RESPIRATION CHEZ LES CRUSTACÉS
reils sont de deux ordres. Les uns sont spécialement organisés pour la respiration aquatique. Ce sont des parties saillantes du tégument, quelquefois des appendices modifiés, d'autres fois des organes indépendants, dans lesquels le sang circule et vient se mettre en rapport avec l'eau ambiante. Ces organes doivent dès lors se présenter sous la forme de lames larges et aplaties, ou de tubes creux longs ou ramifiés de façon h augmenter le plus possible la surface de contact. Ce sont des branchies, et on ne les rencontre que chez les Crustacés, les seuls Arthropodes adaptés à la vie aquatique.
Tous les autres vivent dans l'air; si quelques-uns d'entre eux habitent au milieu de l'eau, ce n'est que grâce à un artifice; la plupart doivent de temps en temps venir à la surface respirer l'air en nature et en faire une provision qu'ils utilisent pendant leur immersion. Ces Arthropodes aériens respirent au moyen de poumons ou de trachées. Les poumons sont des poches plus ou moins vastes communiquant avec l'extérieur par un orifice permettant l'accès de l'air, et c'est à travers les parois de ces poches, constamment baignées par le sang de l'animal, que s'effectue la respiration.
Les trachées, qu'on ne rencontre que dans l'embranchement des Arthropodes, y sont plus fréquentes que les poumons. On les trouve exclusivement chez tous les Insectes, chez tous les Myriapodes et chez beaucoup d'Arachnides. Ce sont des tubes cylindriques ou aplatis, le plus souvent richement ramifiés, et qui courent dans toute la cavité générale, entourant tous les organes, ou même pénétrant dans les interstices de leurs éléments.
Ces trachées constituent ainsi dans tout le corps un système compliqué de canaux remplis d'air et communiquant avec l'extérieur par un certain nombre d'orifices nommés stigmates.
Quelles sont maintenant les dispositions variées sous lesquelles se présente chacune de ces formes de l'appareil resniratoire?
Respiration chez les crustacés. - Chez les Copépodes, chez les Ctrripedes et parmi les Crustacés supérieurs, chez les Mysis, 1 n existe pas d'appareil spécial de respiration. Il en est de même des lormes larvaires de tous les animaux du groupe, au moins dans les premiers stades de développement. Lorsqu'il existe des parties différenciées en vue des échanges gazeux, ce peut être soit des appendices dificrenciés, des pattes branchiales soit des organes spéciaux. Dans tous les cas, nous l'avons déjà dit c'est ONjours dans le voisinage des organes locomoteurs que les branch.es sont situées. Chez les Dranchiopodes, toutes les pattes
peuvent servir ainsi à la respiration, nous avons vu comment leur structure (fig. 216) s'accordait avec ce rôle spécial. Mais elles servent à la fois et de branchies et de rames natatoires. Il en est de même chez les Nébalies.
La division du travail physiologique se manifeste nettement chez les hopodes. Là en effet, tandis que les membres thoraciques restent franchement ambulatoires, les cinq premières paires de pattes abdominales se transforment en branchies (Planche II, l,B).L'exopodite et l'endopodite prennent tous les deux la forme de larges rames minces et molles. Quelquefois l'exopodite se développe davantage, devient dur, et recouvre l'endopodite comme un opercule. Celui-ci est alors seul la véritable branchie; sa surface augmente
par la formation de
plis ou de lanières, et tout cet appareil est constamment agité pour entretenir le courant nécessaire ci la respiration.
Le perfectionne-
ment est plus grand encore chez VIdotée; les membres abdominaux postérieurs forment deux valves qui viennent recouvrir les branchies, et constituent comme une chambre respiratoire, où sont mis à l'abri ces déhcats appendices.
Chez les Amphipodes et chez tous les Podophlhalmes, ce ne sont plus des appendices qui sont chargés de la respiration, mais des organes nouveaux, attachés soit aux appendices, soit aux parois mêmes du corps, dans le voisinage de la base des pattes.
Chez les Amphipodes (Planche 11,2), il existe, fixées sur l'article basilaire des pattes thoraciques, des lamelles ou des vésicules très délicates, disposées ainsi en double rangée sur presque toute la longueur du thorax; grâce au mouvement des trois premières paires de pattes abdominales, un courant d'eau rapide, dirigé vers la bouche, les baigne constamment et renouvelle à chaque instant autour d'elles le milieu ambiant.
Chez les SquilUs, les branchies sont des touffes de filaments ramifiés, placées sur le coxopodite des pattes et flottant en élégants panaches au-dessous de l'abdomen (fig. 217).
Fig. 216. — Quatrième paire de pattes d'Eurycercus lamellatus, 0. F. Muli. fortement grossie; — br, portion branchiale, augmentant en importance sur les pattes suivantes (Gebst^eckerJ.