LES DOUZE MOIS
Une paysanne, qui était restée veuve, demeurait avec ses deux filles dans une jolie maison, près de la forêt. Cette paysanne était laide et méchante. L'ainée des deux filles, qui n'était que la belle-fille, se nommait Marie ; la seconde,
5 qui était aussi laide que sa mère, se nommait Henriette. La paysanne adorait sa fille, mais elle détestait Marie, parce que Marie était aussi belle que sa sœur était laide. La bonne Marie ne savait pas qu'elle était jolie. Elle ne comprenait pas pourquoi sa mère entrait en colère chaque
10 fois qu'elle la regardait.
C'était la pauvre enfant qui faisait tout dans la maison : elle était obligée de balayer, de faire la cuisine, de laver, de coudre, de filer, de tisser, de couper l'herbe, de soigner la vache. Henriette ne faisait rien ; elle vivait en princesse.
15 Marie travaillait de grand cœur et recevait les reproches et les coups avec la douceur d'un agneau. Rien ne sem-