‹ Élémens pratiques d'exploitationChapitre 80 sur 140 · UVBAlUJBXZm · texte numérisé non relu

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bure en dehors et arrondir les angles, afin d'opposer à la pression une résistance autre que celle d'un mur plat monte d'aplomb. Cette opération» qui est assez difficile quand les vieux bois sont en très-mauvais état, exige que l'on commence la maçonnerie à partir du fond du puits, et que l'on étançonne fortement le vieux boisage à mesure qu'on en détache les cadres et que le muraillemènt s'élève.

Quand, au contraire, on fait le muraillemènt à mesure que les mineurs descendent, et que l'on a de grands bancs à traverser, qui ne peuvent se soutenir d'eux-mêmes, alors on a recours à d'autres moyens pour soutenir la maçonnerie déjà faite, ainsi que nous le verrons bientôt

Les puits carrés longs sont les plus commodes pour le service, mais ils se muraillent plus difficilement que les puits ronds, qui, à leur tour, ne présentent pas, à beaucoup près, toutes les facilités que l'on trouve dans les premiers, en sorte que, pour profiter des avantages des uns et des autres, je conseille d'adopter les puits ovales, toutes les fois qu'ils devront réunir le passage des tines à celui des échelles et des pompes.

Le muraillemènt d'un puits ovale de 9 pieds de long et 5 de lai^e (S"" sur i"',66) [pi. XXIV, fig, 2, et pi. XXVII, fig. 1] a été exécuté de la manière suivante aux mines du Lardin^ département delà Dordogne. Après

DES PUITS* isS

aToir dépassé la terre végétale et arôir ren« contré le grès houiller à une faible profondeur, on dressa la surface de cette roche et Ton commença à élever le muraillement jusqu'à un pied au-dessous du niveau de l'orifice du puits; arrivé à ce point, on recouvrit ce muraillement par des dalles, qui étaient taillées en taltis et qui s'avançaient légèrement sur le vide du puits et en réduisaient le diamètre d'un pied environ dans les deux sens. (PL XXVII, fig. 1.)

Les queues de ces pierres plates formaient un grand dallage (fig. 2) tout à l'en tour du puits , qui, ayant une légère pente en dehors, permettait à l'eau de s'écouler rapidement à mesure qu'on la versait, et facilitait aussi l'enlèvement des déblais ^ Le but de la saillie formée par les dalles tout à l'entour de la bouche du puits, était de rendre la sortie des tines infiniment plus facile pour les ouvriers' qui étaient chargés de les arrêter au passage et de les renverser. En effet, quand la tine, après avoir frotté contre la saillie et avoir été forcée de s'approcher du centre du puits, re^ venait, en quittant la dalle, à reprendre son aplomb ordinaire, elle se trouvait presque naturellement sortie et posée sur le dallage.

I Qiioit|a^l faille toujours tenir la bouolic du puits d'une toÎM on deux aa-dessns du terrain pour faciliter le chai^ement des charrettes y Ton est souvent forcé de faire on conroi xyvL un héton en dehors de la maçonnerie, pour empêcher les eaux plttvîalet de tlnfiltrer dans le pniu.

3!l6 MURAIU^EMENT

OÙ on la renversait Ce petit moyen, 'biea simple, épargne beaucoup de peine aux déchargeurs.

Tout étant ain^i disposé à la bouche du puits, on en continua lefoncementà travers les couches dures et les couches ébouleuses; mais toutes les fois que l'on rencontrait ces dernières, on les creusait après coup d'un pied de plus de largeur sur toute la circon* £erence, et on les revétissait d'un muraillement à chaux et à sable, qui reposait sur un banc de grès et qui s'élevait jusqu'à une autre couche également solide, en ayant soin de choisir les pierres les plus propres à ce tra* vail, tant parmi celles qui provenaient du percement des couches de grès, que parmi celles que l'on exploitait au jour. Quand on rencontrait des couches de schiste pourri ou ébouleux d'une trop grande épaisseur et qu'on ne pouvait attendre que l'on eût décou-* vert une nouvelle couche solide pour murail- 1er, on était forcé de faire deux arceaux à plein cintre dans le sens du grand axe et qui se butaient , l'un contre l'autre , aux extrémités de ce grand diamètre. On leur don* nait deux pieds d'épaisseur au moins; on let composait de grandes pierres plates, choisies et posées de champ , et quand ils étaient bien^ consolidés, on établissait par dessus lemuraillement ordinaire d'un pîed d'épaisseur seulement, en remontant jusqu'à la dernière couche solide 3 et on recouunençait ensuite %

foncer jusqu'à ce que l'on retrourât un^ nouvelle couche de grès, sur laquelle oi| établissait la maçonnerie, que Ton moutail: jusque dans les arceaux dont nous avons parlé ci- dessus, qui, étant deux fois plus enfoncé^ dans la roche que tout Le reste du muraille* ment, ne se trouvaient jamais exposés à s'écrour lety quand on venait à les reprendre en sous<r œuvre. Telle est la seule difficulté qu'on éprouva dans l'exécution de ce muraillement, qui s'est continué de la même manière jusr qu'à 80 mètres, et qui s'exécutait par de jeu«nés maçons et par de simples mineurs qu'on avait dressés à ce nouvel ouvrage.

Le foncement du puits s'exécutait à prix fait; mais la recoupe des roches tendres se faisait à la journée, parce qu'on ne pouvait caver qu'au fur et à mesure que les maçons montaient leur mur, et qu'il eût été assez difficile d'en fixer le prix d'avance.

La cloison, qui sépare la case des tines d^ celle des échelles et des pompes, s'établit quelquefois en maçonnerie, mais je la préfère en bois, parce qu'elle tient moitié moins de place et qu'elle revient moins cher qu'un mur à deux paremens et qui , vu son peu d'épaisseur, demande à être fait avec beaucoup de soin. Il devient aussi assez difficile de le relier avec la roche, qui n'est pas mui^aillée, et comme cette cloison sert très-souvent à l'aérage et que les plus légères fissiires nuiraient à €et efiet, on conçoit qu'il serait

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fort difficile de les découvrir dans an ouvrage de maçonnerte. Je crois donc qu'il est avantageux sous tous les rapports d'exécuter cette cloison en bois; mais comme on doit prévoir qu'il faudra en venir à la changer un jour, on doit avoir soin de sceller les pièces entre des pierres plates , afin qu'on puisse les retirer sans difficulté pour les remplacer par d'autres.

Le muraillement d'un puits rond n'offre ni plus ni moins de difficulté que celui d'un puits ovale, et nous avons vu^ pour celui des puits carrés , quelles sont les précautions qu'il faut prendre pour qu'il s'oppose d'une manière efficace à la poussée des terres.

Le muraillement d'un puits incliné dont le mur est solide, se réduit à une simple voûte , à laquelle on donne un plus ou moins grand diamètre, et dont on fait reposer la naissance, soit sur la roche, soit sur deux pieds droits bâtis. L'on conçoit que ce muraillement se rapproche d'autant plus de celui d'une galerie , que ce puits s'en rapproche lui-même par son peu d'inclinaison, et qu'il ressemble d'autant plus à celui d'un puits vertical, que son inclinaison est plus rapide.

Les pierres plates doivent être préférées pour le muraillement des puits comme pour celui des galeries, et à plus forte raison : aussi tout ce que nous avons dit de l'emploi du mortier, de celui de la moiisse et de la maçonnerie à pierre sèche, en parlant du mu-

raillement des galeries, s'applique de point enpoint*à celui des puits et des bures.

Depuis bien long- temps les Liégeois et les Anglais muraillent leurs puits arec des briques, et comme ce travail offre beaucoup moins de difficultës^que celui que Ton exécute avec des pierres, nous avons du finir par Texécuter en France, comme partout ailleurs. Voici le détail d'un muraillement en briques exécuté aux mines de Fins, et dont nous sommes redevable à M. Guillemin. ^

Le muraillement se fait au fur et à mesure qu'on descend, et sans qu'on soit obligé d*employer de boisage provisoire.

On s'enfonce autant que la solidité du terrain le permet, et aussitôt qu'on ne peut plus le faire sans danger, on muraille; puis on creuse et l'on muraille encore dès qu'on le juge nécessaire, et ainsi de suite.

La grande difficulté (c'est-à-dire la seule) est de soutenir le muraillement pendant qu'on descend; car la bâtisse en elle-même n'en offre aucune.

Lorsqu'on a atteint 6 à 10 mètres, par exemple, on place horizontalement au fond de l'excavation un cadre de bois, formé de quatre pièces (pi. XXVII, fig. 4)> jointe à mi -bois et relié aux angles par quatre liens, qui sont placés à une distance égale du diamètre du puits. Les dimensions de ce cadre

I AnnaUs des mines, tom. XIII, pag. 8 S.

33o MURAlLLEHfiNT

sont en œuvre de 0,11 plus petites que celle du puits y qui est indiquée par la ligne cir* culaire (car il s'agit ici de puits ronds); mais il est disposé de manière à ne point gêner le passage des tines ou beines.

Sur ce cadre, dont l'extrémité des pièces Ta s'appuyer le plus loin qu^l est possible dans la roche ou le terrain, on pose une courbe circulaire en bois, dont le diamètre est égal à celui du puits, et qui est composée de plusieurs pièces taillées en youssoir et réunies à mi -bois. C'est sur ce cadre et sur cette courbe que l'on a assis le muraillement de briques, que l'on monte jusqu'à la bouche du puits, où l'on pose un nouveau cadre, pareil au premier, mais dont les extrémités, infiniment plus prolongées, vont s'appuyer au loin à la surface du sol, et servent à soutenir, au moyen de chaînes, de tirans en bois et en fer, le cadre inférieur et toute la maçonnerie qu'il supporte.

Cela fait, on creuse de nouveau sans danger, mais en ayant soin cependant de laisser du terrain sous le cadre et en ne donnant que petit à petit toute la largeur que doit avoir le puits eaotra muros.

Cette espèce de corniche circulaire, que l'on ménage au-dessous du cadre de bois, soutient en partie la maçonnerie supérieure, et on ne l'enlève ensuite que par portions, pour la remplacer incontinent par le muraillement

La profondeur que l'on peut atteindre sans murailler et sans s'exposer, varie avec la consistance de la roche; la moindre est d'un mètre, et ne se rencontre que dans les terres ébouleuses, les schistes friables nommés 771enus noirs par les mineurs bourbonnais.

Alors on se hâte de murailler tout autour sur une courbe circulaire pareille à la première et posée de même, en ayant soin de serrer le dernier rang de briques avec des coins de bois, et enfin, pour achever de consolider cette portion de muraillement, on cloue autour du puits un certain nombre de palplanches d'un cintre à l'autre, qui dans les puits de Fins sont répétés de a en 21 mètres environ.

Quand en creusant on trouve un rocher solide, on en profite pour décharger \e puits au moyen d'un cadre en bois, dont les extrémités s'appuient sur les parties consistantes de ce rocher , que Ton ne muraille pas.

Avant de passer à la description des matériaux, que nous devons encore à M. Guillemin, je ferai reinarquer que ce muraillement présente à mon avis un inconvénient grave, c'est de reposer de 3 en 2 mètres sur des cadres de bois, qui pourriront avec le temps et qui exigeront àes réparations dispendieuses; qui peut engager à recouvrir la roche solide encore avec un cadre de bois? Pourquoi serrer avec des coins de bois, quand on a toujours des tuileaux à son service? Les

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