CONSISTANCE DE LA ROCHE
très inconvéniens qui résultaient de la fumée, de la chaleur et de rencomb renient qui doivent être la suite nécessaire d'un pareil mode d'exploitation, que l'on pratique cependant encore au Rammeisberg et en Saxe, dans plusieurs mines d'étain, où le bois de sapin est à si bas prix que ce procédé est jbeaucoup plus économique que l'abattage à la poudre. ^
Il est probable -qu'à l'époque où l'on employait le feu comme agent pour l'abattage de la roche, l'on j admettait aussi l'action non moins efficace de l'eau froide, qui, projetée à la surface d'une roche fortement échauffée, devait y déterminer une infinité de fentes et de fissures qui contribuaient beaucoup au succès de la première opération.
L'histoire, mille fois répétée, du rocher d'Annibal, vient à l'appui de cette présomption; csyr si l'honneur de l'invention appartient au grand capitaine, il est plus que probable qu'il fut imité par les exploitans de * cette époque.
Un rocher calciné dissous par le vinaigre est un tour de force, qu'il faut cependant réduire à sa juste valeur. Quel était ce rocher? de quoi était-il? Nous n'en savons rien, puisque les historiens et les antiquaires ne sont pas d'accord sur le lieu précis du passage des Alpes.
1 ManèSy Annales des mines, tom. IX, pa§. 999.
Le grand et le petit Saint-Bernard, le M ont- Cenis^Ie Col de Tende, se disputent cet bon- ]aeur: or, les roches ne sont pas là partout les mémesL Un rocher de la grosseur d'un de nos caissons pouvait barrer le passage aux ëléphans d'Annibal dans un défilé, et dix sapins suffisaient pour réchauffer asse^ pour que de l'eau froide le fît éclater. Ce vinaigre» qui paraît jouer un si grand rôle dans cette opération, est précisément la preuve que l'obstacle était fort mince, puisqu'on préféra sacrifier une portion de cette provision de l'armée, plutôt que de prendre la peine d'aller chercher de l'eau » qui abonde à peu près partout dans les Alpes; car ce n'est pas comme acide, mais comme liquide froid, que le vinaigre a du agir dans cette circonstance à jamais mémorable.
La houille et la tourbe surtout, ne pouvant être considérées comme rocher, n'oi^t pas dû trouver ici leur place, aussi décrirons-nous ailleurs les moyens employés pour leur eix<> traction.
Après avoir décrit les outils dont on se sert pour briser et entailler les différentes roches que l'on rencontre dans les travaux des carrières et des mines, il convient, ce nous semble, de donner une idée précise du tirage à la poudre, et nous prendrons pour type de cette opération la méthode que l'on &uit en Allemagne, parce que c'est le pays classique pour les mineurs.