JEANNE D'ARC
hison et vendue aux Anglais qui l'achetèrent dix mille livres. Puis les Anglais la conduisirent à Rouen, où ils Temprisonnèrent. ^
Le procès dura longtemps. Les juges faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour embarrasser Jeanne, pour la faire se contredire et se condamner elle-même. Mais elle, répondant toujours avec droiture et sans détours, savait éviter leurs embûches. 6^
— Est-ce que Dieu hait les Anglais ? lui demandait-on.
— Je n'en sais rien, répondit-elle; ce que je sais, c'est qu'ils seront tous mis hors de France, sauf ceux qui y périront.
On lui demandait encore comment elle faisait pour 70 vaincre :
— Je disais : Entrez hardiment parmi les Anglais, et j'y entrais moi-même. . . . Jamais je n'ai vu couler le sang de la France sans que mes cheveux se levassent.
Après ce long procès, après des tourments et des outrages 75 de toute sorte, elle fut condamnée à être brûlée vive sur la place de Rouen. ... En écoutant cette sentence barbare, la pauvre fille se prit à pleurer. — Rouen ! Rouen ! disaitelle, mourrai-je ici? ... Mais bientôt ce grand cœur reprit courage. ' 80
Elle marcha au supplice tranquillement ; pas un mot de reproche ne s'échappa de ses lèvres ni contre le roi qui l'avait lâchement (cawardly), abandonnée, ni contre les juges injustes qui l'avaient condamnée.
Quand elle fut attachée sur le bûcher, on alluma. Le 85 Frère qui avait accompagné Jeanne d'Arc était resté à côté d'elle, et tous les deux étaient environnés par des tourbillons de fumée. Jeanne, songeant comme toujours plus aux autres qu'à elle-même, eut peur pour lui, non pour elle, et lui dit de descendre. 90
Alors il descendit et elle resta seule au milieu des flammes qui commençaient à l'envelopper. Elle pressait entre ses bras une petite croix de bois. On l'entendit crier : Jésus ! Jésus ! et elle mourut.
95 Le peuple pleurait ; quelques Anglais essayaient de rire, d'autres se frappaient la poitrine, en disant :
— Nous sommes perdus ; nous avons brûlé une sainte.
Jeanne d'Arc est l'une des gloires les plus pures de la
patrie. Les autres nations ont eu de grands capitaines
icx> qu'ils peuvent opposer aux nôtres. Aucune nation n'a eu
une héroïne qui puisse se comparer à cette humble paysanne
de Lorraine, à cette noble fille de France.
QUESTIONNAIRB
I. OÙ Jeanne d'Arc naquit-elle? 2. En quelle année naquit-elle? 3. Dans quelle situation la France était-elle alors? 4. Qu'est-ce que Jeanne avait entendu? 5. Depuis quand la famine et la guerre duraient-elles? 6. Qui étaient les maîtres de la France? 7. Jusqu'où s'étaient-ils avancés? 8. Que faisaient-ils ? 9. Quelle était la condition des pauvres gens? 10. Que faisait le roi Charles VII? 11. Comment oubliait-il les misères de son peuple? 12. Comment ces choses affectaient-elles la simple fille? 13. Qu'arriva-t-il un jour à midi? 14. Comment Jeanne reçut-elle cet ordre? 15. Qu'est-ce que les voix lui promettaient? 16. Pourquoi se décida- t-elle à partir ? 17. Comment fut-elle traitée d'abord ?