‹ Eléments d'anatomie comparéeChapitre 107 sur 412 · BOUCHE DES INSECTES SUCEURS · texte numérisé non relu

BOUCHE DES INSECTES SUCEURS

trompe est alors accompagnée de lames perforantes. C'est ce qui se passe chez les Hémiptères.

Quant aux Diptères, ils peuvent présenter l'un ou l'autre de ces deux types.

i° LÉPIDOPTÈRES. — La trompe des Lépidoptères (flg. 205) est uniquement formée par les mâchoires. Les autres pièces restent à l'état rudimentaire, et sont représentées par de petites écailles quelquefois difûciles à voir. Les palpes labiaux seuls sont bien représentés par de petits appendices velus, triarticulés, situés de part et d'autre de la trompe, et qu'on appelle barbillons. La trompe elle-même est formée par l'accolement de deux pièces creusées en gouttières représentant les mâchoires. Cette trompe, à l'état de repos, s'enroule en spirale et vient se cacher entre les deux barbillons. A sa base, se voient deux petits appendices, très peu développés, qui sont les palpes maxillaires. En général, la trompe est nue; mais souvent aussi elle est recouverte d'épines, qui déchirent les nectaires.

Chez les OpAz(iè?'es, la trompe se transforme même en un rostre puissant qui sert à l'animal à percer la peau des oranges pour aspirer leur jus, dont il se nourrit.

2" HÉMIPTÈRES. — La disposition est tout autre chez les Insectes piqueurs (fig. 206). Là, en effet, la trompe qui aspire les sucs nourriciers est

formée par les deux lèvres qui s'organisent en un tube à l'intérieur duquel peuvent se mouvoir des stylets perforants représentant les autres pièces de la bouche. Mais ce type est lui-même soumis h des variations de détail. Chez les Hémiptères, le rostre ou suçoir est formé de quatre articles. L'article bagilaire est nettement composé de trois segments : l'un médian, supérieur, représente le labre tout entier, réduit à une petite écaille triangulaire (/); les deu.K parties latérales complétant le tube appartiennent au contraire au labium. Quant aux trois segments terminaux du rostre, ils sont formés par les palpes labiaux (L), qui se

Flg. 20ti. — Pièces de la bouche des Insectes suceurs : I, Diptères [Cidex).

— II, IIÉjiiPTÈnES {P yrrhocoris) . — l, labre; M, mandibules; ?n, mâchoires; ;>m, palpes maxillaires; L, labium; H, hypopharynx.

sont creusés en gouttière et soudés sur la ligne médiane. A l'intérieur de celte trompe se trouvent quatre stylets, représentant les mâchoires et les mandibules, tout à fait dépourvues de palpes.

3" Diptères. — La structure de l'appareil buccal des Difitères appartient au même type. Mais il existe dans ce groupe une variabilité très grande, et en même temps des modifications plus profondes qui rendent parfois difficile l'homologation des diverses pièces.

Les Diptères ont en efi"et un genre de vie très variable, et l'organisation des pièces buccales, si étroitement liées aux mœurs de l'animal, devait, on le comprend, ressentir le contre-coup de cette variabilité.

Quelques-uns seulement piquent les tissus vivants, pour en extraire les sucs. D'autres se contentent de sucer les matières liquides qui sont à leur portée. De là deux types différents ayant de commun la présence d'un tube aspiratoire, d'une trompe, formée cons tamment pour tout ou partie du labre et du labium.

Dans le cas des Diptères suceurs, la Mouche par exemple, cette trompe forme la presque totalité de l'appareil buccal. Les palpes labiaux se transforment à son extrémité, et produisent un bourrelet en fer à cheval, qui s'apphque à la surface du hquide et forme une ventouse. Les mandibules elles mâchoires sont très réduites, et se soudent au tube même de la trompe. Les palpes maxillaires seuls restent bien développés et se montrent extérieurement à droite et à gauche sur les côtés du tube aspirateur.

Ces diverses parties sont moins modifiées chez les Diptères piqueurs. A l'intérieur de la trompe, toujours formée par les deux lèvres, se meuvent deux, quatre ou six stylets aigus et raides, destinés à piquer les tissus. Ils sont formés par les mâchoires, auxquelles viennent se joindre les mandibules, et parfois aussi deux autres stylets impairs, qui résultent du développement de deux pièces chilineuses, déjà présentes, mais rudimenlaires chez les Broyeurs : Vépiphanjnx, dépendant du labre, et Y/ujpopharynx, dépendant du labium (fig. 206 A).

D'ailleurs, la variation la plus grande existe dans la structure de ces appareils buccaux, et il nous est impossible d'en étudier les détails sur lesquels il règne encore beaucoup d'incerliludes.

RÉSUMÉ. — Nous croyons utile de résumer les résultats un peu complexes de celte étude morphologique des appendices des Arthropodes, au point de vue de leur homoldgie respective, dans le tableau suivant.

Page 1