TRANSPORTS SOUTERRAINS
d'environ un pouce , et d'adapter au devant du chariot ce que l'on appelle un guide ou un clou de conduite. Cette pièce est tantôt un crochet à charnière dont le petit bout glisse entre les deux planches , et qui se relève s'il rencontre une pierre pour retomber aussitôt après; ou bien c'est une espèce de boulon qui se fixe par un écrou dans l'intérieur de ia caissef^ui déborde au-dessous de trois à cinq pouces, et qui est recouvert d'un petit manchon mobile en cuivre, qui tourne dès qu'il touche à Tun des côtés de la fente , et guide parfaitement sans jamais augmenter le frottement Quand ces chariots sont un peu trop grands ou un peu trop chargés, on fait quelquefois tirer un enfant en avant, comme cela «e pratique dans certains pays pour les simples brouettes.
Quand les chariots roulent sur des limandes qui ont toujours au moins 2 pouces d'épaisseur sur 2 X à 5 de large, on donne aux quatre clavettes des essieux une forme particulière; on les fait déborder le diamètre des roues par dessous, de manière à ce qu'elles frottent légèrement la face extérieure des limandes , et qu'il soit absolument impossible que le chariot dérive. On facilite infiniment le roulage des chiens sur les limandes , quand on fait la dépense de clouer sur ces longuerênes un ruban de fer d'un pouce de large et seulement de deux lignes d'épaisseur. Cet échan-^ tillon ne pèse que trente -cinq Lilogrammeè
PAR ' CHARIOTS. 2 ag
les cent pieds, et par conséquent la dépense n'est pas forte ^ il faut seulement avoir soin de faire fraiser le trou des clous, afin que les têtes ne débordent pas.
Au Huelgoét le transport se fait, comme à Poullaouen , avec des chiens hongrois, et chaque charteur doit faire dix voyages de Soc mètres pour yS centimes.
Les "vejrs du pays de Liège sont de petits traîneaux, qui s'emploient particulièrement dans les descenderies, qui sont beaucoup plus élevés derrière que devant, et qui trainent sur des limandes au moyen d'un câble qui: s'attache au fond de la beine qui monte dans le puits, en sorte que la machine fait ce double office de traîner dans les descenderies et d'élever dans les puits verticaux.
Quand on est forcé de faire de^^ galeries d'inclinaison,. des descenderies ou des bures, on peut y coucher des échelles et faire servir les montans de ces échelles de limandes, sur lesquelles on fait passer les roues des chariots, qui sont entraînés par un câble simple ou sans fin , qui s'enroule sur un treuil , sur un cabestan ou sur le tambour d'une machine, quelconque.
En Angleterre il existe quelques mines de houille dont les galeries sont garnies de che* mins de fer, entre autres celle de lord Fitz- William , nommé New'-Paskgate. Là , les ornières en fonte , car je suppose que Ton sait ce que l'on entend par un chemin de fer; les
:i3o TRANSPORTS SOUTERRAINS
ornières , dis-je, ne sont éloignées que de 0,60 , et sont simplement clouées sur des trayerses de bois de 0,10 de large, sur 0,08 d'épaisseur; les chariots qui passent dessus ne pesant que 600 livres (3oo kilogr.)) dont 3oo de houille et 3oo pour le poids du chariot lui-même. A la sortie de la inine , on rerse le charg^nent de cinq de ces petits chariots dans un des grands, qui font le transport jusqu'à un canal j toujours sur un chemin de fer et en descendant, de sorte qu'un seul cheval Iratne dix de ces chariots en descendant, et cinq à six en montant à vide. Tous ces chariots, grands et petits, tant ceux qui font le service intérieur que ceux qui font celui de Texte* rieur, sont attachés les uns aux autres par des chaînes plus ou moins longues, et qui, quelquefois, vont s'attacher à un câble sans fin ou à une maîtresse-chaîne, qui est sontenue de distance en distance par des cylindres tournans en fonte ; elle s'enroule sur le tambour d'une machine à vapeur, et ici il n'est plus nécessaire de songer à adapter un guide au chariot lui-même ou à chacune des roues, puisque les ornières sont creuses. Dans d'autres mines c'est la roue qui est creuse , comme la gorge d'une poulie , et la limande de fer est en relief: l'un et l'autre mode a ses avantages et ses prôneurs. Pour l'intérieur des mines , il me semble que les ornières creuses ont l'inconvénient de se remplir souvent de menu charkoi^ , de déblais ou de poussière.
PAR CHARIOTS. StZl
Les roues de$ chariots sont en fonte de fer : elles ont o,3Q ou o,25 de diamètre \ et comme il importe de leur donner la plus grande du* reté possible , on les jette dans des moules de fer, et le refroidissement presque subit de la surface opère Tendurcissement que Ton re* cherche, a^ moins pour l'extérieur.
A Ansiu , on roule le charbon dans des bacs à roues de fonte , sur des chemius de fer forgé.
A la mine d'Eglinton, près Glasgow, on fait usage de chemins de fer dans l'intérieur des travaux. Mais ici ce ne sont point des caisses roulantes dans lesquelles on transporte la houille, ce sont de petits chariots plats sur lesquels on place un ou deux grands paniers, contenant chacun 600 livres de houille ; et dans d'autres mines ces paniers sont remplacés par des bassins en fer battu , soutenus par trois cercles de fer fixés à rivure. Ces paniers et ces bassins de fer ont pour but d'éviter liç transvasement, qui produit toujours plus ou moins de poussière , et qui diminue infinimieut la valeur de la houille.
AuK mines de Pîewcastle, le transport intérie«T et extérieur s'exécute au^i sur des chemins de fer et dans des chariots à quatre roues , chacun pesant quatre tonneaux , 4000 lilog.^ dont :275o kîlog. de houille et 1 35opojir Jtf chariot lui-mi9me. Chaque bande d£ fer fomiu de i^So, en«iriron 4 pieds, sur 0,1 d'épaisseur, pèse 4^ livres anglaises, et
2 Sa TRANSPORTS SOUTERRAINS
chaque tasseau de fér forgé, qui se scelle dans le dé de pierre pour la jonction des barres, pèse 6 livres.
Huit chariots sont mis en mouTement par une machine à vapeur fixe, de six chevaux seulement , qui fait enrouler une corde sur un tambour, et qui leur fait parcourir neuf milles ou deux lieues et quart à l'heure. Les câbles servent un an et demi, et la dépense qu'ils occasionnent est d'un demi -sou par aa et par mille de distance. Les roues des grands chariots ont huit rajons, leur diamètre est de 0,75, la largeur de la jante de 0,10, et les chariots sont attachés l'un à l'autre avec une barre. Un télégraphe, placé aux deux extrémités de la course , fait connaître le départ de l'un ou de l'autre , et il existe au milieu* de ce trajet une galerie couverte, de 3oo mètres de longueur, pour éviter que la neige ne s'engoufre sur ce point, où il aurait fallu faire une profonde coupure. Les poulies de fonte qui soutiennent le câble, sont éloignées de six mètres l'une de l'autre , et elles ont o,3S 'de diamètre.
Lorsque l'on a des pentes à monter, on augmente la force du câble , et la machine est de la puissance de vingt-six chevaux. On porte à mille tonneaux, ou à environ i3,ooo hectolitres, par journée de quinze à seize heures de travail , la quantité de charbon qui sort de ces mines. Cinq milles de chemins de fer, j compris les machinas à vapeur, ont coûte
. PAR CHAK10TS. 255
)5,ooo livres sterlings. II faudrait ceat chevaux pour faire ce même service.
Je dois ces détails, et beaucoup d'autres, à l'extrême obligeance de mon ami , M. Conrad , ingénieur en chef des ponts et chaussées , qui a bien voulu me les apporter d'Angleterre à
la fin de 18^4*
La planche XVI représente la plupart de ces petits chariots , dessinés d'après nature sur diverses exploitations et dans diflférens pays.
Les figures 1 et a représentent le courriaux des mines de lignite de Provence; 3 et 4 9 1^ chariot du pays de Mansfeld; 5, la conque.; 6, le bac en fer battu cerclé, d'Ecosse; 7, le chien hongrois avec son guide; 8, le petit chariot d'Ecosse; 9, le chariot sur lequel on chaîne de grands paniers de houille; 10, la brouette tyrolienne; et 1 1 , la coufle de sparterie, employée à porter le menu lignite de Provence : le tout dessiné sur l'échelle de la^ millimètres pour un pied.
Il serait superflu de s'appesantir davantage sur les détails de leur construction ^ elle peut Tarier avec les circonstances locales; mais on doit toujours viser à la solidité et surtout àla légèreté : cinq livres de plus ou de moins sur un chariot ou sur une brouette ne sont point à dédaigner, puisque cet excès de poids est pris sur la quantité de houille que l'on peut transporter à chaque voyage. Ainsi , par^ exemple, si l'on pouvait diminuer vingt livres du poids de ces petits chariots anglais qui en
aS4 TRANSPORTS SOUTERRAINS
pèsent trois cents, et si l'on suppose que chacun d'eux fait yingt-cinq voyages en vingtquatre heures , ce qui n'est certainement pas exagéré , on arrive à ce résultat , que sur trois cents jours de travail ce même chariot aurait sorti mille hectolitres de houille de plus; que Ton multiplie cette économie seulement par mille chariots, on verra qu'un million d'hectolitres , sortis sans augmentation de frais , vaut bien la peine d'enlever quelque chose à la solidité des chariots, des brouettes, des beines, dut- on les renouveler un peu plus souvent
Transport intérieur par les chei^aux et les
mulets.
Si la solidité de la roche et la pente des travaux souterrains permettaient d'introduire des animaux dans toutes les mines, on a'en trouverait fort bien , et il me semble qu'on ne doit jamais balancer à le faire toutes les fois que la chose est possible; au moins, je n'ai jamais été à même d'apprécier les inconvé* niens qui peuvent cependant être attachés à ce moyen de transport souterrain; je sais qu'on l'emploie avec succès et depuis des siècles dans les grandes salines de la Gallieie; que de longues files de mulets entrent et sortent d'eux - mêmes dans les mines du Mexique ; que dans les grandes carrières de Maestricht les voitures circulent comme sur les chemins;
PAR LES CHEYAU^. a35
qu'en Angleterre, et particulièrement damé quelques mines de Newcastle ^ et dans les salines de North^ich, on se sert de chevaux pour traîner dans des galeries garnies d'ornières de fonte^ des chariots portant chacun deux paniers de houille pesant 600 kil. , que ]e Tojage se fait toujours au trot et que l'on habitue ces animaux à tenir la tête toujours haissée, en les plaçant d'avance dans des écuries qui n'ont que la hauteur des galeries, 2 mètres environ; que l'on a introduit des chevaux dans les mines du comté de la Mark, du Uartz et de la Silésie , et que l'on s'en trouve fort bien.
Les chevaux et les mulets sont, je crois, les seuls animaux qu'il convient d'introduire dans les travaux souterrains , et seulement comme hétes de trait plutôt que comme bétes de somme ; je me rappelle cependant avoir tu un malheureux bœuf auquel on avait abattu les cornes, et que l'on faisait marcher dans une roue pour élever des tines du fond d'un puits; mais on se dégoûta bientôt delà lenteur de ce nouvel ouvrier, que l'on mit à la porte.
TrafiapoH souterrain par eau.
En parlant de l'exploitation des tourbières, nous avons vu que l'on profitait souvent de
1 II y a quelques années, on comptait déjà deux cents ehevanx TÎgoaicvx d«ns Tintédear de ces mines. 'tGsllob.)
2S6 TRANSPORTS SOUTERRAIISS
la tranchée même que l'oii avait creusée et qui s'était remplie d'eau, pour la changer en un canal de transport. Maintenant il s'agit d'une navigation souterraine, dont les Anglais nous ont donné le premier exemple , et qui jusqu'ici n'a point été imité en France. Ce moyen de transport, qui est le meilleur de tous , n'est pas praticable partout : une foule de localités s'y refusent; mais il me semble que toutes les fois qu'une galerie de rabais est très-longue, et qu'elle sert tout à la fois à l'écoulement des eaux et a la sortie des minerais, on ne doit point hésiter à la convertir en un canal souterrain, sur lequel on transportera tous les déblais et tout le minerai beaucoup plus économiquement que par tout autre moyen; puisqu'un cheval tratne sur un canal seize fois plus de charge que sur une routé : il suffit pour cela que la galerie n'ait pas trop de pente, et qu'on la tienne un peu plus haute qu'on ne le fait ordinairement: supposons qu'on lui donne 2 mètres sous bois et que l'on établisse à l'extrémité antérieure une digue de 0,66 de haut , il restera encore 1,54 pour le passage du bateau, et ne restâtil qu'un mètre, cette distance entre le niveau de l'eau et le plafond de la galerie serait bien encore assez grande pour le service du bateau plat, long et étroit, qui irait et reviendrait d'un bout à l'autre de la galerie. Suivant les circonstances locales , il faudrait quelquefois prolonger ce canal souterrain
i>AR EAU. 257
de quelques mètres eu dehors, afin que le bateau pût jeter son chargement sur une place convenable, et pour la conduite H j aurait mille moyens de la rendre aussi facile qu'on pourrai! le désirer soit arec une cordelle fixe, soit en s'aidant du boisage et d'une gaffe, etc. Le canal souterrain de la houil- 'lère de Fuchsgrube en Silésie a 4 pieds 6 pouces (i",5o) de large, 8 pieds (i",66) de baut, et l'eau s'y élève de 3 pieds (1°^) : les bateaux portent ordinairement 5o mesures, et pourraient en porter bien davantage.
Le transport souterrain par eau est économique,* non -seulement parce qu'avec la même force on obtient un résultat bien supérieur à lout autre, mais aussi parce qu'on épargne les planches bu les limandes que le roulage exige* L'évaporation étant peu considérable sous terre, une faible source suffit à l'entretien d'un petit canal dé cette espèce; mais, je le répète, il est à rejgretter que beaucoup de mines se refusent à ce mode de transport, que Ton n'a pas encore essayé'én France. J'avais disposé une galerie d'écoulement à cet effet, et j'ai toujours regretté de n'avoir pas pu mettre cette méthode à exécution, parce que je la crois très-bonne et qu'elle est réalisée fort en grand dans la mine de Fitz- Williamen Angleterre, dans celle du duc de Bridgew^ater et dans les houillères de la Silésie, particulièrement dans la mine de Fuchsgrube, où l'on à converti une galerie de 1000 mètres,
a58 TRA.N8POHTS SOirirERRAINS.
qui traverse douze conciles, eu canal de navigation sur lequel , comme nous venons de le dire, on transporte la houille exploitée* (D'Aubuisson.)
Tels sont les divers moyens dont on fait usage dans rintérieur des mines de difFérens pays, pour porter le minerai ou les combustibles depuis la taille jusqu'au jour, ou jusqu'à la place d'assemblage ou d'accrochage qui se trouve au pied du puits d'extractiou. JefFris avait proposé plusieurs machines dont l'effet devait remplacer les chariots dans le transport intérieur des galeries, au moyen de chaînes sans fin, de poulies et d'un moteur quelconque appliqué à l'orifice des puits; mais je ne crois pas qu'elles aient été exécutées nulle part, si ce n'est peut-être en Angleterre, à Sheffield?
Nous allons maintenant passer en revue les divers moyens et les différentes machines que l'on place à l'orifice des puits pour exécuter la sortie et la mise au jour des matériaux, des minerais et de la houille, qui font l'objet de toutes les exploitations souterraines, en commençant par les machines les moins parfaites, et terminant , par celles qui sont les mieux combinées etjes plus énergiques.
aSg
MACHINES d'extraction.
De la poulie.
Croirait- on qu41 existe encore en France des mines de fer et des glaisières où l'on n'a pour tout moyen d'extraction et d'épuisement qu'une mauvaise poulie attachée à trois morceaux de bois 9 sur laquelle passe une corde arec deux petits seaux , et que c'est à l'aida de ce ti4$te appareil que l'on monte et de^ cend les^wYriers, le minerai et l'eau, quand il s'en trouve? Que l'on juge par là de tous les autres travaux de ces sortes d'exploitations! C'est, au reste, encore par ce même moyen que l'on tire l'eau de la plupart des puits domestiques, et cependant, là comme partout ailleurs , on doit cheirclier à ménager le temps et la force, car ces deux grands élémens de la prospérité publique ne se retrou^ vent jamais quand on les a perdus.
Du tour simple.
Cette machine se compose ordinairement d'un cylindre de bois horizontal , portant une manivelle à chaque bout, et qui roule sur des coussinets de fer ou de cuivre qui gamisseni les encoches de deux pieds droits.
240 Machines
consolidés \chacuii par deux bras de force (pi. XIV). Plus il y a de différence entre le diamètre du tour (pi. VIII, fig. 9) et le diamètre de la circonférence décrite par le coude (B) des manivelles, et plus on produit d'effet avec une force donnée. C'est pour cette raison que l'on doit chercher à tenir l'arbre le plus petit possible, sans nuire cependant à sa solidité, et donner au contraire la plus grande longueur possible entre les deux coudes ( AB) des manivelles; aussi, quand on fait usage de ^ette machine, doit- on choisir les manœuvres de la plus grande taille pour la faire mar* cher; encore se plaignent- ils souvent de maux à la poitrine et de tiraillemens d'estomac.
Il est bon d'ajouter au-dessus du tour et de fixer solidement aux pieds droits une forte barre de bois (pi. XIV), qui sert aux ouvriers à s'appuyer d'une main, pendant qu'ils tirent les tines de l'autre. Il est bon aussi de garnir les pieds droits chacun d'une cheville de fer suspendue à une chaînette, qui sert, en la passant dans un trou, à arrêter solidement le tour, soit pour se reposer, soit pour tout autre motif.
Deux forts manœuvres travaillant au tour pendant huit heures, peuvent entretenir trois mineurs au fond d'un puits jusqu'à la profondeur de 100 pieds, s'il n'y a pas trop d'eau, e.t surtout si l'ouvrage est donné à prix fait: k 5o pieds ils commenceront à se plaindra, s'ils sont à la journée, et ils demanderont suc-
d'extraction. ^4 1
cessiyement un troisième et un quatrième', en 8orte qu'à partir de cent pieds il 7 a plus d'économie à tirer les dëblais arec une petite machine à molette qu'avec un tour simple, et en effet trois postes de 4 tourneurs à 1 25^ chaque, portent la dépense à i5^ par2i4h^uires^ tandis que deux chevaux conduits à 3^ ou 3^5o^, font 6 ou 7 francs, et deux tireurs de tine k 2^ font en tout 10 ou 11 francs de dépense, au lieu de i5; et avec deux chevaux attelés séparément et se relevant de six en six heures, on peut aller, comme nous le dirons bientôt, jusqu'à 76 ou 80 mètres.
Le tour simple ne devrait donc s'employer qae pour le service des puits peu profonds^' peu importans, ou dans l'intérieur des travaux^ ou la place ne permet pas d'y mettre une meilleure machine, et cependant on s'en sert dans la plupart des belles mines de la Saxe^ dans celle d'Anglesey et dans beaucoup d'autrès.
Le treuil ou tour à engrenage.
Cette machine , telle qu'on l'exécute depuis bien long-temps dans le pays de Liège, se compose d'un cylindre en bois horizontal de O983 de diamètre, qui roule slir des tourillons^ et qui porte à l'une de ses extrémités une roue dentée de quatre-vingt-sept dents, qui engraine dans un pignon de vingt-une dents, et les deux manivelles sont attachées à l'axe
2^^ MACHl^£9
de ce pignon. Il est bon de partager ce tour par une crête saillante, qui empêche que lear câbles ne montent l'un sur l'autre, et qui leur fait à chacun une place sur laquelle ils s'enroulent et se déroulent séparément; car, lorsque la profondeur est fixe, il codlvient de mettre deux câbles, plutôt qu'un seul, qui s'enroule d'un bout et se déroule de l'autre. On peut appliquer deux, quatre, six hommes à ces tours, suivant la profondeur, la grandeur des beines et la vitesse qu'on veut leur imprimer.
On assure qu'à Liège quatre hommes tirent avec ce tour loo kilogr. de houille en sept minutes de la profondeur de loo mètres, et qu'en Alsace deux hommes appliqués à la même machine tirent en trois minutes i5o kilog^r. de houille d'une profondeur de ^o mètres*
Il arrive quelquefois, qu'au lieu de placer les tours immédiatement au-dessus des puitSy on les établit à quelques mètres, ce qui oblige à des poulies de renvoi, et à quelques petits accessoires qu'il est bon d'éviter. J'ai entre les mains le plan d'un de ces tours à engre^ nage du pays de Liège, auquel on a ajouté des distributeurs dont l'eifet est de régalari-* ser l'earoul^nent du cable. Ils se composent de deux cylindres verticaux, entre lesquels passe le cible. Ces rouleaux tournent sur des pivots fixés dans un cadre qui roule à son toi^r sur trois galets^ entre deux poutres ho-
d'extraction. 045
rizontales, dans lesquelles on a pratiqué des rainures. Le mouvement de translation leur est imprimé par les cordes, au fur et à me«sure que leur enroulement a lieu. Je conseille de placer à Fun des bouts de ces treuils une roue à crémaillère avec un chien de sûreté, pour permettre aux ouvriers de se reposer ou pour parer aux inconvéniens de la rupture d'une manivelle, qui se brise assez souvent, et toujours à l'un des coudes, en sorte que l'on doit donner de la force sur ce point (PL VIII, fig. 9, AB.)
11 y a deux manières de fixer dans le tour les manivelles, qui servent en même temps de tourillons. Le premier *moyen, qui est le plus simple, consiste à aplatir l'extrémité qui doit pénétrer dans le bois, et de la faire entrer de force dans un trou fait à la tarière : par ce moyen, il arrive rarement que le treuil tourne parfaitement rond. L'autre manière exige que l'on fasse une entaille dans le tour, qui passe exactement par le centre, et dans laquelle on couche l'extrémité de la manivelle, qui est garnie d'un talon (C) qui s'oppose à ce qu'elle puisse jamais sortir, quand l'entaille est garnie de sa clef et maintenue par deux cercles posés à chaud*
Du tour à roue.
Ce tour, qui est armé à l'une de ses extré-
244 MAGHIISES
mités d'une grande roue de charpente de 5 à 6 mètres de diamètre, et dont toute la cir* conférence est traversée par di^^ chevilles de bois, ne s'emploie guère que dans les carrières et dans les marbrières , où l'on a de grands fardeaux à élever d'une faible profondeur.
Cette machine se manœuvre par des hom^ mes qui agissent à la circonférence de la grande roue, et par conséquent à l'extrémité d'un assez grand levier; elle est exclusivement employée dans toutes les carrières souterrai-* nés de la plaine de Mont-rouge, près Paris. On la place à l'orifice de tous les puits, sur un massif de grosse maçonnerie à pierre sè^ ebe, composé de blocs' défectueux, qui permet de charger les grandes pièces sûr \ei^ grosses charrettes que l'on accule contre ce massif, et cela sans aucun autre appareil que des rouleaux et des leviers de fer. Si l'on n'avait pas le plus grand soin de vérifier souvent les différentes parties de la machine et l'état du câble, on conçoit quel serait l'effet de sa rupture sur les malheureux qui sont ac* croches à, la circonférence de la grande roue, et qui seraient lancés à une hauteur prodigieuse.
Cette machine, qui emploie la force de l'homme de la manière la plus avantageuse, produit un effet lent; mais comme elle est employée à élever de très-grands fardeaux d'une faible profondeur, ce défaut n'a pas de grands inconvéniens.
d'extraction. 245
Le cabestan simple.
Celte machine , dont l'emploi est si frë* quentpour le transport des grands fardeaux, et à laquelle oii iadjoint souvent les moufles ou palans, s'emploie quelquefois aussi pour pjever de grandes pièces de Tintérieur de la terre à la surface, à l'aide d'une poulie de renvoi.
Cest avec de grands cabestans que l'on élève au jour les meules de moulin que l'on ^ille dans les carrières souterraines de Niedermenich, sur la rive gauche du Rhin.
Le cabestan à manchon.
Il ne diffère du précédent que parce que son arbre vertical est recouvert dans la partie inférieure d'un manchon ou tambour mobile, sur lequel s'enroule le câble, et qui porte une roue à crémaillère armée d'un chien. Cette machine, qui est propre au service d'une galerie inclinée ou descendérié, permet au chariot de retourner seul au fond, sans que l'on soit obligé de détourner, puisqu'il suffit de lever le chien de la crémaillère pour faire marcher le tambour, qui laisse dérouler le câble par le seul effort du chariot qui descend à vide.
Si Ton attelle un cheval à un cabestan de cette espèce, on évite la peine de le détour-
2^6 MACHINEE
ner, il se repose pendant tout le temps que le chariot redescend au fond de la galerie , et il marche toujours dans le même sens.
Je Tai fait exécuter une fois pour le service d'une galerie d'inclinaison dont on prolongeait le foncement. Il présente des avantages sur le tour simple, et n'a d'autre inconvénient que d'exiger un assez vaste emplacement dans l'intérieur des ti:avaux, ce que l'on doit éviter autant que possible.
De la petite machine à molette ou du baritel (PL XVII, fig. 1 et 2.)
Cette petite machine, qui n'est autre chose que le baritel du jardinier, ^perfectionné et taillé en force, se compose d'un arbre vertical, portant un tambour à sa partie supérieure, et traversé par un balancier, auquel on attelle un ou deux chevaux, et le plus souvent un $euL
}i'arbre est maintenu par une grande frette, qui porte 4'une part sur le pied droit et de l'autre sur la cage carrée qui renferme les poulies ou molettes, supportées par quatre traverses. A l'extrémité opposée du balancier où l'on attelle le cheval, on place une forte chambrière, que l'on laisse traîner, et qui, en cas de rupture du câble ou du palonnier, éviterait tout accident, si ce n'est cependant
d'extraction. ^4?
Ja chute de la tine ou beine^ Cette petite machine, d'uue grande simplicité, suffit au creusement d'un puits de 100 mètres, n'exige que deux chevaux attelés un à un, et qui se relèvent de six en six heures, pour les deux cents premiers pieds, et trois chevaux attelés un à un, et qui se relèvent de quatre en qua*tre heures, pour les cent derniers.
La construction en est si facile qu'elle est à la portée du plus simple charpentier de village, et l'on verra par le devis ci-joint que l'on ne peut guère exiger une machine moins coûteuse, et dont l'effet soit plus satisfaisant.
Bois de pin ou autre 120^
Bois dur pour les courbes du
tambour i5
Façon 170
Ferrure toute posée 112
Hangar.
3o toises ou 120 mètres carrés de
mur, à 1^ 25*^ i5o
57 chevrons 18 5o^
Paille ou bruyère 12
697^ 5o*^ Deux chevaux attelés et conduits font le
1 II fant qoe le balancier soit awas éle^ë ponr que le eheral poisse passer dessous quand il se retourne » autrement on serait oblige de dételer à chaque fois , comme cela se faisait autrefois à Saint-Étienne.
service, et coûtent 7 francs par
jour 7*
Deux hommes suffisent pour tirer les tiqes 4
Pour vingt-six jours de travail dans le mois» la dépense de la sortie des déblais s'élève a 386^; or, douze mineurs divisés en quatre postes, et travaillant alternativement sur le grès houiller, sur le schiste bitumineux et $^r l'argile schisteuse, font environ 10 mètres courans par mois, dans- un puits carré qui a 3 mètres sur 2 , en sorte que la machine en* lève 60 mètres cubes de déblai par mois, et descend tous les bois et tous les outils pour 286^ : ce qui porte la sortie du mètre cube à 4^ 7P^) tandis qu'avec un tour à bras, qui finirait par exiger six hommes par poste ou quatre hommes, terme moyen, la sortie des déblais reviendrait à 7^ 60^.
Quant à la manoeuvre, elle est si facile à concevoir qu'à peine est^il utile de l'expliquer. Le cheval I en tournant, fait monter une des tonnes ou beines tandis que l'autre descend. Un ouvrier l'attend à la bouche du puits, l'accroche, la tire à lui de la main droite, tandis qu'il se tient solidement à une poignée par la main gauche; le conducteur fait reculer le cheval d'un quart de tour, afin d'avoir assez de câble pour renverser la tine et la vider, puis l'ouvrier la renvoie. Pendant
d'extraction. 249
tout ce temps» le chargeur à la fosse, ou l'un des mineurs qui trayaillent au fond , charge l'autre beine/qui remonte à son tour, et qui est vidée comme la première. Les chevaux sont forcés de reculer et de changer de main à chaque voyage \ mais ils sont si promptement dressés à cette manoeuvre , et connaissent si bien les différons bruits que fait la beine , qu'ils s'arrêtent, reculent et se détournent souvent d'eux-mêmes. J'en ai vu plusieurs qui obéissaient parfaitement au coup de sonnette ; moyen que l'on emploiaipQur se faire entendre quand les puits sont profonds.
Je conseille donc d'adopter ces petites machines pour le foncement des puits, de préférence aux tours simples ou à engrenage , puisqu'elle coûte peu de chose à établir, et qu'elle est plus économique. J'en ai fait cens* truire cinq sur différons points de la France^ dont on est parfaitement content, et je crois, comme je l'ai déjà dit en parlant du sondage, qu'il serait facile de l'adapter à la manœuvre de la sonde y ce qu'au reste je n'ai pas encore essayé.
De la grande machine à molette. •
Cette machine est composée, comme la petite, d'un arbre vertical, qui porte un tambour a sa partie supérieure, et des leviers à sa partie inférieure ; mais le tambour, au lieu
aSù MACHINES
d'être cylindrique, se trouve composé de deux cônes opposés base à base, qui reçoivent chacun un câble attaché à la partie la plusmince^ et qui s'enroulent en allant vers la base de chaque cône, de manière à ce que le levier est plus long, et a plus de force dans le commencement de l'enroulement que vers la fin : ceci pour contrebalancer et annuler en partie la difiërence de poids qui résulte de ce qu'au moment où la tine chargée commence à quitter le fond du puits, il lliut enlever non-seulement son propre poids, mais encore celui de tout le câble qui la supporte, tandis qu'a mesure que cette même tine approche de l'orifice du puits, son poids est diminué de tout celui du câble enroulé, de celui de la tine vide qui descend , et enfin de celui du .câble qui descend avec elle; en sorte que les chevaux agissent au bout d'un levier, qui se raccourcit à mesure que la résistance diminue, ce qui leur fait faire un effort toujours égal pour vaincre une résistance qui change à chaque instant.
Sir William Featherstonhangt, ingénieur anglais, a proposé un mécanisme particulier pour contrebalancer les câbles employés dans les mines. On le trouve décrit et figuré dans le n.^ 88 du Journal des mines.
Revenons à la construction de cette ma* chine.
Deux poulies de renvoi , dont l'une est
d'extriction. âSl
placée pins haut que l'autre, portent le câble <le dessus, les tambours à l'aplomb du puits, et comme on attelle jusqu'à buit cbevaux à la fois, et qu'il serait impossible de les arré<ter tous instantanément, si cela devenait nécessaire, on. place de cbaque coté du tambour, et précisément à la hauteur où les deux parties coniques se touchent, deux pièces de bois doublées d'une semelle creuse, qui embrassent exactement une portion de ce tambour, et qui le serrent si fortement au besoin, que la machine s'arrête subitement par l'action de ces deux solives, qui se rapprochent au moyen d'un tirant qu'un ouvrier baisse ou élève à volonté, suivant qu'il est nécessaire d'arrêter ou de ralentir la rotation, qui, dans certains cas, deviendrait si rapide qu'elle renverserait les chevaux et causerait de grands dégâts. Cette pièce auxiliaire se nomme frein, et se meut à peu près de la même manière que la machine à enrayer les grosses charrettes.
La grande machine à molette, sans être beaucoup plus compliquée que la petite, demande cependant l'assistance d'un bon charpentier. Tous les bois en sont plus forts, et les assemblages de l'intérieur du tambour demandent à être exécutés avec soin et sont assez nombreux, hejrein est une pièce qui exige de la précision, et tout cela réuni ^ fait qu'on ne peut guère élever cette machine à moins de 2 à 3ooo^, non compris le ma-
2Sè machines
nége, qui doit être proportionné à la force de cette' mécanique. Je ne figure point cette machine, parce qu'elle l'a déjà été cent fois dans d autres livres, et parce qu'aujourd'hui on la remplace presque partout par des ma* chines à vapeur. Les machines à molettes ont presque entièrement disparu de Saint-» Etienne, de Rive-de-Gier, du Bourbonnais et de tous les points où il existe de grandes exploitations : il y en avait de très^belles sur les mines de Fins, département de l'Allier , et dans certains endroits, où Ton faisait probablement usage de boeufs au lieu de chevaux : le mouvement était transmis par un engrenage pour l'accélérer.
L'entretien d'un cheval d'usine est estimé à goo^ par an, et celui d'une paire de bœufs à 600^ seulement. Un cheval perd de sa valeur en vieillissant, et une paire de bœufs remis au gras sont toujours bons à vendre au boucher. (Voyez le Mémoire de M. Gueniveau, sur l'emploi des bœufs aux machines à molettes^ Journal des mines, t 3i , p. 4^7.)
Des machines à vapeur appliquées à VeX'^
ploitation des mines.
L'application des machines à vapeur à l'extraction des mines ou à l'épuisement des eaux n'exigeant que les changemens dans les parties extérieures et accessoires de ces mêmes
d'extraction. 255
macLines, tout ôomme il faut en apporter pour les approprier au tissage, à l'impression, à la filature, etc., je ne crois pas qu'il soit convenable d'entrer ici dans les détails de construction et dans la description des différens systèmes qui sont adoptés aujourd'hui par tel ou tel constructeur ou dans tel ou tel atelier»
Une macbine à vapeur est une force dont on modifie l'application suivant l'usage auquel on la destine , tout comme on modifie celle du vent, de l'eau, des chevaux, etc^ suivant qu'on les applique à l'aile où à la roue d'un moulin, à la voile d'un navire, au balancier d'une machine, etc.
Les machines à vapeur sont déjà décrites dans tant d'ouvrages, et leur histoire est deve* nue si étendue, que je suis forcé de renvoyer à ces différens ouvrages, et particulièrement à celui de Tredgold, traduit de l'anglais par M. Meliet^ dont une des sections est spécia* lement consacrée à l'exploitation des mines au moyen des machines à vapeur.
Dans l'extraction des minerais, comme dans la plupart des fabi«ques où l'on fait usage
I Tnité des machines à vapeur et de leur application k la Qarigatioii , aux mines et aux manufactures \ traduit de Fanglaîs de Th. Trcdgold par M. Mellet; i yolume in-4.'' arec planches.
Je recommande aussi les Leçons familières sur les machines h vapeur, qui font partie de l^ncyclopëdie populaire ^ 1 vol. în-iS.
des machines àyapeur, on est forcé de changer le mouvement de va et vient, produit par le piston , en un mouvement de rotation continu; mais le service des mines exige de plus que l'on puisse non-seulement arrêter ce mouvement presque instantanément, mais le faire marcher en sens inverse à volonté. Or, on parvient à ce but par differens moyens qui sont parfaitement connus des constructeurs; à Chaillot, par exemple, dans les ateliers de MM. Périer et Edwards, on change le sens de rotation, soit dans l'excentrique de l'arbre du volant, soit dans les tringles et leviers qui font mouvoir les soupapes. C'est toujours ce dernier mojren que nous employons pour arrêter subitement nos machines, m'ont écrit ces Messieurs : il nous arrive encore très -sou* vent, quand les localités le permettent, de changer le mouvement de rotation au moyçn d'un double engrenage d'angle, qui reçoit le mouvement par l'arbre du volant. A Rive*de- Gier, à Alais et ailleurs, un homme est constamment occupé vis-à-vis des encliquetages qui ouvrent et qui ferment les quatre soupapes, dont deux portent la vapeur dessus ou dessous le piston, et dont les deux autres lui donnent passage au condensateur. Quand cet ouvrier veut arrêter la machine pour lui faire changer de sens de rotation, il attend que le piston soit parvenu au milieu de sa course et soit en équilibre; arrivé à ce point, il fait entrer de la vapeur en dessus ou en dessous, suivant
d'extraction. 2SS
qu'il veut faire remonter ou redescendre la tine, en changeant la rotation du volant, qui porte un engrenage au moyen duquel on fait tourner le tambour yertical sur lequel s^enroule le câble.
L'ouTrier qui gouTerne la machine voit de sa place le mouvement des tines, et les fait monter et descendre à volonté, et voici comment s'exécute cette manœuvre : d'abord il laisse monter la tine un peu au-dessus de la bouche du puits, afin qu'un autre ouvrier puisse passer une pièce de bois par dessous; ensuite on la fait redescendre , et elle s'arrête sur cette traverse, où la plus légère impression suffit pour la renverser; ce qui s'exécute ordinairement par une autre pièce de bois, qui fait l'office de levier. Pendant qu'elle se vid^e, on retire la traverse, on fait remonter la tine% à sa place et on la fait redescendre. Tous ces mouvemens , qui s'exécutent et se succèdent assez rapidement^ sont au nombre de cinq.
1.^ Élévation de la tine depuis le fond du puits jusques et un peu au -dessus de son embouchure ;
:à.^ Redescente de la tine sur la traverse au niveau de la bouche du puits;