Aoches extHmenent solides
1 1 6 EXRLO ITATIOKé
2.® Les roches tendres et friables sont les sables agglutinés qui s'écrasent entre les doigts » à la manière du sucre grossier.
On les exploite à Taide du pic et des coins, et ils se réduisent eti sable par le plus léger coup de masse*
Le soleil, la pluie et la gelée les désagrègent, rongent leur surface et les réduisent en sablon ou en sable plus ou moins grossier ; tels sont les grès pouffs, certains grès bouillers, etc.
3. Les roches pourries sont celles qui ne peiivent s^abattre en gros blocs, qui sont pénétrées d'eau et d'argile, et qui n'exigent que \e pic et la pelle : quelques schistes, dont les feuillets sont brisés dans tous les sens, et dont certains filons stériles sont remplis, pré* sentent cette yariété.
Les glaises, les argiles et certaines marnes, qui s^expl citent avec la pioche où la pelle coupante ) pourraient- se ranger dans cette section y mais cependant ce que les mineurs appellent roches pourries, se rapporte plutôt à celles qui paraissent avoir été plus solides dans l'origine qu'elles ne le sont actuellement Les roches pourries apportent souvent de l'eau dans les travaux.
4-^ Les Poches feuilletées sont celles qui se séparent en tables ou en feuillets plus ou moins épais, quand on vient à chasser un coin dans lé sens de leur fil, et que l'on agit à peu près de la même manière qi}e lorsque l'on veut fendre du bois.
consisi'àncb de la roche, 117
Telles sont les ardoises et toutes les roches qui s'en rapprochent par leur contexture. On les attaque ayec les coins et les leviers ^ mais on les divise à l'aide de lames de fer très-minces. Tous les schistes et certains cal-r caîres fossiles appartiennent à cette section,
Les roches très-micacées» telles que- les gneiss, sont aussi susceptibles de se diviser en feuillets, mais qui sont infiniment plus épais et moins réguliers que ceux des schistes, en sorte que Ton est souvent obligé de les atta^ quer avec de très-petits coups de mine, et ces pétards sont plutôt destinés à disjoindre et à soulever les feuillets qu'à les détacher com-f plétement^ les coins et les leviers achèvent ee que la poudre a commencé,
5.** Les roches fracturées sont celles qui présentent une foule de fissures dirigées dans tous les sens, et qui donnent naissance à des blocs irréguliers qui sont accrochés et enchevêtrés les uns dans les autres, de manière à ce qu'il devient souvent très-diiBcile de les arracher. La poudre fait peu de chose dans ces roches, et si l'on est privé de la faculté de pouvoir les découvrir de loin et sur un grand front, on avance fort difficilepient.
Une telle roche dans une galerie ou dans nn puits devient très-coàteuse à traverser, oe n'est qu'à force de coins et de leviers que l'on parvient à s'en rendre maître. Dans une carrière dont le champ est tant soit peu vaste, on s'aperçoit bientôt qu'il y a un sens
Il 9 EXPLOITATION,
dans lequel oii peut éprouver moins de ditficulté que dans tout autre; et c'est à Fou* Yvier à tenir 9on chantier bien net et bien découvert» afin qu'il puisse juger des places qui sont susceptibles de céder, ce qu'il ne pourrait apercevoir s'il se laissait encom-* brer par les déblais. On trouve souvent des quartiers qui sont disposés comme les voussoirs d'une voûte, et il suffit d'en écraser un PQur dégager aisément tous les autres.
I^a calcaires compactes jurassiques et alpins sout sçuvent fracturés et d'une exploi* tation difficile.
6."^ Les roches tendres et tenaces sont celles qui permettent aux outils de pénétrer dans leur masse, qui se mâchent, qui se compriçient, mais qui feude^t très-diftieilement. Lès serpeutines, l#s argilos se.hiateuses, «aut souvent dau9 ce QHS, et paur Hs abattre on n'a point d'autre parti % prendra que de les couper à droite et h gauche aveQ des becs de cnkne bien aciérés, et de ethasser ensuite plu- £iieui^ grots coins oamards les uns à.eâté des autresi'.et. vers le milieu du massif que l'on i^eut abattre.
Les argiles mj^rhrées. qui avoisinent le grès rouge dans le^ terrains bouillers sont iXsms cette aection; autant elles sont faciles à attaquer à la surface de la terre, qu l'air les émiette et les femdille, autant elles sont tenaces et peu traitables à une certaine profondeur: on lei attaque comme lea argilt»
CONSISTANCE DE LA ROCHE. Il g
schisteuses. Ayant été obligé d'en abattre un très-grand massif pour le nivellement d'un terrain, )e le fis simplement couper à droite et à gauche, je le dégagefai bien sur le devant, et je le renversai avec une forte charge dépendre. Ce bloc d'argile marbrée, qui équivalait a près de Soo mètres cubes, fut tellement ébranlé par la poudre et par la chute, qu'on l'enleva avec des pioches, des pelles el des brouetfes, comme un simple déblai.
Quand on chasse une galerie dans une roche tendre et tenace à la fois, on place un mineur de chaque côté, on leur fait faire deux entailles d'environ 6 pouces (o,i6) de laideur, et quand elles sont assez profondes, on fait usage des gros coins.
7.^ Les roches ^ives et cassantes sont les plus avantageuses pour les ouvriers, parce qu'ils sont certains de faire beaucoup d'ou- Trage, s'ils ont soin de bien placer leurs coups. Une roche qui casse bien 9 en terme de mineur, et qui est dure à percer, est plus avantageuse qn'une roche tendre et qui casse mal.
On ne peut attaquer les roches vives qu'à l'aide de la poudre; car la pointrolle est d'un si faible effet, qu'on ne doit en faire usage que dans des cas particuliers, où l'on aurait à craindre les effets de la commotion, où l'on chercherait k ménager un minerai très> précieux , etc.
Les granits à grain fin, les trapps, les por-
plijreset certains grès, appartiennent à cette section. L'explosion qui les brise est toujours très-bruyante. Les débris en sont lancëa au loin, et coupent quelquefois des pièces de bois fort grosses. Le mineur doit s'éloigner davantage, ou se mettre à l'abri plus soigneusement quand il travaille sur une roche vive, jque quand il attaque une roche molle. J'ai vu monter des éclats de grès dur à . cent pieds de hauteur perpendiculaire', venir couper le câble sur le tour d'tbi puits, et entrer dans les bois de la couverture.
8«^ Enfin, les roches dures et tenaces sont assez rares; car, en général, les roches qui sont difficiles à percer, cassent fort bien: il j a cependant des quarz et des granits qui présentent cette double difficulté, et c'est particulièrement sur ces roches intraitables que l'on doit avoir recours à l'action du feu; procédé qui consiste à calciner le rocher au moyen d'un feu vif que l'on dirige à sa surface , et qui le rend moins tenace et susceptible de céder à l'effort du pic et du coin. Il existe un grand nombre de vieux. ouvrages de mine dans les Alpes et ailleurs, où l'empreinte du feu est encore très-reconnaiasable, entre autres à Alloue, près Confolens, départeiiient de la Charente ^ où M. Legentil Laurence a encore trouvé des restes de bûchers à moitié brûlés; mais aujourd'hui ce moyen est à peu près abandonné, en raison de la rareté des bois et d'une foule d'au-