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ÉCLAIRAGE. IO

par un bouchon qui sert aussi de porte-mè* che et qui ferme à bajonnette ou autrement

I^ lampes de cuivre et de fer-blanc qui sont les plus communes, ont presque la forme d'un cœur (pi. XI, fig. 3). La mèche sort par la pointe, le dessus porte un petit couvercle à charnière que l'on ferme au moyen de la petite mouchette qui fait l'office de verrou, et que Ton ouvre pour changer ou nettoyer la lampe. A l'opposé de la mèche est une pièce courbe qu'il est bon de renforcer, et à laquelle on attache la queue de fer qui se termine en crochet et qui sert à suspendre ou à fixer la lampe soit a la roche, soit au boisage : c'est aussi par ce crochet que le mineur porte sa lampe sur le pouce, quand il descend a l'échelle; ce qui lui laisse la main presque entièrement libre pour se tenir aux échelons.

Les lampes de fer-blanc coûtent i^ Ôo*', j compris le crochet : celles de cuivre re* viennent à 4^9 et celles de fer hrasé, qui sont les meilleures à mon avis, coulent jusqu'à G^ Toutes ces lampes contiennent ordinairement deux onces d'huile, qui suOisent à un, travail de huit heures consécutives. Les denit pointes que l'on remarque à la base de la queue de fer, sont destinées à éloigner la lampe de la roche, de manière à ce qu'elle pende toujours librement et que l'huile ne puisse pas tomber à la longue par le port^ mechet

{iOS rouleurs doivent avoir des lampes un peu plus grandes, parce que, leur travail exigeant un mouvement continuel, l'huile et la mèche brûlent plus vite que dans la lampe da mineur, qui ne change point de place-

A Pesej, en Savoie, sous l'administration française, on délivrait un peu moins de deux onces d'huile aux mineurs et deux onces d'huile aux rouleurs, caporaux; même usage à Servez. On ne se sert dans le Nord que des huiles de noix ou de . lin ; mais dans le Midi on brûle des huiles d'plive communes, et l'on doit toujours préférer celle qui est faite depuis quelques mois et qui a eu le temps de faire son dépôt Au Hartz on brûle du suif de cheval de Russie dans des lampes ouvertes. A Idria et à Freyberg on s'éclaire avec des chandelles de cent quar rante à la livre, et l'on en brûle dix-huit en huit heures. En Angleterre et dans la principauté d'Orange on brûle de l'huile de baleine; dans les salines de la Gallicie on brûle actuellement du naphte, et l'on trouve qu'il éclaire mieux que les autres huiles dans les mines ou l'air n'est pas bon. Le naphte, le pétrole et l'huile d'os brûlent encore trèsbien dans un air où le suif et les autres huiles s'éteignent. Dans le comté de Lamarck, en Westphalie, il existe quelques petites mines oii les ouvriers s'éclairent à la lueur d'un morceau de racine de pin; enfin, M. Ryan, de Netherton, en Angleterre, pjrétepcl

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s'élre servi du gaz hydrogène qui sort de la houille pour l'éclairage , en le portant à telle ou telle place au moyen d'un tuyau de fer-blanc.

Le prix des huiles et du suif varie avec le pays et Fabondance des graines oléagineuses. En 181:2, J'huile de noix se payait à Pesey 1^ 60^ Je kilogr.; en 1816, elle valait à Rivede-Gier et à Saint-Etienne 1' 70^ le Lilogr.; en 1814» à Servez, en Savoie, l'huile de noix valait 4^ le pot, les deux kilogr.^ en 1827, au Lardin, en Périgord, la même huile de noix ne coûtait que 90^ à i^le LiIogr.,mais il s'en récolte une très-grande quantité dans ce département; enfin, en 1828, Thuile d'olive commune se vendait en Provence 1 ^ le kilog.: elle éclaire fort bien et fait peu de fumée.

Les chandeliers de mineur sont de petits instrumens de fer, qui varient de forme dans chaque pays, mais* qui sont tous armés d'une pointe qui sert à les fixer, soit au chapeau du mineur 9 quand il descend à l'échelle, soit dans la roche ou dans le boisage pendant qu'il travaille. En Angleterre, on fixe la chandelle dans une pelotte de terre grasse: on se sert beaucoup de chandelle en Allemagne et en Gornonailles , paTce qu'on a remarqué qu'elle fait beaucoup moins de fumée que rhuilf; mais en France ce sont les lampes et l'httile qui ont la préférence : la figure 2 de la planche XI représente un de ces chandeliers.

110 EXPLO ITATI ON.

Les lanternes de verre ou de corne sont aussi eu usage dans quelques mines où le tirage de Tair est trop actif et où l'on brûle de la chandelle. Mais on doit bien penser qu'un petit meuble aussi fragile doit avoir une foule d'inconvéniens dans les travaux souterrains. Il n'en est pas ainsi de la lan« terne de Davy, dont nous renvoyons la description au chapitre qui est consacré à la conservation des hommes et des travaux; puisque cet ingénieux instrument n'a d'autre but que de préserver les mineurs de l'atteinte des détonations-du gaz hydrogène ou du grisou, qui infeste un si grand nombre de mines de houille. La planche XI, figure i , représente cette lanterne de sûreté perfectionnée.

LES BRIQOETS.

Le briquet ordinaire est un instrument toutà-fait indispensable au mineur : chacun d'eux doit avoir une petite poche de cuir contenant un briquet, une pierre à feu, de bon amadou et quelques bouts de mècbe soufrée. Les lampes, et surtout les chandelles, sont exposées à être éteintes par une infinité d'accidens; il est vrai que si plusieurs mineurs travaillent sur le même point, toutes les lampes s'éteignent difficilement à Is^ fois; mais cela peut arriver cependant par 1» commotion d'un coup de mine, et il y a au moins perte de temps, si l'on est obligé de sortir

des travaux à la ton, pour aller chercher du feu, tandis qu'à Taide du briquet, quelques secondes suflisent pour les rallumer.

Le grand briquet d'éclairage était fondé sur ce qu'une suite d'étincelles détachées par le choc d'un morceau d'acier sur une pierre à feu suffit pour éclairer un mineur, sans qu'elles soient susceptibles d'enflammer l'hydrogène carboné , nommé grisou dans les mines. On avait donc, avant qu'on eût trouvé le moyen de porter de la flamme impunément au milieu dç cet air inflammable et détonant, construit des roues d'acier qui frottaient, en tournant, contre des pierres à feu, et qui en faisaient jaillir des étincelles assez brillantes pour éclairer suffisamment la tête d'une galerie, ou le front d'une taille; mais aujourd'hui, grâce à la lanterne de Davy, Ton a abandonné ce mode d'éclairage, qui devait être fort incommode et même assez coûteux, puisqu'il fallait qu'un ouvrier tour^ nât continuellement la manivelle qui mettait ce grand briquet en jeu. Cet appareil étaitparticulièrement employé dans les houillères du pays de Liège.

Tels sont à peu près les outils et les meur blés qui sont particuliers aux mineurs; ils se servent aussi de haches, d'herminettes , de ciseaux, de scies, de marteaux, de tarières, de percerettes, de tenailles, de pinces, de valets d'enclume, et d'une foule d-autres outils qui sont communs aux charpentiers et aux mare--

chaux ^ mais comme ils n'ont rien de particulier, et qu'ils ne diffèrent point de ceux qui meublent la boutique de ces artisans, il est fort inutile de les décrire*

Je ne puis terminer ce que j'ai cru devoir dire sur les outils en général , sans indiquer quelle est la quantité de chaque espèce qu'il convient de se procurer pour un nombre donné d'ouvriers.

Je suppose d'abord que l'atelier est pourvu d'une petite forge et d'un maréchal mineur . assez habile pour entretenir les outils et les aciérer au besoin : partant de là, je dirai que pour un chantier de 20 mineurs travaillant à la poudre, il faut i5o burins, ou fleurets, dont 100 distribués et 5o en magasin; 5o pointes, dont 20 distribuées et 3o au magasin ou à la forge; 26 curettes, 25 épinglettes, 25 bourroirs simples et 10 bourroirs à terre grasse, si le terrain n'est pas trop humide: de cette manière chaque mineur aura sa curette, son épinglette, son bourroir simple, et il en restera suffisamment en magasin pour remplacer ceux qui deviendraient hors de service. Quant aux bourroirs à terre grasse, un suffit pour deux, à moins cependant que le terrain ne soit très-mouillé; alors il faudrait en compléter le nombre et le porter aussi à 2S. Il iaut 40 gros pics; ^o pelles; 20 racles; 4 p^lfers; 5 grosses masses ou battrans; 5o coins assortis et 40 masses- à main.

Chaque mineur ou manœuvre doit avoir

MAGASIN O'ODTILS. llS

8a lampe et son briquet d'unifoi'ine j rétablissement doit les faire confectionner avec soin, les distribuer à ceux qui en manquent, et en retenir la valeur sur la paye du mois. Les coins, les pelles, les pics et les masses, sont les outils qui s'usent le plus ordinairement ; aussi convient-il d'en avoir toujours en magasin, et d'en tenir constamment le nombre au complet

Cest au maître mineur à veiller à ce qu'on ne lui laisse manquer d'aucun des outils es* sentiels à son chantier; c'est lui qui doit faire réparer ceux qui en sont encore sus» ceptibles, et qui doit réformer tous ceux qui sont hors de sei^ice. Il faut que son magasin soit tenu avec ordre et propreté, que son état soit toujours au courant; mais il faut surtout éviter qu'il soit trop chargé de provisions, ou d'un trop grand nombre d'outils de rechange. J'ai vu de près Tinconvénient que je signale ici, et je puis assurer qu'il en résulte un gaspillage général, dont le résultat n'est point à dédaigner, et c'est pour le diminuer par tous les moyens possibles, que je conseille de donner Téclairage aux Oliviers en argent, ou de le comprendre dans le ptix de leur journée ou de leur travail; de marquer leurs outils, afin que l'on sache toujours quel est l'ouvrier qui perd, casse ou égare habituellement les siens. Je ne suis point d'avis,' au contraire, de lire payer la poudre; l'expérience in'a ap

pris que les ouTriers, afin de l'épai^ner, brisent un plus grand nombre de pics, de manches et de coins.

Les tourillons et les essieux de toutes les machines doivent se graisser arec de la graisse de rebut, de porc , ou mieux encore de bouc, qui dure davantage; mais les machines plus soignées exigent de l'huile, et mjême de Thutle d'olive. Or, quand rexpérience a appris la quantité qu'il en faut employer par mois ou par semaine, il est bon de régulariser cet article comme tous les autres. On emploie avec succès , pour le graissage des engrenages de fonte, un mélange de dix parties de saindoux et de deux parties de plombagine passée au tamis de soie.

On doit toujours avoir une certaine provision de clous, de planches, de fer et d'à* cier; mais si Ton est voisin des fournisseurs, il en faut prendre fort peu à la fois, car plus on en a^ et plus on en use; et à cet égard, je n'ai jamais rencontré d'ouvrier taAt soit peu économe. Comme la grosse clouterie est un objet de dépense assez couLsidérable, surtout pour le boisage d'un grand puitt» on trouvera une économie de 5o pour loo^^ à se servir dei^ cloua et des cheviUes furovenajnt de la démolition dos navires, s» l'on est voisin des porte de mer. Les chevilles neuves coûtent 5o^ les 5o kilogr., et les vieilles, qui tfmt uja fpiet bon usage^ ne coùteat qu^e a5 ^, ohoisios une à un^Ow

G0NSI6TA5CB DE LA ROCHE. Il5

Consistance, entaille et abattage de lu

roche.

Les roches ou les pierres ^ue les tnineurs et les carriers sont obliges de briser et d'en" lever, pour se frayer Un chemin dàhs Hiitérieur de la terre» creuser dés pull^ ôti êxcaver àes carrières, varient infinimeht» nonseulement de dureté, mais surtout dé côn<^ distance et de ténacité, et c'est dans la con« naissance parfaite de ces différentes qualités, et dans l'application des moyens et dés outils qui conviennent à telle ou telle roche, que réside en partie l'art àa minëui' et du carrier.

On peut diviser lés roches, soUS le rapport de leur consistance, en huit sections.^

1.^ Les taches éhouleuses et pulvérulente^ sont les sablons, les sables et les graViei^s; ils s'exploitent avec la pioche et là péllé, et ils exigent un talus de 4^ degrés pour se soutenir d'eut-mémes.

i Weraer dmsait les roches, sous 1« rapport de lear solidîtë et de U résbtanée qâ^elles opposent aa tràTail du mineur , en oifl^ ^Mj Mttnr : ^

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