Q. — Peutron démontrer aussi facilement dans
Yair Tcxistence de V ammoniaque, de ïacide nitrique ^ des molécules organiques et du sel ?
R. — Non. Ces démonstrations exigent, pour être évidentes , des manipulations chimiques dont l'énoncé sort du cadre de cet ouvrage ; mais le cultivateur peut se tenir pjour convaincu de la présence de ces matières dans l'air atmosphérique, matières qui ont une importance extrême au point de vue de la végétation , et dont je m'occuperai plus loin avec les détails que cette importance réclame.
^27.>ne Q. — Vair peut -il se vicier d'une manière notable et suffisamment pour devenir insalubre ?
R. — Oui , sans doute, et les circonstances nécessaires à la viciatiôn de l'air atmosphérique se reproduisent à chaque instant ; toutes les fois que des hommes ou des çAÎmaux respireront dans un local petit et surtout fermé, oi^ la circulation de l'air ne saurait être active, ce fluide deviendra de plus en plus insalubre, les êtres vivants absorbait son osigène et rejetant de Vaeide carbonique ^ gaz éminemment irrespirable ; si ces conditions ne changent point, les hommes ou les animaux finiront par succomber à l'asphyxie. C'est afin d'éviter les accidents 4e ce genre et Tinfluence de l'encombrement sur la santé des bestiaux, que les fermiers doivent donner à leurs étaUes des proportioxis suffisantes et en disposer les fer nétrcs de façon à pouvoir aérer facilement et souvent. Il en serait çlo méine dans un lieu où brûleraient des lampes ou un foyer, et dont Fair ne pourrait se renouveler suffisamment. Voilà pourquoi il est si dangereqx 4e coucher dans une chambre .4ont la cheminée tire mal,
et, plus encore, de se chauffer ayee des réchauds dans lesquels on brûle de la braise.
lâS."* Q. — N'existe-t-il point d'autres causes de viciation de Yair que V encombrement et la combustion ?
R. — Oui ; la fermentation et la décomposition putride des matières organiques sont deux causes puissantes d'altération de l'air.
i 29."* Q. — Comment la fermentation peut-elle vicier Yair ?
R. — Il existe plusieurs espèces de fermentations , mais je ne m'occuperai que des deux principales , savoir : la fermentation alcoolique ou vineuse par laquelle le sucre se transforme en alcool (esprit de vin) , et la ferment tation acétique par laquelle Talcool se change en vinaigre.
La première de ces fermentations s'établit dans toutes les brasseries et les distilleries ; la seconde , dans toutes les vînaigreries et les amidonneries. Chacune d'elles , en accomplissant les transformations qui la caractérisent , produit le dégagement d'une très grande quantité à^gaz acide carbonique , lequel , étant plus pesant que Fair atmosphérique, gagne d'abord le fond du cellier où la fermentation s'effectue , mais se mélange ensuite avec l'air d'une manière intime. Voilà la raison pour laquelle il est dangereux de mettre le nez au-dessus de la bonde d'un tonneau de bière qui fermente , et pourquoi il convient de renouveler l'air des celliers avant que d'y pénétrer , quand ils ne sont point disposés de façon à ce que la circulation de l'air y soit toujours active (1).
(1} C*est ici le lieu de rectifier une assertion singulière émise par M.r R..,.. au § 35 de son livre sur l'agriculture. Le pliysicien
ISO."* Q. — Gomment Yair se vide-t-il par la décomposition des matières organiques ?
R. — Les substances végétales et animales ^ ces dernières surtout , dégagent , en se décomposant au contact de l'air dont elles absorbent Foxigène , dégagent , dis-je , des proportions quelquefois énormes de différents gaz irrespirables et insalubres ; les plus dangereux sont : V hydrogène sulfuré ( combinaison de Vhydrogène avec le soufre)^ Yammoniaque ( combinaison de Yhyarogène avec Yazote) , et l'acide carbonique ( combinaison de Yoxigène avec le carbone ). Ces matières gazeuses déterminent Yasphyxie des hommes qui pénètrent dans les lieux qui les renferment, même en assez faibles proportions; delà, V asphyxie des vidangeurs et des cureurs d*égouts.
Î8i ."»• Q. — Peut-on , comme cela se fait quelquefois à la campagne , assainir Fair en jetant dans la cavité qu'on présume contenir un gaz irrespirable, une botte de paiUe enflammée?
montois dit textuellement : « Yacide carbonique est un gaz incolore , iifODORB , etc. » En affirmant que Tacide carbonique est dépourvu d -odeur , M.' R est en contradiction formelle avec tous les chimistes du monde ; on en jugera par les citations suivantes que je pourrais multiplier à Pinfini :!.<>« Tacide carbonique est un gaz « incolore, d'une odeur piquante, etc. , etc. » (Dumas ,1 vol., page SOI ).
i,^ « Ce gaz a une odeur aigre indéterminée , absolument comme « la bière en fermentation , de laquelle il se dégage en grande « quantité. » ( Berzélius, i vol.., page 2ii ).
Si je relève cette opinion du physicien de Mons, c'est que Todeur aigrelette de Facide carbonique peut être un indice précieux dé sa présence , et servir, plus ou moins, à prémunir contre le danger de 5on inhalation.
R. — Non , car on produit précisément un effet contraire à celui qu'on attendait de ce moyen; cela est très facile à concevoir ; la paille , pour brûler , a besoin d'une certaine quantité d'oxigène , et , par conséquent , elle absorbera la faible proportion de ce corps qui se trouve-*> rait mélangée avec le gaz irrespirable ; bien loin de diminuer, le danger s'aggraverait donc , et Tatmosphère de la cavité en question deviendrait plus méphytique encore. En outre, dans le cas où cette cavité renfermerait un assez grand volume d'hydrogène sulfuré ( combinaison à'hydrogène et de soufre) , et c'est ce qui se réalise pour les fosses d'aisances et les citernes à fumiers , il pourrait arriver que le mélange gazeux fut explosif, c'est-à-dire susceptible de s'enflammer avec détonnation par l'appro-* che d'un corps embrasé. La manœuvre dont je parle ici n'est donc bonne dans aucune circonstance et ne saurait qu'augmenter les chances d'accident que l'on avait en vue* d'écarter.
d32."'' Q. — Gomment pourrait-on assainir PaiV d'une cavité renfermant de Vacide carbonique ?
R, — En projetant dans cette fosse de la chaux rive réduite en bouillie claire avec de Teau. Si Ton pouvait se servir d'un arrosoir qui diviserait le liquide, l'effet produit serait plus prompt ; l'influence de la chaux , dans la circonstance qui nous occupe, est facile à comprendre: la chaux vive est très avide d'acide carbonique , avec lequel elle constitue du carbonate de chaux ( craie ) ; elle absorbera donc ce gaz et le solidifiera en se combinant avec lui*
155."** Q. — Comment pourrait-on s'assurer de la présence de Vhydrogène sulfuré dans l'atr d'une fosse où il faudrait descencïre ?
R. — Très facilement , et U suffirait, pour cela, de plon<* ger dans la cavité^ suspendu au bout d'un fil , un morceau de carbonate de plomb ( céruse ) , qu'on peut acheter chez tous les marchands de couleurs. Si k cémsey qui est blanche , jaunit , devient brune ou noircit , c'est une preuve qu'il existe dans l'atmosphère de la fosse à explorer , un peu , assez ou beaucoup ^hydrogène sulfuré» Cette réaction se manifeste après quelques minutes. Dans tous les cas , l'odeur d'œufs pourris propre à Fhydrogène sulfuré, suffirait pour indiquer la présence de ce ga^.