Q. — Gomment doit-on traiter le fumier de cheval
R. — Quand on ne veut pas on qu'on ne peut pas l'enfouir dans le sol à l'état frais , voici les conditions nécessaires à sa conservation :
I .* Il ne faut point l'abandonner en petits tas ou en surface à l'action de l'air^.car alors il fermente, s'échauffe, et perd la plus grande partie des sels ammoniacaux qu'il contient.
s.* On ne dait pas Vtxpoéet à nn soleil ardent qui le dessèche, et y produit la plupart des eBds de la fermen<^ tation.
3/ Il est convenable de lui donner plus d'humidité qu'il ne lut en est fourni par les urines de Fanimal qui le produit ; il faut donc Tarroser de temps à autre pour Tentretenir humide.
4."* Si on veut le conserver en tas, il convient de tasser et de battre fortement celui-ci , afin d'éviter, autant que possible, l'accès de l'air dans l'intérieur de la masse. On peut d'ailleurs, autant pour empêcher l'arrivée de l'air que pour maintenir l'engrais humide, recouvrir le tas d'une couche de terre.
266 ."'^ Q. — Quelles sont les propriétés du bon fumier é$ cheml ?
R. — Traité comme je viens de le dire , il a une éner**
Sie notablement supér^ure à c^e du fumier de vaehe et ebœuf. Si, au contraire, on l^abandonne à lui-même» soit à la putréfaction, soit à la dessication , il devient inférieur en qualité ; c'est ce qui a été prouvé par M/fioussingault ; voici les chiffres comparatifs :
iOO parties de fumier frais de cheval , desséché = 2,7 d*azote. tOO parties de fumier décompose •••.■» 1 d'azote.
Ainsi donc la fermentation , qui fait perdre au fumier de cheval 90 pour cent de son poids , loi enlève en même temps les deux tiers , à peu près, dé son azoU, e'est*-àdire de son pouvoir fertilisant ! voilà pourquoi les eultîvaleurs le ^^[ardent comme apnt moim d'activité que le fumier de vache et de bœuf.
267."^ Q.^^A quels terriuliis lefumkr dâ cheval con* yieot-il ?
R. — Gela dépend de la manière dont il a été recueilli et des propriétés qu'il possède. Obtenu par les moyens ordinairement en «sage dans les fermes , il convient aux sols humides, argileux , profonds et compactes, ou à ceux qu'on désigne sous ie nom de terrains froids. Mais quand il a été l'omet des soins spéciaux que j*ai indiqués , il peutêtre employé sur tous les terrains , avec plus d'efficacité que n'en présente le meilleur fumier d*étable.
268."»' Q. — Gomment doit-on recueillir le fumier des bétes à laine ?
R. — La nature compacte et la résistance assez grande des excréments de moutons y jointes au peu d'humidité qu'ils reçoivent et au tassement continuel qu'ils éprouvent par suite du piétinement des animaux , rendent difficile et d'ailleurs peu h craindre , la fermentation qui pourrait s'établir dans ce fumier. Quand on juge à {nropos de le mettre en tas , il est bon de l'arroser souvent, afin de faciliter la décomposition de la paille qu'il renferme en quantité trop forte, pour peu que la Ûlière fournie aux animaux aii été abondante.
269."** Q. — Gomment agit U fumier de mx^tUons, et & quels terrains convient-U ?
R. — Occupant le premier rang parmi les engrais chauds fbumis par les animaux herbivores, il est d^un emploi fort avantageux pour les terrains froids et maigres^ el pour ceux que leur riebease en argile rend knirda et compactes. Sa décomposition dans le sol étant plus leatd
que celle du fumier de cheval, son influence n'en est que de plus longue durée, sans néanmoins dépasser deux ans ; encore , au bout de la première année, le plus grand effet est produit.
âTO.""* Q. — Quels sont les végétaux pour la culture desquels le fumier de moutons présente plus ou moins d'avantages ?
R. — Les plantes oléagineuses , et spécialement le colsa, le madis , la navette , sont celles qui tirent le plus d'avantages de la fumure des moutons; mais il en est d'autres qui s'en trouvent très bien aussi ; telles sont : le tabac, le chanvre, les choux. En regard de ces bons résultats, il en faut mentionner de mauvais ou de médiocres, obtenus dans la culture du blé , de Torge , de la betterave et du lin. Les blés versent plus fréquemment quand ils viennent sur engrais de moutons ; Torge ne germe pas aussi uniformément et contient , en outre , moins d'ami* don. Les betteraves, plus riches en éléments azotés , rendent moins de sucre et donnent plus de mélasse. Enfin le lin , stimulé trop vivement par les matières salines qui abondent dans le fumier de moutons, pousse et mûrit trop vite. Malgré ces quelques cultures auxquelles il convient peu, surtout dans les terres fortes par ellesmêmes, l'engrais des bêtes à laine est généralement d'un excellent usage. Cent moutons, bien entretenus, fournissent annuellement 50 à 60 voitures de fumier, représentant 80 à 100 voitures de fumier ordinaire de bétes à cornes. Aussi, en Flandre, les fermiers font-ils le plus grand cas de l'engrais de moutons.
271*"** Q. — Gomment peut-on appliquer directement ïengrais de moutons par le parcage ?
R. — En faisant séjourner les troupeaux sur le terrain qu'on veut fumer et sur lequel tombent les excréments des moutons. Un de ces animaux peut fumer, moyennement, en une nuit, une surface de terre d'un peu plus d'un mètre carré. Le parcage est très bon pour les sols sablonneux et légers , que le piétinement des moutons tasse et consolide ; en revanche , il pourrait nuire aux sols argileux qu'il rendrait plus compactes encore. Lorsqu'on fait parquer sur une terre qu'on veut ensemencer de blé, il est utile de labourer ou seulement de herser immédiatement après , afin d*enfouir l'engrais, et de le soustraire à l'action immédiate de Fair, du soleil , et de la pluie.
272 ."• Q. — Le parcage est-îl toujours la meilleure méthode d'utiliser le fumier de moutons ?
R. — Non sans doute , car il est d'expérience que la quantité d'engrais obtenue à la bergerie , est plus grande que celle fournie par le parcage, le nombre des moutons restant le même ; je dis , plus grande , parce qu'on peut , avec elle, fumer une plus vaste surface de terrain. Cette différence né réside pas dans la quantité absolue des excréments rendus par les bétes , mais dans le volume total formé par les excréments et par la litière qu'on donne aux moutons dans les bergeries. Le parcage ne doit donc, généralement, être considéré que comme un moyen de fumer promptement, circonstance quelquefois nécessaire au début d'une exploitation , ou lorsqu'il y a disette de paille et de litière.
273."« Q. — Quels sont les avantages du fumier des bétes à cornes ?
im
R. — Il en esl un fort important ; c'est cdui que pos* sèdent les excréments de vache et de bœuf de pouvoir se mêler aisément avee une grande quantité de litière, et cela, à cause de leur mollesse. De cette focon , ces matières excrémentielles imbibent et saturent , en quelque sorte, la paille qui jonche Tétable, ce qui augmente le volume de l'engrais fourni , tout en empêchant la perte de ses principes fertilisants. D'un autre c6té , les bétes à cornes étant, généralement, les plus nombreuses dans les fermes, la masse de fumier qu'elles produisent dépasse de beau*^ coup celle fournie par les dievaux et les moutons. Enfin, par sa composition très variée sous le rapport du nombre de ses éléments , ce fumier est pour ainsi dire applicable, avec succès , à toutes les cultures et sur tous les terrains.
274^ma Q, — jji fermentation cst-elle utile ou nuisible
au développement des qualités qu'on recherche dans les fumiers ?
R. — La fermentation , quand elle est trc^ vive , trop énergique et accompagnée d'une production de chaleur trop intense, est toujours nuisible, parce qu'elle ne saurait s'effectuer dans ces conditions, sans amener le dégagement des composés ammoniacaux volatils.
Si, au contraire, la fermentation est lente, tranquille, sans chaleur excessive, elle est utile, particulièrement au fumier des bétes à cornes, dont elle désagrège et décom«pose les débris de litière qui, sans elle, resteraient eor tiers. Une fermentation modérée offre encore un autre avantage très important à considérer ; sous l'influenee de la température et de la porosité de la masse , Vhydrogène de l'eau ainsi que d'une partie de la matière végétale en décomposition , peut se combiner avec l'azote de Tafr
pour constituer de Yamrnoniaque (q. 105 ), de sorte qu'après une fermentation bien conduite , le fumier peut être plus riche en azote que les matériaux dont il provient. M/ Boussingault représente de la manière suivante la composition d'un bon fumier de ferme, âgé de six mois , et qu'il appuie fumier $uirmal .*
Eau . 79,30 \
Substances organiques agissant t 100 00
comme engrais 14,08 i '
Matières salines et terreuses . 6,67 /