des palfers.

Le piedrde-hiche , qui est un petit palfer fendu, sert quelquefois à arracber les clous qui assujettissent les plancbes, les cloisons ou les écbelles.

PELLES ET RACLES.

La pelle des mineurs est tout-à-fait pareille à celles des carriers et àe^ terrassiers : elle est carrée, mousse ou pointue, suivant Tuaage du pays; mais elle doit toujours porter un manche légèrement coudé vers le bas, par oii elle entre dans la douille, afin d'éviter à l'ouvrier la, fatigue de se baisser très-bas, comme il serait obligé de le faire, si elle

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était emmanchée en drpîte ligne comme les bêches* Il y en a dont le mandie passe à travers la douille et va renforcer 1» pelle par dessous, et cette précaution est d'autant meilleure, que c'est presque toujours vers le milieu que les pelles des mineurs se courbent et se brisent

On doit donc avoir attention à ce que la douille ne soit point gercée, et k ce que la pelle soit forte jusque dans le milieu de sa longueur.

Quant aux racles qui servent à rassembler le reste des déblais, ou à nettoyer les gale-» ries d'écoulement, ce ne sont pour Pordînaire que des pelles que Ton courbe auprès de la douille. On en fait de plus petites, qui ressemblent à des raclettes de ramoneur; mais elles ne servent guère que dans les ateliers de lavage.

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