Au bon emploi des abris et des couvertures
477 mo Q^ — Quelle est l'influence exercée par l'altcrnation judicieuse des récoltes ?
R. — fai exposé elaireinent dans les considërations générales du chapitre xi, (q.465etsuiv.),les raisons qui militent en faveur d'un système d'assolements bien entendu ; je ne me répéterai donc pas , mais je crois devoir de nouveau rappeler l'attention des cultivateurs sur un des avantages dont ils comprendront le mieux l'importance. C'est par une pratique patiente et observatrice que les maraîchers de Paris sont parvenus à connaître les assolements les plus parfaits, et en sont arrivés à faire de six à huit saisons ou récoltes sur le même terrain et dans la même année. Ce résultat merveilleux , cette glorieuse conquête faite par l'homme sur la nature , sont les conséquences de Tapplication raisonnée des principes que j^ai énoncés dans le chapitre xi , relatif aux assolements , aidée par l'emploi de certains moyens dont je vais entretenir mes lecteurs.
478."" Q. — Qu'appelle-t-on terreautage et paillage , et qu'elle est l'utilité de ces deux opérations ?
R. — Le terreautage consiste à mettre une couche de iO ft i5 centimètres de terreau sur le sol. Pailler^ c'est mettre en couverture, sur le terreau^ du fumier court et vieux , en quantité convenable pour ne pas mettre obstacle à la sortie de la plumule de la plante. Cette opération , négligée partout , sauf à Paris , est cependant une des grandes causes du luxe qu'offre la culture maraîchère de cette capitale : et , certes , comme les terres compactes sont sujettes & se battre lors des grandes pluies ou des copieux arrosages, et qu'ainsi la partie supérieure du sol se durcit et se dessèche à tel point que les plantes ne peuvent sortir de terre; comme, d'un autre côté, les terres légères , poreuses et brûlantes se dessèchent promp-
tementf et empêchent toute nutrition des végétaux, on peut soutenir que beaucoup de graines ne lèvent pas, faute d'un terreautage et que beaucoup de plantes dépé* rissent , faute d'un paillage.
C'est une erreur de croire , comme le prétendent plu** sieurs jardiniers de notre pays, que le paillage est inutile parce qu'il a pour résultat d'entretenir l'humidité et qu'il met obstacle à la bonne venue des semailles dans les terres lourdes et fraîches. Dans les sols froids et humides, il se forme ordinairement une croûte qui empêche toute communication avec l'air ; eh bien , on évite la formation de cette croûte par le paillage et le terreautage. Le contraire a lieu dans les terres légères ; la couche de terreau et de court fumier placée entre le sol et les rayons brûlants do «oleil , fait que l'eau des pluies et des mouillages s'évapore beaucoup moins vite et profite ainsi plus longtemps. Donc, le terreau , ne dût-il servir qu'à couvrir la superficie des planches ou des côtes, serait déjà d'une immense utilité; mais il est bien plus utile encore comme matière fertilisante. Les maraîchers de Paris n'emploient pas d'autres engrais sur leurs planches, ados, etc., etc., que du terreau pro* venant de leurs couches; quelques-uns en font une si grande quantité, qu'ils sont obligés de le vendre aux cultivateurs h raison de 8 à 10 francs le tombereau, (Rapport cité).
479.™« Q. — Quel est le degré d'importance des arr(h èements dans la culture potagère ?
R. — L'arrosement , surtout Tarrosement combiné avec le terreautage et le paillage, est le principal agent de fertilisation; dans les jardins sans arrosement, point d'agriculture perfectionnée possible. Par l'arrosage et le
mouillage , dont aucune plante du potager ne devrait être privée, la végétation est h la fois plus régulière et plus active. On peut dire , en thèse générale , que dès que les plantes potagères commencent à végéter, la terre doit être abondamment humectée , non seulement afin d'avoir des produits plus vigoureux , mais encore des légumes plus tendres et plus succulents. Les maraîchers de Paris sont tellement convaincus de la nécessité des arrosements, qu'ils n'épargnent aucun frais pour se procurer de Teau en abondance , soit par des puits à manège , soit par des machines à engrainages, machines qui donnent 12 à 15 mille litres d*eau par heure. Des tuyaux en grès qui communiquent avec des futailles placées en terre ^ conduisent Feau dans toutes les parties du jardin; 15 à 20 futailles desservent un demi hectare. ( Rapport cité ).
480.°»" Q. — Que nomme-t-on abris et quelle est l'influence de leur emploi ?
R. — On nomme abris, tout ce qui sert à contrebalancer les influences contraires ou nuisibles de Tatmosphère. Les châssis^ les couches, les bâches et les cloches, sont des abris, comme les brise-vent, les paillassons, les bouquets d'arbres , les haies , les murs , etc. Aussi est-ce une occupation majeure pour les maraîchers intelligents que panneauter, ombrer, rabattre l'air, déclocher, le tout au temps le plus opportun. De l'intelligente manutention des abris, dépend presque toujours le luxe de la végétation. Du placement bien entendu d'un brise-vent portatif, dépend souvent la bonne ou la mauvaise réussite de toute une planche de semis.
TABLE DBS HtTÉlES.
Inlroduclion S
Bat de l'ouvrage .,.•.,.. 10 CHAPITRE 1 ." Dbs Téoétàhx , i»i livs vévilopfb-
■■NTBTVBLIOKSCOHIIiriOHg D'IXISTBNCB . . . fS
De la plante 19
Des racîTiet iS
Des fimillei 16
De Vabiorptiim det principet nvtrUift par les racines . 17 De la tivt et du monisme de sa circulalloo . . ISetSl
Des bourgèoni et de leurs fouirions .... 30
De la lève deicendanle H
De la respiration det plan(f«. 2S
Des excrétiont des plantes 26
Du mode i'acrroiMetaent des végétaux .... 26
De la /ëcorulalion , . 27
De là maturation 28
De la germination 29, 50 et 3l
De la terre labourable , 32
De l'utilité des labour» 32
De TaetioB des anendemonti^ • • . • Pages 53
Beh jachère 33,54et38
Des asMoUmenU ••••««•• 56
Des entrât*. •••••• 56,57, 58et59
But de la culture, ••••••• 59
Conditions d^une bonne récoite • • • • • 40