Q. — Qu*appelle-t-on fumiers
R. — On désigne sous ce nom les pailles et les végétaux qui ont servi de litières aux animaux domestiques , qui ont été imprégnés de leurs excréments liquides et solides, et qui, ayant subi un certain degré de fermentation, sont plus ou moins décomposés.
246.™" Q. — Peut-on représenter d'une manière générale la composition des fumiers ?
R. — Non , car cette composition est essentiellement variable suivant la nature des matières qui entrent dans la constitution des fumiers. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'ils renferment des matières végétales et animales, et un grand nombre de sels solubles et insolubles provenant soit des pailles, soit des excréments.
247,"* Q. — Quelles sont les propriétés des fumier^?
R. — On ne saurait résoudre cette question d'une manière générale , car les propriétés des fumiers varient notablement selon une foule de circonstances qu'il est impossible de déterminer exactement. Ainsi , par exemple , les excréments des herbivores n'ont pas l'énergie de ceux provenant des oiseaux ; les matières fécales solides ne renferment point les mêmes principes que les urines , etc., etc. A côté de ces causes nombreuses de variations, inhérentes aux espèces d'animaux qui ont fourni les excré^ inents, il en est d*autres relatives au genre de nourriture donnée à ces animaux , à la quantité et à la nature des végétaux qui leur ont servi de litière , et, surtout, à la façon de recueillir et de traiter les fumiers obtenus.
^ 248. "• Q. — Pourquoi les excréments des animaux ont^ils tant d'importance comme engrais ?
' R. -r- Ces matières constituent l'une des parties essentielles des fumiers , parce qu'elles renferment en abon^ dance , pour la plupart , des principes azotés et des substances salines , qui sont susceptibles de se décomposer rapidement dans la terre, et de fournir aux plantes, au fur et à mesure de leurs besoins , les éléments de leur nutrition.
249."»«Q. — Quels sont les excréments d'animaux les plus puissants comme engrais ?
" R. — Ce sont ceux des carnivores ( animaux qui se nourrissent de chair )^ mais on est rarement à même de les utiliser dans les fermes, à moins qu'on ne puisse disposer, pour nourrir des chiens ou des porcs, des intestins 61
autres détritus prorenant des boucheries et des abattoirs , lesquels seraient donnés frais ou cuits ; d*ailleurs , ce cas serait l'exception et non la règle. Après les carnivores viennent les granivores ( animaux qui se nourrissent de graines ), ou les oiseaux; puis, en dernière ligne, les herbivores ( animaux qui se nourrissent d'herbes et de fourrage ) , dont les excréments ont , en général , Téner^ gie la moins considérable. La différence qu'on remarque entre la puissance fertilisante des diverses espèces d'excréments d'animaux , provient de la proportion plus ou moins forte des substances azotées et salines qu'ils renferment.
SSO.*"* Q. — Que nomme4-on engrais chauds et froids?
R. — On appelle engrais chaud , celui qui, à raison de la fermentation qu'il a subie , ou par sa richesse en matière animale azotée, se décompose aisément et prompteroent dans le sein de la terre, et, par conséquent, active énergîquement la végétation. Par contre, on nonune engrais froid , celui qui , plus aqueux , moins azoté , plus susceptible d'absorber l'humidité , fermente difficilement, et met un temps plus ou moins long k se décomposer dans le sol ; il est évident qu'un engrais de ce genre ne produira pas un effet aussi remarquable que celui déterminé par le premier. Les excréments des oiseaux , la fiente de cheval , sont des engrais chauds , tandis que la bouse de vache est rangé dans la catégorie des engrais froids.
25i ."*• Q. — Qu*observe-t-on relativement à la promp' tiiude et à la durée du pouvoir fertilisant des engrais ?
R. — On remarque, généralement, que ces deux condi«* lions sont en raison inverse l'une de Fautre, c'est-à-dire
que plus un engrais agit promptèmeht et avec ënergie, et moins son influence a de durée. Cette circonstance n'a rien qui doive étonner ceux qui réfléchissent. En effet , un engrais n'a d'action que par les principes qu'il renferme et qu'il cède aux végétaux dont la nutrition les réclame ; dès lors , il est évident que cette cession commençant de bonne heure et s'achevant avec promptitude, le terme de la puissance fertilisante coïncidera avec la disparition des éléments dont l'engrais a fait l'abandon. S'il en était autrement y les engrais seraient éternels et , par conséquent, deviendraient inutiles.
E^Kerémeiita des Oiseaiuu
352."^^ Q. — A quoi tient la puissance^ (â)mme«ngrais, des excréments des oiseaux ?
R. — A plusieurs causes que voici :
i .* Les oiseaux se nourrissent, presque exclusivement, d'insectes et de graines , substances très azotées.
2.® Les urines sont mélangées avec les excréments solides dans la fiente des oiseaux.
5.** Ces excréments , s'amoncelant dans des locaux fermés (pigeonnier, poulailler), sont à l'abri delà pluie,
qui pourrait distôudre leurs ëlémente , et du soleil dont la chaleur volatiliserait leurs principes actifs , en déterminant, dans leur masse, une fermentation plus ou moins vire*
â5S.»* Q. — Quelle est la valeur pratique de la fient» de pigeon ?
R. — Dans le département du Pas-de-Calais , les pigeonniers sont loués par an ou par bail de plusieurs années. La fiente de 600 à 650 pigeons se vend à raison de 100 francs, pour une année. Les colombiers de cette importance donnent , moyennement , une voiture de cohmbine contenantes hectolitres de matière, environ, la production de 100 pigeons étant , annuellement , égale à 891 litres, terme moyen. Avec cet engrais, très actif d'ailleurs, la fumure' d'un hectare de terre coûte entre 125 et 200 francs.
254."» Q. — Gomment convient-il de recueillir la colomhine (fiente de pigeon) ?
R. — Il est bon de répandre, dans les pigeonniers , des débris végétaux de toutes sortes, des déchets de paille, delà balle d'avoine, de la sciure de bois, des feuilles sèches, et même,, à défaut de ces matières, de la terre QU du sable. De cette façon , on recueille tout l'engrais , dont les principes solubles ne s'infiltrent point dans le sol, et on préserve les pigeons de la vermine qu'engendre "k malpropreté. Seulement, s'il est avantageux de ne point laisser la colombine s^amoneeler dans le pigeonnier, il convient également de la déposer, après l'avoir enlev^e, daofl uoUàu see^ afiu de la soustraire à la fiermcn*
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fàti6n| qui déti^uil une grande partie de des prineipes solubles. En effets d*après Davy, 100 parties de colomhine fraîche renferment 25 parties de matières solubles dans l'êau , tandis qu*après sa putréfaction , la même quantité n'en contient plus que 8 pour cent»
255."* Q. — Gomment reeueille-t-on les excréments des poules^ oies^ canards, etc. ?
R. -* De la même manière que ceux des pigeons , et ks mêmes précautions sont à prendre, pour les conserver & Tabri des circonstances qui seraient de nature h déter^ miner leur putréfaction. II est bon de conalgner , ici , l'opinion de quelques cultivateurs qui prétendent que le Aimier des canards, et surtout celui des oies, sont suscqpH tibles de nuire aux prairies naturelles, et qui, oonséquemment, empêchent ces dernières volatiUes d'aller pâturer dans les prés.
256."! Q. — Comment s'emploie le fumier des volailles^ et quelle est son influence sur la récolte ?
B. — En Allemagne, on le répand, soit seul, soit mêlé avec do la cendre de houille, sur les champs de trèfle, où il produit le meilleur effet; il surpasse même, parait*il , le plâtre , si estimé pour eette culture.
Dans le pays de Caux (France), c'est sur les terres ensemencées d'orge qu'on Fulilise particulièrement; la dose à laquelle en l'emploie varie entre dix et vingt hectolitres par hectare. Pour le répandre plus uniformément , on le mélange d'abord , le mieux qu'on peut, avec de la terre , du sable ou des cendres.
Dans le département du Calvados (France), le fumier de volaille est, en quelque sorte , Iréservé pour de petites
cultures particulières, telles que celles du lin, du chanvre , et souvent même, pour fumer le terrain des plantes potagères.
En Flandre, on utilise cet engrais pour la fumure des terres cultivées en lin ; à la quantité de 2000 kilogrammes par hectare, il produit de superbes récoltes, quand il a été bien réparti.
Quelle que soit la culture k laquelle on destine le fumier des volailles, il est certaines précautions à prendre pour rendre son action plus avantageuse et plus complète. Il est convenable qu*il soit en poudre, ce qui est facile à réaliser quand Tengrais est sec , car , alors , on peut le moudre ou le briser au fléau. La poudre obtenue par l'un ou Fautre de ces moyens , est , généralement , mélangée avec de la terre ou du sable qui, en allongeant la matière, et en augmentant son volume , permettent de la répandre, à la volée , plus uniformément sur tous les points de la surface. Le temps par lequel il convient d*opérer n'est pas aussi indifférent qu'on pourrait le supposer; par un temps sec, surtout s'il continue, le' fumier de volaille reste sans action sensible et peut même brûler la plante. Il faut choisir, autant que possible , un jour non pluvieux , mais où l'air soit humide et coïncide avec l'absence d'un grand vent. Quelques fermiers conseillent de recouvrir l'engrais avec un trait de herse , mais on peut se dispenser de cette manœuvre lorsque le sol est humide.
Dans les terrains froids, aqueux, et résistants, on obtient du fumier de volaille des effets remarquables sous tous les rapports.
^hT."^ Q. — Quelle est la composition des fwnien des pigeons et des poules ?
]^. — Monsieur Gîrardin a analysé ces matières et trouvé les chifires suivants :