‹ Eléments d'anatomie comparéeChapitre 116 sur 412 · GLANDES VENIMEUSES · texte numérisé non relu

GLANDES VENIMEUSES

l'Abeille (fig. 215), une paire de longs cœcuras remplissent ce rôle et après s'être réuuis en un canal commun, ils débouchent dans une vésicule qui sert deréservoirau venin. Celui-ci est inoculé par un double aiguillon barbelé fai sant partie de l'armure génitale et pouvant effectuer de rapides mouvements alternatifs de va et vient. 11 est guidé dans son mouvement par deux pièces assemblées en gouttière, le gorgeret. Le tube excréteur aboutit à la base de 1 aiguillon et le venin s'introduit ainsi dans la petite plaie faite par ce dernier Le Scorpion possède de même à l'extrémité du post-abdomen un appareil venimeux très-puissant (I). Le dernier segment abdominal a la forme dune vésicule terminée par une pointe recourbée, très aiguë, qui sert à faire la piqûre et à intro- o > >i

duire le venin. Celui-ci s'élabore dans deux glandes semblables et symétriques, formées d'un épithéliiïm cylindrique et entourées chacune par une tunique conjonctive et musculaire.

Le venin se rassemble dans la cavité centrale de la glande, ei un muscle, allant d'une extrémité à l'autre de celle-ci, peut, en se contractant, chasser à la volonté de l'animal le liquide venimenx ; ce dernier s'écoule par un canal débouchant k l'extrémité de la pointe.

Autres glandes. — Entin il est d'autres organes sécréteurs, moins répandus, moins importants, et sur lesquels nous ne pouvons insister longtemps.

Telles sont les glandes civières de l'Abeille (2), réparties sur les 2e, 3^, 4», 5° F'g- 215. - Appareil venimeux de l'Abeille - A sternites de l'abdomen et extrémité de l'abdomen avec l'aiguillon rétracté; a, aiguillon dans son fourrciui; b, sa base, composée de pièces solides et de muscles • - B, appareil développé; a, glandes à venin; 6, réservoir du veniu ; c, son canal excréteur; d\ d, racines des dards composant l'aiguillon; e les deux dards appliqués l'un contre l'autre ' /, gorgeret ; g, valves; h, h, pièces solides chitineuses; î, i, muscles; k, extrémité dentelée d un dard, très grossie.

laissant exsuder une mince plaque de cire que l'animal saisit entre ses tarses postérieurs, pour la porter à sa bouche, oti les mandibules la triturent et la pétrissent.

Telles sont encore les nombreuses glandes odoriférantes, aussi variées dans

l?ïe t"?auimarcï" lïï^^PJr i"^^ ? '"^«^^ quelquefois suivant

d'autres fois e les cL^en^ quelquefois réparties par tout le corps; elles sont trop pou Stan l ''^T. ''''''''''' '^'^^^^ous les cas arrêter plus longtemps ' ''"P l'*^" d'importance pour nous Nous pouvons traiter à cet endrnii- ,

certain nombre de genres de Lampyrides et A'Élalérides. Chez les premiers iLampyris, Luciola, Phosphmna), les foyers lumineux sont situés à 'la face nférieure de l'abdomen. Chez les Élatérides [Pyrophorus], les pomts lumineux sont au nombre de trois : deux aux angles postérieurs du prothorax, un sur le sternum du métathorax.

Chez les Crustacés, le nombre des espèces lumineuses est plus considérable. On en rencontre à peu près dans tous les groupes (Sa/5/j/ar/wa fulgens, des Cyclopides, des Crevettines, des Amphipodes, des Décapodes, le Pulœmon

TtOCtïlltCCTlS^ •

Les recherches d'exploration sous-marine sont venues encore étendre cette liste, notamment pour les Décapodes macroures et les Schizopodes. Telle est V Acanlliephyra pellucida, qui n'a pas moins de treize paires d'organes lumineux. Chez les Schizopodes, les yeux sont très généralement phosphorescents ou plutôt sont enchâssés dans une calotte lumineuse, au milieu de laquelle ils se présentent obscurs. Le fait a été constaté chez les Mysis par les naturalistes du Talisman (1). Chez d'autres Schizopodes, il existe en divers points du corps des organes ayant exactement la structure des yeux, et qui sans doute jouent à la fois les deux rôles d'organes de vision et d'éclairement. Nous y reviendrons à propos des organes de la vue.

Le mécanisme de la phosphorescence a été étudié par R. Dubois dans les Élatérides lumineux. On croyait jusqu'ici que ces phénomènes étaient dus a l'oxydationlente d'une substance spéciale. Dubois a constaté qu'il n'en était rien.

Les cellules photogènes ont la propriété de sécréter une substance spéciale, la luciférine, qui reste dans la cellule sous forme de vacuole (vacuolide). Au moment de la phosphorescence, le protoplasma sécrète un ferment particulier, la luciférase, qui, en se combinant avec la luciférine, produit la phosphorescence.

Dubois a pu isoler ces deux substances et réaliser leur réaction mutuelle en dehors de l'organisme. L'oxygène n'intervient pas directement; à la vérité les phénomènes de respiration et de circulation sont activés au moment de la phosphorescence. Mais c'est uniquement dans le but d'accélérer les phénomènes vitaux ceUulaires qui ont pour résultat la sécrétion de la luciCérase.

§ 6. — Appareil respiratoire.

Les Arthropodes se rencontrent dans tous les milienxpossibles, dans l'eau ou les endroits humides, aussi bien que dans l'air. Aussi tous les modes divers qui se peuvent rencontrer dans la structure de l'appareil respiratoire existent dans le groupe qui nous occupe. Chez les représentants les moins élevés du type, chez les Crustacés et les Arachnides inférieurs, ou dans. les premières formes larvaires, il n'existe pas d'organe différencié pour la respiration, et les échanges gazeux entre le sang et le milieu ambiant peuvent s'effectuer par toutes les parties du tégument en contact avec l'eau chargée d'oxygène.

Mais chez les autres, les téguments s'épaississent pour mieux protéger l'individu, et ne peuvent plus permettre les échanges. Aussi se forme-t-il des localisations, et des organes spéciaux apparaissent, qui sont de véritables appareils respiratoires. Ces appa-

(1) E. Perrier. les Explorations sous-marines, Paris, 188G.

Page 1