GALERIES TAILLÉES EN TOUTE
mais en revanche on est obligé de les tailler en Yoùte et même en ogive ou voûte de cloître, en sorte qu'il ne reste point au plafond d'espace plan et non soutenu : on donne 5^ pieds 6 pouces (l'^yiâ) de largeur au sol, et Ton commence à diminuer de manière à ce qu'il reste encore 3 pieds à la hauteur des mains des rouleurs , et c'est vers ce niveau que commence la naissance de la voûte, dont le point le plus élevé ou la clef doit être à 5 pieds (r",66) au-dessus du sol, ainsi que je l'ai déjà indiqué en parlant dés travaux de recherche. La planche VI, fig. i , présente ce genre de galerie non boisée , qui e^t doublement économique , puisqu'il épargne le bois et qu'il exige beaucoup moins d'entaille dans la roche, ainsi que l'on peut en juger par l'inspection de cette figure. '
On parvient à donner une courbe asses
régulière à ces galeries, quand la roche se
taille bien au pic; mais quand on est obligé
«d'employer la poudre, on conçoit que l'on
«n'est plus maître de lui conserver sa figure
•aussi exactement Certaine^ argiles endurcies,
tous les grès, tous les granits, la plupart des
calcaires, et généralement toutes ies roches
qui ne sont point trop ébouleuses, se soutien-'
nent très -bien sous la forme de l'ogive; il y
•en a même qui permettent que l'on pratique
de grandes excavations dans l'intérieur , sans
qu'il en résulte aucun accident; mais elles
août plus tares, et ce n'est qu'à la longue et
a86 SOUTÈNEMENT DES TERRES ET DES ROCHES.
après avoir taté leur consistance par des tra- Taux légèrement boisés, que l'on peut se hasarder à les supprimer entièrement, et encore, ne doit- on pas négliger de réserver des piliers de soutènement de place en place. Certains calcaires, quelques gypses, et la bouille ellemême, sont parfois assez solides pour pouvoir être exploités par cbambrées. .
Des différons boisages adoptés dans les
galeries horizontales.
Quand la rocbe ne peut se soutenir d'ellemême , quelle que soit la form,e que l^on donne aux galeries et aux puits , on est obligé d'établir des boisages plus ou moins compliqués pour en arrêter la poussée ; mais comme la yaleur des bois et des planches devient un des principaux articles de dépense d'une exploitation, on vise aux moyens d'en diminuer la quantité autant que possible, sans nuire à la solidité des travaux; en sorte que l'on varie la forme et le nombre des pièces de bois en raison de la nature des roches que l'on doit Soutenir; ainsi, par exemple.
Si l'on exploite un filon peu épais ou une couche très inclinée qui soit ébouleuse et dont le toit et le mur soient solides, il suffira de chasser des picots ou palplanches sur un simple chapeau contenu dans deux mortaises ou entailles, et de faire serrer avSc les coins
BOISAGES DES GALERIES. ^Sj
(pL VI, fig. 2). On aara soin» et je 1^ dis ici. , une fois pour toutes , <jue s'il reste un vide entre les picots du plafond et la roche ébouleuse, de remplir ce vide avec des fascines, afin d'eTiter le choc et de rompre le coup des fragmens ou des blocs de roche qui pour- , raient se détacher par la suite et qui, sans cette précaution, briseraient infailliblement les picots et dérangeraient les cadres. Le$ mineurs ont assez l'habitude de combler ces vides avec des pièces de boisage pourries , qui sont légères et qui remplissent le même but que les fascines; mais je désapprouve ce moyen, parce qu'il hâte l'altération des bois neufs avec lesque}s ces pièces pourries se trouvent en contact, et que les bois en décomposition contribuent à vicier l'air des travaux soutër* rains: on doit donc les sortir et ne point les employer de nouveau.
Si la couche ou le filon que l'on exploite est plus large que le plafond delà galerie, ou que le toit seulement soit ébouleux, on se contentera du demi ^boisage de la figure 3, qui est composé d'un seul pied droit et d'un chapeau qui d'un côté s'appuie sur la roche entaillée , et de l'autre sur la poite ou pied droit
Si le 'toit d'une couche est plus ébouleux que son mur, et que ce dernier ait cependant besoin d'être soutenu de loin en loin, on place des cadres complets (fig. 4)9 ^^^^ ^^ ne met des picots que d'un seul coté.
a88 SOUTÈNEMENT DES TERRES ET DES ROCHES.
Si la galerie est comprise en entier dans une roche ébouleuse, il faut nécessairement adopter le boisage complet, qui est représenté pi. XIX, fig. 1, etqûrse compose d'un chapeau de deux poites et d'une semelle, le tout garni de picots serrés par des coins au plafond , au toit et au mur*
Si la galerie doit servir tout à la fois de galerie d'extraction et de galerie d'écoulement, ce gui arriTe sourent et ce que l'on doit faire toutes lea fois que la chose est possible, il faut établir le boisage de fa figure 3, qui ne diffère de la précédente qu'en ce que les poites sont plus longues, que la galerie a plus de hauteur, et que Ton établit le plancher de roulage au - dessus du canal qui sert à l'écoulement des eaux.
Lorsque le terrain pousse^ en terme de mineur ) on s'en aperçoit à la manière dont le chapeau est serré sur la poite, si la pression a lieu par le haut, et à la manière dont les picots se courbent en dehors et font le ventre, si la pression a lieu par les côtés. Dans le premier cas il arrive presque toujours que le chapeau se brise à l'un de ses bouts (fig. 3)^ et dans le second c'est l'un des pieds droits qui se casse vers le milieu (fig. 4)- Quand on a employé de bon bois, qu'il n'est point encore pourri et qu'il se brise ^par suite de la poussée du terrain , il faut ou boiser plus serré , ou augmenter l'équarrissage des bois. Dans un terrain qui ne pousse pas, mais qui cependant