‹ Élémens pratiques d'exploitationChapitre 68 sur 140 · HACHURES · texte numérisé non relu

HACHURES

La première machine à vapeur appliquée à Textraction de la houille eu France fut posée sur l'un des puits de la mine de Litry, département du Calvados, et cette machine de rotation, qui sortit des ateliers de MM. Périer frères, à Chaillotp'rès Paris, fait le service depuis bien des années et fonctionne toujours parfaitement, quoiqu'elle n'ait pas de balancier et qu elle reçoive son mouvement directement et immédiatement de la tige du piston, qui s'élève et s'abaisse , et qui fait tourner les manivelles de deux roues d'angles qui s'engrènent dans deux pignons dont l'axe commun fait tourner le volant et par suite le tambour, qui fait 35 tours par minute et sur lequel les câbles viennent s'enrouler : Taxe prolongé de l'une de ces deux roues fait marcher une pompe à eau. La suppression du balancier rend cette machine plus portative, plus facile à placer et à démonter; mais on n'en construit plus de cette manièris à Chaillot audessus de la force de douze chevaux, aussi la compagnie d'Anzin, qui n'emploie maintenant que des machines à moyenne pression de seize chevaux, n'a-t-elle point de machines sans balancier.

Voici quelle fut l'économie qui résulta de l'emploi de cette machine à la mine de Litry. Cet exemple, que je prends à dessein dans une exploitation de moyenne importance, pourra s'appliquer plus exactement aux besoins des établissemens qui ne sont point encore mon-

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iés sur une très -grande échelle et auxquels cet ouvrage est plus particulièrement destine.

La machine de Litry,.que nous avons vue fonctionner plusieurs années après qu'elle fut posée, remplace quatre chevaux attelés à la fois, supprime neuf chevaux qui étaient em<-, plojés au service de cette fosse , et par suite toute la dépense qu'ils entraînaient annuellement Elle monte le panier plein de houille ouïe tonneau d'eau, en moins de temps que la machine à molette qu'elle remplace.

Elle est susceptible de s'arrêter subitement et de tourner de droite à gauche ou de gauche à droite , à la volonté de l'ouvrier qui la conduit et au moyen d'une simple tiraille; elle met en jeu une pompe destinée à élever l'eau qui alimente la chaudière. Or, d'après un relevé exact de la dépense journalière de chaque cheval, y compris l'achat, la nourriture , l'entretien, les palefreniers , etc., la dépense annuelle s'élevait à 918^50^ par tête; pour neuf, à 8y^66^ 5o^. La consommation de la houille pour le fourneau de la machine est d'environ :2o boisseaux par jour ou 10' hectolitres, qui revient à la compagnie à 4^ centimes d'extraction pour 3oo jours de travail. . . i,aoo^ réparation et entretien de la machine . 200 gage du conducteur 600

La machine a coûté, prise^ dans les ateliers des frères Périer à Chaillot, après avoir été

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essayée devant plusieurs commissaires» 18,000 ^

Le transport à Litry environ 3oo

Pour une seconde chaudière de rechange :

Les frais dépose, la construction du fourneau, celle de la cheminée, etc. 5,:300

Prix total de la machine 23,5oo^

Intérêts de cette somme pendant la première année i,525

Or on a TU que l'économie provenant de la suppression des chevaux, déduction faite delà valeur du combustible, est de6,366^ 60^ par an ; donc la machine a été payée en quatre années, puisque cette économie, cumulée, s'est élevée à â5,o66^ en quatre ans.

Les nombreux perfectionnemens que l'on ne cesse d'apporter dans la construction des machines à vapeur ont presque tous pour but de diminuer la quantité de combustible pour une force donnée, ainsi que la quantité d'eau néces|jEiire pour l'entretien de la chaudière ; car il est des situations où l'on a de la peine à s'en procurer un assez grand volume.

Cetie consommation est estimée par MM.

Albert et Martin, constructeurs brevetés, a 34 pieds cubes par force de cheval pour 12 heures.

L'eau qui sort des mines n'est pas toujours propre à cet usage, en raison du dépôt qu'elle

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fait à la longue, et qui, en s'accumiilant au fond des chaudières, ne tarderait point à les faire percer; dans tous les cas, et lorsqu'on est forcé de faire usage de ces eaux souterraines, il est prudent de les mettre long-temps en contact avec l'air et de les laisser reposer dans des réservoirs ayant de les introduire dans les chaudières. Les corps étrangers que l'on jette à dessein dans ces grands vases, comme des pommes de terre, etc., ne s'opposent qu'imparfaitement à Tadhérence du dépôt calcaire, gypseux ou ferrugineux, qui se forme presque toujours à la suite de l'évaporation prolongée de l'eau la plus pure en apparence.

Tout en renvoyant les directeurs et les propriétaires des mines aux bons et nombreux ouvrages qui ont traité des machines à vapeur, je croirais n'avoir pas entièrement rempli ma tache, si je ne fixais pas leur attention sur différens objets qui tiennent à la partie économique et administrative de l'emploi de ces machines; ainsi je di^ai :

i.^ Qu'il est prudent d'avoir au moins une chaudière de rechange, parce que c'est la pièce qui est la plus exposée à se détériorer* Plusieurs mines en Angleterre sont desservies par des machines à trois chaudières , dont deux seulement sont toujours en activité.

2.^ Que, si l'on veut remplacer le travail de dix chevaux par une machine à vapeur, il faut la prendre d'une force de vingt chevaux ;

parce qu'outre qu'on n'est pas encore parfaitement d'accord sur la valeur réelle de cette unité de force, on ne tient presque jamais compte des frottemens, et dans tous les cas il Ta ut mieux avoir excès de force que d'en manquer; car dans une exploitation, et surtout dans une usine, il est toujours aisé d'employer utilement la force excédante. ^

S."* Que le prix du combustible, la proximité de l'eau et quelques autres considérations particulières sont les raisons principales qui doivent influer sur le choix du système de la machine dont on fait l'acquisition : on conçoit, par exemple, qu'il est peu important d'avoir une machine qui économise le combustible quand il s'agit du service d'une mine de houille où elle est à vil prix et où Ton peut employer celle qui est à peine marchande, tandis que l'on doit raisonner tout différemment pour la machine qui doit desservir une mine de plomb située dans un lieu de difficile accès et privé de combustible.

4.° Que les machines locomotives sont essentiellement propres au service des mines, parce

1 La force d^un cheyal , dans les machines à vapeur, peut éttt représentée diaprés Watt, par 33,ooo liyres pesant d^eau élerées à un pied en une minute ; ce qui répond k Teffet d^un cheval qui marche k raison de % de liene par heure, en élevant un poids de i5o livres au moyen d^une corde mobile sur une poulie. (Recueil industriel. Mars iSaS.)

L^unité dynamique adoptée par M. Edwards, est 7$ ^^ ^il> élevés à un mètre de hanteur en nne seconde. D^autres la portent à 80 kiloçr.

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qu'on sait d'avance qu'il faudra les changer de place au bout de quelques années. Si Ton pouvait supprimer les cheminées de briques et les remplacer par des tuyaux de tôle, ainsi que cela se fait à bord des bâtimens à vapeur, le changement de place deviendrait alors ex* trémement facile , et cette simplification contribuerait encore à en multiplier l'usage nonseulement pour les mines, mais pour l'exploi-tation des forets où l'on pourrait débiter les bois surplace, etc.

5.^ Que je donnerais la préférence aux chaudières de cuivre plutôt qu'à celles de fer battu ou de fer fondu , à cause de la valeur réelle du vieux cuivre et du prix presque nul du vieux fer et surtout de la vieille fonte. Cest un capital mort, dira- t-on; cela est vrai, mais au moins en cas d'accident on trouve dans la valeur de la vieille chaudière les trois quarts du prix de la i^ouvelle^ et c'est déjà beaucoup.

6.'' Que, quant aux soupapes de sûreté» quelle que soit celle dont on adopte enfin l'emploi, il sera toujours sage d'en mettre une hors de la portée des fous et des mécfaans; et en attendant, voici l'extrait des instructions publiées par le conseil des mines sur l'emploi des rondelles de métal fusible, qui jusqu'ici paraissent ofirir le plus grand degré de sécurité , et sur diverses précautions relatives aux machines à haute pression.

L'ordonnance royale du ag Octobre i8a3

veut qa'aucune chaudière de machine à vapeur de haute pression, ou celles dans lesquelles la force élastique de la vapeur fait équilibre à plus de deux atmosphères, ne puisse être mise en yente, et à plus forte raison employée, qu'autant qu'elle soit munie de deux soupapes et de deux rondelles de métal fusible S et qu'après avoir été éprouvée à l'aide d'une presse hydraulique et timbrée après l'épreuve. Cette pression devra toujours avoir été cinq fois plus forte que celle qu'elle est appelée à supporter dans l'exercice habituel de la machine à laquelle elle est destinée.

L'une des rondelles de métal fusible sera d'un diamètre au moins égal à celui d'une des soupapes, et sera faite en métal dont l'alliage soit de nature à fondre ou du moins à se ramollir suffisamment pour s'ouvrir à un degré de chaleur supérieur de dix degrés centigrades au degré de chaleur représenté par la marque que doit porter la chaudière éprouvée.

L'autre rondelle, d'un diamètre double de la première, sera placée près de la soupape de sûreté et enfermée sous la même grille : elle sera faite en métal dont l'alliage soit de nature à se fondre ou à se ramollir suffisamment pour

1 Alliage de 3 parties cl^étain, 5 de bismuth et i de plomb) fond k I eo degrés centigrades r 8 parties d^étain et i de bismuth ) fond à aoo degrés, même échelle. (Tredgold.)

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8 ouvrir à un degré de chaleur supérieur de vingt degrés centigrades à celui que représente la marque de la chaudière. Ces rondelles seront timbrées d'une marque annonçant en chiffres le degré de chaleur auquel elles sont fusibles.

Une chaudière ne pourra être placée que dans un local d'une dimension au moins égale a aj fois son cube. Ce local devra être éclairé de deux côtés par de larges croisées fermées de châssis légers et ouvrant en dehors; il ne pourra être contigu aux murs mitoyens des maisons voisines, et devra toujours en être séparé, à la distance de deux mètres, par un mur d'un mètre d'épaisseur : il ne pourra exister ni habitation ni atelier au-dessus de ce localy ^tc.

TARIF de PÏRiER et Edwards pour les machines h vapeur perfectionnées sur le système à double pression \ si précieux par V immense économie du combustible, dont les brevets d'importation et de perfectionnement leur appartiennent et ne peuvent être exploités ^ue par eux.

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