DOUCHE DES HYMÉNOPTÈRES
La mandibule (fig. 203 C) est bien plus massive; les différentes parties qui la constituent sont intimement unies entre elles, et leur ligne de soudure n'est indiquée que par de légers sillons. D'ailleurs toutes les pièces de la mâchoire s'y retrouvent, sauf la sousgalea et le palpe, qui font complètement défaut.
Les deux lèvres sont chacune formées par la fusion de deux appendices homologues à ceux que nous venons d'étudier. C'est chez les Orthoptères que le type est le plus net. La lèvre inférieure (flg. 203 E) est le résultat de la soudure des secondes mâchoires. Une pièce impaire, le submentum, appartenant au squelette de l'anneau buccal, en porte une autre, le menlum, oîi un examen attentif laisse reconnaître les deux pièces sous-maxillaires des appendices soudés pour former la lèvre. Au-dessus est la languette, ou ligula, formée aussi de parties symétriques soudées. C'est l'équivalent des maxillaires. La sous-galea manque; sur la languette reposent deux paires de pièces séparées : les paraglosses représentant les galea, et, à leur partie interne, lesintermaxillaires, petites pièces déchiquetées, munies de poils, jiarfois même de véritables dents. Enfin sur les côtés se trouvent les palpes, portés par des palpigères attachés, eux aussi, à la languette.
La lèvre supérieure, oulabre, est beaucoup plus réduite. Elle consiste quelquefois uniquement en une petite écaille, où on ne peut voir aucune trace de structure. Ce n'est que chez quelques Orthoptères, ou à des stades peu avancés du développement, qu'on peut retrouver des mdices du type général. On a alors une figure assez comparable au labium, mais sans palpes. Seulement toutes les pièces sont recouvertes par un prolongement de la pièce basilaire ou épisfome, qu'on appelle le palalium.
BoucnK DES INSECTES LÉcuEURs (Hyménoptères). — Chez les Hyménoptères, l'appareil buccal joue un double rôle: une partie est masticatrice, l'autre est différenciée de façon à lécher le pollen et les sécrétions florales (fig. 204). Le labre est une simple
Fig. 204. — Pièces de la bouche de l'Abeille commune. — a, mentum ; b, languette; h, mâchoires; c, palpes labiaux.
écaille, où se voit quelquefois une suture médiane. Les mandibules sont deux lames recourbées, épaisses, dentées à leur face interne. Cette première partie ne diffère pas de ce que nous. avons vu chez les Insectes broyeurs. 11 n'en est pas de même de celle qui nous reste à décrire. Les mâchoires s'allongent d'une façon considérable, et constituent deux lames grêles, barbelées intérieurement, munies de dents ou de soies et portant deux petits palpes, en général de six articles.
La lèvre inférieure est encore plus modifiée (fig. 204); elle est aussi extrêmement allongée, mais on y reconnaît bien toutes les parties typiques. Elle est formée d'une tige médiane, où se retrouvent le mentum, la languette et les intermaxillaires soudés; et sur a 0
Fig. 205. — Pièces de la bouche des Lépidoptères. — A, épistoinc, labre et niandiijules atrophiées de Deilephila celerio. — B, tête de Zygœna Scabiosœ, vue de proQl avec la trompe déroulée; o, œil; o', ocelle; «, anteune; », palpes labiaux; m, mâchoires accolées formant la trompe. — c' mâchoire du même insecte isolée, montrant le palpe. — D, coupe de la trompe de Deilephila celerio, vue en dessous, montraut l'accolement des deux mâchoires m, et le canal commun. — E, lèvre inférieure du même, avec les palpes, dont l'un est dénudé.
cette tige viennent s'articuler deux paires de pièces, dont il est facile de déterminer les homologies. Les unes, en effet, représentent les palpes, qui s'articulent par un petit palpigère avec la languette, et se composent en général de quatre articles, les premiers très long; les autres pièces sont elles-mêmes multiarticulées, mais plus petits; ce,' sont les paraglosses, qui représentent les galea, venant s'articuler plus près du bout de la langue ; elles manquent d'ailleurs souvent.
Bouche des Insectes suceurs. — Cet appareil peut se modifier chez les Insectes suceurs de deux manières. Tantôt, en effet, l'animal se contente d'absorber les sucs qu'il aspire au moyen d'une trompe. C'est le cas des Lépidoptères. Tantôt, au contraire, l'animal, pour puiser les sucs dont il se nourrit, est obligé de déchirer les tissus animaux ou végétaux qui les renferment. La