TIRAGE A LA PO0DRE
TIRAGE d'un coup DE MINE.
Je laisse parler un vieux caporal tyrolien (Pierre Kirchner): « Après avoir dégagé de deux côtés au moins la masse dans laquelle on veut placer un coup de mine, ou exa* mine attentivement s'il n'existe point queU gnes fentes qui pourraient faire manquer le coup, et on le place de manière à ce qu'il soit oblique et dirigé en dehors, c'es^à-dire qu'il s'éloigne par sa partie inférieure de la portion du roc qui tient à la montagne. Un coup de mine percé perpendiculairement dans un roc non dégagé (pL X, a) , se décharge par la bourre, comme un coup de fusil, ou enlève tout an plus quelques écailles de roche rers sa partie supérieure.
« Un coup placé comme b est pris trop faible, un coup placé comme d est pris trop fort, se décharge et ne casse pas; c'est le coup c qui est le mieux pris et le mieux di*rigé : après avoir ainsi choisi sa place, on commence toujours son trou avec la pointe, et quand il est marqué, on prend un pisto* let c ourt et un peu plus gros que les plus longs qui doivent suivre : on tient le pisto^ let ou le fleuret de la main gauche, et à chaque coup de masse on lui fait faire un douzième de tour environ, de manière à ce qu'il soit toujours dégagé. Les mineurs qui sont encore novices et qui n'ont pas la main accoutumée I tiennent leur masse tout au*
près du fer, ils Y étouffent , disent les anciens; mais ceux qui sont faits au travail, la tiennent par le bout du manche et produisent beaucoup plus d'effet On mouille toutes les fois que Ton travaille en descendant et dès que le trou a trois pouces de profon* deur^ et Ton met autour du fleuret une rondelle de cuir, de corde ou de chapeau (pi. X, fig. 11 et 1:2), pour empêcher la boue de sauter aux yeux: alors la curette sert fort peu, car la pâte qui se forme jaillit presque toute au dehors; plus la roche est dure, moins il se forme de pâte et moins on se sert de la curette ; mais quand on percer dans le tendre ou à sec, ce petit outil est indispensable. Dès que le trou a la profondeur convenable, on le sèche avec du papier gris fixé dans la boutonnière de la curette, ou mieux encore, avec de vieux chiffons. Mais si ce moyen ne suffit pas, et que Ton s'aperçoive qu'il y a dea snintemens, on commence par remplir le trou à moitié avec de la terre grasse mouillée, et on la chasse avec un bourroir particulier (que nous avons décrit ci-dessus), afin de boucher les fissures par où l'eau s'infiltrait On cure de nouveau, et l'on recommence à introduire de nouvelle terre grasse, jusqu'à ce que la curette sorte bien sèche.
« J'ai vu des Piémontais étancher leurs trous en y chassant des chandelles en place de terre grasse; mais ce moyen,. beaucoup trop coûteux, ne s'exécute qu'ei\ cachette e^
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dans les mines où Ton s'éclaire avec la cfaan* délie: dans tous les cas, il serait plus écono*^ miqne de se servir de suif brut.
a Dès que le trou est parfaitement sec, on y verse la poudre, s'il va en descendant, on y met la cartouche toute faite, s'il va en montant; on descend un tampon de papier sur la poudre, on le serre doucement avec un bourroir, on le perce ensuite avec l'épinglette, que Ton fait glisser sur le côté en touchant la roche et de manière à ce qu'elle pénètre de 5 à 6 pouces dans la poudre.
« On bourre ensuite avec de la terre grasse sèche, du roeher pourri, de la brique, de la pierre à plâtre où du mâchefer ( cette der» nière bourre est préférée pour le rocher dur): on recouvre le coup d'un peu de terre grasse humide, avant de tirer l'épinglette» afin qu'il ne puisse rien tomber dans le trou qu'elle laisse à sa place.
« On tire Fépinglette, en passant un fleuret dans sa boucle, en donnant de petits coups en dessous et en la soulevant petit à petit avec précaution, afin que le frottement qu'elle éprouve contre le rocher ne puisse pas faire feu.
«( L'épinglette étant sortie, on introduit à sa place deux ou trois canettes, suivant la pro» fondeur du trou; on les consolide bien les unes au bout des autres; on serre légèrement celle qui sort de quelques lignes au-dessus du trou, et l'on y place la mèche soufrée qui
doit j porter le feu , en ayant soin de passer cette mèche dans la flamme de la lampe avant de la poser, dans la crainte qu'il ne se soit attaché quelque grain de poudre a sa surface. Oi^ renverse le bout de la mèche en dehors de Ja canette, en ayant soin encore de la tourner à l'opposé du vent, afin que la flamme ne soit point jetée sur la canette. Le mineur, après s'être aassuré que rien ne s'oppose à sa retraite, et après avoir averti ceux qui sont trop près, allume sa mèche, se retire et le coup part. Il revient ensuite, exa* mine l'efTet produit, frappe sur la roche avec to masse, pour reconnaître toutes lû$ parties qui ont été fendues, ce qui se distingue par« faîtement au son particulier que la masse fait entendre: c'est ainsi que l'on s'assure de la solidité du toit; quand il tambourine, il faut le faire tomber ou le soutenir. ^
Telles sont les différentes manœuvres que le tirage d'un coup de mine exige; mais il nous reste à examiner chacune des parties séparément, afin de pouvoir y faire les observations dont elles sont susceptibles.