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SYSTÈME NERVEUX DES CRUSTACÉS

ganglions cérébroïdes, et le collier finit par être représenté par une simple commissure. Les Cirripèdes présentent les mêmes modifications. Chez les Crabes, l'abdomen est tout à fait rudimentaire, replié sous le céphalothorax, et ses appendices sont très réduits; aussi les ganglions abdominaux sont-ils à peu près nuls, et cette portion de la chaîne se réduit à un simple cordon nerveux médian, donnant çà et là des ramifications latérales paires. Chez les larves de ces animaux, qui ont un abdomen normal, les ganglions correspondants existent et ce n'est que plus tard qu'ils s'atrophient.

2° Il peut y avoir rapprochement et même coalescence dans le sens transversal, de façon à rapprocher et h réunir les deux séries de la double chaîne ventrale. Cette modification ne semble correspondre à aucun autre changement corrélatif. Dans des animaux appartenant à des groupes très voisins, les ganglions d'une même paire peuvent être éloignés de la ligne médiane, ou bien se toucher, ou encore se confondre en une seule masse, les conneclifs restant distincts; enûn la coalescence peut être poussée à l'extrême, et la chaîne ganglionnaire se compose d'une seule corde à nœuds, impaire et médiane. D'ailleurs plusieurs de ces formes peuvent se présenter en même temps sur différentes parties de la chaîne nerveuse d'un même animal,

3" La coalescence des ganglions dans le sens longitudinal est plus importante. Elle est en rapport avec le degré de différenciation de l'animal. La coalescence des ganglions indique en effet une plus grande coordination des mouvements, une concentration plus nettement accusée, et un développement plus accentué de l'individualité. Aussi cette condensation s'accuse-t-elle, quand on passe par exemple de la larve à l'animal adulte. Tandis que les Langoustes ont seulement onze ganglions en une chaîne unique sur la ligne médiane, les Phyllosomes, leurs larves, en ont jusqu'à quinze paires, plus ou moins écartées. Quelques faits cependant sont à cet égard assez inexplicables. On comprend mal par exemple le degré extrême de concentration où arrive le système nerveux de certains Copépodes, qui se compose d'une masse unique traversée par l'œsophage. Mais en général c'est cnez les types supérieurs que se manifeste la coalescence.

Le premier et le dernier ganglion de la chaîne sont toujours p us gros. Chez l'Ecrevisse, qui mérite d'être plus spécialement étudiee( g. 231), la chaîne commence par une masse unique représentant au moins quatre paires de ganglions, qui corJespondentaux anneaux buccaux (nerfs maxillaires et nerfs pédiomaxilla.res); peut-être même doit-on y joindre le segment man-

dibulaire ; mais cela est douteux; ce ganglion envoie bien un nerf à la mandibule, mais sur les longs conneclifs du collier œsophagien, se trouvent deux ganglions unis par une commissure, les ganglions conneclivaux.\\% envoient des nerfs aux mandibules, et ils paraissent devoir être regardés comme les ganglions mandibulaires, les premiers ganglions de la chaîne ventrale. Les cinq dernières paires de ganglions sont également soudées en une seule masse qui termine la chaîne nerveuse.

A mesure que l'on s'éloigne des Macrures typiques, pour aller vers les Brachyures, on voit la concentration s'effectuer. Dans un

premier stade (Galathée, Pagure), un ganglion abdominal vient se joindre à la masse thoracique; puis (Porcellane) la chaîne ganglionnaire se raccourcit notablement, et se locahse dans le thorax. Enfin, chez les Brachyures typiques la concentration atteint son maximum (1), comme on pouvait s'y attendre à voir le degré de coalescence que prennent les diverses parties du corps.

La chaîne ventrale (Qg. 232) se réduit en effet à une seule masse logée dans le céphalothorax -et donnant des nerfs à'tous les appendices; elle se termine par le filet nerveux abdominal dont nous avons déjà parlé. Quelquefois, on voit encore des sillons, traces de la soudure des ganglions, mais souvent la coalescence est complète, et la masse ganglionnaire ventrale ne présente d'autre solution de continuité qu'un orifice livrant passage à l'artère sternale ; cet orifice disparaît à son tour chez le Maia, dont le système nerveux présente le dernier terme de concentration.

Le système nerveux des Limules présente lui aussi des caractères évidents d'ancienneté. Les ganglions sont très indistincts, ainsi les ganglions céphalo-thoraciques ne sont pas isolés. Ils sont disposés en un cercle entourant l'œsophage, et paraissent tout d'une pièce. Seulement, une série de commissures transversales passant derrière l'œsophage traversent le cercle, et indiquent seules la présence d'autant de paires de ganglions mal définis. A la suite de ce cercle nerveux, se trouve une chaîne ventrale médiane, à ganglions très peu distincts, et ne pou-

(1) BouviEH. Le système nerveux des Décapodes, A. S. N., 7" série, t. VII, 1889.

Fig. 23?. — Système nerveux de Crabe. — gc, cerveau ; 7nc, commissure connectivale ; tffh, ganglions thoraciques ; os, orifice de l'artère sternale (Milne-Edwards).

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