‹ Eléments d'anatomie comparéeChapitre 130 sur 412 · ÉTUDE DES YEUX INTERNES · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES YEUX INTERNES

i° Les yeux impairs, internes, à la formation desquels le tégument ne prend aucune part;

2" Les yeux pairs, hypodermiques, de beaucoup les plus répandus.

I. ÉTUDE DES YEUX INTERNES. — Les premiers doivent être considérés comme représentant un organe ancestral qui a certainement appartenu au prototype des Arthropodes. On le retrouve,

derme cornéen; vl, couche SE;; ''"^'culaire ; chy, hypo-

W'-», premier, second roti^mn . .^'^''"'i "'^'•«^ nerveuses;

membrane basalc (Patten)! " ^ pigmentées

-<™c.. sLit bien' d Cop'p ittr^"' r""" ChP7 1p« r/>„<< / ^ ^ '^'^^ rudimentairo

formé de grosses cellules, recevant les fibrilles du nerf optique, et entourées de pigment. Elles sont très généralement disposées en trois groupes conligus, l'un impair ventral, les deux autres symétriques, situés dorsalement. Chez le Branchipus, le nerf de chaque groupe est distinct.

Cette disposition donne très fréquemment à la tache pigmentaire de l'œil la forme d'un X, qui avait frappé depms longtemps

les anatomistes.

Etude GÉNÉRALE DES YEUX HYPODERMIQUES. - Lcs yeux quiforment la seconde catégorie sont toujours en contact avec le tegumen .

Les cellules hypodermiques qui les recouvrent conservent, comme partout ailleurs, la propriété de sécréter une cuticule. Mais celle-ci, absolument dépourvue de pigment, devient tout a fait transparente. Quelquefois elle passe au-devant des cellules visuelles sans se modifier, mais, le plus souvent, elle s épaissit et forme une lentille bombée au moins au côté interne, généralement même biconvexe; cette lentille joue le rôle du cristallin des Yertébrés et des Mollusques, sans lui être aucunement comparable au point de vue morphologique (fig. 238, B). Deux cas peuvent se présenter :

Les plateaux cuticulaires dus aux diverses cellules du groupe peuvent se souder en une lentille compacte unique pour ton l'organe. Ou bien, au contraire, les plateaux cuticulaires res ent distincts et forment devant chaque élément de l œil une lentille spéciale. Dès lors, l'œil présente extérieurement une multitude de facettes (1). De là le nom d'yeux composés, sous lequel on a depuis longtemps désigné cette dernière catégorie d organes, par opposition aux yeux simples, munis d'une cornée unique.

En réalité, ce sont là des variations qui n'ont que peu d importance. D'après Patten, elles n'influent pas sur la structure fondamentale de l'œil, qui reste toujours la même. ,

Un œil d'Arthropode est formé toujours par la reunion d un certain nombre de parties constituantes, qu'on peut appeler des ommaiic/ies (flg. 239). Deux espèces d'éléments entrent dans la composition d une

ommatidie :

1» Des éléments rétiniens;

2" Des éléments hypodermiques.

a) Les éléments rétiniens forment pour chaque ommatidie un

(1) Le nombre de ce. facettes a pu être estimé approximativement. Voici quelques-uns des ctiiffres qui s'y rapportent :

Fourmi. 1100 Mouche. 4 000 Libellule. 12 500

Papilio. 17 300 Hanneton. 8 820 Mordelle. 25000

Cl X n

mités internes des rEnh hyiiodorme cornéen' r/^ ovt -a

ongements hyalins des rélSl7,r n!^^ rl\ nm

ransversale au nivcan ,T I n&^r}'''^^^^^^^^^ fo^ nn"

deux yeux él^Mncnta rcs Cio PcZlolT^'T'^'', P^'' >"i'ieu u stïfe «- noyaux de Semper;K/:'m,Se fSTpnt^ ''''"^«11° co UÏ:

res, HA réUnule; ses noyaux; K., VhaU^L^^' ^r^^J? Pg^^

groupe dont la constitulion est la même dans chaque type, et dont on peut donner la description suivante :

1» Au centre se trouvent des cellules hyalines (généralement A, 5 ou 7, 8 ou 10 chez les Limules), les rétinophores (fig. 239, 1, jfi, st, nrf), disposées en cercle autour d'un axe commun. Ces rétinophores, réduits à un mince filet [st) dans leur portion moyenne, présentent deux renflements, l'un à la base, le pédicule {pd){rhabdome de Grenacher), l'autre au sommet, constituant le calice.

Au centre du groupe des rétinophores se trouve, du côté de la base, un canal. C'est là que passe le nerf axial, fibrille du nerf optique. Arrivé au commencement du calice, les parois du canal disparaissent, les rétinophores s'ouvrent au passage du nerf, qui s'y résout en fibrilles {exn). Celles-ci forment au centre du calice un groupe spécial (groupe de fibrilles internes) ; de telle sorte que cette portion du calice se diff-érencie ; on peut la désigner sous le nom de cône {rh).

En définitive, les rétinophores sont les éléments sensibles de

l'œil.

2° Autour des rétinophores se trouvent d'autres cellules, les cellules pigmentaires, ou réiinules {pg, pg'). Elles sont disposées en deux groupes, l'un interne, l'autre externe, et chacune occupe toute la longueur de la rétine. Mais le pigment est localisé en un point, au corps de la cellule. C'est là- que se trouve le noyau. Les réiinules internes ont leur corps placé un peu au-dessus du pédicule. C'est là que se trouve le pigment, qui se prolonge aussi tout autour de ce dernier renflement. Le reste de la cellule est formé par des prolongements hyaUns extrêmement effilés. Les réiinules externes, au contraire, ont leur noyau à la base du cahce, et le pigment forme une gaine tout autour de ce dernier {pg). Le reste de la cellule est aussi formé de prolongements hyalins.

b) Au-dessus de ce groupe rétinien, se trouve un groupe cornéen, de nature hypodermique (cAry). Les cellules, désignées sous le nom de cellules de Semper, sont rejetées sur le côté et peuvent parfois [Galathea) avoir à régler, à la façon d'un iris, la quantité de lumière. Mais leur rôle essentiel est de former la cornéule, lentille cuticulaire réfringente jouant le rôle du cristaUin {x).

La seule différence, nous le répétons, entre les yeux simples et les yeux composés est que dans les premiers, l'œil a une cornée générale, sous forme d'une lentille qui recouvre à la fois toutes les ommatidies, tandis que dans le second chaque ommatidie a sa

cornée spéciale.

La théorie de Pallen, que nous venons d'exposer, difl^ère de

YEUX DES CRUSTACÉS. 407 celle de Grenadier, que l'on trouve dans les traités classiques. Pour cet auteur, les éléments rétiniens se limiteraient au rhabdome, ou pédicule; le cône ne serait qu'une production cuticuiaire, sécrétée par une cellule spéciale, et jouant le rôle d'appareil dioptrique. La figure 239, II, rend compte de cette théorie, qu'elle explique suffisamment.

Les rétinophores sont les cellules terminales des fibres du nerf optique. Celui-ci part du cerveau, et présente sur son trajet deux ganglions : le ganglion optique, et, à la base même de l'œil, le ganglion rétinien.

Yeux des Crustacés. —A part les Copépodes, il existe typiquement, dans tous les groupes de Crustacés, deux yeux symétriques hypodermiques. Ils sont en général localisés sur la tête. Les genres Euphausia et Thy sanopoda ïoni seuls exception à cette règle. Ils présentent, comme nous l'avons déjà vu, en difTérents points du corps, des organes entièrement semblables à des yeux, et qui avaient été décrits par Sars comme étant simplement des organes lumineux. Chez les premiers, ils sont au nombre de dix, placés, deux derrière les yeux, quatre sur le céphalothorax et quatre sur la ligne médiane des quatre premiers anneaux de l'abdomen. Le Thysanopoda norvegica n'en a que huit, dont quatre placés, sur les hanches de la deuxième et de la septième paire de pattes, et quatre placés sur la ligne médiane, entre les pattes natatoires. Patten leur a trouvé la même constitution qu'aux yeux ordinaires, et ces organes réunissent très certainement le-^ deux facultés de voir et d'éclairer.

Les organes de la vue manquent dans beaucoup d'espèces parasites [Cirrtpèdes, Copépodes) et chez quelques Crustacés souterrams ou sous-marins.

La faune abyssale, qui est soumise à des conditions de lumière tout a fait spéciales, nous ofi"re à cet égard une foule de varialions intéressantes.

Chez les Crustacés qu'elle renferme, le développement de l'œil peut prendre des directions tout à fait opposées : ou bien l'œil agrandit énormément {Cystisomal de faç^n à percevoir jusqu 1 la mo,ndre trace de rayons lumineux émanés des animaux

les veursonM 'l'^r """^^^ '^'^^ ' °" -"traire XXLe ) ou m '•"'^'--^--^ iPolycheles, Will.noësia^ nP^W n 'r "'^"^I"*^"^ totalement. Les pédoncules oculaire P vent parfois encore persister; mais la place des yeux ne plus représentée que par une saillie sans facettes.

Une espèce le Cymonomus, présente tous les passages A une ra.ble profondeur, H présente des yeux normaux ceu i" di p"

raissent à 200 mèlres. A 1,000 mèlres, leur pédoncule oculaire, qui avait gardé sa forme primitive, se termine en pomte et sert

d'organe de défense. ^ . j i

Tous ces animaux sont peu nageurs et restent enfou.s dans la vase, attendant qu'une proie passe à leur portée. Les Crustacés nageurs, qui vont à la recherche de leur proie, peuvent ê re aussi privés d'organes sensoriels. Aussi très fréquemment les appendices tactiles prennent un développement énorme, pour remplacer les organes de la vue.

Chez le Nematocarcinus, les deux fouets des antennes internes et le fouet intérieur des antennes externes deviennent plus longs que le corps; les pattes s'allongent démesurément. La dernière ou les deux dernières paires de pattes {Hopalopoda) cessent de

servir à la marche et deviennent

tout à fait semblables à des antennes.

A part les types que nous venons d'étudier, les Crustacés ont toujours deux yeux , en général écartés l'un de l'autre. Ilspeuventdans certains cas se rapprocher sur la ligne médiane, jusqu'au point de se fusionner, comme cela a lieu chez les Cladocères, les Cumacés et un grand Fi^ 240 - Tête de Cysiisoma nombre à! Ostracodes. \ptuni, avec ses yeux démesu- Les premiers présentent en outre rément développés. Dragué par fg^j^ assez curieux. Il se développe le Challençier à 2180 mètres. ^^^.^egg,^gdel'œil un repli cutané, qui le recouvre complètement, mais en reste séparé par un espace assez considérable. Lorsque le repli s'est soudé de l'autre côte au tégument, l'œil est devenu interne, et l'espace primitivement situe entre

lui et le repli cutané se met en communication avec 1 appareil vasculaire. L'œil se trouve dès lors entouré par un smus sanguin. Mais il ne faudrait pas, on le voit, confondre cet organe avec les yeux internes, étudiés au début. Un grand nombre d yeux, au heu d-être sessiles et immobiles, sont portés au sommet d un pédoncule susceptible de mouvement. Ce fait se présente chez es Daphnies, chez le BrancMpus. parmi l.. Phyl opodes, chez les tLoIs, ;armi les Edriophihahnes, et chez tous les Podoph-

''^Dans' le Gonoplax rhomboïdes, ces pédoncules insérés tout près de la ligne médiane, atteignent le bord de la carapace. On avait autrefois considéré ce pédoncule oculaire comme un

YEUX DÉS ARACHNIDES. 4,09 membre mocIifitS mais ceùe hypothèse n'est plus soutenue aujourd'hui, l'embryogénie ayant démontré qu'il ne naît pas comme un appendice. La mobilité est un caractère secondaire et la zone articulaire ne se produit qu'assez tardivement.

Les yeux ne présentent de cuticule à facettes que dans les Malacostracés ; dans les autres Crustacés, la cuticule est simplement épaissie.'

Au point de vue histologique les yeux peuvent varier:

1° par le nombre des ommatidies (1 chez les Corijcœus, 4 chez

Asellus, 20 chez le Porcellio, un très grand nombre chez les Po-

dophthalmes) ;

2° par le nombre des rétinophores et des rétinules de chaque ommalidie. (Exemples : Décapodes: 7 rétinules, 4 rétinophores • Isopodes : 7, 2 ; Amphipodes : S, 2; Schizopodes : 4, 2; Branchiopodes: S, 4; etc., etc.).

Yeux des Arachnides. - Le nombre des yeux chez les Ara- CHmoEs varie de 2 (Acariens) à 12. Ils ne manquent que chez les Linguatules, et chez quelques Acariens. Les Scorpions sont les mieux partagés à cet égard. Ils possèdent 2 yeux rapprochés sur a ligne médiane et, en outre, un groupe de 2 à S, près de chacun des bords du céphalothorax.

Chez les Aranéides, il en existe toujours 8, placés sur le devant du ephalothorax; leur disposition varie suivant le genre de vie de 1 animal. Epars chez ceux qui n^ènent une vie erran e i s se concentrent au contraire en un groupe compact, chez e'ux qu habitent dans des trous d'où ils épient leur proie.

chnirs'onTtonf r ' facettes, les Ara-

chmdes ont tous des yeux à cornées lisses. Ils ont été longtemos considérés, sous le nom d'ocelles, comme tout à fait dil ents des yeux composés. La cuticule forme au-dessus de l'œil une len- Me unique, assez fortement biconvexe (fig. 238 B). La structure "

pTsi L^lir'" f ^^"^ Crustacés. Ma

8^1 e fo P'"- ''''''' ^ff^t en forme de

iculle cT ? ''''''' - espace len^

ursoco; , r " ''"'P'' ^^""^^^ transparentes, qui forment

au cri a, in" Po" "^"^^^^^"^ - ''^

que s c^^^^^^^ «ont de même natu e

a c^^ qui "-l^Tir- '^.^^^^'-^'^-^ ^^--ts des bords d battusL^^on't 1, veTs "^^Zl ?;r7"\^"-^e's et raterposer entre la rétin et a corné PourTat ' corps serait formé par les celhit hypod^I Pns un grand développement. L'œil 'L.l^Z'lZ:^^

410 ARTnROPODES.

diffère en somme pas fondamentalement de l'œil des autres Arthropodes. Toutefois les ommatidies sont plus simples et ne comprennent que deux rétinophores soudées et fusionnées ; ils se rapprochent à ce titre de ce que nous montreront les Mollusques, ç Yeux des Myriapodes et des Insectes. - Les Myriapodes, sauf la Scutigera, qui a des yeux à facettes, ont tous des yeux simples ou ocelles, pareils à ceux des Arachnides. Ils sont souvent nombreux et se réunissent parfois en groupes assez étendus.

Enfin chez les Insectes, il existe toujours deux yeux à facettes, placés de chaque côté de la tête, et tout à fait semblables à ceux des Crustacés supérieurs. Les seules exceptions sont les Co//emboles (Podura), les Aphaniptères et les Anoploures, qui n'ont que des ocelles. Ceux-ci se retrouvent également dans les larves des Insectes à métamorphoses complètes. Très fréquemment les deux espèces d'yeux coexistent, et, entre les yeux à facettes ateraux, on aperçoit trois petits ocelles disposés en triangle sur le milieu du front. C'est ce qu'on voit par exemple chez les Hyménoptères.

Ces diverses sortes d'yeux se ramènent à ceux que nous avons déjà étudiés et ne demandent pas de nouvelles descriptions.

Organes auditifs.

Les organes auditifs des Arthropodes ne sont encore qu'imparfaitement connus. On ne les a découverts avec certitude que dans les Crustacés et les Insectes, et même dans un petit nombre de types appartenant à ces deux classes.

Ces organes, très différents à tous égards dans les divers types, peuvent se ranger en trois classes distinctes :

i" Les uns consistent en une vésicule close ou en communication avec l'extérieur, et contenant des corpuscules solides, les otolithes, qui mis en mouvement sous l'influence des vibrations sonores, viennent frapper contre des poils qui tapissent la vésicule et qui sont les terminaisons nerveuses du nerf auditif;

SoDans un second type, les vibrations sonores sont transmises à une membrane tendue comme un tympan, et celte membrane ainsi mise en mouvement vient frapper contre les terminaisons nerveuses qui sont placées immédiatement derrière elle ;

3° Enfin suivant certains anatomistes, il existerait sur divers points du corps des poils auditifs, tels que chacun d'eux est mis en vibration par un son déterminé. On aurait ainsi un appareil d'analyse donnant la notion de hauteur des difl-érenls sons.

Chez les Crustacés c'est le premier type qui se rencontre seul.

ORGANES AUDITIFS

La vésicule auditive, l'otocyste, est en général placée dans l'article basilaire de l'antennule (fig. 241). C'est là qu'on la trouve dans la majeure partie des Malacostracés. Mais elle peut être placée ailleurs, comme le prouve l'exemple classique des Mysis, dont les otocystes sont placés dans les lamelles caudales internes.

Ces otocystes sont tantôt complètement fermés (Palxmon, Homarus), tantôt en communication ouverte avec l'extérieur (As^acus), sans qu'on puisse établir de règle h cet égard. Dans le prenier cas, l'otocyste contient des otolithes sécrétées par l'animal ; dans le second, celles-ci sont remplacées, croit-on, par de petits grains de sable, qui y auraient pénétré par l'ouverture.

La vésicule est tapissée intérieurement par un revêtement de poils spéciaux, les poils auditifs, sur lesquels viennent frapper les otolithes vibrant. Ces poils, au lieu de s'insérer directement

sau

II; -^^^iteiinule d'Ecrevisse, vue par son côté interne. - sau sac aiuhtif, situé dans l'article l^asilaire; e., exopodite ; en, endonodite s, soies ; ep, ép.ne située sur l'article basilaire ; o, poils olfactifs (Huxley):

sur la cuticule, sont portés par un repli membraneux où pénètrent les mets nerveux, qui vont se terminer à l'extrémité des poils Amsi les vibrations sonores sont perçues en réalité comme des sensations tactiles, par des poils tégumentaires absolument comparables aux autres. C'est ce même procédé qui, malgré de nombreuses variations, est employé dans toute la série animale

Outre cet appareil auditif, les Crustacés posséderaient, suivant Hensen (1), des poils auditifs isolés en des endroits divers et

Mar. M. ^ Ï"'"'''^' '^^^Sorie indiquée précédemment. Mais c est là une affirmation qui contient une bien grande part

U en ?; 'î"''" ^""^ ^^^^P^- t-^- réserves

ih o f f T""' P"'^^ décrits sur les palpes

e t bias et les tarses des AnAcn.inEs, et aussi pour des cavité^ 80 -disant auditives des Mva.APonEs, placées entre les m and ! bules des Scutrgera, et dans le voisinage des yeux de q^^lqu;

(I) Hen3kn. Z. W. Z., t. XIII, 1803.

Chilognathes. La présence de poils à leur intérieur ne suffit pas h déterminer leur fonction.

Il en est tout autrement chez les Insectes, dont quelques-uns

gc-

Fiff 242 — Autenac droite de Syrphus ballealus, Deg. : - I, 11, lH, les trois articles; St, téguments du front; N, nerf de l'antenne; ni-nS ses branches ; ir, trachée ; ga, cellules ganglionnaires à la base des soies; gc, otolithe; «, tégument de l'antenne, et ses poils (Graber).

possèdent des organes auditifs très différenciés. Les otocystes n'ont été décrits que chez quelques Diptères (1), soit dans la

(1) GRADEn, A. M. A. XVI, 1879. — Guodren, Almd. Wic», LXXIl, 1875.

ORGANES AUDITIFS

région postérieure de l'abdomen de la [Tabanus), soit dans i article terminal de l'antenne de l'adulte (fig. 242). Généralement, les terminaisons nerveuses auditives sont

en

ml

""'tl^^ft a'eoLvS le1"ptti::Tn°' '"""^^ '^'^ chordotonaux : c chaîne l^u.ïon^ '^^ issu du ganglion, se 'divisant fn ut mu ti ûde'de^î^^''?' ^''^ nent aux téguments en r,r ■ i= multitude de branches qui se termi-

connexion aveTî^rgane ch^rdoton'àr T"'"'"'' ^^'^"'^hes, en

la, ligament chordolo^al, sïttS en 'T' chordotonal ;

d'insertion du filament erm naî « noi ^^Sument; oa, point

AÏoiin-Sel ^'rf ^'«S ch';';dornar'"^^-^^ '"^' "^^^'^ de tr'^is^S: eîrSnt;ecTe??r ^«' ^-«^"^ ^«-é

-nsorielles; .c, gaine; /«r.?are;VSoSnÎ(Si^;r ^ '^^""'^^

(fig. 243) (1). catégorie. Ce sont les organes chordotonaux

Ce sont des terminaisons nerveuses, constituées d'une façon très spéciale. Elles sont en connexion avec une membrane flexible fortement tendue, le tympan, et hérissée sur sa face mterne d'une série de saillies chitineuses. C'est dans ces saillies que se trouvent les terminaisons auditives. Celles-ci sont des bâtonnets brillants, enchâssés dans les cellules hypodermiques, et elles se continuent, à leur base, avec les cellules nerveuses d'un ganglion formé par le nerf auditif à son entrée dans l'organe. Le tympan vibre sous l'influence des sons extérieurs, et communique son mouvement aux organes chordotonaux qui sont impressionnés

par le fait même.

Ces organes remarquables se retrouvent, diversement représentés, dans tous les ordres, mais ils n'existent avec ce développement que dans un petit nombre d'Insectes, notamment chez les Orthoptères. Les Acridiens ont un semblable appareil tympanal sur les côtés du premier anneau de l'abdomen. Chez les Gryllides et les Locuslides, chacune des pattes antérieures porte sur le tibia, deux tympans placés en face l'un de l'autre, et séparés par une vésicule à air, résultant de l'épanouissement d'une trachée. Ils se retrouvent également sur les pattes antérieures du Sphinx Atropos. Récemment (1) on a retrouvé les organes chordotonaux dans tous les ordres d'Insectes, sauf chez les Thysanoptères. Mais ils sont en connexion avec le tégument général, sans aucune disposition spéciale de celui-ci (Gg. 243). Ils se trouvent en groupes de deux à deux cents dans diverses parties du corps : les antennes, les palpes, les pattes, les ailes, les balanciers des Diptères, et jusque sur la face dorsale de l'abdomen.

Production des so.s. - Quelques Arthropodes Pe";.f ^^1"^"^^^'^!,^°"^ servant le plus souvent à l'appel des deux sexes, a 1 époque de la lepro-

^"ce fait ne se présente que rarement chez les Crustacés et les Arachnides C'est chez les Insectes qu'il est le plus fréquent. Nous laisserons de côté le cas peu ntéressant où le bruit est produit par le choc d un des organes de l'animi contre un corps solide [Anobium), pour ne nous occuper que des InseSes qui possèdent des organes spéciaux. Ceux-ci se ramènent a deux

eVremier se rencontre chez les Diptères et les Hyménoptères L'appareil vocal estTntïmemenl lié à l'appareil aérifère. 11 produit le bourdonnement On a cru longtemps que ce son était produit par la seule vibration des •w Tl n'en est rieu • le son peut se produire si les ailes sont maintenues VI n.r.nl si elles sont coupée^^ le bourdonnement est en réahte pZlSt SVrîrLîssement^ mus'clestégumentaires et par le passage ra-

^t^:;:r^oS^e;°uffunr indépendance complète entre l'appareil vocal et l'appareil respiratoire.

(1) GnABER. Die chordotonalcn Sinnesorgane und das Gehôr der Insecten. A. M. A., t. XX, 1882.

ORGANES DU GOUT. 41g Le bruit est une slrididalion produite par le frottement rapide et cadencé Cho. 'r '"f"'"'*^.' du tégument les unes contre fes autre'

Chez \es Co eopteres,la surface interne du bord postérieur du corselet àS ' ZlVr "^^^"'^"^^-^ '"O'^vement verfical alternatif du p !

e> ;s Che le 'r'"' Postérieures qui frottent contre^es

e ytres. Chez le Grillon, chaque elytre porte une grosse nervure striée te-c/iei) et une plus petite qui fait TofHce de chanlerelle Le bruit est proTuit nar le frottement de l'archet contre la chanterelle du côté opposé"^ et lesTeux ailes peuvent a volonté intervertir les rôles. Il n'en est pfus de même chez tereïe °' "'^ 1'"^^^'' l'^l^tre droi'T chan-

L'appareil vocal de la Cigale, le plus compliqué de tous, peut former a lui seul un type spécial. Cet organe est placé sur les côtés d^ premier segment abdominal. 11 est constitué essentiellement Paf u^e peau sèche et convexe, la timbale, qui peut être mise en mouvement nar Jn muscle msere au milieu de la face interne. Ce muscle aïïire la membrane

Snt. r'f -ÎT''^ ^^"'"^^ '^^s""^ elle-même en vLtu dTsofélas: T pnncipe du cricri, ce jouet si en honneur il y a quelques

années. La timbale est placée dans les parois d'une caisse de réSce

pat deux paires de membranes délicates (miroirs, membranes XséeT 7 o

Organes du goût. - Les sensations tactiles, olfactives et gustatives, sont assez obscurément connues chez les Arthropodes et il arnve sans aucun doute souvent que les organes affectés à' leur perception sont confondus. On verra d'ailleurs que, dans le Jertebres supérieurs même, la séparation des trois sens est en gênerai, fort difficile à faire. '

Le goût a son siège forcément localisé dan^le voisinage de la bouche. Par sa définition même, il ne peut s'exercer q^.e dans des régions Où les terminaisons nerveuses sont nombrlu es e

de se dissoudre. Ces conditions, qui ne sont pourtant que nécesaires ont souvent paru suffisantes pour déterminer les or4nes u gout, que l'on a distribués à profusion aux différents So

danl'LIl's"""' ''i" ''r '''''' 1^-cale et

sr:i:;r:;T;::rp;; ::ti;^^^^^ --^^

Les nalnp« ri'n A r^'-*^^ ^ 1 appui de celte manière de voir, réellement guslalife Dal 2,' ' °r 1 ""•«""'^^

(I) HAUSRn. Z. VV.Z., t. XXXIV, 1880.

gieuse, humectée du produit de nombreuse glandes, et richement innervée.

C'est là l'organe du goût, et il est d'autant plus actif, que ces

êtres mâchent longtemps leurs aliments. Il en est de même de la languette formée par la lamelle médiane du labre des Hyménoplères. Enfin chez les Lépidoptères, les terminaisons nerveuses gustalives sont très probablement localisées dans la paroi interne du canal central de la spiritrompe.

Elles tirent leur origine de deux gros nerfs, qui courent chacun dans l'une des deux mâchoires qui concourent à former la trompe.

La trompe des Diptères est aussi très probablement sensible au goût.

Mais les autres ordres ne paraissent pas avoir d'organe spécial du goût bien différencié. Il est sans doute remplacé dans ses fonctions par les organes du tact et de l'odorat.

.. Organes du tact et de

Fie 244. - Coupe verticale passant par une ^^^^^

fossette olfactive de Vespa a-abro : - ch, en- l OLFACTION. — OftS deux veloppe chitineuse de l'antenne ; 0, fente ^g^^g semblent spécialedonnant accès dans la cavité olfactive ; ES, , , i: x ^^ns les an-

él6vation squamiforme autour de cette ment localise» ûans les d fente; t, repli intérieur limitant l'orifice ; tenues. Leur etude, laiie c, cellule sensorielle ; B, bâtonnet olfactif, g^Yecle plus grand soin par ontnm>(i n sa base nar une couronne de pe- . ,7, • i ,j

Ss bâtonnets! CM, cellule de la fossette Leydig, a été reprise tout échancrée a sa face supérieure, e; II, cel- récemment par Ilauser. Iules hypodermiques (Hauser). rencontre sur les an-

tennes de nombreux poils chilineux, qui, au premier abord, paraissent identiques les uns aux autres; mais par une etude attentive, on en distingue plusieurs sortes parfaitement nettes.

organ'és'du GÔUT. • Les uns (p), simples soies droites et aiguës, ne sont que des organes de protection ; ils ne reçoivent pas de Ûlet nerveux. D'autres (0 sont ram.fies à leur extrémité en un bouquet de poils aigus. Ce sont suivant Lej^dig, des organes tactiles. Enfin les derniers sont des poUs plfact^fs o) Ce sontles plus compliqués. Ils ont la forme d'une petite bouteille chitmeuse dont le col est fermé par une membrane délicate, ou présente un orifice trop petit pour que le liquide interne puisse s'échapper.

Dans la cavité se trouve une cellule sensorielle en communication avec le nerfdel'antenne.Sonnoyau est volumineux, et elle porte à son extrémité supérieure un bâtonnet olfactif; elle est accompagnée d'une ou de plusieurs cellules de soutien, destinées à sécréter la cuticule de la bouteille.

^ Ces organes sont disposés aux diverses articulations de l'antenne, surtout dans les supérieures. Chez les Diptères, ils se réunissent par groupes dans une fossette commune. Leur nombre varie dans des proportions considérables, et semble lié au régime de l'animal. .i^^-'-^sii Les herbivores en ont un Fi^ 04, p H ./ très petit nombre ; les « '".^^^'ï^tltS^^^^ fbeaies en ont jusqu'à i -ies p7ol^^?^ï ^ !

18,000; etles LamellicoLs qui sont le micuv nnrto -

- palpe., iabCor,itai::r"'=' °"

Hensen a décrit aussi rinn. 1 nous avons déjà dit ave au N Poils auditifs, mais

hypothèse. En résumé, rantC 1 "'"^^"--^ tiellement olfactive, c;mre7nnf "^'^"^

les ingénieuses expérienc s d'une foTd' ' ''"'^^«^-^ «• l^^-nn,nn. - Annt col Physiologistes, nolam-

Fif

ment de Dugès, Al. Lefebvre, Perris, Balbiani, Forel et Hauser.

Ce dernier a étendu les faits qui précèdent aux Myriapodes, qui possèdent sur les antennes des cônes olfactifs semblables à ceux des Insectes, et, depuis longtemps déjà, Leydig avait signalé des cônes tactiles et des cônes olfactifs sur les antennes d'un certain nombre de Cntsiacés. La généralité serait donc absolue ^ dans tout le groupe des

. 246. — Terminaison sensitive de la peau y^^thropodes, et l'organe de la larve de Stratiomys chamœleon, vue par .n . ^ ex-

la face interne : cp, cellule du poil ; cy, cy- Oitactlt et laoïue p* lindre axe ; nn, noyau de la cellule nerveuse cellence serait 1 antenne, terminale ; pp, prolongement terminal de la -^g^^^ en outre, tout le cellule nerveuse, traversant l'anneau que „„„rvooot nar-

forme autour de sa base la cellule du poil tégumentducorpsestpar (ViALLANEs). semé de poils tactiles, et

par suite participe à la sensibilité, quoique à un moindre degré. Ces ^ ^ ^ poils, formés par des cel-

p \ \\ I / 1 Iules exodermiques spé-

ciales, mais semblables à leurs congénères, reçoivent un filet nerveux, qui, avant de se terminer, se renfle en une grosse cellule ganglionnaire bipolaire à substance granulée et à noyau volumineux (fig. 246).

C'est surtout sur les poipesquesontdéveloppésces organes, et leur fonctionnement est favorisé encore Fig. 247. — Poils tactiles du palpe maxil- l'amincissement de la laire de Gryllotalpa vulgaris : n, renfle- . chitineuse, qui ar-

meats nerveux fusiformes ; c, cellules de COUCne cniui c ' i l'hypodermc; h, couche de chitine, avec riye à disparaître piesquc la base d'implantation des poils; poils eomplètement. tactiles (Jobert).

DIMORPIIISME ET POLYMORPHISME.

§ 10. — Organes génitaux.

La séparation des sexes esl la règle presque générale chez les Athropodes. Deux groupes seuls y font exception : les Cirripèdes parmi les Crustacés, et les Taj'digrades parmi les Arachnides. Ces e.xceptions sont d'ailleurs suffisamment expliquées par la fixation, ou, au moins, par la lenteur de mouvement de ces animaux qui rendent difficile le rapprochement sexuel.

Les spermatozoïdes de la plupart des Arthropodes sont à peu près immobiles et ne peuvent se mouvoir dans l'eau que très lentement par des mouvements amiboïdes ; aussi, hors le cas d'hermaphrodisme, la liqueur séminale doit être portée directement par le mâle au contact des œufs.

DiMORPHisME DES PARASITES. — Cette Considération suffit à nous expliquer les cas étranges de dimorphisme sexuel que nous présentent les Crustacés parasites.

Le parasitisme influe, en effet, d'une façon considérable sur la forme des animaux qui vivent de ce régime. Mais les modifications profondes qu'il apporte diffèrent essentiellement dans l'un et l'autre sexe. Chez les femelles la nourriture abondante et assurée qui leur est ainsi procurée rend inutiles des déplacements continuels. Fixées sur le corps de leur hôte, elles y trouvent constamment les aliments nécessaires et perdent peu à peu les organes locomoteurs qu'elles avaient primitivement et qui disparaissent parfois tout a tait. En même temps, les produits sexuels, abondamment nourris se développent d'une façon exagérée, envahissent toutes les régions du corps au détriment des autres organes, et l'animal, démesurément gonflé par ce développement excessif, peut même se transformer en un informe sac à œufs de dimensions parfois gigantesques.

Ce développement excessif des organes génitaux, cette multiplication du nomtire des éléments reproducteurs est un fait général chez les parasites II s explique par la nécessité où est l'embryon de rencontrer rapidement 1 hôte aux dépens duquel il doit terminer sa croissance. Un grand nombre d embryons ne pouvant y arriver sont forcément sacrifiés, et l'espèce ne peixt

rZTT-u ' '°^^'*'?° ^•^'^«"d"^ ^^t^ê'^^- Les œufs ne pour-

raient d ailleurs passe développer sur le même individu que les parents

"^^^ ryrVsuî ^ '''''''' ^ip-ition^ntrS:

Ipnra 1^ """"^ '^^^ Généralement, ceux-ci ne perdent pas

Ïer a^To l°.^°°:°teurs ; ils restent capables de se mouvoir et Se na! Cenf^u llT^T renferment les femelles,

et perdre Ipîr» '''is relativement rares qu'ils peuvent, eux aussi, se fixer

:Sv?e"e'rpïSe:^?;oîr destut" '''''''' ''''''

me^nrLussfJrJrrrf''' T'''^' P''^""^"* pas un développe-

f'condrunf mi2 „o"me' rl.'7 T fr'''' '

par rapport auv fpmpiïp/.^ '"'^•'^s restent-ils très petits

sont clS rn Ue . Z r 1^''''"'-^'' ''"^ ^«^'"'^ P"'"'"^^- Ce

idée de ce dimoîfhrsme extrême "în^ f'"" ''""T -^e que Giard et Bonnier ont rnnfn / f""^ empruntées au beau mémoire DiM^P „ L B^Po, v^RpTr^^^ récemment aux Bopyriens (fig. 247 et 248).

Crustacés e?cho7?es Le es l"/:!' " Ch'^'^ 'es autres

les insectes, le dimorphisme est poussé beaucoup moins

loin Outre les différences directement dépendantes de l'acte d'accouplement

Fi. 248. - PoHunion M.nadis, femelle adulte, -^.^^^^^ PJ.^ne'^teStra ^ L cavité incubatrice a été en partie ouverte sur la 1 go mé^^^^^^^^ ;

et son abdomen a été tordu de lacon ^ ^^'^ t^4^;„e; pm, patte ce, céphalogaster; le, antenne externe ; antenne m e n , p ^^v^^^^^

mâchoire; ig, première lame mcubatrice f^^^^^^'^l^J^lJUine incuab-

mfénem-e-, f ^"'L„"ième segmeSt abdominal; e», rame m-

r%peSe Su scgmeût abdomina. (G.»» et Bo»,..).

p,„. invoquer avec quelque -'^^^r^^^Sl^'^'^

Te, t S^la =ort.'et se reirouvenl seule f «|„'';f, ^^^^^^^^^^^ ,es femelles;

■Les mâle, sonl en gfnéral plus br^a Us «' I' "» Bombycuh,. les

celles-ci sont mémo dépourvues d ailes clic! quelques

an

Page 1