AILES
Ailes. — Ouire les pattes ambulatoires, l'immense majorité des Insectes possède, sur la face dorsale du méso- et du métathorax, des organes adaptés au vol, les ailes (l). Ils sont formés par un repli de chitine extrêmement mince, formé réellement de deux membranes, primitivement distinctes, mais plus tard accolées intimement l'une à. l'autre.
L'aile est soutenue dans toute son étendue par des nervures, dont les principales ont leur origine à la base même de l'aile. Elles se ramifient de façon à donner des nervures secondaires qui s'anastomosent les unes aux autres. Les dessins qu'elles forment sont, dans chaque espèce, d'une extrême constance, et constituent les meilleurs caractères que l'on puisse choisir pour la classification et la délînition des divers types. On appelle cellules les espaces membraneux compris entre les nervures. Suivant que celles-ci sont étroites et nombreuses, ou larges, on dit que l'aile est réticulée ou aréolée. Toutes ces parties de l'aile ont reçu des noms, assez généralement empruntés au squelette de l'homme. Mais ces noms varient beaucoup avec les divers groupes, et nous ne pouvons les donner ici, non plus que les variations de la nervalion des ailes.
Chaque nervure est formée par un épaississement des deux membranes, et au moins les plus grosses contiennent à leur intérieur des trachées, des nerfs et des dépendances de la cavité générale, où le sang peut circuler.
Les ailes ne manquent typiquement que chez les Thysanoures et les Collemboles. Ces animaux, qu'on désigne, pour cette raison sous le nom à'Aptérygogènes, ne semblent pas avoir jamais été pourvus d'ailes, ni descendre d'ancêtres ailés. Tous les autres groupes ont morphologiquement des ailes, et, s'ils contiennent des êtres dépourvus de ces organes, comme les Mallophaqes (Psoques), les Apières (Poux) et les Apkaniplères (Puces), c'est que ces derniers les ont perdus par dégénérescence.
Les quatre ailes peuvent être à peu près semblables, toutes les quatre étendues complètement au repos (Lépidoptères diurnes, Homopteres, Pseudo-névroptères). Mais d'autres fois, les ailes
Hin 1"'"'^;^^?/°'' "'^"'^ ^^'"'^ P^'^^^ repliées longitud nalement (Orthoptères) ou transversalement (Coléoptères) Les a es sont généralement indépendantes l'une de l'autre Cependant elles peuvent affecter des rapports. L'aile postérieure de PapU- Ions nocturnes présente à sa partie antérieure une soie raide le frein, qui s engage dans une sorte d'anneau de l'aile anlérieu're,
(I) Adolph. Die InsektenfîUgel, Nova Acta Leop. Carol. Acad., t. XL 1880 R. PEnniER. — Anat. comp.
et entraîne pour les deux ailes une absolue synergie de mouvements. De même, chez les Hyménoptères, l'aile postérieure porte sur son bord antérieur une rangée de crochets qui la rend dépendante de l'aile antérieure.
L'aile antérieure peut devenir coriace en. entier {Coléoptères) ou seulement par sabase [Hémiptères). Elle porte alors le nom à'élytre, cesse de servir au vol, et ne sert plus qu'à recouvrir l'aile postérieure, seule locomotrice.
Enûn, chez les Diptères, les ailes postérieures disparaissent et sont remplacées par deux petits boutons pédonculés, les balanciers; ce sont les organes spécialement chargés de l'équilibre du corps et de la direction du vol (1). Ils présentent à leur base un ganglion, d'oîi partent de nombreuses fibres qui vont se terminer dans le bouton. C'est l'organe périphérique. du sens de l'espace; Leydig y locahse également l'audition.
On a fait beaucoup d'hypothèses sur l'homologie des ailes des Insectes. Le seul résultat bien net qui soit acquis à la science, c'est que ce sont des organes apparus secondairement et non pas des organes primitifs. Il suffit de rappeler que les Thysanoures, les plus inférieurs des Insectes, en sont dépourvus. On a voulu les faire dériver des branchies trachéennes que présentent plusieurs larves aquatiques, notamment les larves d'Éphémère. Au point de vue anatomique, cette assimilation est en effet soutenable, la structure étant à peu près la même. Mais il semble bien difficile d'admettre que tous les Insectes descendent d'animaux aquatiques, surtout si on se souvient que les premiers Trachéales sont certainement terrestres. Ce serait là une origine bien compliquée. Il est d'ailleurs à remarquer que l'apparition des ailes s'est faite très anciennement, si l'on en croit la Paléontologie, qui nous montre, dans les couches siluriennes, divers Orthoptères pourvus d'ailes déjà complètement différenciées.
Quoi qu'il en soit, les ailes paraissent avoir été primitivement réparties sur les trois anneaux du thora.»; ; et on a pu trouver sur une larve de Termite, le Calotarsus rugosus, les rudiments des trois paires apparaissant successivement sur les trois segments du thorax; la paire prothoracique disparait dans la suite du développement.
§ 4. — Système musculaire.
La locomotion chez les Arthropodes s'effectue par des muscles à fibres striées, présentant une disposition variable, mais sur
(1; BoLLES Lee. R. zool. suisse, t. II, 1885.
SYSTÈME MUSCULAIRE. 3gr;
laquelle on peut donner quelques lois générales intéressanLes. , Tout dabord on ne doit pas s'attendre à trouver dans ce groupe une couche muscula-tégumentaire continue, au-dessous de l'exoderme, comme nous en trouverons une chez les Vers et les Mollusques, et d'une manière générale chez tous les Invertébrés à téguments mous. Le développement de la chitine rendrait impossible le fonctionnement d'une pareille couche. , L'appareil de la locomotion se compose : l" d'organes passifs de pièces chitineuses articulées et mobiles les unes par rapport aux autres; 2° de faisceaux musculaires différenciés, rattachant 1 un a 1 autre les divers articles du squelette, et assurant leur mouvement. On peut donc comparer la locomotion des Arthropodes a celle des Vertébrés, avec cette différence essentielle que e squelette des Vertébrés est formé d'un ensemble de tiges ou baguettes solides, articulées l'une à l'autre, et à la surface externe desquelles s'attachent les muscles, tandis qu'au contraire chez les Arthropodes, le squelette est externe, et formé, aussi bien pour le corps proprement dit que pour les appendices, de tubes creux placés bout à bout. C'est donc à leur surface interne que les muscles viennent s'insérer.
Les segments sont réunis l'un à l'autre par une articulation • en ce point la chitine est rendue molle et flexible sur les deux faces opposées de la zone articulaire. Dans les divers mouvements qui peuven se produire, cette lamelle de chitine molle se tend et se phsse alternativement dans la région convexe et dans la région concave. Dans la règle, chaque segment peut de la sorte effectuer, par rapport au segment qui le précède, deux mouvements dans un même plan : un mouvement de flexion, un mouvement d extension Ils s'effectuent en général autour de deux points "xes les peints d articulations, situés aux deux extrémités'd'une li^^ P rpendiculaire au plan du mouvement, et au niveau desquels le parties dures des deux anneaux arrivent au contact lUe de
<i.TiolV.T"'''"''^ mouvements ' '''"'^"^ ''^ ^^'^'"t P^'- 1^ disposition des articulations successives : les lignes autour desquelles s'effectuen
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tent seuls par exemple chez les Édriophthalmes et dans l'abdomen des Crabes. Mais dans les Macroures, où 1 abdomen est un organe essentiel de la locomotion, outre les muscles dont nous menons de parler, il en existe d'autres très puissants, et formant deux paires de larges rubans longitudinaux, l'une ventrale, pour la flexion d'ensemble de l'abdomen, l'autre dorsale, pour son extension. Chacune de ces masses s'insère, en avant, sur le squelette du céphalothorax: en arrière, elle se divise en faisceaux, dont chacun s'attache h un anneau abdommal.
Pour assurer l'insertion de cette énorme masse musculaire, il se développe dans le céphalothorax un système de plaques chitineuses, ou apodèmes, extrêmement compliqué chez les types supérieurs. Ces apodèmes sont produites par des replis calcifiés, formés par une duplicature de la lame de jonction des anneaux primitifs du thorax. Elles partent à la fois de la région ventrale et des flancs et s'unissent les unes aux autres d'une façon très variable, mais en général fort complexe. C'est sur ces lamelles due viennent s'insérer les muscles. Elles constituent de plus h la ré-ion ventrale une série de voûtes au-dessous desquelles Dasse°la chaîne nerveuse. Un développement analogue se voit également dans le thorax des Insectes. 11 sert d'attaches aux muscles moteurs des pattes, et s'étend sur la ligne médiane dans tout le thorax {entothorax), formant nne sorte d'arche au-dessus de la chaîne nerveuse.
g 5, — Appareil digestif.
L'appareil digestif des Arthropodes est toujours ouvert à ses deux extrémités. Mais il présente des formes tellement variables, au'il est impossible d'en donner une description générale, et il nous faut entrer tout de suite dans l'étude des modifications nu'il présente dans les difl-érents ordres. Rappelons néanmoins (iu'il s'étend presque toujours en droite ligne dune extrémité a rautre du corps, et qu'on peut le diviser plus ou moms nettement en deux parties: les deux extrêmes, revêtues de chitme, sont d'origine exodermique; elles forment l'intestin antérieur et 1 intestin postérieur ; la partie moyenne non chitinisée tire son orijrine de l'archenteron.
TUBE DIGESTIF DES CRUSTACÉS. - La bouche dcs Crustaccs (1) est toujours placée sur la face ventrale du corps, souvent même
T:ixZll:rZM. Sul Péuètreul entre les viscères. - Il est rudimentaire dais le Pvoleolepas et quelques Cirnpèdes maies.